Arts et spectacles

  • Françoise Hardy est l'une des chanteuses les plus littéraires et iconiques. À la fois auteure et compositrice, elle a réuni dans ce livre attendu toutes les chansons qu'elle a écrites en plus de 55 ans de carrière. De 1962, année de Tous les garçons et les filles à 2018, année de l'album Personne d'autre, Françoise Hardy pose un miroir le long de son chemin musical. Des textes qu'elle accompagne d'un commentaire, d'une anecdote, d'un souvenir. Elle raconte les sources de son inspiration, le cadre de son écriture, évoque les personnages qui comme de bonnes fées se sont penchées sur ses textes. L'amour, l'attente, le manque en sont le thème central. « Depuis longtemps maintenant, je pense qu'il importe davantage d'aimer que d'être aimé, et tant mieux s'il existe une vraie réciprocité "l'amour n'est souvent qu'un immense égoïsme" a écrit le grand écrivain Sandor Marai. » Dans ce livre où l'on croise des personnalités hors-norme comme Jean-Marie Périer, Etienne Daho, Véronique Sanson, Michel Berger, Serge Gainsbourg et bien-sûr le grand Jacques Dutronc, on rit, on pleure, on se souvient, on s'aime et on danse. Car le ton piquant, sensible alerte, souvent drôle de Françoise Hardy fait de ce recueil totalisant d'une vie un éloge de la vie.

  • William est une autobiographie qu'on ne lâche plus dès la première ligne. Elle révèle un écrivain véloce, d'une rare sensibilité, qui ne craint pas l'aveu sans jamais se départir de la pudeur des grands artistes. Un document exceptionnel, grand public.
    Une enfance marquée par un secret, l'identité de son père, et un double enracinement : le Paris des années 50, des 4 CV et l'Amérique des Cadillac, car sa mère Paulette tombe amoureuse d'un Américain qui travaille dans des boîtes de jazz : long séjour dans l'Ohio à deux heures de route du Michigan où vit le père naturel de William, sans qu'il le sache alors.
    Une prédisposition évidente pour la musique, le piano. Un éducation musicale prodiguée par Yves Margat, un maître de l'harmonie, élève de Fauré. Et puis l'influence de la musique pop anglaise.
    Les premières auditions, le succès planétaire de My year is a day dont il compose la musique, la rencontre avec Barbara pour qui il travaille et chez qui il vit, et puis une femme, deux enfants. Une vie de père de famille et de vedette du show-biz qui sait choisir ses amis : folles expéditions avec Nicoletta et Patrick Juvet à Trouville, si importante dans la géographie zigzagante. Les nuits de folie, la cocaïne, l'ambiguïté sexuelle.
    C'est une vie qui va vite, constellée d'étoiles et d'astres déchus. Et une oeuvre admirée par toutes les générations de Véronique Sanson, à Jeanne Cherhal.

  • C'est un voyage au bout de la nuit et au bout de la vie. Une odyssée intime dans le dédale de la souffrance, de la maladie. Un purgatoire contemporain, quotidien, qui est le propre de la condition humaine.
    En mars 2015, Françoise Hardy a été hospitalisée à la suite de la dégradation de son état de santé dû à un lymphome de Malt. Dans la spirale infernale, elle se fracture la hanche et le coude pendant son hospitalisation. Plongée dans un coma artificiel, elle sera donnée pour condamnée par les médecins. Presque morte. Se produit un miracle grâce à une thérapie de la dernière chance. Dans un combat contre l'ange, la vie reprend le dessus. Une renaissance.
    François Hardy a choisi d'écrire sur cette hospitalisation, ce coma artificiel. Elle essaie de revivre consciemment ce qu'elle a vécu inconsciemment. Son récit n'est ni une vallée de larmes ni un chemin de croix. Avec subtilité, humour, elle retrace ce voyage entre vie et mort, rêves, cauchemars et réalité. L'écriture est déliée et élégante.
    En lectrice de Stefan Zweig, Françoise Hardy refuse toute pitié dangereuse. Ses proches, ses amis, son fils, son mari sont là, autour d'elle. Et Françoise Hardy va à l'essentiel. Elle exprime son admiration pour les personnels soignants, les valeurs essentielles à ses yeux comme la discrétion, la modestie, le pragmatisme. Les masques tombent. L'hypocrisie, les faux-semblants sont repoussés. Avec beaucoup d'humour, de distance et de dérision sur elle-même, François Hardy signe un grand livre sur une épreuve au coeur de l'humanité, qui nous concerne tous.  Un récit captivant impossible à lâcher.

