Lettres sur Cour - Au velours des mots éditions - 2021

  • Un homme attend une femme. Depuis combien de temps ? Il ne se souvient pas. Un homme attend une femme qui tarde à se montrer. Il est chez lui, marche et trépigne, passe de pièce en pièce, regarde par la fenêtre, désirant plus que tout qu'elle frappe à sa porte. Son agitation, ses déplacements nerveux et son impatience seraient le fruit de sa pensée, de ses rêveries. Un homme attend une femme qui ne viendra pas parce qu'elle n'existe pas. Il sait que son souhait de la rencontrer est illusoire, mais il ne peut s'empêcher d'espérer.
    Loïc Demey aime bousculer la langue afin de la mettre au service du récit. Une seule phrase, qui respecte le mécanisme de tension et de détente et qui joue sur le rythme, compose Aux amours.

  • Nos abris

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    Avec ce texte, Albane Gellé explore nos dénomateurs communs ; nos besoins d'amour, d'équilibre, de consolation dans un monde souvent trop vaste ou trop meurtri. Un monde dans lequel nous pensons devoir trouver notre juste place, alors que peut être, nous devrions nous y glisser, nous y couler, ou simplement y vivre.
    Et là, avec quelques mots, phrases en viatique, les possibles se construisent. Albane Gellé nous parle de solitudes fécondes, de rencontres, de pensées solidaires, dans un espace mouvant qu'il nous reste toujours à construire.
    Les fragments de lithographies d'Anne Leloup accompagnent les textes. Ce sont des formes, des cocons, des cailloux qui parfois servent de talismans et qui tentent de résumer des bouts de monde.

  • Le maître et Marguerite

    Mikhaïl Boulgakov

    • Inculte
    • 16 Septembre 2020

    Moscou, années 1930, le stalinisme est tout puissant, l'austérité ronge la vie et les âmes, les artistes sont devenus serviles et l'athéisme est proclamé par l'État. C'est dans ce contexte que le diable décide d'apparaître et de semer la pagaille bouleversant les notions de bien, de mal, de vrai, de faux, jusqu'à rendre fou ceux qu'il croise. Chef-d'oeuvre de la littérature russe, livre culte à travers le monde, «Le Maître et Marguerite» dénonce dans un rire féroce les pouvoirs autoritaires, les veules qui s'en accommodent, les artistes complaisants, l'absence imbécile de doute. André Markowicz, qui en retraduisant les oeuvres de Fiodor Dostoïevski leur a rendu toute leur force, s'attaque à un monument littéraire et nous restitue sa cruauté première, son souffle romanesque, son universalité.

  • Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.

    « Flaubert à cheval.
    Flaubert fut beau.
    Flaubert fut jeune.
    Jeune. Glorieux. Blond, bouclé. Grand et bien fait.
    Flaubert eut mal aux dents.

    Il fut foudroyé à dix-sept ans sur le chemin de Pont-l'Évêque ; on ne sait pas bien par quoi il fut foudroyé ; il le fut et il échappa au Droit et il put commencer à devenir.

    Flaubert est inépuisable.
    Flaubert for ever. » Marie-Hélène Lafon

  • « Conçu à la mi-mars 1821 d'un coup de reins que j'ai toujours eu quelque peine à imaginer je suis né le mercredi 12 décembre à quatre heures du matin. Il neigeait sur Rouen, une légende familiale prétend que ma mère se montra si stoïque pendant le travail qu'on pouvait entendre tomber les flocons sur les toits de la ville. Quant à moi, je serais bien resté quelques années de plus dans le ventre à l'abri de l'imbécillité du monde.
    Désespéré de naître j'ai poussé un atroce hurlement. Épuisé par mon premier cri je semblais si peu gaillard qu'on attendit le lendemain pour me déclarer à l'état civil car si j'étais mort entre-temps on en aurait profité pour signaler mon décès par la même occasion ».

    Le 8 mai 1880 au matin Gustave Flaubert prit un bain. Il décéda peu après dans son cabinet de travail d'une attaque cérébrale sans doute précédée d'une de ces crises d'épilepsie dont il était coutumier. Allongé dans l'eau il revoit son enfance, sa jeunesse, ses rêves de jeune homme, ses livres dont héroïnes et héros viennent le visiter. Il se souvient d'Élisa Schlésinger, la belle baigneuse de Trouville qui l'éblouit l'année de ses quinze ans, de Louise Colet dont les lettres qu'il lui adressa constituent à elles seules un chef-d'oeuvre mais aussi de l'écrivain Alfred Le Poittevin qui fut l'amour de sa vie.

  • Microfictions t.2

    Régis Jauffret

    Comme dans le précédent volume (Blanche, 2007), ce nouveau Microfictions rassemble cinq cents petites histoires classées par ordre alphabétique, d'« Aglaé » à « Zéro baise ». On traverse ce livre comme on traverse une foule, immergé dans le banal des vies ordinaires tout à la fois touchantes, cruelles, monstrueuses. C'est aussi la description surprenante de personnages pris en étau dans notre époque. Des histoires à la fois édifiantes et dérisoires, comme le drame d'un couple qui élève une enfant autiste, le quotidien d'un enseignant désabusé par ses élèves, un banquier qui a raté sa vie, le combat d'un vieil homme que son fils tente d'euthanasier contre son gré, une femme privée de la garde de ses enfants à cause de ses addictions, un chirurgien esthétique fasciné par les qualités de ses prothèses sexuelles, un couple qui exploite le manège du Luxembourg jusqu'à s'en rendre malade, un enfant mal aimé qui poignarde sa mère...
    On perçoit les nouveaux contours de ce monde miné par la mégalomanie, presque totalement arraisonné par le numérique et où les situations les plus ordinaires menacent en permanence de déraper dans le conflit et l'absurde.

