Littérature générale

  • 50 penseurs majeurs pour comprendre le XXIe siècle, 25 entretiens et dialogues pour parler du monde tel qu'il va et ne va pas. Issu du Théâtre des idées, cycle de rencontres intellectuelles du Festival d'Avignon, dont il reprend et développe les principaux moments depuis 2004, cet ouvrage est une introduction vivante et pédagogique à la pensée critique contemporaine. Rapport entre Orient et Occident, crise de la représentation politique, métamorphose du travail, retour du sacré, sociétés en quête d'identité, actualité des résistances... Auteurs confirmés et talents émergents, les intellectuels les plus engagés dans la réflexion sur le temps présent dressent un état des lieux des questions qui taraudent notre modernité.

  • Projet luciole

    Nicolas Truong

    « Les lucioles symbolisent la joie et le désir qui illuminent amis et amants au coeur de la nuit. Mais auraient-elles disparu ? Pour Pier Paolo Pasolini, leur extinction due à la pollution est la métaphore d'une humanité rongée par la « merdonité » de la modernité. Bien décidé à sauver les lucioles et à témoigner de leur survivance, le «Projet Luciole» donne corps, forme et voix à toutes les histoires possibles de la pensée critique. Parce que l'art, la politique, l'amour et l'amitié peuvent, dans leur radicalité, encore réenchanter notre quotidien. Parce que les lucioles brillent encore au coeur des nuits surveillées. » Nicolas Truong « Ils vont et viennent, sont instables, incertains, désirants, fantasques. Ils sont là pour faire danser les paroles de Baudrillard, Orwell, Adorno, Didi-Huberman, etc. Ils en font une scène d'amour, de ménage, de malentendu, parfois même un vaudeville. Sur scène, quand la lumière baisse, le sol est jonché de feuilles volantes, translucides : lucioles, que l'universel bavardage éteint. C'est un spectacle, en somme, à la bougie. » Philippe Lançon Libération

  • En février dernier, soit quelques semaines après les tragiques faits de Cologne, l'écrivain algérien Kamel Daoud publie dans Le Monde une tribune dans laquelle il énonce que l'accueil des réfugiés demande d'admettre que leur donner des papiers ne suffira pas à les guérir du profond sexisme qui sévit dans le monde arabo-musulman. Cette tribune suscitera de violentes réactions de certains universitaires, qui répondent quelques jours plus tard par le même média, l'accusant de véhiculer les clichés islamophobes et culturalistes les plus éculés.
    C'est ainsi que démarre la "polémique Daoud", ponctuée d'échanges et de prises de positions, conduisant à ce que l'écrivain annonce se retirer du débat public.

  • Edgar Morin a parcouru tous les domaines du savoir, vécu intimement les extases de - l'histoire. Théoricien de la connaissance et héros de la Résistance, dissident du stalinisme et infatigable promoteur du "principe espérance", anthropo¬logue de la mort et sociologue du temps présent, Edgar Morin est un touche-à-tout universel. Comme l'illustrent les textes et entretiens présentés dans cet ouvrage qui reprend une partie des dialogues menés avec lui dans les colonnes du Monde, Edgar Morin a saisi son époque avec sagacité, su capter l'essence des événements, les inscrire dans la longue durée. Un siècle - d'existence passé dans les arcanes de l'histoire et de la connaissance lui a appris cette chose qui, dans notre "océan d'incertitudes, est loin d'être une devise - superflue?: "Attends-toi à l'inattendu".?» Nicolas Truong

  • Il faut casser cette image de l'amour-passion comme grand embrasement qui retombe en cendres, s'écarter de l'amour comme désir de possession qui, une fois qu'il a atteint sa satisfaction, se transforme fatalement en déception. Voilà ce que nous dit François Jullien, qui plaide pour le concept d'intime. Si l'amour est équivoque, ­l'intime, lui, est ambigu. Dire je t'aime, c'est faire de l'autre un objet, quand dire je suis intime avec toi, c'est défaire l'isolement des sujets. De ce décalage entre l'image commune et passionnelle et celle à rapprocher de la notion d'intime, quelle ­pensée de l'amour peut-on dégager?? Une ­passionnante réflexion sur ce qu'est vivre.

  • Depuis le traumatisme de janvier 2015, la République n'a cessé d'être invoquée et convoquée, notamment lors des immenses manifestations du 11 janvier. Fondement de notre société, socle de la citoyenneté et rempart de notre laïcité, elle a été aussi décriée. Il lui est reproché, à force de ne pas tenir ses promesses, de favoriser l'entre-soi, le communautarisme, voire l'apartheid social.
    Patrick Weil, historien de l'immigration et de la nationalité, directeur de recherche au CNRS, est un des rares chercheurs à pouvoir intervenir dans le débat public sur des sujets aussi délicats par leur complexité que l'intégration, les migrations, la religion, le racisme, l'antisémitisme. Sans prêt-à-penser, sans éviter les sujets de débats violents, comme l'islam ou l'identité nationale, les frontières ou l'héritage colonial, il se nourrit de véritables recherches empiriques et d'une longue pratique des politiques publiques, à la différence de tant d'orateurs qui défilent sur la scène des médias. Il donne ici du sens à la République : une direction et une orientation.

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