  • Il nous a semblé urgent de rééditer ce texte passionnant, littéraire et d'une grande clarté pour comprendre les travaux effectués par Viollet-le-Duc au XIXème siècle et le combat actuel des architectes, tels Philippe Villeneuve, qui souhaitent " reconstruire à l'identique " la flèche et les parties détruites par l'incendie du 15 avril. Car " la grande force du chef d'oeuvre d'Eugène Viollet-le-Duc, c'est qu'il n'était pas datable.
    Il s'intégrait à un chef-d'oeuvre médiéval du XIIIe siècle. C'est cela qu'il faut retrouver. "

  • En 1972, Jane Birkin termine le tournage de Don Juan 73 de Roger Vadim. Le Don Juan, c'est Brigitte Bardot, ex-femme du réalisateur, et passion perdue de Serge Gainsbourg. BB précipite ses conquêtes dans les flammes de l'enfer et, à l'occasion, séduit leurs femmes pour affaiblir ses proies. La cible, c'est Clara, jouée par une certaine Jane B. Au lit, nues, les deux amours de Serge, chantonnent en se caressant. À l'époque, la morale ne trouva rien à redire. Esthétiquement, c'est beau : l'une, égérie de Et Dieu créa la femme, est tout en courbes, l'autre, apparue dans Blow Up ! d'Antonioni, est une planche à pain parfaitement androgyne.
    Voyeur peut-être, homme de l'ombre précipité dans les lumières de la célébrité, Serge Gainsbourg mène-t-il les doubles jeux ? Qui tire les ficelles de cette scène surprenante ?

    Quatre ans ont passé depuis sa rencontre avec « Djaine » sur le plateau de Slogan de Pierre Grimblat. Ils se sont détestés au premier regard, ils se sont aimés, et ils ont enregistré le sulfureux Je t'aime moi ... non plus, à l'origine destiné à BB. Depuis, Serge accompagne Jane sur tous les tournages. Quand elle se love dans les bras de BB, il vient d'offrir à son épouse son premier album, Di Doo Dha, mélancolique, léger, désabusé, rempli de sens cachés. Leur fille Charlotte n'a pas deux ans.

    Lucien Ginzburg a commencé sa carrière en accompagnant son père dans les boîtes de nuit et clubs de travestis parisiens. Son histoire avec Jane Birkin est une affaire de genre, elle a le physique androgyne. Lui a une soeur jumelle, qui a choisi de ne jamais apparaître. Il est double.

    Don Juan 73 ne connut pas un succès foudroyant. Pas plus que Je t'aime ... moi non plus, le film provoquant réalisé par Serge Gainsbourg en 1976, dans le quel Jane joue le rôle d'une serveuse de bar américaine tombée amoureuse d'un jeune camionneur homosexuel.
    Ce qui connaîtra un succès jamais démenti, c'est la relation de Jane et de Serge : ils forment jusqu'à aujourd'hui un couple inséparable.

  • La piste Pasolini

    Pierre Adrian

    À 23 ans, Pierre Adrian part pour l'Italie sur les traces d'un écrivain insaisissable et fascinant : Pier Paolo Pasolini. Du « Frioul vide et infini » aux errances dans Rome et ses « nuits sans frein », il hume, palpe cette vie à fleur de peau, à rebours de tous les clichés.

