Jean-Philippe Raynaud

  • Le regain d'intérêt pour la philosophie politique trouve dans ce dictionnaire une expression nouvelle facilitant la maîtrise des notions et des oeuvres majeures, tout en dépassant les clivages disciplinaires. Publié pour la première fois en poche, ce dictionnaire de référence a été enrichi par rapport à son édition d'origine.

  • C'est un mot qui passe pour intraduisible et qui renvoie aux caractères distinctifs de notre histoire nationale. Les origines de la laïcité remontent aux guerres de Religion, où la puissance royale commence à s'émanciper de l'autorité de l'Église. C'est de cette crise originelle que part ce livre.
    L'Édit de Nantes impliquait qu'on pouvait être bon Français sans être catholique. C'est cette brèche que Louis XIV va tenter de refermer avec la Révocation, alors que la monarchie absolue tire sa légitimité moins de ses fondements religieux que de sa rationalité administrative et de son pouvoir civilisateur. Mais c'est avec la Révolution que la France cesse d'être un royaume catholique, pour s'engager dans la voie qui mène à l'État laïque, dégagé de toute conception théologique.
    Le conflit entre France catholique et France républicaine se poursuivra tout au long du XIX e siècle, avant que la III e République s'engage dans une laïcité militante que va couronner la loi de 1905. Il prendra d'autres formes avant de s'épuiser en 1984 avec la tentative avortée d'intégrer l'école privée catholique dans l'enseignement public.
    Pourtant, depuis les années 1960, l'évolution des moeurs érodait progressivement le consensus moral qui unissait croyants et incroyants, pour aboutir aux controverses autour du « mariage pour tous ».
    À ces dissensions s'est ajouté un nouveau défi, l'émergence d'une religion, l'islam, qui pose à la laïcité des problèmes inédits et introduit au sein même de l'opinion laïque des divisions profondes.

  • Sommes-nous entrés dans un nouvel âge du droit ? L'échec des idéologies qui ont endeuillé le XXe siècle en niant le droit, ou en l'instrumentalisant au service de la violence (de classe, de race, d'État), a conduit à la reconnaissance de la valeur absolue des droits de l'homme et de l'État de droit. Ce tournant a eu des effets profonds et durables, mais il fait apparaître de nouveaux défis.
    Dans l'ordre interne, le progrès du droit semble incontestable, mais le sentiment de l'impuissance du politique n'a sans doute jamais été aussi fort ; quant au système international, l'idée d'un effacement des logiques de puissance devant le règne du droit est fortement remise en question par les nouveaux conflits.
    Quelle place occupera le droit dans la démocratie au XXIe siècle ?

  • Transmettre : telle est la proposition de cet ouvrage né d'une expérience directe "in vivo", partagée dans un service de psychiatrie par une psychanalyste et un psychiatre d'enfants et d'adolescents.
    Ce livre présente un tracé de l'oeuvre de Melanie Klein, qui, s'inscrivant dans le prolongement et l'enrichissement de l'oeuvre de Freud, fut la première grande figure de la psychanalyse d'enfants. Tracé autour duquel s'arti-culent d'abord ses divergences par rapport à la théorie freudienne, puis l'apport de certains principaux concepts lacaniens et des auteurs contemporains, de façon à communiquer, tenter un "faire comprendre" de l'expérience analytique, dans la clinique d'aujourd'hui.
    L'oeuvre de Melanie Klein et ses prolongements nous engagent à garder comme horizon, en tant qu'analystes et à l'instar de nos prédécesseurs, l'écoute du nouveau, la créativité, le refus de l'enfermement à l'intérieur d'une idéologie et la capacité de pensée.

  • Les Lumières n'ont pas inventé la civilité ni la politesse, mais elles leur ont donné une portée morale et philosophique radicalement nouvelle. En célébrant la civilité, elles expriment une confiance nouvelle dans la nature humaine. Mais ces promesses recouvrent une sourde inquiétude : les formes les plus raffinées de la civilité peuvent aussi dissimuler le mensonge et favoriser la domination. Au XVIIIe siècle, c'est la France qui incarne avec éclat cette figure ambivalente d'une civilité brillante mais pour certains hypocrite, voire immorale, que l'on appelle la politesse.
    Montesquieu, Voltaire, Hume, Rousseau, Kant, Madame de Staël : tous voient dans la politesse française la fine fleur de la civilité moderne, s'interrogent sur la valeur de ce qu'on commence alors à appeler civilisation. C'est cette "conversation" que Philippe Raynaud restitue dans toute sa richesse. Il rappelle l'affinité native des manières françaises avec la monarchie absolue, que tout oppose à la simplicité des moeurs de la libre Angleterre.
    Il retrace la longue complicité, à la ville comme à la Cour, entre la civilité et le "règne des femmes". Il rend sensible la relation intime des lois, des moeurs et des manières. Le temps des salons est passé et ne reviendra pas, mais les questions politiques et morales qu'il avait mises à jour demeurent encore les nôtres.

