Sciences humaines & sociales

  • Après Montaigne, Antoine Compagnon nous invite à passer un été avec Pascal. Un siècle de différence entre les deux hommes qui sont tous les deux fondateurs de notre modernité, c'est-à-dire de la liberté d'esprit. Pascal (XVIIe siècle) comme Montaigne (XVIe siècle) traite de l'homme, de la société, de l'univers, du pouvoir, de la foi, de l'angoisse, de la mort, du jeu : le tout et le rien. Nous connaissons tous les sentences célèbres de Pascal : "Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie", "Qui veut faire l'ange fait la bête", "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point".
    Antoine Compagnon évoque à la fois la vie du génie Pascal (auteur du traité des Coniques), tout en allant chercher la signification de ses pensées elliptiques. Avec cette tournure d'esprit combinatoire, Pascal explore tous les possibles de la réflexion. En quarante et un chapitres (dont six inédits) il s'intéresse aussi bien à la question de la violence et de la vérité, de la tyrannie, à l'esprit de finesse, au divertissement et au juste milieu.
    Antoine Compagnon nous fait découvrir l'écrivain du miracle et de la grâce dont la pensée permet de mieux nous connaitre.

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  • Tous les 4 ans, à chaque élection présidentielle américaine, le National Intelligence Council (NIC), le cerveau prospectif de la CIA, fournit un rapport au nouvel élu de la Maison Blanche sur le monde des 20 prochaines années.
    Un monde contesté, telle est ligne principale de ce rapport. La pandémie de Covid 19 a ébranlé la confiance entre gouvernants et gouvernés. Les gens descendront de plus en plus dans les rues. Ce ne sont pas seulement les pouvoirs forts ou dégradés qui seront remis en cause mais aussi les démocraties.
    L'une des tendances les plus certaines au cours des 20 prochaines années sera un changement démographique majeur : la croissance de la population mondiale ralentira et le monde vieillira. La pression migratoire, accentuée par le stress hydrique et le manque d'eau, mettra économies et sociétés à rude épreuve.
    En 2050 : la moitié des urbains vivra dans les pays pauvres.
    La fracture numérique risque de fragmenter les populations et les pays. La finance, la santé, le logement seront de plus en plus connectés. L'intelligence artificielle (IA) jouera donc un rôle majeur et les pays qui exploiteront les gains de productivité liés à L'IA verront s'élargir leurs possibilités économiques. Les acteurs non étatiques (superstars de la technologie, ONG, groupes religieux) seront en mesure de concurrencer voire de contourner les États.
    Sur le plan international, le pouvoir s'élargira à de nouveaux pays mais les USA et la Chine exerceront la plus grande dynamique en imposant des choix tranchés aux autres acteurs. La dégradation climatique provoquera une activité renforcée des grands ouragans et une augmentation de 2, 50 °c pour le jour le plus chaud de l'année.
    Tout n'est pas pessimiste selon ce rapport. Dans les scénarios d'avenir (il y en au moins 5 majeurs) dressés par le NIC : une coalition mondiale menée par l'Europe et la Chine mettra en oeuvre des changement majeurs contre la lutte climatique et une renaissance démocratique est possible.
    Le monde en 2040 selon la CIA est préfacé par Piotr Smolar, spécialiste des relations internationales, grand reporter au Monde.

