Des Equateurs

  • La vie derrière soi ; fins de la littérature Nouv.

    «Pour son derniers cours au Collège de France, Antoine Compagnon s'est livré à une ultime réflexion sur la littérature, l'art, la musique à travers le kaléidoscope du mot « fin ». C'est en relisant La vie de Rancé de Chateaubriand qu'il en eut l'inspiration. Mais qu'est-ce que « les fins de la littérature » ? Cela signifie-t-il pour un écrivain de mettre un terme à son activité créatrice ? S'adonner enfin à l'oisiveté ? Ou faut-il prendre le mot au sens de crépuscule du créateur ? Un artiste est-il plus génial dans sa jeunesse ou sa maturité ? La vieillesse est elle-un déclin ou au contraire une apothéose ? Le Titien a-t-il eu raison de créer après 70 ans ? Hokusai, « le vieillard fou de dessin » estimait qu'il devrait atteindre l'âge de 110 ans pour maîtriser son art. N'existe-t-il pas un art sublime ? Un art du sublime sénile ? Les oeuvres ultimes malmènent les conventions. Elles peuvent être chaotiques, désastreuses, bouleversantes et annoncer des ruptures comme les quatuors de Beethoven. À travers des exemples allant de l'antiquité jusqu'à nos jours, Antoine Compagnon se livre à une réflexion sur la place de la vieillesse dans notre civilisation et notre société. Car texte n'est pas un cours mais une Odyssée vagabonde qui digresse sur l'or du temps, la mélancolie. C'est un récit, une panoplie de toute beauté qui s'appuyant sur des tableaux est un chant du cygne - le cygne produisant son plus beau chant juste avant sa mort. Mais le chant du cygne est un mythe à l'image de la littérature. Et la littérature moderne s'est pensée comme « un champ du cygne démesuré ». « La littérature va vers elle-même, vers son essence qui est la disparition », affirmait Blanchot.

  • Pour ralentir la fuite du temps, sylvain tesson parcourt le monde à pied, à cheval, à vélo ou en canot.
    Dans les steppes d'asie centrale, au tibet, dans les forêts françaises ou à paris, il marche, chevauche, mais escalade aussi les monuments à mains nues. pour mieux embrasser la terre, il passe une nuit au sommet de notre-dame de paris, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, recourt aux cabanes. cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. dans nos sociétés de communication, sylvain tesson en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux.
    Ce petit traité sur l'immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l'ordre établi.

  • Après un coup de tonnerre du destin, Édouard Cortès choisit de se réfugier au sommet d'un chêne, de prendre de la hauteur sur sa vie et notre époque effrénée. À presque quarante ans, il embrasse femme et enfants, supprime ses comptes sur les réseaux sociaux et s'enfonce dans une forêt du Périgord pour un voyage immobile. Là, dans une cabane construite de ses mains, il accomplit son rêve d'enfant : s'enforester, rompre avec ses chaînes, se transformer avec le chêne, boire à la sève des rameaux. Ce printemps en altitude et dans le silence des bois offre une lecture de la nature qui ne se trouve dans aucun guide ou encyclopédie. Le chêne si calme abrite un cabinet de curiosités et accorde pen­dant trois mois à l'homme perché une rêverie sous les houppiers et les étoiles. Il faut savoir parfois contempler une colonie de fourmis savourant le miellat, écouter un geai ou un couple de mésanges bleues, observer à la loupe des champignons et des lichens pour comprendre le tragique et la poésie de notre humanité. Afin de renouer avec l'enchantement et la clarté, l'homme-arbre doit couper certaines branches, s'alléger et se laisser traverser par la vie sauvage avec le stoïcisme du chêne.

