D'ores Et Deja

  • Ensemble

    Collectif

    Dans le cadre du projet de transmission et de pratique théâtrale intitulé Ensemble, 19 autrices et auteurs ont répondu à la commande d'écriture de La Comédie de Saint-Étienne, Centre dramatique national. Des textes courts abordent les différentes formes de discriminations et d'oppressions. Auteurs : Tamara Al Saadi, Marion Aubert, Alexandra Badea, Rachid Benzine, Stéphane Bouquet, Logan De Carvalho, Nasser Djemaï, Gabriel F., Riad Gahmi, Laurent Mauvignier, Fabrice Melquiot, Tania de Montaigne, Valérie Mréjen, Pauline Peyrade, Guillaume Poix, Pauline Sales, Estelle Savasta, Bertrand Schefer, Mélissa Zehner.

  • Aux prises avec ses angoisses, les angoisses d'un monde sourd et défaillant, les angoisses d'un peuple immobile comme des moutons face à l'équarisseur levant son bâton. La violence de ce texte est à la hauteur du désir de liberté sans borne de la vierge rouge. Jusqu'à son dernier souffle, elle n'a cessé de nous réprimander, nous, sur qui le monde glisse, nous qui ne nous levons pas quand la liberté est en danger.

  • Il a fallu cinq ans de lutte contre la multinationale Unilever avant que les ouvriers de Fralib n'arrivent à sauver leur usine et leurs emplois. Dans le contexte actuel d'économie financiarisée, les Fralibs, 40 ans après les Lip, se lancent dans l'aventure d'une nouvelle expérience d'autogestion.

    Pour que l'humain soit au centre de l'entreprise. Ils fabriquaient les sachets de thé et infusions Eléphant, ils créent désormais leur propre marque : « 1336 » ; soit le nombre de jours de lutte, entre la fermeture de leur usine en septembre 2010 et la signature de l'accord de fin de conflit en mai 2014, qui leur a permis de lancer la coopérative.

    L'an passé, Philippe Durand rencontre ces ouvriers dans leur usine à Gémenos, tout près de Marseille, peu de temps avant le lancement de la marque. Il nous raconte cette grande et belle aventure sociale.

  • Paru en 1904 dans la revue Les Temps Nouveaux, Aux jeunes gens s'adresse aux adultes en devenir, à ceux qui sont encore en mesure, -?car non viciés par la société environnante- de rêver de Liberté. À l'instar de Rilke, la lettre à un jeune poète de Kropotkine est une missive d'engagement, lourde de sens. Une missive qui a su bouleverser quelques adolescents du début du siècle passé, une missive toujours actuelle.

  • "Il faut vivre avec son temps". Elle semble anodine cette phrase, celle qu'un patron adresse à une employée non joignable le week-end, alors même qu'elle possède un smartphone. Pourtant, cette même phrase est à l'origine d'une singulière conversation entre une femme et un homme, un couple, Elle et Lui. Lui ne semble pas comprendre la gravité, le désarroi et la solitude provoqués par cette seule phrase, chez Elle.
    Au détour de leur voix, un choeur s'immisce dans le fil des aveux. Le temps se conjugue au pluriel dans l'infinité des affres et des maux d'une époque, des progrès traversés, et inéluctablement de la déraison de notre temps.

  • "Vous-mêmes n'êtes-vous pas, sinon anarchistes, du moins fortement nuancés d'anarchisme ? Qui de vous, dans son âme et conscience, se dira le supérieur de son voisin, et ne reconnaîtra pas en lui son frère et son égal?" En 1894, Elisée Reclus prononce devant les Francs-maçons une conférence sur l'anarchie.

  • « L'idéal républicain de Blanqui est l'objet même du texte publié dans la présente édition.
    Écrit en 1834, Qui fait la soupe doit la manger est une charge lourde contre tout principe d'exploitation et d'inégalité. L'auteur redouble de pugnacité quand il s'agit de dénoncer l'idée d'égalitarisme comme remède contre toutes les injustices sociales.
    Non dénué d'un certain humour, ironique et incisif, Qui fait la soupe doit la manger, destiné au journal Le Libérateur, conserve une certaine fraîcheur aujourd'hui encore. »