  • « Je connais de l'intérieur cet univers totalitaire, exterminateur. Je suis un naufragé, entouré d'ordinateurs. Je m'accroche à ce poème de Charles Juliet qui me laisse un peu d'espoir : « si tu n'as pas/ connu/le naufrage/impossible/de gagner/la haute mer/le naufrage première porte de la connaissance » Je suis devenu dépendant de mon smartphone, mon bras armé, ma croix, ma brûlure intérieure. Je me sens un exilé. Je ne joue pas Victor Hugo persécuté par l'empereur, prenant la route de Jersey puis de Guernesey. Mais je choisis la force océanique contre le nuage informatique. Nous vivons désormais en territoire occupé. J'ai l'impression d'être un collabo, un criminel envers mes enfants : je les ai laissés se faire contaminer. J'aurais dû leur apprendre ce que nous pouvons faire de nos mains et nous contenter du grec, du latin car depuis rien de nouveau sous le soleil. Tout clic informatique est une pulsion de mort. Et moi, je choisis la vie.
    Nous savons qu'un complot mortifère sape nos sociétés.
    Je dis et redis à mes enfants : les écrans ce n'est pas la vie. Ils détruisent le plus beau divertissement, l'ennui, le temps perdu, la rêverie. Le numérique ce n'est pas un changement technique, c'est le global deshumanisé. Il y a comme un hic. Où sont les siestes dans la chaleur grésillante de l'été et le blé en herbe, les yeux vers le grand ciel ? » Dans cet essai d'humeur, ce pamphlet contre le totalitarisme des écrans, Olivier Frébourg oppose le temps de la poésie, la beauté et la lenteur pour sortir de l'accélération du temps et de l'enfer des écrans.

  • La mise en oeuvre d'un revenu universel d'existence et la promotion de l'écologie sociale sont les deux réponses les plus adéquates pour surmonter les crises que nous traversons et assurer la relève de notre société. L'alternative au statu quo ou au repli nationaliste sous le seul prétexte de reconstituer une souveraineté industrielle disparue, est l'écologie sociale. Il faudra engager une transition écologique et énergétique radicale au niveau européen et permettre le changement d'échelle de l'économie sociale et solidaire. Mais le passage à une autre société plus tempérante, plus respectueuse des personnes et de l'ensemble du vivant suppose que nous changions aussi notre regard sur le travail. Reconnaissons que notre société s'est lourdement trompée en préférant systématiquement les biens aux liens, la valeur économique à la valeur sociale. Dans plusieurs pays occidentaux, la proposition d'un revenu universel d'existence ou d'un revenu de base est réapparue avec la crise du Covid. La réponse sociale française est insuffisante et reste arrimée aux cendres d'un monde qui se consume sous nos yeux. L'accès au chômage partiel est conditionnel et de surcroît réservé aux salariés. Il est loin de couvrir les besoins de tous, notamment des indépendants, dont la propagation de l'épidémie et les décisions de confinement du gouvernement ont brutalement réduit les revenus à néant. Un revenu universel et inconditionnel réparerait cette injustice. Qui peut affirmer que d'autres crises sanitaires mondiales liées aux conséquences écologiques du néolibéralisme n'auront pas lieu à court terme ? S'il faut bien sûr prévenir ces crises en reconstituant une réponse sanitaire efficace, il faut nous prémunir de leurs conséquences économiques et sociales tragiques. Le revenu universel et inconditionnel est l'antidote social à la répétition de ces crises sanitaires. Il est enfin un outil incomparable d'émancipation. On peut aujourd'hui avoir un emploi et un salaire sans vivre décemment, sans être véritablement libre ni maître de son destin. En libérant chacun d'une dépendance exclusive au revenu qu'il tire de l'emploi, le revenu universel donne une capacité de négociation et de choix à chaque individu. En ce sens, il permet l'exercice d'une citoyenneté intégrale, y compris dans l'ordre économique. L'émancipation sociale passe par cette pratique individuelle de la liberté. Nous ne fabriquerons pas de société plus coopérative, moins égoïste et moins cupide sans donner davantage d'autonomie et de liberté à chaque citoyen.