    Magnifique quand il provoque la société, Pasolini n'a cessé de bousculer les idées reçues. Quarante ans après son assassinat, il reste vivant au point de nous brûler. Premier détracteur des téléviseurs et de la vie quotidienne, il s'attaque à la société de consommation, loue les joies du football et de la vie pastorale, s'insurge contre la tiédeur bourgeoise, les sentiments institués, et s'acharne à tout désacraliser. Pour s'approcher davantage du sacré.

    Un récit de voyage au plus près de Pasolini, une enquête incarnée, mais aussi la quête d'un frère, d'un maître, d'un « meneur d'âmes, meneur de nos petites âmes paumées du nouveau siècle ».

  • Velazquez

    Elie Faure

    « Personne, depuis les sculpteurs de la Grèce, n'a procuré à ce degré l'illusion de la vie, non pas l'illusion de surface, mais l'illusion réelle, l'illusion de la vie totale dans son frémissement secret et continu. » En 1903, Élie Faure consacre son premier ouvrage à Velazquez (1599-1660) et se distingue d'emblée par la force de sa pensée, son regard nouveau, sa langue fluide.
    Élie Faure écrit avec son corps. Son rapport à l'art est sensuel. De là découle une réflexion qui n'oublie jamais l'émotion.
    Portrait du « peintre des peintres » selon le mot de Manet, manifeste esthétique, cette « biographie critique » rend hommage au maître de Séville. Sa vie est un roman au galop d'ambassadeur, de ses débuts à la cour du roi Philippe IV à sa rencontre déterminante avec Rubens, en passant par les jardins d'Italie.
    Outre, l'analyse éblouissante d'Élie Faure qui nous permet de saisir l'évolution du génie de Diego Velazquez, c'est le caractère même de la peinture espagnole qui est ici révélé dans le clair-obscur.

  • Barbara

    Jacques Tournier

    D'une écriture éblouissante, en chapitres ciselés comme ces bijoux d'argent qu'elle affectionnait, Jacques Tournier dresse un portait formidablement vivant de la dame en noir. Les premiers tours de chants, les sorties de scène où le trac revient aux saluts, les échappées en voiture parce qu'elle déteste rester dans la ville où elle vient de chanter. Les mélodies enregistrées la nuit sur un magnétophone. Son mariage. L'enfance. Jacques Tournier nous rend sa voix, son souffle, ses éclats de rire. Ses hésitations et ses silences nous enveloppent comme ils ont fasciné l'auteur.

    Et l'on comprend en même temps que lui que la vraie Barbara se cachait sur scène, en pleine lumière : « celle qui vit sa vraie vie, c'est celle qui s'est enfermée dans sa loge, qui s'est lentement recrée, celle qui ne voit qu'aux lumières, qui ne parle dans son sommeil. Entrer sur scène pour elle, ce n'est pas faire un métier, c'est rejoindre sa vérité. » Le livre est accompagné de photos et d'une sélection de chansons. Préface de Mathieu Amalric.

  • Les cinéphiles passionnés connaissent Roger Tailleur, critique de cinéma des 50-60 qui cessa brusquement ses chroniques dans la revue Positif, vendit sa bibliothèque consacrée au cinéma et... partit pour l'Italie.
    Une passion quasi obsessionnelle le tient, il veut tout voir de l'Italie : « Il entreprit de l'explorer région par région, province par province. Il mettait des mois à préparer ses itinéraires. Il détestait l'imprévu. Il mit à découvrir l'Italie le même acharnement, la même inépuisable érudition, le même souci du détail, le même bonheur enfin qu'il éprouvait, critique de cinéma, à tout savoir et tout retenir de la filmographie d'Henry King ou d'Humphrey Bogart.»    Roger voyage exclusivement en train et en bus. Il « embarquait le vendredi soir, gare de Lyon par le Simplon ou le Palatino, et reprenait son travail le lundi matin après deux nuits blanches en chemin de fer ».
    Une passion pour les cartes postale le prend et partout où il passe il achète des cartes qu'il commente à ses amis une fois rentré.
      En Italie, Roger est un autre homme «Il cessait d'être pessimiste, imprécateur, souriant, collectionneur, maniaque, rieur, érudit ou sceptique.»     Ce petit livre, paru pour la première fois en 1986 chez Actes Sud, est un exercice d'admiration, un témoignage d'amitié de Frédéric Vitoux pour son ami mort brusquement en 1985 d'une leucémie aiguë. L'auteur de La Comédie de Terracina et de La vie de Céline mêle ses souvenirs des années cinéma à «la silencieuse intimité trouée parfois de plaisanteries», traçant un émouvant portrait. 