  • Discours prononcé en mars 1838 à l'Assemblée Nationale, Sur l'abolition de la peine de mort est un chef d'oeuvre de la Littérature du XIXe siècle.
    Grandiose orateur de la première moitié du siècle, écrivain, poète et homme politique, Alphonse de Lamartine consacre son talent à la défense d'idéaux humanistes et républicains. Luttant contre la peine de mort et pour l'abolition de l'esclavage, le poète laisse derrière lui des poêmes et des discours convaincants de style. Concernant la peine de mort, l'argumentation connaît une densité rare pour l'époque sur un tel thème. Car l'analyse de Lamartine est basée sur l'exploration d'une société en pleine évolution, une sociéé ayant dépassé, selon lui, l'ère de la barbarie. Déclarant que la peine de mort est devenue inutile et nuisible dans une société évoluée, il fait appel à la liberté et à la moralité pour qu'enfin la transition s'annonce. Transition vers d'autres pratiques, vers une nouvelle façon de dire la justice.
    Pas si lointaine, et encore appliquée par ailleurs, tout discours sur la peine de mort mérite une attention particulière.
    Lamartine propose ici un chef d'oeuvre.

  • L'ère nouvelle

    Louise Michel

    Publié en 1887, bien après la Commune de Paris et la déportation en Nouvelle-Calédonie, L'ère nouvelle est un texte de Louise Michel où l'amertume se veut poétique. Convertie à l'anarchisme, révolutionnaire et assoiffée de justice, la Vierge rouge n'a de cesse d'interroger le genre humain, tentant inlassablement de comprendre pourquoi l'injustice et une certaine odeur de décomposition règnent. "Vont-ils se laisser abattre comme des bandes de loups ?" La hargne de Louise Michel s'explique par la singularité de la période d'écriture. La répression qu'a connue la Commune fut si rude que les souvenirs violents sont encore vifs en 1887. Ainsi, la douleur transperce les mots, les phrases sont encore chargées du poids de la défaite. Chez Louise Michel, là ou la défaite a frappé, l'espoir se lève, inéluctablement. C'est ainsi que la révolutionnaire emporte le lecteur, l'idée de progrès social renaît, une odeur de justice s'empare de pages mi-poétiques, mi-politiques. L'ère nouvelle s'achèvera sur une idée d'éternité, une victoire en somme.

  • Paru en 1886, Ni révoltés, ni satisfaits est un manifeste écrit par Charles Gide dans le premier numéro de L'Emancipation. Gide et ses amis, petit groupe d'expérimentateurs sociaux, oeuvrent à la recherche d'un axe permettant à la société d'évoluer de manière respectueuse des libertés individuelles tout en étant dotée d'une vraie efficacité économique. Ainsi, dressant d'une part le portrait des révoltés et d'autre part des satisfaits, Gide entend trouver la voie du milieu car «Toute révolution, soit qu'elle échoue, soit même qu'elle réussisse, entraîne encore plus de souffrances pour les pauvres que de ruines pour les riches».
    Les sans-travail est un rapport rédigé en 1904 à destination d'une commission sociale. Rapport d'une actualité frappante !

  • De retour dans sa ville natale, le narrateur se retrouve avec son père et revoit l'usine, partout l'usine, et tout autour d'elle la peur des avenirs d'enfant et la culpabilité, la culpabilité d'un corps aimé qui est tombé, des corps esquintés qui l'entourent, mécaniques, les corps muets, la culpabilité aussi de ne pas avoir trouvé les mots, les mots qu'il fallait dire ou ne pas dire, et la colère de ne pas les entendre. Le frère du narrateur, son père, sont « machine », plante ; lui a fui, il ne sait plus ce qu'il est parmi eux, alors il reste silence.
    C'est par le langage écrit, et non oral, que leur humanité peut leur être rendue.

  • Détruire la misère est un discours marquant de Victor Hugo prononcé en juillet 1849 devant l'Assemblée nationale. Texte de combat où les mots employés par l'orateur inquiètent les conservateurs présents à l'Assemblée. Interrompu par des huées et autres dénégations, Hugo provoque une grande colère en proposant un discours profondément humaniste, un discours fraternel et audacieux : « Je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère ».
    En avril 1851, sous le conseil d'Auguste Blanqui, le député Victor Hugo visite les misérables caves de Lille. En plein débat sur la condition et le logement ouvrier à l'assemblée, Hugo sort de cette visite bouleversé et indigné. Dans Les caves de Lille, Hugo décrit la pénible condition des ouvriers du textile. Cette main d'oeuvre, faite de femmes et d'enfants, vit dans de sordides caves dépeintes avec précision tout au long du texte.
    Ce discours ne fut hélas jamais prononcé, du fait du coup d'état de décembre 1851.
    Il convient de noter le caractère véridique du récit en question. Différentes sources littéraires font état des caves de Lille.