  • Rome, 1975. Un vent de liberté souffle sur la ville, tout semble possible, et pourtant nos destins ne tiennent qu'à un fil, une rencontre parfois. Les vacances d'été touchent à leur fin, trois garçons des beaux quartiers rencontrent deux jeunes filles du peuple. Ils flirtent en musique dans les cafés et au volant de belles voitures. Ils boivent, fument et ne vivent que dans l'attente de la prochaine soirée. Jusqu'à ce que les garçons invitent les filles à faire la fête dans une villa somptueuse du mont Circeo, une petite cité balnéaire au sud de Rome. Là-bas, racontait-on, Ulysse et ses compagnons avaient débarqué au pied du palais de Circé et la magicienne avait ensorcelé les marins. Les hommes s'étaient transformés en porcs.
    En cette belle fin d'été, sous le soleil du Circeo, le pire est arrivé. Le fait divers est resté célèbre sous le nom de « massacre du Circeo ».

    Pierre Adrian convoque dans ce roman noir toutes ses mythologies : l'Italie des années de Plomb et de Pasolini, la fin de l'enfance, le temps des dernières insouciances, l'explosion des sens et la découverte des corps, la musique des années 70 et les paysages comme des décors de cinéma.
    Il explore aussi la complexité des relations entre filles et garçons, la séduction quand elle bascule dans la violence, l'espoir des filles de s'élever socialement et le mépris de classe des garçons. Enfin, comme un leitmotiv tragique, il revisite les lieux et les mythes : en quoi le sort jeté par la magicienne de L'Odyssée sur le mont Circeo résonne encore en 1975 et aujourd'hui ?

    Né en 1991, Pierre Adrian vit à Paris. Son premier livre, LA PISTE PASOLINI, fut couronné en 2016 du Prix des Deux-Magots et du Prix François Mauriac de l'Académie française. Son deuxième livre, DES ÂMES SIMPLES, a reçu le Prix Roger-Nimier et le Prix Spiritualité d'Aujourd'hui 2017.

  • John Lennon et Yoko Ono vécurent plusieurs étés de paix dans les montagnes retirées du Japon, à Karuizawa. On en parla peu. Car il ne se passa presque rien. Ils appelèrent cela, « le silence de l'amour ». Quasiment rien si ce n'est l'aboutissement du parcours du narrateur de ce roman, qui découvre alors tous les bouleversements dans la vie créatrice et personnelle de John Lennon et au-delà, le maillage de sa propre vie, les interférences nippones, la présence de la femme aimée et lointaine. Et de la neige. Ce roman parle des fantômes qui peuplent nos vies, du Japon et de sa soyeuse étrangeté. De l'amour et des sentiments qui fondent sous la passion. De John Lennon et de sa résurrection. C'est aussi une enquête sur les lieux d'élection japonais d'un couple mythique. Il séduira non seulement les fans des Beatles, de musique mais aussi les amoureux de voyage lointain et de retraite spirituelle. C'est du Kawabata pop et rock'n roll.

  • « Je connais de l'intérieur cet univers totalitaire, exterminateur. Je suis un naufragé, entouré d'ordinateurs. Je m'accroche à ce poème de Charles Juliet qui me laisse un peu d'espoir : « si tu n'as pas/ connu/le naufrage/impossible/de gagner/la haute mer/le naufrage première porte de la connaissance » Je suis devenu dépendant de mon smartphone, mon bras armé, ma croix, ma brûlure intérieure. Je me sens un exilé. Je ne joue pas Victor Hugo persécuté par l'empereur, prenant la route de Jersey puis de Guernesey. Mais je choisis la force océanique contre le nuage informatique. Nous vivons désormais en territoire occupé. J'ai l'impression d'être un collabo, un criminel envers mes enfants : je les ai laissés se faire contaminer. J'aurais dû leur apprendre ce que nous pouvons faire de nos mains et nous contenter du grec, du latin car depuis rien de nouveau sous le soleil. Tout clic informatique est une pulsion de mort. Et moi, je choisis la vie.
    Nous savons qu'un complot mortifère sape nos sociétés.
    Je dis et redis à mes enfants : les écrans ce n'est pas la vie. Ils détruisent le plus beau divertissement, l'ennui, le temps perdu, la rêverie. Le numérique ce n'est pas un changement technique, c'est le global deshumanisé. Il y a comme un hic. Où sont les siestes dans la chaleur grésillante de l'été et le blé en herbe, les yeux vers le grand ciel ? » Dans cet essai d'humeur, ce pamphlet contre le totalitarisme des écrans, Olivier Frébourg oppose le temps de la poésie, la beauté et la lenteur pour sortir de l'accélération du temps et de l'enfer des écrans.