  • Ce livre à caractère monographique revisitera une grande partie de l'oeuvre de Gérard Rondeau, des coulisses si singulières des muse´es à sa grande collection de portraits de peintres et d'e´crivains contemporains réalisés pour Le Monde, de ses pérégrinations avec l'écrivain Bernard Frank à son travail engagé auprès des humanitaires de Médecins du Monde, sans oublier son accompagnement du grand peintre Rebeyrolle.
    Le livre évoquera les allers-retours de Rondeau entre le siège de Sarajevo et l'Est de la France, dans une géographie des traces de la guerre, mais aussi du temps, 14-18, 1992-1996, un voyage singulier qui s'appuie sur sa fréquentation à la fois des lieux de la première guerre mondiale et de ceux de la Bosnie-Herzégovine en guerre.
    La confrontation des images se fera de manière géographique - une photographie de voyages -, mais aussi de manière très picturale - les paysages d'ici et d'ailleurs - ; un Maroc en hommage à Delacroix pourra dialoguer avec une chronique rémoise dans une lecture très personnelle de la ville à travers les jeunes rebelles du Grand Jeu.
    Le livre sera rythmé par des photographies très personnelles de Rondeau, à la fois poétiques et surréalistes, notamment par son travail « sur l'écrit » et par celui sur le corps.

    Le livre devant servir de catalogue à l'exposition éponyme (cf ci-dessous) qui se tiendra à Reims pendant tout l'hiver 2015-2016, la Champagne sera bien sûr très présente dans l'ouvrage, depuis les portraits anonymes réalisés à la fin des années 80 à son approche singulière de la cathédrale de Reims.

    Ce livre sera accompagné entre autres de textes de Christian Caujolle, Jean Clair, Philippe Dagen, Bernard Frank, Olivier Frébourg, Jean-Paul Kauffmann , Bernard Noël ..

  • Le mouvement "chap" ( littéralement "le gars") est un mouvement anarcho-dandy créé en 2000 en Grande Bretagne et qui prône une révolution par le tweed.
    Il défend la joie de vivre, l'humour, l'élégance, les bonnes manières pour conjurer l'esprit de sérieux et l'horreur économique de notre monde actuel.
    À la fois surréaliste et situationniste, descendant des Monty Python et des Max Brothers, les Chaps publient chaque trimestre un magazine et disposent d'un Manifeste qui est un traité de la vie extravagante. Les Chaps ont pour maître à penser Oscar Wilde, Georges Orwell, David Niven, Ils défendent les valeurs qui ont sculpté l'identité et l'insularité de la Grande Bretagne : la poésie, le tweed, les longues moustaches, le chapeau melon, le Martini dry, le monocle, la canne à pommeau, la lenteur.
    Rétifs au salariat et à la dictature financière, ils sont les défenseurs d'une révolution ironique. Chaque année en juillet se déroulent les Olympiades chap de l'extravagance au coeur de Londres, qui réunissent plusieurs milliers de personnes. Au programme : concours du meilleur martini-dry, lancer de sandwiches au concombre, joute de parapluies, concours de claques, pipeathlon, etc.
    Le manifeste chap est donc un éloge de l'oisiveté, de la lecture, du voyage, de l'alcoolisme. À n'en pas douter, le mouvement Chap va faire fureur en France.
    To be or not to be a chap that is the question.