  • Quand l'époque déparle, quand les mots se perdent, quand face à la lourdeur de nos immobilismes nous ne savons plus comment crier, il reste la poésie.
    Celle de Bouvier loge dans un écrin d'espoir qui subitement se transforme en poche de résistance, c'est aussi l'endroit des mots susurrés, et soudainement l'antichambre de l'utopie.
    Alain est pompiste, au kilomètre 137 de l'autoroute A11 en direction de Paris. Alain est poète, avant tout, partout.

  • Les Lunettes

    Edgar Allan Poe

    « Quant aux qualités physiques, je n'en suis nullement dépourvu. Au contraire, je me flatte d'être bien fait de ma personne et de posséder ce que neuf individus sur dix seraient disposés à appeler un beau visage. Ma taille est de cinq pieds onze pouces. Mes cheveux sont noirs et bouclés. Mon nez est d'une assez belle venue. Mes grands yeux gris ne manquent pas d'expression ; et bien qu'en réalité ils soient d'une faiblesse très gênante, on ne s'en douterait guère à les voir. Ce défaut, néanmoins, m'a toujours causé beaucoup d'ennuis et j'ai essayé tous les remèdes, hormis un seul. Étant jeune et joli garçon, j'éprouve une répugnance bien naturelle à porter des lunettes, et je m'y suis toujours refusé avec fermeté.»

  • Reprendre trois fois de tout pour prolonger l'exp érience des sentirs en un autre contenant que le corps. Danser une écriture du trop, de l'amoncellement, de l'excès, pencher un peu le mot pour le voir vaciller quand il est tout au bord, et qu'il va basculer en un début de bacchanales. Et là, ressaisir l'attention vers ce qui a été débordé, mais qui est bien toujours, encore, surtout la vie.
    Avec l'idée, peut-être, que ce qui devait nous perdre nous conservera.

  • En 1851, l'éditeur Garnier Frères publie Les confessions d'un révolutionnaire. Ouvrage de près de 400 pages où Pierre-Joseph Proudhon propose une analyse critique des événements politiques, un descriptif détaillé des différents actes des gouvernements et un retour sur les récentes révolutions. Le présent ouvrage est constitué de deux opus des Confessions, tout d'abord Qui suis-je ?, chapitre autobiographique, suivi de Banque du peuple. Courte biographie rédigée par Pierre-Joseph Prouhon lui-même, Qui suis-je ? est l'occasion pour l'auteur de revenir sur certains malentendus, ou quelques maladresses, pour reprendre son expression. Ainsi, il détaillera sa pensée sur la propriété, les principes anarchistes et l'esprit démocratique. Dans la seconde partie de cet ouvrage, nous proposons un écrit de référence, Banque du peuple. Proudhon pose ici les fondements d'une théorie du crédit à taux zéro, idée s'apparentant au principe mutuelliste, encore en oeuvre aujourd'hui. Dans ce cadre, il imagine l'instauration d'une banque d'échange, une banque du peuple ayant pour tâche d'instaurer un crédit mutuel et gratuit. Les travailleurs, dans une logique de prêts ou d'échanges, posséderaient un capital utile à leur propre production, sans nécessité de contracter avec les propriétaires ou banquiers, devenant ainsi leurs propres banquiers. La naissance d'une telle démocratie économique ayant pour finalité l'abolition du capitalisme.

    Théoricien révolutionnaire du XIXe siècle, PierreJoseph Proudhon a publié, en 1840, son ouvrage majeur, Qu'est-ce que la propriété ? Une décennie plus tard, Proudhon débute la rédaction de Confessions d'un révolutionnaire . Les deux textes proposés dans le présent ouvrage sont issus de ses Confessions.