  • Implosions

    Hyam Yared

    Le 4 août 2020 à 18 heures et 7 minutes, la narratrice se voit propulsée sous le bureau de sa thérapeute. Elle est à quatre pattes, entre son mari et leur psy. Une bombe vient de ravager Beyrouth. Une apocalypse. Et le scénario en train de se produire dans ce cabinet : celui d'un couple en déliquescence. La narratrice est une affranchie. Elle veut vivre tout de suite et tout à la fois. Être mère, épouse et écrivaine, « beauvoirienne » et pondeuse multi-récidiviste. Plutôt que de choisir, elle a embrassé la multitude : femme remariée, mère de cinq filles, auteure de nombreux livres, écartelée entre Beyrouth et Paris, entre sa soif d'écriture et ses maternités, entre la joie de l'enfantement et l'instinct de fuite. Son énergie vitale est ce prix, c'est une bombe à retardement. Comme son couple, tiraillé entre un homme analyste et une femme guidée par les méandres de l'écriture. En bref, « la rencontre d'une centrale nucléaire avec une éolienne ». Comme cette ville qu'est Beyrouth, fendue, divisée, sectionnée de toutes parts, par les guerres, les rancoeurs entretenues, jusqu'à cette ultime désintégration. La narratrice n'a plus que l'écriture pour consolation. Elle prend la plume à bras le corps et nous offre un récit d'une puissance inouïe où se reflètent jusqu'au vertige l'explosion de la ville et la déflagration intime, la dérive orwellienne de notre planète et l'hyper-connexion des êtres humains qui évoluent désormais « en distanciation sociale ». On retrouve le style plein d'humour et de rage de vivre de Hyam Yared, ses réflexions sur le sens de nos vies, la sexualité, le couple, la maternité, l'inadaptation au monde délirant dans lequel nous vivons... et l'amour qui triomphera toujours de la fin du monde.

  • Anaïs est née dans une famille pas comme les autres : entre une mère s'occupant de la mécanique et un père préférant repasser le linge. De son enfance, elle a conservé l'odeur du troène au printemps, le divorce des parents, le potager de son "pépé" , le "chemin du blé en herbe" , la plage des Dunes du Port. A 18 ans, elle part en Inde, seule, puise en elle un courage qu'elle ne soupçonnait pas et découvre le caractère sacré de la nature.
    Elle. De ce premier voyage initiatique et décisif, elle tire une force pour toujours et voit naître son rêve : "cultiver son jardin" . Comme si l'errance avait provoquée chez elle le besoin de s'enraciner pour continuer à avancer. Anaïs se met en quête d'un lopin de terre. En Bretagne évidemment ! La route est semée d'embûches, mais ni l'administration, ni la misogynie du milieu agricole, ni les caprices du ciel ne lui font peur.
    En accord avec ses convictions profondes, elle réalise son rêve : elle sème, cultive et invente des tisanes, telle une sorcière des temps modernes ! Anaïs apprend le travail de la terre, la solitude, les noms enchanteurs des herbes ; l'aubépine, l'hysope, la guimauve, la marjolaine, la sauge, le souci, l'agastache, le serpolet et la reine-des-prés, elle lit Thoreau et s'interroge sur la valeur du travail, de l'argent, de la liberté, sur le lien de l'homme à la nature, sur la beauté des gouttes de rosée sur les feuilles le matin...
    Ce livre est un hymne à rêver et à aller jusqu'au bout de ses rêves, un petit guide de survie alternatif et stimulant dans un monde qui va trop vite, une réflexion sur l'écoféminisme et une célébration de la nature.

