Virginie Maris

  • En déclarant la mort de la nature, nombreux sont ceux qui voient dans l'Anthropocène l'opportunité de prendre enfin les commandes d'un système-terre entièrement modelé par les humains.
    À rebours de cet appel au pilotage global, Virginie Maris réhabilite l'idée de nature et défend la préservation du monde sauvage. Elle revisite pour cela les attributs de la nature que les fantasmes prométhéens du contrôle total s'appliquent à nier : son extériorité, en repensant la frontière entre nature et culture ; son altérité, en reconnaissant la façon dont les non-humains constituent leurs mondes tout comme nous constituons le nôtre ; et enfin son autonomie, en se donnant les moyens de respecter et de valoriser ces mondes multiples.
    L'auteure invite à remettre au coeur de la réflexion sur la crise environnementale la nécessité de limiter l'emprise humaine sur la planète, en redonnant toute sa place au respect de cette nature indocile qui peuple nos paysages, nos imaginaires, et qui constitue finalement l'autre face de notre humanité.

  • La disparition des espèces et, de façon plus géné- rale, l'érosion de la diversité du vivant, prennent une ampleur telle qu'on parle aujourd'hui de 6 e extinc- tion. À la différence des précédentes crises de la bio- diversité, celle que nous vivons ne résulte pas d'une catastrophe naturelle mais de l'accumulation de nos choix : surconsommation, gaspillage énergétique, intensification des productions agricoles et indus- trielles.
    Pour comprendre les phénomènes en oeuvre et esquis- ser des solutions, l'auteur réinterroge le concept de biodiversité qui ne désigne pas une simple collec- tion figée mais un processus dynamique, un cadre éthique pluraliste, dans lequel les intérêts humains ne sont qu'une part des valeurs à prendre en compte.
    La solution ne peut donc se trouver uniquement dans les sciences et les techniques mais réside d'abord dans un changement de notre rapport à la nature tant d'un point de vue individuel que collectif et sociétal.
    Cinq ans après la 1 ère édition, une version augmen- tée qui intègre certains développements récents :
    La création d'un « GIEC de la biodiversité » (l' IPBES ), la montée en puissance de l'approche par services écosystémiques et des évaluations monétaires de la biodiversité, les interactions entre politiques cli- matiques et politiques de conservation. L'ouvrage accorde aussi davantage d'importance aux cas concrets et à la spécificité des contextes.

  • Si l'on sait depuis longtemps que le bien-être humain dépend en partie de la nature, cette dépendance est aujourd'hui mise en exergue à travers la notion de services écosystémiques, définis comme étant les bénéfices que les êtres humains tirent du fonctionnement des écosystèmes.

    Cet ouvrage met en évidence les limites de cette approche pour penser notre rapport à la nature et notre responsabilité vis-à-vis de sa protection. Après un aperçu historique de la conception des relations entre le bien-être humain et le fonctionnement des écosystèmes, l'auteure décrit l'émergence des "services écosystémiques" comme nouvelle norme dans le monde de la conservation. Elle montre comment cette approche a renforcé et multiplié les tentatives d'évaluation monétaire de la biodiversité et la façon dont ces deux mouvements, d'instrumentalisation de la nature puis de quantification des bénéfices qu'on en tire, participent d'une dynamique de marchandisation de la biodiversité.

  • La disparition des espèces et, de façon plus générale, l'érosion de la diversité du vivant, prennent une ampleur telle que la période actuelle est communément comparée à l'un des cinq grands épisodes d'extinctions massives qui ont ponctué l'histoire de la vie sur terre. Partant de ce terrible constat, cet ouvrage propose une analyse philosophique de cette véritable crise de la biodiversité. Il retrace les racines de la conception occidentale de la diversité du vivant, objet de curiosité et de fascination depuis l'Antiquité grecque qui va finalement se cristalliser, dans la seconde moitié du xxe siècle, autour du concept de biodiversité. L'auteure montre la diversité des réalités auxquelles ce concept réfère et invite à une interprétation pluraliste du terme de biodiversité. Enfin, l'auteure s'atèle au problème éthique que pose la crise de la biodiversité en reposant la question du rapport des sociétés humaines à leur environnement naturel. Face à une multiplicité de sens et de normes, une approche créative et participative des politiques de conservation devrait permettre de prendre en compte un éventail plus large de valeurs tout en rendant justice au pluralisme inhérent à nos sociétés démocratiques.

  • La biodiversité joue de nombreux rôles, à la fois source et produit du bon fonctionnement des écosystèmes dont dépendent les services écosystémiques. Dans un contexte de pressions toujours croissantes sur les milieux naturels, les études sur les valeurs de la biodiversité et les services écosystémiques aident à mieux comprendre les interactions entre nature et sociétés, à anticiper les bouleversements à venir et à concevoir des mesures de gestion appropriées.

    Cet ouvrage découle d'un séminaire qui a mobilisé plus de 40 scientifiques issus d'une grande diversité de disciplines : écologie, philosophie, géographie, droit, économie, génétique, anthropologie, sciences politiques. Il a fidèlement conservé la libre expression de perspectives parfois divergentes afin de restituer la dimension dynamique et vivante des processus d'avancée des connaissances.

    Trois thèmes y sont abordés : la question des valeurs de la nature en général, les relations entre biodiversité et bien-être humain à travers les services écosystémiques, et enfin les différentes formes d'opérationnalisation de ce concept.

    Nous espérons qu'à sa mesure, il participera à alimenter le nécessaire débat de société sur notre rapport à la nature.

  • La saumone

    Laszlo Virginie-Mari

    • Seguier
    • 30 Novembre 2009

    Fred est grosse. Elle l'a toujours été. Malgré le regard des gens, elle vit, sort, travaille, tombe amoureuse. Jusqu'au jour où sa vie bascule. Stéphane est seul. Orphelin, il habite encore dans le grand appartement familial, n'a pas d'ami, et ne côtoie que ses collègues de travail. Ils vont se rencontrer, par hasard, et leur vie va changer. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire. Entre l'instinct de survie et l'amour fou, l'un des deux aura le courage de prendre suffisamment de recul pour sauver sa peau. D'une plume toujours aussi acérée et rapide, l'auteur nous met face à plusieurs réalités : l'apparence, le deuil, l'amour, mais aussi à une perversion peu connue en France, le feeding. Une fois n'est pas coutume, c'est des États-Unis qu'arrive cette pratique qui consiste à engraisser une personne jusqu'à l'avoir sous totale domination psychologique (la personne nourrie n'est plus rien sans son nourrisseur) et physique (la personne finit immobilisée par le poids). Quasiment inconnu en France où il est pourtant condamné et puni, le feeding y fait malgré tout plusieurs victimes par an. On dénombre déjà de nombreux cas dans les pays anglo-saxons, bien plus permissifs sur ce sujet que d'autres pays, mais cette déviance a tendance à s'étendre de plus en plus. Le XXIe siècle est malade de l'alimentaire. Grossir démesurément, sans limite, quel scandale à l'heure du mannequin translucide, du yaourt à 0 %, du trou de la Sécu qu'on creuse avec une fourchette, en même temps que sa propre tombe !

empty