  • À travers un monologue, un artiste raconte la plus belle histoire d'amour que le monde ait jamais connue : sa propre histoire. Usant d'artifices, Le comédien met tout en oeuvre pour embellir sa fable, pour l'élever au rang des plus grands classiques du genre. De son propre aveu, c'est un échec. L'artiste prend alors une décision dangereuse, une décision réduisant à néant toute autorité sur sa propre création.

  • Républicain, laïque et socialiste, Jean Jaurès, en 1902 et 1906, prononce deux conférences : La justice dans l'humanité et La question religieuse et la question sociale.
    Ces conférences sont exceptionnelles tant dans leur contenu que dans l'expression de son souhait le plus profond : une humanité de la paix et du droit, l'avènement de la justice Jaurès expose également sa conception de l'histoire, son espérance d'une libération et d'une émancipation généralisées, mais il définit aussi un programme méthodique valant pour la situation présente : organisation d'une assurance sociale contre les risques de maladie, d'accident, de chômage et de vieillesse.
    Ces deux conférences montrent la profonde unité de sa pensée et de sa vision du monde. Jaurès ne se voulait certainement pas un pragmatique mais fondait sa politique sur une conception du monde, sur une philosophie de la vie.

  • Alima Abdhat signe et se signe. Un Recueillement. Car c'est bien des césures entre parole et silence que nous parvient sa voix.
    Recueil : plume ancrée dans les abysses du silence afin d'en cueillir en abécédaires sauvages?murmures et fracas, céder aux vertiges de la plénitude du vide, dénuder la volupté des mots camisolés, déflorer les hymens factices, transmuer les colères à la manière des alchimistes, et y semer esprit, grâce et amour.
    Recueillement : poésie en apesanteur bien que pesant de toute la gravité originelle des mots ; celle des aïeux, si présents sur sa terre d'écriture ; celle des quêtes tumultueuses de sérénité ; celle des solitudes fécondes qui ouvrent aux autres et s'ouvrent des horizons ; de la légèreté feinte d'une écriture audacieuse, sans certitude autre que le point d'interrogation, mais gorgée de soleils, de mers, de musiques, de désirs.

    Alima Abdhat est née et vit en Algérie. Colères, qu'êtes-vous devenues ? est son premier recueil.

  • Danseur

    Robin Decourcy

    Que reste-t-il quand la danse est finie ?
    Décélérer et ralentir, éprouver le mouvement pour revenir, provoquer l'embardée, oser l'échappée, et enfin faire corps. Corps de soi, des êtres à l'entour, du solide ambiant. Jusqu'à ne plus pouvoir faire semblant, reprendre danse marche mouvement, retourner sous la domination d'une pulsion exacte, déambulant, sous l'étoile.

  • L'écriture d'Anne Mulpas est liée aux origines, à la voix. Elle explore, dépasse l'idée de genre et tente de considérer l'écriture comme un laboratoire d'expérimentations. Un matériau vivant.

  • L'auteur entend indiquer sans détour en quoi la gauche a oublié la question démocratique et en quoi, par conséquent, elle a abandonné le combat théorique et pratique en faveur de la démocratie. Renonçant à l'idée selon laquelle la tenue régulière d'élections garantit à elle seule l'existence d'un régime démocratique, Manuel Cervera-Marzal propose un développement en trois axes: La démocratie peut-elle se limiter à la representativité et qu'en est-il de la démocratie directe ? Puis, la démocratie n'est-elle qu'un régime politique ou désigne-t-elle, plus largement, un ensemble de pratiques et d'institutions sociales?
    Enfin, l'auteur lie démocratie et désobéissance: la démocratie est-elle seulement un ordre politique et social donné ou n'inclut-elle pas aussi la puissance instituante qui vient désordonner ?

  • Cet ouvrage s'adresse à tous ceux, militants, salariés du secteur de la culture et citoyens curieux, qui souhaitent mieux appréhender les transformations dans le secteur de la culture, les luttes syndicales et les mutations actuelles de l'État et du Capitalisme.

  • Jusqu'où ira Franck pour échapper au bruit ?
    La brutale hypersensibilité du personnage principal au bruit, sans raison apparente, pourrait révéler une vie à maints égards morne : célibataire, sans enfants, travail ennuyeux, vie sociale déclinante, il aurait toutes les raisons de fuir cette réalité dans cette sorte de crise auditive sans fond.

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