  • « In pop we trust » est un kit de survie philosophique, à la manière du Manuel du stoïcien Epictète, pour le bac ou pour la vie. Un petit guide métaphysique qui s'appuie sur la culture pop pour nous initier à la philosophie ou la retrouver, pour apprendre et réviser. Le chapitre d'ouverture est un manifeste pour une pop philo dont l'auteur assume pleinement la dimension politique, pédagogique et sociale. S'ensuivent une série de courts chapitres présentant une ou deux grandes questions philosophiques portées par la culture populaire à la manière de « Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d'heureux. »

  • Dix jours avant sa mort, par l'intermédiaire du prêtre corse qui lui tenait compagnie à Sainte-Hélène, Napoléon fait passer un pli scellé à la comtesse de Kilmannstegge, son admiratrice, son agent plus ou moins secret en Saxe et en Prusse. A la même personne, il avait déjà remis deux ans plus tôt une autre enveloppe scellée, tout aussi mystérieuse. Ces plis étaient destinés au roi de Bavière et au tsar. Que pouvaient-ils bien contenir ? Qu'est-ce que quelques heures avant sa mort Napoléon avait donc de si important à transmettre à l'empereur de toutes les Russies ? Et s'il s'agissait du secret, du but ultime de sa politique et des actions gigantesques qui, pendant vingt ans, l'ont conduit aux quatre coins de l'Europe ? Aucun historien, ne s'est jamais penché sur cette question.
    Robert Colonna d'Istria a décidé de partir en quête de cette énigme. Avec l'intuition que le secret de Napoléon résidait dans sa vie même et ses actions. Sans se départir jamais d'un regard critique, il s'est engagé, en Italie, en Egypte, en Autriche, en Allemagne, en Russie, dans une traque historique et psychologique qui confine à la quête métaphysique. Un récit de voyage mené tambour battant, au rythme de l'épopée impériale, nimbé par de la tendresse pour la personne de l'empereur - son compatriote d'Ajaccio - et de la curiosité pour percer son secret.

  • Respect !

    Agathe Cagé

    Manque de considération des hommes pour les femmes, des boomers pour les Millenials, des plus favorisés envers les plus précaires, des urbains envers les ruraux, des centre-villes envers les quartiers. Abandon des plus âgés... Nous avons perdu le sens de l'humanité, du rapport à l'autre, de la discussion.
    Sommes-nous résignés ou simplement habitués à entendre et voir s'exprimer en permanence un mépris pour tous ceux qui sont tant soit peu différents ou extérieurs aux tout petits milieux dans lesquels nous vivons confinés ?
    Il faut réapprendre, chacun autant que nous sommes, à respecter les autres dans leur diversité et dans leur singularité. C'est un combat social, environnemental, politique.
    Pour nos grands-mères et nos grands-pères, pour nos soeurs et nos frères, pour nos filles et nos fils, pour nos concitoyens, d'où qu'ils viennent, quelle que soit leur histoire, quels que soient leurs espoirs.
    Que chacun puisse se dire « je suis important » et se sentir reconnu dans le regard des autres. C'est le fondement d'une société.

  • Nous avons tous en nous un peu de Napoléon sans pour autant être mégalomanes. Mais ce n'est pas l'aspect glorieux, militaire, conquérant le plus fascinant chez lui ; ce sont ses échecs. De Napoléon, Chateaubriand a écrit qu'il était «?le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l'argile humaine?».



    Ses fêlures, ses échecs sont des leçons de résilience, de renaissance. Il y a en lui un écorché vif, un marginal, un rebelle, un mélancolique, parfois suicidaire, mais d'une volonté sans faille et d'une force de travail sans limite.



    Dans ce livre, sans doute l'un des plus originaux et percutants de cette année de commémoration napoléonienne, Philippe Perfetinni raconte comment Napoléon lui a sauvé la vie. Né à Ajaccio, à deux pas de la maison des Bonaparte, Philippe Perfettini a eu une adolescence d'écorché vif et multiplié les échecs scolaires. Dans sa jeunesse de punk, il ne s'est nullement intéressé à Napoléon jusqu'à un jour de 1997 où, presque par hasard, il lit une biographie de l'Empereur. Plus qu'une révélation, c'est une révolution. En quelques années, Philippe Perfetinni va devenir le responsable des collections napoléoniennes du musée du Palais Fesch à Ajaccio, commissaire de plusieurs expositions et, surtout, l'un des meilleurs connaisseurs de l'Empereur salué par les spécialistes académiques.