  • Cultivant sans vergogne sa nostalgie pour le temps passé et fasciné par cette Indonésie en pleine mutation, l'auteur nous entraîne de la grande île de Sumatra à l'archipel des Moluques en passant par Djakarta, Bornéo, Sulawesi. Un voyage de 4000 kilomètres à travers cet " archipel-monde " stratégiquement situé entre Océanie et Asie orientale, aux contrastes saisissants : le plus grand pays musulman de la planète, peuplé de 700 ethnies différentes, autant de langues, et qui pourrait devenir la 6ème économie mondiale en 2030.
    L'errance de l'auteur est le prétexte à des rencontres fascinantes, mêlant fantaisie et cruauté, dans les quartiers coloniaux abandonnés de Medan, avec des ma?eux de Sumatra, des voyous des bidonvilles de Djakarta ou un avocat milliardaire roulant en Lamborghini. Tantôt sur les pas de Joseph Conrad, tantôt assistant au massacre de buf?es chez l'étonnante ethnie des Toraja, sanglantes bacchanales marquant le début des funérailles, tantôt chez les Samouraïs oubliés de la guerre du Paci?que, notre écrivain dériveur parcourt l'archipel, animé par le désir d'aller toujours à la rencontre de l'autre, à l'écoute de la polyphonie du monde, sans jamais tomber dans l'écueil d'un exotisme tapageur.

  • En plein désert, un géologue rencontre la princesse Greta qui débarque sur terre et lui dit d'un ton farouche et impérieux: "Dessine-moi une chauve-souris!" La princesse Greta vit sur une minuscule planète, 100% bio où la ouche d'ozone est très pure. Mais des insectes menacent ses plants de quinoa et seule une chauvesouris peut les chasser de façon éco-responsable.
    Mais avant d'arriver sur terre, Greta a fait escale sur différents astéroïdes : l'astéroïde Charlie (Chaplin) l'astéroïde Ernesto (Guevara), l'astéroïde Frank (Sinatra), l'astéroïde, Karl (Marx), l'astéroïde Nelson( Mandela), l'astéroïde Janis (Joplin), l'astéroïde Albert (Einstein).
    A chaque fois s'établit un échange piquant sur l'esprit d'enfance, le capitalisme, la révolution, la violence, le rock, la méchanceté des hommes, la nature. Jusqu'au jour où la princesse rencontre un pangolin, animal hautement philosophique, menacé par la race humaine, qui lui enseigne le langage du coeur et de l'amour.

  • Après avoir fait marcher sa troupe de théâtre itinérant le long des routes de France, Philippe Fenwick conçoit en 2011 un projet fou, énorme : jouer dans le plus de villes possibles le long des voies ferrées qui relient Brest à Vladivostok.
    Reste à trouver une histoire universelle, en français et en russe, un cabaret accueillant comédiens, musiciens, circassiens. Ce sera les souvenirs et les délires de Jacques Mercier, vedette d'un music-hall brestois, vivant reclus depuis la fermeture de celui-ci.
    Au début de l'aventure, année de l'amitié franco-russe, tout s'enchaîne à merveille, une subvention conséquente est même allouée à la troupe. Mais, très vite, les promesses sont retirées et les problèmes administratifs, techniques, sentimentaux menacent de plomber l'odyssée.
    Face à la débâcle annoncée, Fenwick, entre euphorie et désespoir, s'acharne. Le projet tourne à l'obsession. Il erre dans les couloirs du ministère de la Culture à la recherche du mystérieux bureau S, chargé de distribuer les subventions, réécrit le spectacle pour qu'il tienne en 8 comédiens et dix-sept valises, supplie sa femme de ne pas le quitter.
    Jusqu'au départ pour Vladivostok.
    Elevé par une grand-mère russe, issu d'une famille ayant fait fortune dans les chariotsélévateurs, défenseur d'un théâtre en mouvement, Philippe Fenwick est en lui-même un personnage de roman. Si « Atavisme », son cabaret franco-russe est bien parvenu jusqu'à Valdivostok, son Journal d'un enthousiaste joue des illusions, des fauxsemblants.
    Tout est vrai, tout est faux. À commencer par le double de l'auteur, Jacques Mercier.

