Maylis de Kerangal - 26 mai 2021 Litterature Live Festival

  • Canoës

    Maylis de Kerangal

    « J'ai conçu Canoës comme un roman en pièces détachées : une novella centrale, «Mustang», et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d'un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une sorte de monde vocal, empli d'échos, de vibrations, de traces rémanentes. Chaque voix est saisie dans un moment de trouble, quand son timbre s'use ou mue, se distingue ou se confond, parfois se détraque ou se brise, quand une messagerie ou un micro vient filtrer leur parole, les enregistrer ou les effacer. J'ai voulu intercepter une fréquence, capter un souffle, tenir une note tout au long d'un livre qui fait la part belle à une tribu de femmes - des femmes de tout âge, solitaires, rêveuses, volubiles, hantées ou marginales. Elles occupent tout l'espace. Surtout, j'ai eu envie d'aller chercher ma voix parmi les leurs, de la faire entendre au plus juste, de trouver un «je», au plus proche. ».
    (M. de K.)

  • 'Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d´une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de quarante heures qu´ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du train, les conscrits.' Pendant quelques jours, le jeune appelé Aliocha et Hélène, une Française montée en gare de Krasnoïarsk, vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d´un bout à l´autre du Transsibérien. Les voilà condamnés à fuir vers l´est, chacun selon sa logique propre et incommunicable.

  • Une panne de voiture fait échouer un jeune homme, antoine dezergues, à ribérac, une petite bourgade du sud-ouest peuplée d'âmes solitaires.
    Deux personnages surgissent à égale distance de lui : armand tabasque, libraire en faillite, et claire, sa nièce, venue se réfugier chez lui. un lourd secret lié à la seconde guerre mondiale hante les consciences coupables de ce village endormi. les manipulations de tabasque et l'innocence naïve d'antoine vont alors permettre aux intrigues de se dévoiler. triangulation du désir, opacité du passé, mensonges et porosités de la mémoire s'entrechoquent sur fond de campagne automnale.

  • Je m'appelle Nina, j'ai neuf ans. J'habite au septième étage d'un immeuble rococo. Chez moi, le plancher craque, le couloir est tordu comme un bretzel, et ma chambre petite avec une grande fenêtre. J'ai trois copines à la Vie à la mort, un chat, deux grands frères, et un voisin de mon âge très énervant. Ma nouvelle vie a commencé le soir où j'ai trouvé un oreiller tout neuf posé sur mon lit...

  • Ariane, la trentaine, travaille pour la revue l'archiviste, spécialisée dans la recherche généalogique.
    Elle enquête sur le puzzle des origines d'autrui ,jusqu'au jour oú jeanne malauzier, sa tante, la charge de retrouver l'éphémère et secret amour de sa jeunesse guindée. de barcelone au havre en passant par vals-les-bains, ariane voit remonter à la surface un autre mirage sentimental.
    Avec la vie voyageuse, maylis de kerangal a écrit un livre d'aventures de l'intime. elle nous fait partager une errance identitaire qui évoque la géographie sentimentale de certains films d'antonioni.

  • «Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps.» Réparer les vivants est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de geste, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.

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  • «Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps.» Réparer les vivants est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.

  • Étudiante au prestigieux Institut supérieur de peinture de Bruxelles, Paula rencontre Jonas, jeune peintre surdoué et énigmatique, et Kate, une Écossaise débrouillarde et impulsive. Des liens indéfectibles se tissent au sein du trio à mesure qu'ils se forment à l'imitation des matières. Donner l'illusion d'une essence de bois, de l'usure d'un marbre, d'un heurt sur une écaille de tortue, nécessite minutie, technicité, mais aussi quelque chose d'autre. Paula doit comprendre ce qu'elle peint. Mais comment cette fille d'une vingtaine d'années seulement pourrait-elle appréhender l'ampleur de ce qui a traversé les siècles ?Sa jeunesse se passe, rythmée par les coups de pinceau, le travail acharné, les nuits blanches et muscles endoloris, les soirées alcoolisées. Son diplôme obtenu, Paula continue d'exercer son art, à Paris, puis à Moscou et surtout en Italie, sur les décors de grands films, des fabriques à rêves. Le trio se sépare, Paula fait de nouvelles rencontres, se libère, s'égare, vit sa vie, à la mesure de chantiers toujours infiniment plus grands qu'elle, et qu'elle s'efforce de saisir d'un geste de la main.