    L'âme de Napoléon est une source infinie d'inspiration bien supérieure à tous les manuels de développement personnel

  • « Hakuna matata », une phrase philosophique ? Tel est le pari de ce livre. Aux côtés de Merlin l'enchanteur ou de la Fée Bleue de Pinocchio, apparaissent d'autres sorciers aux pouvoirs surprenants.
    Montaigne nous enseigne ce qu'Aladdin devrait demander au génie pour être heureux. Raiponce et Heidegger invitent à ne pas redouter la mort. Pocahontas interroge notre rapport à l'autre.
    De Blanche-Neige au Livre de la Jungle, de La Petite Sirène à La Reine de Neiges, les grands dessins animés, leurs personnages et leurs chansons éclairent les concepts philosophiques les plus puissants.
    Magicienne chevronnée, Marianne Chaillan nous initie à la profonde sagesse de ces chefs-d'oeuvre. Quoi de plus réjouissant que de s'instruire en se divertissant ?

    Écrivain et professeur de philosophie, Marianne Chaillan est l'auteur de Game of Thrones, une métaphysique des meurtres, La Playlist des Philosophes et Harry Potter à l'école de la philosophie.

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  • Il a été commandant d'aviso et de frégate, directeur du service de recrutement et du centre d'études stratégiques de la Marine. Aujourd'hui, le vice-amiral Loïc Finaz dirige l'École de guerre. De cette expérience militaire, tournée aussi vers le monde civil, il a tiré un traité sur la liberté et les vertus du commandement. Sept piliers soutiennent l'esprit d'équipage : autonomie et solidarité ; fonctions et responsabilité ; hiérarchie et participation ; exigence et bienveillance ; énergie et culture ; intelligence et courage ; parole et temps. Ces fondamentaux sont aussi ceux de l'esprit d'entreprise et d'un monde économique sensé. Quelles sont les étapes pour devenir un chef intelligent et bienveillant ? Quelles leçons tirer de la guerre, de la confrontation avec la mort, de l'héroïsme ? Pourquoi est-il nécessaire de penser autrement ? Avec finesse et poésie, en nous invitant à prendre la mer, Loïc Finaz nous livre sa sagesse combative du commandement.

  • Bienvenue au Moyen-Âge ! Ou plutôt bienvenue dans le merveilleux, l'imaginaire, l'aventure du Moyen-Âge. Il nous est à la fois familier, des chevaliers de la table ronde à la série télévisée Kaamelott, et il nous paraît si lointain : " Nous ne sommes plus au Moyen-Âge ". En quarante séquences vivantes et imagées, Michel Zink, l'un des plus grands spécialistes mondiaux de la littérature médiévale nous fait entrer dans le monde des poèmes, des romans, des chansons, des légendes du Moyen-Âge. L'univers des troubadours n'était pas celui des baba-cool à guitare mais celui des poètes exigeants et des hommes de cour. Ils recherchaient avant tout l'élégance des manières, de l'esprit, des sentiments. Le Moyen-Âge, c'est aussi la voix amoureuse des femmes qui se fait entendre en poésie. Sait-on par exemple que " Malbrough s'en va t'en guerre " est une chanson du XVIIe siècle mais héritière d'une tradition qui remonte au Xe siècle. La légende de Roland a t-elle existé réellement ou est-elle une invention qui a modelé notre histoire nationale ? Qui était le roi Arthur imaginé par Chrétien de Troyes ? L'amour occupe une place essentielle au Moyen-Âge et particulièrement l'amour conjugal. Ici, la vie est une quête au plus près de la nature : Quête du Graal et du merveilleux. Entrez de plain-pied dans le Moyen-Âge, voici sans doute la plus belle des invitations au voyage proposé avec humour et légèreté par un troubadour du XXe siècle. Ces chroniques ont pour origine une série d'émissions diffusées pendant l'été 2014 sur France Inter. L'ouvrage sera accompagné d'une forte promotion sur les antennes de France Inter et de Radio France.