  • Entre la rade de Brest et la baie de Douarnenez, la presqu'île de Crozon plonge aux sources de l'aventure maritime. Les peintres de la Marine se devaient de poser leur chevalet sur cette ancre de granit. Ce n'est pas un hasard si l'École navale s'est installée dans l'anse du Poulmic où ont été formées des générations de marins. La presqu'île de Crozon constitue donc un lieu originel et original. Il y a peu de régions où l'esprit du fantastique et du surnaturel souffle aussi fort que les vents d'ouest. Pendant plusieurs jours le prestigieux corps des peintres de la Marine a arpenté la presqu'île de Crozon. De Landévennec à Camaret, de la pointe des Espagnols au cap de la Chèvre, de Crozon au Fret, de l' Ile-Longue à la vallée de l'Aulne. Ils ont rapporté des tableaux qui sont autant d'hommages à la mer, aux navires et aux marins.

  • Tino Rossi

    Constant Sbraggia

    À travers ceux qui l'ont connus et les entretiens recueillis avant la mort du chanteur (1983) Constant Sbraggia fait revivre la légende de Tino Rossi, enfant pauvre d'Ajaccio devenu la star aux 300 millions de disques, déclanchant l'hystérie partout où il passait et dont la voix, comme le confie à l'auteur Jacqueline Delubac "portait sur le sexe des femmes".

  • Après Turner, Vernet, Delacroix, Courbet, Pissarro, Monet, Renoir, Gauguin, Blanche, Isabey, Whistler, Sickert, Braque, Ciry, les peintres officiels de la Marine ont installé leur chevalet à Dieppe et dans sa région.
    Ils ont arpenté les rues et les quais de la cité de Jehan Ango, sillonné la côte de Puys à Quiberville en passant par Pourville, Varengeville, Sainte-Marguerite-sur-Mer. Ils ont emprunté les chemins buissonniers du Pays de Caux qui les ont conduits à Offranville ou Arques-la-Bataille. Ils ont été fascinés par cette région à l'histoire si riche, élue par les artistes et les écrivains. Les falaises, les plages de galets, le château, les pelouses de Dieppe, les lumières changeantes, les tempêtes et les matinées de soleil, les églises, les maisons de briques, le paysage du Bocage ont retenu leur regard.
    Ce livre retrace l'histoire d'amour entre un corps de peintres prestigieux, créé au dix-neuvième siècle, et une région marquée par la grande aventure maritime.

  • Né le 14 novembre 1840 à Paris dans le quartier du Val de Grâce, dans une famille de modestes employés, il se passionna très vite pour le dessin et la sculpture, passant ses heures perdues au Louvre. Recalé par trois fois à l'école des beaux-arts il s'exile alors à Bruxelles où il approfondit son art. Pendant sept ans il travailla aux côtés de Carrier-Belleuse, réfléchit sur son art et approfondit l'étude des primitifs flamands et des gothiques. Il ne sortit de l'obscurité qu'à 37 ans, en exposant sa statue de marbre, l'homme au nez cassé puis, un an plus tard, sa statue l'Âge d'Airin. D'un coup, Rodin éclata à la lumière et produisit avec une force toute hugolienne, écrivain qu'il admirait tant avec Balzac. « Force et patiente, telle pourrait être sa caractéristique devise ».
    Étudiant l'oeuvre de Rodin, sa technique, son modelage, sa composition, Camille Mauclair nous peint aussi un Rodin intime et familier. « Ce sont des fouilles qu'il faut faire, non dans la terre mais vers le ciel. Paroles admirables, que Rodin m'a souvent redites et que je n'ai jamais entendues sans une profonde émotion ! Il possédait le secret de ces formules justes, et sa parole sans éloquence, plutôt difficile, s'en illuminait brusquement ».
    Bien évidemment, les dessins de Rodin, notamment les nus, sont abordés. À sa manière, Camille Mauclair le sculpte, « un homme de taille moyenne, avec une tête énorme sur un torse massif. On ne voit de lui tout d'abord que ce buste léonin ».
    Grâce à cet extraordinaire texte retrouvé, on pénètre dans l'atelier de la rue de l'Université mais aussi dans sa maison de Meudon, un peu plus près de ce maître impressionnant.