  • À l'été 1992, Nina rencontre Arthur sur un quai de gare au retour des Transmusicales de Rennes auxquelles ils assistaient pour la première fois.
    Nina, petite dernière d'une famille bourgeoise de la Rochelle a été initiée à la musique par son père puis au rock par son grand frère. Son rêve est de devenir journaliste aux Inrocks. Comme Martin Eden qu'il trimbale dans son sac à dos, Arthur a une culture d'autodidacte. Après un bac pro, il se destine sans conviction à devenir appareilleur à l'Arsenal de Brest.
    Ils n'ont a priori rien en commun excepté leur passion du rock, et en particulier du groupe Pavement, figure de proue de la scène indépendante des années 1990. Les riffs et la poésie tourmentée de ce groupe culte dessinent le motif d'une relation particulière qui durera plus de vingt ans, amitié fusionnelle, amour à distance, brève conjugalité, histoires parallèles. Des baladeurs K7 et des derniers conscrits du service militaire à l'avènement d'Internet. Du Paris des radios libres, Radio barjo en tête, au New York underground des années 2000.
    D'une plume alerte, Antoine Philias alterne les points de vue, mêle la narration au genre épistolaire et aux retranscriptions de conversation téléphonique. Nina et Arthur sont des personnages complexes, fêlés, miroir d'une jeunesse certainement plus insouciante qu'aujourd'hui mais aux questions tout à fait actuelles : l'orientation sexuelle, l'ambition, le rapport de chacun à son identité. Ils sont aussi la nostalgie d'une certaine idée du rock.

  • Voici le premier polar maritime de Loïc Finaz, vice-amiral, ancien directeur de l'école de guerre. Le roman commence à Brest où un officier de marine, membre des services militaires, tente d'infiltrer une équipe de terroristes embarquée à bord d'un voilier emmené par une femme séduisante, redoutable selon le renseignement militaire. Le but de l'officier de Marine : se faire enrôler comme équipier par cette cellule terroriste qui, quelques années plus tôt, a tué plusieurs militaires français. C'est le début d'une longue aventure qui conduira la goélette à travers la mer aventureuse des Antilles et d'autres mers moins pacifiques Ce roman noir est prétexte à l'officier de marine de retracer dans un monologue intérieur toute sa carrière à travers ses différentes expériences et de déclarer son amour à la navigation, à la houle et aux voyages au long cours. Dans un double sillage, Loïc Finaz raconte un redoutable double-jeu où se mêle intrigue géopolitique et blessures du coeur. Renouant avec la tradition épique de l'aventure maritime, Loïc Finaz nous livre un roman contemporain qui est un éloge de l'aventure et une célébration de la mer.

  • Tu ne me connais pas pour la simple et bonne raison que je n'existe pas. Je suis un faux philosophe. Un philosophe inventé de toutes pièces par un auteur prétentieux qui se permet de dire ce que je pense ou ce que je fais.

    Je me nomme Héractète. Un nom qui te permettra de me citer avec beaucoup de crédibilité : « Comme dirait Héractète... » et c'est toute la sagesse antique qui vole à ton secours dans une conversation où tu te trouves, il est vrai, à court d'arguments. Qui ose contredire un philosophe antique ? Dans ta tête, je porte une toge et des sandales, mais je préfère largement le survêt coton et le tee-shirt un peu sale. En revanche, je me passe de barbe, ça fait trop hipster.

    Ce livre est un carnet de pensées couchées sur papier au gré de mes inspirations : des réflexions, des aphorismes comme les philosophes aiment à les appeler, même si, dans le monde actuel, on parle plutôt de vannes ou de punchlines.