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  • Le monde à portée de main s'attache à la technique du trompe-l'oeil, en privilégiant le destin d'un personnage, Paula Karst, et son itinéraire d'apprentissage. Nous la découvrons au sortir de l'adolescence, alors qu'elle intègre en 2007 le fameux Institut supérieur de peinture, rue du Métal, à Bruxelles.
    Là-bas, elle va découvrir toutes les façons de reproduire des textures minérales, végétales, animales, et nouer une relation troublante avec son colocataire, Jonas - énigmatique jeune homme à casquette qui s'avère déjà un peintre en décor surdoué -, ainsi qu'une forte amitié avec une autre étudiante, Kate - grande gigue écossaise aussi débrouillarde qu'impulsive.
    Ensemble, ils forment un trio indéfectible qui nous initie aux mystères de la maille de chêne, aux veinules d'or du marbre noir Portor et aux écailles imbriquées d'une carapace de tortue.
    Une fois diplômée, Paula commence à exercer son métier à Paris, à Moscou, et surtout en Italie, en particulier au coeur de la « Fabbrica dei sogni » : Cinecittà. Elle va y déployer son savoir-voir notamment pour le décor du film Habemus Papam, avant de tomber sous le charme d'un « faussaire » aguerri, le Charlatan, qui lui fait découvrir les splendeurs et décrépitudes des studios romains. Au final, sept années épuisantes et ensorcelantes.
    Au terme de ces expériences, Paula reçoit en janvier 2015 une proposition de rêve, via Jonas qui a décliné l'offre : être embauchée dans le vaste projet de reconstitution de la grotte de Lascaux. La voilà qui migre en Dordogne, s'imprègne de l'archéologie des images rupestres pour participer au « fac-similé ultime », Lascaux IV. Les origines du monde sont « à portée de [sa] main ». Maintenant, elle se sent fin prête à peindre, comme aux premiers jours de l'humanité.
    Ce roman d'apprentissage esthétique et existentiel s'intéresse autant au parcours d'une jeune femme en devenir qu'aux enjeux majeurs d'un artisanat du faux, culminant dans la réplique à l'identique des oeuvres pariétales de nos lointains ancêtres. En consacrant sa fiction à un mode mineur, sinon méprisé, de la peinture, Maylis de Kerangal nous donne aussi la clef du matérialisme enchanté qui habite son écriture.

  • " Les petits cons de la corniche.
    La bande. On ne sait les nommer autrement. Leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize et dix-sept, et c'est un seul et même âge, celui de la conquête : on détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on déserte la maison. " Le temps d'un été, quelques adolescents désoeuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche Kennedy. Derrière ses jumelles, un commissaire, chargé de la surveillance de cette zone du littoral, les observe.
    Entre tolérance zéro et goût de l'interdit, les choses vont s'envenimer...Apre et sensuelle, la magie de ce roman ne tient qu'à un fil, celle d'une écriture sans temps morts, cristallisant tous les vertiges.

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  • " les petits cons de la corniche.
    La bande. on ne sait les nommer autrement. leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize et dix-sept, et c'est un seul et même âge, celui de la conquête : on détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on déserte la maison. " le temps d'un été, quelques adolescents désoeuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche kennedy. derrière ses jumelles, un commissaire, chargé de la surveillance de cette zone du littoral, les observe.
    Entre tolérance zéro et goût de l'interdit, les choses vont s'envenimer. apre et sensuelle, la magie de ce roman ne tient qu'à un fil, le fil d'une écriture sans temps morts, cristallisant tous les vertiges.

  • «À l'aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c'est un autre homme qui sort des bois, c'est un homme hors de lui, c'est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d'acier, irise les nappes d'hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte.» Ce livre part d'une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d'un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d'une dizaine d'hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier. Un roman-fleuve, «à l'américaine», qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métiers et des corps tout court.

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  • «À l´aube du second jour, quand les buildings de Coca montent, soudain perpendiculaires à la surface du fleuve, c´est un autre homme qui sort des bois, c´est un homme hors de lui, c´est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d´acier, irise les nappes d´hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent la surface du fleuve, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte.» Ce livre part d´une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d´un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d´une dizaine d´hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier. Un roman-fleuve, «à l´américaine», qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métiers et des corps tout court.