  • Jamais l'Histoire n'a connu de telles accélérations qu'aujourd'hui. Il nous faut des instruments précis pour comprendre et décrypter le monde des vingt prochaines années. C'est l'objectif de ce Rapport du Conseil National du Renseignement qui fournit analyses et perspectives à la CIA. Pour mener ce travail impartial et sans tabou, 2500 personnes de tous horizons (stratèges, chercheurs, économistes, spécialistes du renseignement et de la prospective) ont été interrogées.
    Intitulé le « Paradoxe du progrès », ce Rapport vient d'être remis au président Trump. Malgré leurs formidables opportunités économiques et technologiques, jamais nos sociétés n'ont été menacées par autant de périls. Nous vivons dans un monde de plus en plus intégré et interdépendant. Comment les États-Unis dirigés par Donald Trump exerceront-ils leur leadership ? La Russie demeurera-t-elle agressive si son économie faiblit ? Comment l'Europe va-t-elle affronter sa crise d'identité et la montée des populismes ? Les classes moyennes des pays développés vont-elles continuer de s'appauvrir ? Dans les vingt prochaines années, la population chinoise continuera à vieillir et l'Afrique connaîtra la croissance démographique la plus élevée au monde. Les entreprises privées enverront des hommes dans l'espace menacé par la militarisation des Etats. Comment affronter le réchauffement climatique, les cyber-attaques et les actes terroristes ? Autant de pistes, de scénarios ici analysés, et de réponses apportées.
    Ce Rapport captivant est un concentré de réflexions uniques sur le monde actuel et de demain.

  • Depuis longtemps, Patrice Franceschi s'intéresse et soutient la cause des Kurdes chrétiens de Syrie. Avec l'émergence de l'État islamique et le génocide mis en place par les fanatiques, ce combat est devenu une urgence humanitaire. Ce livre est un mélange de choses vues et un appel à la conscience de l'Humanité et des Français en particulier.
    Patrice Franceschi décrit merveilleusement les combattantes kurdes, Jeanne d'Arc du XXIe siècle.
    Il prend la plume et les armes à la main. Rarement on aura écrit un texte aussi bouleversant sur ces Kurdes entrain de mourir de l'indifférence des Occidentaux.

  • Le dernier combat de Jacques Chirac s'est déroulé à huis clos. Ce combat que chacun doit perdre, un jour, contre le chagrin, la maladie, la mort. A quoi pensait ce vieil homme face à l'inéluctable ? Pour l'ancien président qui a livré tant de batailles, celle-ci a été la plus dure, la plus sombre. La plus universelle et la plus intime aussi.
    Peu avant Noël 2015, Il entre dans un bel hôtel particulier du 6e arrondissement de Paris, propriété de son ami François Pinault. Sa dernière demeure, le pressent-il ? Nul ne le voit, sinon quelques fidèles, de moins en moins nombreux. Près de quatre années s'écoulent ainsi, dans un silence glacé. Le tombeau se dresse autour d'un homme encore vivant, qui s'absente de soi-même. Au dehors, la nostalgie Chirac grandit.
    Dans cette famille si célèbre et pourtant vouée à l'enfermement et au secret, se tient une femme, Bernadette, la seule épouse. Passé le temps de la revanche qu'elle se plaisait à prendre sur son mari, elle a affronté, d'abord sans faiblir, la mort accidentelle de Laurence, leur fille aînée, dénouement tragique d'une existence recluse. Puis elle s'est laissée emporter, comme lui, par cette peine immense. Bernadette Chirac qui ne cessait de s'inquiéter pour l'avenir de leur fille, handicapée, quand elle-même aurait disparu, s'est trouvée face à un vide que rien ne pouvait combler.
    Claude, la fille cadette du couple, s'est consacrée, comme toujours, à régenter leur vie. Elle qui avait si longtemps veillé sur la communication de son père, s'est ingéniée meubler sa solitude, après l'avoir soustrait aux regards de tous. Puis celle de sa mère, soudain cloîtrée - en écartant impitoyablement de ce huis clos étouffant tous ceux qui pourraient en rapporter des bribes. L'un de ceux qui appartenait à ce tout petit cercle est brutalement congédié pour avoir parlé. Il meurt d'une crise cardiaque quelques jours plus tard...