  • Le vinyle a retrouvé sa splendeur passée, au point de provoquer la réouverture d'usines pour le presser, obligeant les grandes enseignes à réorganiser leurs achalandages. Car oui aujourd'hui, le vinyle d'Angele est disponible au supermarché de Fécamp tandis que le disque posthume de Johnny Hallyday, «Mon pays c'est l'amour» s'est vendu dans son plus ancien format à plus de 200 000 exemplaires en 2018. Le vinyle, qui n'avait jamais totalement disparu des esprits des musiciens, a pris sa revanche sur l'époque.
    Les pochettes s'affichent sur les murs, les musées commencent à les acquérir et les mômes des années 2010 sont tombés en pamoison devant les 30 centimètres. Ce retour en grâce montre combien le futile n'aura pas la peau de l'éphémère. Combien l'objet restera toujours infiniment plus important à posséder qu'un fichier envoyé sur un Cloud imaginaire.

  • Brassens, des souvenirs trop beaux pour moi Nouv.

    "Le 24 novembre 1978, sur une lettre à en-tête du 42, rue Santos Dumont (Paris XVe), Georges Brassens et René Fallet écrivent ce serment : « Il est entendu entre René Fallet et moi-même qu'à la mort de l'un ou de l'autre, le survivant se refusera catégoriquement - et quelles que puissent être les sommes proposées - de parler en public du » cher disparu» ».

    Ce serment sera respecté d'autant que René Fallet mourra en 1983, deux ans après la disparition de Brassens. Mais Agathe Fallet, l'épouse de René, n'était pas tenue à ce serment du silence. Après de longues années d'hésitation, elle prend la plume dans un style littéraire pour dresser le portrait d'un Brassens, méconnu, intime, loin des lieux communs et des idées reçues de comptoir. Un Brassens solitaire cerné par la gloire, poète acharné, travaillant jusqu'à l'extrême limite les textes de ses chansons.

    « On aime réellement Brassens. Mais Georges est oublié. Il était en chair et en os. Il était tellement beau, incroyablement beau. Reste sa voix, il ne faut pas la couvrir. Je repense avec émotion à ces moments où, entre les deux copains, j'avais une place unique et privilégiée. Il était si rassurant, Georges, que je me sentais là à l'abri des difficultés. Auprès de cet homme pour moi énigmatique, la vie devenait simple »."

  • Petite philosophie de l'improvisation Nouv.

  • Rockambolesque Nouv.

  • Qui n'a jamais rêvé de découvrir une malle au trésor ?
    Quand Ivan Macaux découvre la fabuleuse histoire de la malle de son arrière-grand-père, l'Amiral Jules le Bigot, envoyé à Shanghai en 1937, c'est non seulement l'histoire des relations franco-chinoises qui est revisitée, mais c'est également une collection unique au monde de 109 figurines en bois sculptée par les enfants de l'orphelinat de T'ou Sè Wè qui est enfin mise en lumière.

  • José-Alain Fralon a reconstitué au plus près la vie mystérieuse et disloquée d'un homme à la fois comédien, peintre, réalisateur, producteur. Ronet réalisa un chef-d'oeuvre, Bartleby, d'après la nouvelle d'Herman Melville, filma les derniers dragons d'une île aux confins de l'océan Indien, fréquenta les « Hussards », Roger Nimier, Antoine Blondin, et n'hésita pas à devenir membre de l'Association des amis de Robert Brasillach.
    Ce grand séducteur épousa Maria Pacôme, forma un couple magnifique avec Anouk Aimée, disputa Anna Karina à Jean-Luc Godard, poursuivit une liaison de près de dix ans avec Betty Desouches et eut un enfant avec Joséphine Chaplin.
    Personne ne l'a remplacé. José-Alain Fralon l'a saisi dans toute sa splendeur noire. À bout portant.

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