  • Sur le style de Flaubert

    Marcel Proust

    • Sillage
    • 27 Octobre 2014

    Il n'est pas possible à quiconque est un jour monté sur ce grand trottoir roulant que sont les pages de Flaubert, au défilement continu, monotone, morne, indéfini, de méconnaître qu'elles sont sans précédent dans la littérature.

    L'un des plus frappants essais critiques de Proust, Sur le style de Flaubert est une analyse brillante de la modernité radicale de l'écriture flaubertienne. Publié en 1920, peu avant la mort de Proust, ce court texte est également l'occasion de saluer Stendhal, Hugo, Nerval, d'écorner Sainte-Beuve ... Et finalement d'exposer sa conception du travail de création littéraire.

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  • Le fils, c'est André. Le père, c'est l'Absent. La mère, c'est Gabrielle. Mais André est élevé par Hélène, la soeur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines.
    Chaque été, il retrouve sa mère biologique qui vient passer ses vacances en famille.
    De Saint-Céré dans le Lot en passant par Chanterelle et Aurillac jusqu'à Paris, Marie-Hélène Lafon nous transporte à nouveau au coeur d'une famille. Elle décrypte aussi bien ses bonheurs ordinaires que le poids du manque le plus profond, celui qui creuse des galeries dans les vies, sous les silences.
    André n'a de cesse de mendier le père, de cerner les contours de son absence, d'attendre, de guetter, de laisser le temps s'étirer, de se cogner à l'urgence, de composer un portrait en indices et de comprendre en creux qui il a été : un avare du coeur, plein de lui-même, pétri de morgue, étroit, mesquin, beau et aimé par les femmes.
    Avec ce nouveau texte, l'auteure confirme la place si particulière qu'elle occupe aujourd'hui dans le paysage de la littérature française. Toujours aussi puissante, son écriture reste limpide et fluide.

  • Bibliomanie

    Gustave Flaubert

    • Sillage
    • 4 Octobre 2012

    Gustave Flaubert, Bibliomanie Flaubert est âgé d'à peine quinze ans quand il publie, début 1837, son premier texte, Bibliomanie. Il ne s'agit pas de son premier essai littéraire, loin s'en faut : très jeune, Flaubert compose récits, contes et pièces de théâtre.

    Les quatre nouvelles réunies dans ce volume comptent parmi les plus abouties des oeuvres de jeunesse de Flaubert. L'adolescent qui les écrit est un fervent lecteur de Sade et des romantiques, et son inspiration s'en ressent. Mais Flaubert est déjà Flaubert - le contempteur de la bêtise et de la cruauté humaine, l'ironiste impitoyable que l'on retrouve dans les oeuvres de la maturité sont déjà bien présents.

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  • L'au-delà de nos âges

    Albane Gellé

    • Cheyne
    • 8 Juillet 2020

    Après des visites lointaines ;
    Nous trouvons des solutions ;
    Des refuges ;
    Nous plantons des graines de séquoia ;
    Devant de longues maisons en pierre ;
    Nos valises sont trop lourdes ;
    Et nos rendez-vous :
    Invisibles ;
    Nous repartons ;
    Nous revenons ;
    Nous n'en finissons pas ;
    De provoquer de grands fracas.

  • La leçon de sourire

    Loïc Demey

    • Cheyne
    • 8 Juillet 2020

    Sourire, ce n'est pas rire. Les hyènes et les êtres cruels rient mais sont incapables de sourire. Le sourire, lui, n'exhale aucun son, il est une expression discrète, feutrée, une émotion qui n'est pas destinée aux foules ni aux menaces. Il naît du ventre, traverse et se nourrit du coeur, il se comprime à l'intérieur des poumons, remonte le buste puis relâche la mâchoire en irriguant de douceurs les lèvres, les joues, et de lueurs l'iris. Le rire retentit quand le sourire s'écoule, se répand, il s'anime au contact des autres ou de leur souvenir.

  • Je te nous aime

    Albane Gellé

    Elle a commencé par enlever le couvercle et puis tout doucement elle est sortie de son bocal. il animal autant que le chien par terre quand ils se roulent, et alors qu'est-ce qui la gêne ? il et elle savent les souffrances pour sortir de leurs ombres, se désencombrent de leurs peurs, osent quel scandale se servir du mot joie.

  • D'un coeur léger est le carnet amoureux et intime d'un soldat engagé dans le conflit de 1870 contre la Prusse. Banal, pensera-t-on peut-être, sauf que le jeune homme se trouve être l'immortel soldat « aux deux trous rouges au côté droit » du Dormeur du val.
    L'écriture puissante de Loïc Demey redonne vie et mots au jeune Vincent et à son célèbre compagnon, croisé sur les chemins défoncés de la Meuse, Arthur.

  • Atelier du silence

    Jean d' Amérique

    Ville tes cafés tes rues au feu vertige qui te prend par la nuque quand le jour se penche pour ramasser rêves sans avis préalable la beauté te tranche tes briques scintillent et vont plus loin que le sang J. D'A.

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