    Béatrice Gurrey est grand-reporter au Monde. C'est l'une des plus fines connaisseuses de la Chiraquie. Elle est notamment l'auteure du Clan Chirac chez Robert Laffont.

  • "Si vous pensiez que ça allait bien finir, c'est que vous n'aviez pas été très attentifs" : cette réplique du cruel Ramsay Bolton résonne autrement depuis l'achèvement de la saga au succès mondial, Game of Thrones. Comment comprendre l'épisode final que de si nombreux fans ont jugé si décevant qu'une pétition de plus d'un million et demi de signataires a réclamé de tourner à nouveau la dernière saison ? Et si justement l'analyse philosophique de cette fin pouvait nous permettre de surmonter notre déception en nous donnant des clefs de compréhension ? Tandis que la série s'achève, il est également temps de dresser, à la manière du Hall of Faces de Braavos - ces visages alignés sur les murs du temple des Sans-visages -, un portrait définitif des merveilleux personnages de la saga.
    De quoi Daenerys est-elle le nom ? Que nous a appris Cersei Lannister ? Quelle leçon de sagesse nous livrent Jon Snow ou Arya Stark ? Bref, à travers sa conclusion et ses personnages, il est temps d'expliciter la sagesse de Game of Thrones -

  • Quel est le point de vue des soldats américains à la veille du débarquement en France ?
    Tout d'abord, l'humilité. Les Français sont patriotes, ils ont été bafoués par les Allemands, mais ils ont l'esprit vif.
      Deux civilisations vont se confronter : l'américaine, déjà éclairée par les feux de la modernité, des snack-bar, des voitures rutilantes, des villes qui vivent à cent à l'heure ; et la vieille Europe, meurtrie, blessée, engoncée.
      La courtoisie est donc l'une des premières qualités dont devront faire preuve les soldats américains qui, comme toujours, sont obsédés par leur sécurité et par l'hygiène. Ils devront se méfier des femmes légères, se garder d'avoir une liaison amoureuse avec des épouses dont les maris sont parfois retenus en Allemagne, et surtout, éviter de contracter des maladies vénériennes.   Ce guide de poche est une plongée sociologique dans la France de la guerre et d'avant la Libération. On le lit comme on boit un verre de vin au zinc d'un bistrot ou d'un estaminet.




     

  • À trente-quatre ans, Kim Jong-un défie Donald Trump et Xi Jinping en brandissant l'arme nucléaire. Sept ans après son accession au trône, l'héritier de la seule dynastie communiste de la planète reste une énigme sur laquelle butent les services de renseignement du monde entier. À la tête d'une armée de 1,2 million de soldats, la quatrième du monde, Kim Jong-un menace l'Amérique, dont 28 500 GI's sont postés au sud de la péninsule, et bouscule l'équilibre géostratégique de la région.
    Comment le "pays du matin calme" a-t-il pu enfanter une telle dictature autocratique ? Comment un État peut-il encore, sur notre planète interconnectée du XXIe siècle, échapper aux regards des plus puissants ? Quel est le rôle des femmes dans l'organisation du pouvoir ? Quels sont les liens de la Corée du Nord avec la Chine et le Japon ? Comment la propagande nord-coréenne a-t-elle recyclé à son profit des doctrines aussi bigarrées que le christianisme, le nationalisme ethnique ou le néoconfucianisme ?
    De Pyongyang à Washington, en passant par Pékin, Tokyo, Osaka, Guam et Séoul, Sébastien Falletti a enquêté auprès de transfuges, experts, espions, diplomates et de personnalités proches du leader actuel pour percer la psychologie de l'homme le plus mystérieux de notre époque.
    Ce livre est une enquête palpitante sur les traces du dernier prince rouge, une saga historique digne des Rois maudits et de Netflix.