    Tu peux le commencer par le milieu ou la fin, peu m'importe. Après tout je n'existe pas alors de là à avoir une influence sur tes choix...

    Si tout cela ne te plaît pas, ferme ce livre et donne-le. Moi, Héractète, je suis le philosophe qui n'existe que dans la tête de ceux qui veulent bien m'y laisser entrer.

  • Depuis près de quinze ans, Philippe Duclos incarne aux yeux du grand public l'incorruptible juge d'instruction François Roban au point de susciter des vocations à l'Ecole de la Magistrature. De cette longue fréquentation, il tire un récit subtil, entremêlant le journal fictif de son personnage et son carnet d'acteur.Quels sont les secrets de ce juge rigide, introverti, d'une honnêteté confinant parfois à la naïveté ?
    Comment l'acteur invente-t-il ses gestes, ses émotions au point qu'ils surgissent presque par surprise, instinctivement ? Le roman de Roban est un jeu du chat et de la souris entre l'interprète et son double fictionnel. Mais qui double qui ?

  • Tout commence dans une ville dévastée par le temps et l'histoire. Bucarest dans les années 80. La narratrice grandit dans un monde délabré où les humains ont le regard rivé sur leur écran de télévision. L'illusion a tué l'espèce humaine. La narratrice fait partie de ce corps malade. Elle est étudiante en marketing et vient d'échouer au concours d'entrée au Conservatoire, son rêve de théâtre s'évanouit.
    Quel sens donner à sa vie désormais ? Une errance et une quête d'identité et de sens, au gré des amours et des territoires explorés, de la Roumanie à la France, du Mexique au Japon et au Congo

  • « Ce meurtre est mon compagnon secret. Il me leste, m'encombre parfois comme ces vieilles lettres qu'on se refuse de jeter même si leurs expéditeurs ont disparu de votre mémoire. Il m'arrime à la ville alors que je n'y habite plus depuis longtemps. Il s'insinue dans ma vie. Une vraie fuite d'eau. Parfois deux ou trois mois se passent sans que j'y pense, puis il revient me hanter. Je n'y peux rien. » Histoire d'un meurtre et d'une piscine, ce roman entremêle amours, victoires et défaites du narrateur. Un couloir de natation suffit à séparer la mort des passions brèves et ensoleillées. La piscine, miroir de nos vies, de nos comédies estivales et de nos premières blessures sociales. L'été 1974, elle fut le théâtre d'une tragédie. Une étudiante fit feu sur un maître nageur trop séducteur. Ce meurtre devint l'Affaire du narrateur. Sa trace a transformé et aiguillé son destin. Ce crime est à moi est une confession sidérante sur les conséquences d'un fait divers dans une petite ville de province et un tableau de la décennie d'or des années 1970.

  • Mauvais juif

    Piotr Smolar

    À vingt-six ans, j'ai découvert que mon grand- père était un héros en lisant son livre sur le ghetto de Minsk, où il avait fondé le principal réseau de résistance. Après être rentré en Pologne, une fois la guerre achevée, il finit par émigrer en Israël : il y est mort. La passion de sa vie était le communisme. Mon père aussi a quitté la Pologne après les répressions contre les étudiants en mars 1968 et la vague d'antisémitisme. Il devint une figure majeure du mouvement démocratique à l'étranger. La passion de sa vie est son pays. Je suis arrivé en Israël comme correspondant du journal Le Monde en 2014. J'ai assisté à la mise sous tension identitaire de la démocratie, à la montée de l'intolérance et à la polarisation du débat public. Au moment de quitter le pays, j'écris ce récit qui est un voyage au bout de la loyauté : à quoi devons- nous être fidèles ? Ce livre croise nos trois parcours, marqués par l'effacement commun de nos origines. En ces temps d'assignation identitaire, nous sommes de mauvais Juifs. P.S. Né en 1974, Piotr Smolar est grand reporter. Il a notamment publié Gloubinka, promenades au coeur de la Russie (Éditions de L'Inventaire).