  • Les avancées étonnantes des neurosciences ont fait évoluer le domaine de la psychologie et de la psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent. En quoi ces apports permettent-ils de mieux comprendre le développement de la vie psychique ?
    C'est tout l'objet de ce livre.
    Comment le petit enfant est-il amené à dire « je » ?
    Quels sont les mécanismes neuronaux qui permettent d'apprendre à lire et à calculer ?
    Comment l'environnement sociétal et familial dans lequel vit l'enfant influence-t-il sa santé mentale ?
    Comment des différences, comme la prématurité ou la précocité, peuvent-elles devenir sources d'épanouissement plutôt que d'isolement ?
    Autant de thèmes essentiels qui illustrent la question de la plasticité cérébrale chez les enfants et les adolescents et montrent comment, quand tout ne fonctionne pas bien, il est possible de favoriser un bon développement.

  • L'élection d'Emmanuel Macron a bouleversé notre système partisan, sans pour autant faire disparaître les frustrations qui l'avaient ébranlé. Mais les sombres prévisions sur l'avenir de la Ve République ont été démenties. L'élection d'un jeune président « libéral » et « européen » est intervenue à un moment où, de la Hongrie aux États-Unis, en passant par la Grande-Bretagne et l'Italie, le libéralisme politique semblait battu en brèche. Ce contexte a donné à cette élection une importance sans précédent : elle a stoppé la montée des courants populistes.
    Avec brio et humour, sans jamais se départir de ses talents d'analyste, l'auteur explique pourquoi et comment rien de ce qui était prévu n'arriva. Il évalue les chances du nouveau mode de gouvernement apparu en 2017. Examinant aussi l'échec des deux partis qui se partageaient le pouvoir depuis 1981, il mesure la redistribution des forces entre les courants de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon. Il fait enfin apparaître les limites d'un pouvoir « jupitérien », dans un monde où les hommes continuent de se vouer à plusieurs dieux... dont la guerre n'est sans doute pas terminée.

  • En définissant le handicap comme une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, la loi française du 11 février 2005 rapproche les secteurs de la pédopsychiatrie et du médico-social : un bilan des connaissances, des tensions et des enjeux qui mobilisent actuellement professionnels et chercheurs de ces secteurs.

    Les auteurs conceptualisent les liens qui existent entre les champs du handicap et de la psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, en fonction de l'état des connaissances sur le sujet et en les mettant en perspective avec les nouvelles considérations sociales et législatives, y compris dans leurs dimensions économiques. Ce livre situe dans leur contexte les questions actuelles et les discute au regard des apports de la psychologie, de la psychopathologie, des neurosciences, de la sociologie, de l'anthropologie et plus généralement des sciences de l'éducation et des sciences humaines et sociales.

  • Les contributions de professionnels et de chercheurs qui oeuvrent à la compréhension et à l'accompagnement d'adolescents en grande difficulté pour penser et construire les partenariats institutionnels pertinents.

    Cet ouvrage collectif mène une triple réflexion : sur la question générale de la construction du sujet, avec les manifestations liées à cette période clef que représente l'adolescence ; sur les entraves au processus « normal » du passage de cette période de vie à l'âge adulte ; et enfin sur des réponses institutionnelles qui peuvent être mises en oeuvre dans le cadre de partenariats.

  • L'histoire n'a pas le monopole de la compréhension des événements passés.
    Il faut aussi compter sur le roman au XIXe siècle, qui ne se contente pas de relater des événements figés, mais qui dévoile les rouages intimes et les passions de ses personnages : nous voyons désormais les individus traversés par les conflits.
    Et cela chez Balzac, Stendhal, Hugo ou encore Anatole France.
    D'où une vision négative du bourgeois dans ces romans, due à la transition complexe entre l'Ancien Régime et une société issue de la Révolution.
    Avec Les Misérables, Hugo, croyant au progrès, va restituer aux Français l'entièreté de leur histoire nationale après 1793.