  • « L'originalité de la Pucelle, ce qui fit son succès, ce ne fut pas tant sa vaillance ou ses visions ; ce fut son bon sens. À travers son enthousiasme, cette fille du peuple vit la question et sut la résoudre.
    Le noeud que les politiques et les incrédules ne pouvaient délier, elle le trancha. Elle déclara au nom de Dieu, que Charles VII était l'héritier ; elle le rassura sur sa légitimité, dont il doutait lui-même. Cette légitimité, elle le sanctifia, menant son roi droit à Reims, et gagnant de vitesse sur les Anglais l'avantage décisif du sacre. »

  • "J'ai écrit ce petit pamphlet parce que je désire expliciter ce "nouveau monde", son mystérieux projet dont les réformes en cours, nombreuses, ne laissent entrevoir que la pointe de l'iceberg. Je conçois mon rôle comme celui d'un ethnologue qui a réussi à pénétrer un tribu très exotique, aux moeurs inconnues, et à s'y fondre. À cela près que ce n'est pas des Nambikwara ou des Bororos dont je vais parler. Mais du groupe qu a pris la direction de l'État français et que j'appellerais les Jupitériens.
    De moi, je ne dirai rien, sinon que je suis bien introduit dans les différents cercles de la macronie. Et, comme je tiens à le rester, il ne me reste qu'à avancer masqué."

  • " Le grand mouvement de la croisade ayant un instant tiré les hommes de la servitude locale, les ayant menés au grand air par l'Europe et l'Asie, ils cherchèrent Jérusalem, et rencontrèrent la liberté. Cette trompette libératrice de l'archange, qu'on avait cru entendre en l'an 1000, elle sonna un siècle plus tard dans la prédication de la croisade. Au pied de la tour féodale, qui l'opprimait de son ombre, le village s'éveilla.
    Cet homme impitoyable qui ne descendait de son nid de vautour que pour dépouiller ses vassaux, les arma lui-même, les emmena, vécut avec eux, souffrit avec eux, la communauté de misère amollit son coeur. Plus d'un serf put dire au baron : "Monseigneur, je vous ai trouvé un verre d'eau dans le désert ; je vous ai couvert de mon corps au siège d'Antioche ou de Jérusalem". Il dut y avoir aussi des aventures bizarres, des fortunes étranges.
    Dans cette mortalité terrible, lorsque tant de nobles avaient péri ; ce fut souvent un titre de noblesse d'avoir survécu. L'on sut alors ce que valait un homme".

    L'Histoire de France est le chef-d'oeuvre de Michelet (1798-1874).

  • " C'est que Louis XI, sans être pire que la plupart des rois de cette triste époque, avait porté une plus grave atteinte à la moralité du temps. Pourquoi? II réussit. On oublia ses longues humiliations, on se souvint des succès qui finirent ; on confondit l'astuce et la sagesse. Il en resta pour longtemps l'admiration de la ruse, et la religion du succès. (...) Sous ce règne, il faut le dire, le royaume, jusque-là tout ouvert, acquit ses indispensables barrières, sa ceinture de Picardie, de Bourgogne, Provence et Roussillon, Maine et Anjou. Il se ferma pour la première fois, et la paix perpétuelle fut fondée pour les provinces du Centre. "Si je vis encore quelque temps, disait Louis XI à Comines, il n'y aura plus dans le royaume qu'une coutume, un poids et une mesure. Toutes les coutumes seront mises en français, dans un beau livre. Cela coupera court aux ruses et pilleries des avocats; les procès en seront moins longs... Je briderai, comme il faut, ces gens du Parlement... Je mettrai une grande police dans le royaume."

  • " Ce sont d'étranges époques. On nie tout, on croit tout. Une fiévreuse atmosphère de superstition sceptique enveloppe les villes sombres. L'ombre augmente dans leurs rues étroites ; leur brouillard va s'épaississant aux fumées d'alchimie et de sabbat. Les croisées obliques ont des regards louches. La boue noire des carrefours grouille en mauvaises paroles (...). On s'attend alors à quelque chose. A quoi ? On l'ignore. Mais la nature avertit ; les éléments semblent chargés. Le bruit courut un moment sous Charles VI, qu'on avait empoisonné les rivières. Dans tous les esprits, flottait d'avance une vague pensée de crime".