  • « Je pris la décision de foutre le camp un lundi de mars, alors que je flânais au cimetière de Vaugirard. Je circulais entre les tombes, mains en poche, lorsque je lus une épitaphe épargnée par l'usure : « Si tu ne peux plus prier, marche ». Prier, ça faisait des années que je n'en étais plus capable. J'avais perdu la foi. Dieu avait enchanté mon enfance, puis déserté, sans donner ses raisons. Vingt ans, pensais-je, c'est l'âge des grandes aventures et des exploits physiques ! Je bouillonnais entre les murs de ma chambre de bonne, sentant mourir en moi le feu sacré de l'adolescence. Du haut de la montagne Sainte-Geneviève, je convoitais des sommets lointains. Partir à Jérusalem. Traverser l'Europe. Ce rêve était né dans le remugle d'une salle de classe. Il jaillissait à nouveau entre les murs d'un cimetière. Une pierre tombale m'avait soufflé l'idée. Il fallait partir. » S. A.

  • Un matin de février, deux corps mutilés sont découverts à Bruxelles : celui d'un SDF dans un parking, puis celui d'un nanti dans un appartement. La commissaire de la brigade criminelle, Natacha Barthel, arrive sur les lieux. À ses côtés, une journaliste autorisée à couvrir les deux enquêtes. Ça sonne comme un polar sauf que tout est vrai.
    "On tourne les pages avec avidité pour connaitre non seulement les coupables, comme dans un roman policier, mais aussi pour mieux appréhender les secrets des victimes et de leurs bourreaux, pour savoir comment leurs destins se dessinent. (...) " Jean-Claude Vantroyen, Le Soir.

  • Le narrateur, atteint d'un trouble bipolaire, décrit sa pathologie et décide de se confronter à sa folie. Il part pour la Sibérie dans une longue errance jusqu'aux confins de la Mongolie. C'est aussi un voyage intérieur durant lequel il croise l'ombre maléfique du baron Ungern mais aussi le musicien Monk ou l'écrivain Conrad.

  • Journal

    Clara Luciani

    Clara Luciani nous livre son journal intime, ses souvenirs d'enfance et du sud de la France, son combat pour « devenir femme » et artiste, ses complexes, ses peurs et ses rêves, sa soif de merveilleux et son humour explosif, ses origines sociales modestes et son parcours de guerrière pour s'imposer dans le monde de la musique, ses lectures de femmes puissantes (Annie Ernaux, Anaïs Nin, Colette, Marguerite Duras, Nancy Huston...) et son tempérament nostalgique et enflammé.
    Avec pudeur mais sans détour, Clara Luciani se dévoile et se révèle.

  • Des monts et merveilles Nouv.

    C'est un roman du lien fraternel. Après avoir exploré le roman maternel et grand-maternel dans ses précédents ouvrages (Ça ne se fait pas, Une allure folle), Isabelle Spaak s'attache cette fois à la figure de son demifrère Michel. Un personnage fantasque, chasseur de chimères, écrivain du dimanche, querelleur polyglotte, épistolier infatigable, Belge avant tout. Un homme qui aime attraper les heures fugitives.
    Au cours d'un voyage à Liège, Isabelle et son frère Michel tombent sur une maison où Napoléon a séjourné quand il était premier consul. C'est le début de la grande Histoire qui s'enchâsse dans l'histoire intime et familiale.
    Isabelle Spaak commence à mener une enquête sur les deux séjours belges de Napoléon. Le premier est lié à Joséphine de Beauharnais, le second à Marie-Louise. Vont alterner alors un récit familial, intime, l'histoire d'Isabelle Spaak et de son frère, et l'épopée napoléonienne par le prisme de ses histoires d'amour et des femmes.
    Ce roman est une double quête : quête d'un grand frère maladroitement aimé, compagnon de songes, de chagrins et de franches rigolades et la captivante saga des amours de Napoléon vue de Belgique.
    Avec son talent et son sens du détail, Isabelle Spaak conjugue l'intime et l'histoire majuscule.

empty