  • Comprendre la Ve République et, pour ce faire la raconter en conjuguant récit enlevé et analyse politique et institutionnelle, tel est le pari relevé avec maestria par Philippe Raynaud dans cette synthèse originale et brillante, indispensable à lire à l'aube de la prochaine élection présidentielle.
    Décryptant les politiques et les hommes, les lignes de forces et les ruptures, l'auteur axe sa réflexion autour de la question nodale du pouvoir exécutif. En réconciliant l'idée républicaine avec une présidence forte, De Gaulle tranche le noeud gordien noué par les coups d'état de Brumaire et du 2 décembre 1851 et donne un coup d'arrêt au parlementarisme absolu qui a précipité les IIIe et IVe Républiques dans l'abîme. Philippe Raynaud explique et raconte le développement et les succès de ce régime avant de s'attacher à son déclin puis à sa décomposition. Loin des explications tranchées des idéologues, l'historien-politologue offre une grille d'explications à la fois exhaustive et souvent novatrice tout en restant d'un accès aisé pour le lecteur profane.
    Un futur classique.

  • La voie anglaise doit dabord être comprise à partir des particularités du droit anglais, qui a fait naître un type original de rationalisation du droit et du pouvoir étatique. Elle sest traduite aussi par une histoire religieuse originale et par la découverte précoce de ce que les divisions partisanes pouvaient apporter à une société libre. Depuis Tocqueville, les États-Unis apparaissent classiquement comme le laboratoire de la démocratie moderne, dont les effets se déploieraient pleinement du fait de labsence dhéritage aristocratique et de la prédominance de lesprit « démocratique » sur lesprit « révolutionnaire » ; mais lAmérique a dû elle aussi affronter, au moment de la guerre de Sécession, une crise violente qui a fait apparaître des oppositions comparables à celles qui ont déchiré la France révolutionnaire et cest des États-Unis démocratiques que sont sortis, à la fin du XXe siècle, de nouveaux courants radicaux. Avant dêtre celle de la Terreur, la Révolution française est celle des droits de lhomme mais, comme lavait bien vu Hegel, son développement heurté et tragique peut lui-même être interprété comme lexpression dune dialectique qui est déjà présente dans les principes et dans le « superbe lever de soleil » de 1789. Pour le meilleur et pour le pire, la démocratie française est donc bien toujours lhéritière de la Révolution et de lAncien Régime : on verra ici que, sur des questions non négligeables pour lhumanité moderne, cet héritage violent a pu aussi être la source dune modération paradoxale, et dune version civilisée du progrès démocratique. Lhistoire des révolutions démocratiques est donc une histoire vivante, et linépuisable dialogue entre les traditions qui en sont issues est une des conditions de notre liberté.

  • En quelques années, la philosophie politique est devenue la "voie royale" des recherches tant historiques que juridiques et bien sûr philosophiques. Cette première édition en poche d'un véritable classique, augmentée et mise à jour, a donc un large public.
    140 articles et 92 auteurs ont construit cet ouvrage de référence dont l'intérêt et le succès sont dus à la présentation des différents courants, problèmes et concepts ainsi que débats actuels de philosophie politique.

  • Très tôt, les enfants élisent parmi leurs pairs ceux qui seront leurs copains, pour quelques jours ou pour la vie. De la camaraderie des petits écoliers à l'amitié parfois orageuse des adolescents, des petits groupes de gamins inséparables aux amis intimes et à la « bande de jeunes », des liens se tissent et se défont. A côté de la famille, parfois contre elle (à l'adolescence), le monde des copains est celui de tous les apprentissages : élans, partages, ruptures, trahisons, violence et tendresse. Quelle est la nature de cette relation ? Tout en étant respectueux de la part secrète qu'elle représente pour tout enfant, pour tout adolescent, on ne peut ignorer le rôle des copains dans la construction psychique et l'intégration sociale.

  • Contrairement à ce que beaucoup espéraient, la fin du régime soviétique et la chute du parti qui, en France, s'en réclamait n'ont nullement entraîné la fin des courants qui se nourrissaient de la théorie révolutionnaire et du marxisme. Elles ont au contraire permis le développement de nouvelles radicalités d'autant plus conquérantes que celles-ci se prétendaient libérées de l'héritage du communisme historique. Partant de ce constat, Philippe Raynaud analyse ici ce qui structure, compose et recompose une extrême gauche plurielle, dont l'influence est à la fois forte et durable dans le champ politique français. Altermondialistes, trotskistes de diverses dénominations, maoïstes plus ou moins fidèles au Grand Timonier, Indigènes d'une République réputée ingrate, mouvances écologiques ou postsituationnistes, tous sont ici étudiés. En mettant en lumière le présent d'une illusion toujours vivante, cet essai constitue un ouvrage de référence pour comprendre la France d'aujourd'hui. "Philippe Raynaud est professeur de science politique à l'université de Paris II, membre de l'Institut universitaire de France et du comité de rédaction de la revue Commentaire. Il est notamment l'auteur de" Max Weber et les dilemmes de la raison moderne"."

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