    Luttes intestines dans l'état, schisme dans l'église, dilapidations dans les finances, folie du roi, soulèvement des Parisiens accablés sous le poids des impôts, assassinat du duc d'Orléans, défaite d'Azincourt, tels sont les principaux épisodes du règne de Charles VI.

  • Sept voix sur le bonheur

    Collectif

    Ils sont philosophe, écrivain, neuropsychiatre, économiste, musicien... et s'interrogent, chacun à l'aune de sa spécialité, sur le bonheur, la joie, « la vie bonne », l'épanouissement, le sens de la vie, sans jamais tomber dans les chaudrons ardents des « marchands de bonheur » à gogo.
    Depuis les sagesses anciennes, le bonheur semble être la finalité ultime de la vie humaine. Pourtant, cette quête n'est-elle pas une illusion ?
    Faut-il alors en passer par l'action pour accéder à une forme d'accomplissement ?
    Comment expliquer que la bonne santé économique d'un pays ne soit pas corrélée au bonheur de ses habitants ?
    A-t-on besoin de héros pour vivre mieux à travers eux ? Nous aident-ils à transcender le quotidien et sa morosité ?
    Existe-t-il un bonheur esthétique ?
    La poésie, la littérature, la musique et l'art peuvent-ils nous aider à trouver un sens à notre vie ?
    Comment l'art peut-il exprimer la souffrance et la joie ?
    Alors que notre société semble obsédée par le bonheur qu'elle associe à un idéal de perfection, on peut aussi se demander si notre bonheur ne réside pas plutôt dans nos imperfections que nous pouvons tenter d'effacer ?

    Autant de questions sur la notion de bonheur auxquelles les auteurs de ce petit livre intelligent et passionnant tentent de répondre.

  • J'ai vu Hitler

    Dorothy Thompson

    En 1931, Dorothy Thompson, alors directrice du New York Post à Berlin, rencontre Hitler à Munich pour une interview, qu'elle cherchait à obtenir depuis huit ans. Ce dernier est alors devenu une figure incontournable de la vie politique allemande, réunissant 37% de voix au second tour des élections présidentielles. Cependant, Dorothy Thompson, qui s'attendait à rencontrer « le futur dictateur de l'Allemagne », est presque déçue : elle est face à un homme « insignifiant » et « hystérique », dont elle dresse un portrait acerbe et sans concession, émettant de sérieux doutes sur la possibilité qu'il arrive un jour réellement au pouvoir. Cet article lui vaudra d'être la première correspondante étrangère expulsée d'Allemagne par le parti nazi en 1934.
    /> Dorothy Thompson a beau ne pas avoir su prendre la mesure de la menace que représentait Hitler, elle en dresse un portrait extrêmement ironique, tout en soulignant de manière très lucide les aspects de sa personnalité et de sa rhétorique qui font qu'il soulève les foules et touche les Allemands les plus déclassés et les plus en perte de repères.
    Ce texte, qui fut ensuite publié sous forme de livre, trouve une certaine résonnance aujourd'hui. Ainsi, elle propose à son lectorat américain, pour comprendre l'attrait de Hitler auprès du peuple allemand, d'imaginer quelqu'un aux États-Unis : « capable d'unifier tous les fermiers, les cols blancs au chômage, les gens au salaire annuel inférieur à 3000 $ qui viennent de perdre toutes leurs économies à cause de l'effondrement des banques et du marché et qui doivent rembourser les traites de leur frigidaire et de leur radio, les prédicateurs évangéliques, la légion américaine, le D.A.R., le Ku Klux Klan (...) » « Imaginez cela », conclut-elle, « et vous aurez une idée de ce que Hitler représente en Allemagne ».

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