  • Brasserie parisienne, restaurant étoilé, auberge gourmande, bistrot gastronomique, taverne mondialisée, cantine branchée, Mauro, jeune cuisinier autodidacte, traverse Paris à vélo, de place en place, de table en table. Un parcours dans les coulisses d'un monde méconnu, sondé à la fois comme haut-lieu du patrimoine national et comme expérience d'un travail, de ses gestes, de ses violences, de ses solidarités et de sa fatigue. Au cours de ce chemin de tables, Mauro fait l'apprentissage de la création collective, tout en élaborant une culture spécifique du goût, des aliments, de la commensalité. À la fois jeune chef en vogue et gardien d'une certaine idée de la cuisine, celle que l'on crée pour les autres, celle que l'on invente et que l'on partage.
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  • Brasserie parisienne, restaurant étoilé, auberge gourmande, bistrot gastronomique, taverne mondialisée, cantine branchée, Mauro, jeune cuisinier autodidacte, traverse Paris à vélo, de place en place, de table en table. Un parcours dans les coulisses d'un monde méconnu, sondé à la fois comme haut-lieu du récit national et comme expérience d'un travail, de ses gestes, de ses violences, de ses solidarités et de sa fatigue. Au cours de ce chemin de tables, Mauro fait l'apprentissage de la création collective, tout en élaborant une culture spécifique du goût, des aliments, de la commensalité. À la fois jeune chef en vogue et gardien d'une certaine idée de la cuisine, celle que l'on crée pour les autres, celle que l'on invente et que l'on partage.
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  • « T'es rock, t'es pas rock. La vie rock. Ce n'est pas gravé sur les disques, ce n'est pas imprimé dans les livres. Une épithète consubstantielle, un attribut physique comme être blonde, nerveux, hypocondriaque, debout. Rock rock rock. Le mot est gros comme un poing et rond comme un caillou. Prononcé cent fois par jour, il ne s'use pas. Dehors le ciel bouillonne, léger, changeant quand les nuages pèsent lourd, des milliers de tonnes bombent l'horizon derrière les hautes tours, suspendus. Être rock. Être ce qu'on veut. Plutôt quelque chose de très concret. Demandez le programme! » Le Havre, 1978. Elles sont trois amies inséparables. Un dimanche de pluie, elles font du stop, et dans la R16 déboule la voix de Debbie Harris, la chanteuse de Blondie. Debbie qui s'impose aux garçons de son groupe, Debbie qui va devenir leur modèle.

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  • Le 3 octobre 2013, un navire venu de Libye débordant de réfugiés sombre au large de l'île de Lampedusa, faisant plus de 300 victimes. Maylis de Kerangal est dans sa cuisine, seule. C'est la nuit. Elle écoute la radio, le drame, les victimes. Imperceptiblement son esprit se détache de la réalité, se laisse emporter par un mot qui s'impose à son insu : Lampedusa.
    Immédiatement, c'est le visage de Burt Lancaster qui s'invite. Quel rapport avec la catastrophe ?
    Il est le prince Salina di Lampedusa du Guépard de Visconti, film adapté de l'unique roman de Guiseppe Tomasi di Lampedusa qui raconte le déclin de l'aristocratie sicilienne au début du XXe siècle. Aux images de naufrages, Maylis de Kerangal superpose celles, baroques et crépusculaires, du célèbre long-métrage. Et se dessine la silhouette de Burt Lancaster en noble sicilien, lui le comédien né à New York de parents anglo-irlandais. Prince et migrant à la fois.
    Comme le flux et le reflux qui charrient les corps des noyés, Maylis de Kerangal repasse par sa cuisine où, « à ce stade de la nuit », son poste de radio poursuit le lancinant récit du drame avant qu'à nouveau, elle se laisse prendre par le souvenir d'autres îles, Stromboli à la « sensualité fatale » évoquée dans une ardente nouvelle (« Sous la cendre »), par le naufrage du Lusitania au sud de l'Irlande en 1915 qui amorce son récit « Ni fleurs ni couronnes », ainsi que par d'autres voyages, d'autres ouvrages, avant de revenir à Lampedusa, symbolisant dorénavant « la honte et la révolte ». Lampedusa : deux planètes à leur point de friction ? Ou la même humanité à son point de jonction ?
    Avec ce texte court à l'écriture précise, subtile, presque douce, l'auteure invoque la magie des mots, et leur puissance évocatrice permet de faire vibrer, a posteriori, tout son parcours romanesque autrement, depuis Ni fleurs ni couronnes jusqu'à Réparer les vivants. Il est rare qu'en tentant de mettre à nu son art poétique, un écrivain parvienne si bien à condenser la trajectoire d'une écriture et à faire oeuvre à part entière.

  • Dotée d'une carte blanche dans le cadre des résidences « Mineurs d'un autre monde », Maylis de Kerangal prend un vol à destination de Kiruna et nous emmène en Laponie suédoise. Sur le mode du reportage littéraire, elle nous invite à la découverte de l'une des plus grandes exploitations minières encore en activité.
    LA VILLE DE KIRUNA Kiruna est une ville de 18 154 habitants. Sa création en 1903 découle directement de la présence d'un gisement de fer issu du bouclier scandinave et reste encore aujourd'hui au fondement de l'économie de la cité.
    La société minière LKAB est créée en 1890 pour exploiter le gisement.
    1,1 milliard de tonnes de minerai ont été extraits en 110 ans d'exploitation.
    En 2004 les résultats d'un diagnostic des sols révèlent que la ville menace de s'effondrer. Une opération débutée en 2009 vise à déplacer la ville minière de 5km...

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