Empire

  • Paris, 1793. Alors que Marie-Antoinette se morfond à la prison du Temple, ne se faisant aucune illusion sur le sort que le Tribunal révolutionnaire lui réserve, on apprend le retour du chevalier de Maison-Rouge. Courageux, intelligent, mais surtout amoureux de la reine, l'homme est prêt à tout pour la sauver. Bénéficiant de la complicité involontaire de Maurice Lindey, jeune officier républicain de garde auprès de Marie-Antoinette et lui-même amoureux de la belle et très royaliste Geneviève Dixmer, le chevalier prépare l'évasion de la reine. Alexandre Dumas, dans cet excellent roman écrit en collaboration avec Auguste Maquet, revisite une période particulièrement sombre de notre histoire. C'est le marquis de Rougeville, instigateur d'un bien réel complot qui visait à faire évader la reine, qui lui donna l'idée du livre. Le complot, déjoué, eut pour conséquence le durcissement des conditions de détention de Marie-Antoinette...

  • "Les soixante-douze jours de la Commune de Paris composent un extraordinaire roman vrai, une tragicomédie à mille personnages, dont beaucoup méritent le détour (Rossel, Delescluze, Louise Michel...). Du 28 mars 1871, date de sa proclamation, au dimanche 21 mai, date de l'entrée des Versaillais dans Paris, elle a uni la présomption à l'incompétence. Seuls les militants ouvriers, autodidactes de grand mérite possédaient une certaine expérience de la gestion - encore était-elle limitée aux associations mutuellistes et aux coopératives. D'emblée, ils se sont constitués en assemblée légiférante et en pseudo gouvernement, traitant dans le désordre de tous les sujets, depuis le prix du pain jusqu'aux relations avec l'occupant allemand.
    En accord avec la majorité des Français, traumatisés par la défaite militaire, les exigences du vainqueur, la perte de l'Alsace-Lorraine, Thiers eut le grand mérite de rétablir l'ordre en limitant les excès de la répression et en préparant l'amnistie des communards condamnés ou déportés en Nouvelle-Calédonie, de négocier le départ des troupes ennemies qui occupaient une partie du territoire national, de fonder une République libérale dont sortira, par étapes, la République démocratique.

    AUTEUR Journaliste (ancien directeur des revues Le Spectacle du monde et Espoir), François Broche est l'auteur de biographies d'écrivains (Barrès, Anna de Noailles, Léon Daudet) et de nombreux ouvrages consacrés à la France Libre, au général de Gaulle, à l'armée française sous l'Occupation et à la Collaboration. "

  • Pour comprendre ce qu'est une vocation monastique aujourd'hui.

  • Les numéros 31 à 34 de la revue critique consacrée au graphisme.

    Nº 31 - Une édition?: The Serving Library. Entretien avec Stuart Bertolotti-Bailey par James Langdon.

    Le magazine lancé Dot Dot Dot s'est toujours mis à dos certaines factions de la communauté des graphistes. Bien qu'il soit sans aucun doute simplement un magazine dédié au graphisme, Dot Dot Dot a toujours défendu l'idée que le graphisme était lui-même *dédié à* - ou du moins inséparable de - tout contenu qu'il pouvait être amené à exprimer. Avec cette affirmation ingénue, il est devenu, sans nécessairement essayer, un magazine dédié aux sujets potentiels du design graphique. Un magazine potentiellement dédié à tout et n'importe quoi, donc ! Le dernier numéro de Dot Dot Dot a été publié en 2010. La publication qui lui succède, Bulletins of The Serving Library, a continué à élargir son champ éditorial.
    Au cours de ces vingt années de publication, ses éditeurs ont amassé une collection considérable de près de cent objets apparus au fil des magazines. Les contenus de cette collection sont de nature variée, tant en termes de format que de projet?: ils vont d'images de commande pour des articles à des oeuvres d'art relevant d'historicités particulières, de positions et de praticiens d'importance. À l'automne 2020, cette collection a déménagé dans une annexe de l'artist run space 019 à Gand, dans la perspective d'y être installée à long terme comme un espace propice à l'enseignement, riche de connexions qui mènent au coeur et aux marges de l'histoire et de la pratique récentes du design graphique.

    Nº 32 - Un graphiste illustrateur?: Bráulio Amado. Auteure?: Manon Bruet.

    Écrire à propos d'une personne que l'on n'a jamais rencontrée, c'est en quelque sorte mener une enquête. Le travail préparatoire consiste à collecter des mots (les siens, ceux d'autres), des images, parfois??des??sons,??qui??sont??autant??d'indices??permettant de se projeter, de formuler des hypothèses. En somme, c'est tenter de comprendre et de reconstituer au fil du temps une personnalité, une pratique, et finalement un territoire. Mon enquête sur Bráulio Amado commence en janvier dernier, par l'acquisition de son ouvrage 2018 sur le site de l'éditeur portugais Stolen Books. Elle se poursuit ensuite sur plusieurs mois, durant lesquels je me trouve tour à tour transportée dans les sous-sols de clubs, dans??les??scènes??musicales??lisboètes??ou??new-yorkaises, puis au sein des colonnes d'un hebdomadaire américain consacré à l'économie, pour terminer au coeur d'une certaine relation entre l'historique affichiste et le très actuel graphiste-illustrateur.

    Nº 33 - Formes ligneuses et tentaculaires?: Plantes mangeuses d'hommes et invasions décoratives. Auteur?: Camille Pageard.

    Au cours du XIXe siècle, un nouveau genre littéraire parcourt l'Angleterre. Le roman gothique s'empare de thématiques qui alimenteront l'imaginaire des productions culturelles modernes occidentales. Des esprits malfaisants, des corps abjects, des émotions exacerbées et une nature déréglée deviennent les protagonistes de représentations extra-rationnelles. Au sein de ce nouveau courant se développe un sous-genre où une végétation hostile tue et dévore les hommes à coup de lianes et de racines tentaculaires, de parfums empoisonnés et de gueules épineuses. Le goût littéraire pour l'horreur conduit à un nouveau «?plaisir de l'oeil?» déployé par les illustrateurs sur les planches et les couvertures des livres. L'invasion des images au XIXe siècle est ainsi aussi celle de l'envahissement par une nature hybride moins pacifiée et régentée que ne le laisse entendre l'histoire de l'ornement.

    Nº 34 - Un prix?: Qu'est-ce qu'un plus beau livre?? Auteur?: Thierry Chancogne.

    C'est au siècle des Lumières que l'esthétique s'autonomise, que le Beau se détache du Bien et de l'Utile comme accès libre au sens, à la vérité. Et l'on peut se demander si, à partir de la révolution industrielle, le design du dessin à dessein n'a pas dans une certaine mesure repris le flambeau des techniques appliquées de l'Ancien Régime de l'art de faire et de la beauté. Qu'en est-il dès lors du qualificatif de «?beau?» appliqué à la typographie comprise comme art de la mise en forme des livres depuis 1943 et la mise en place du «?Prix des plus beaux livres suisses?» sous l'impulsion du fameux Jan Tschichold??

  • Ce catalogue s'intéresse aux productions d'artistes contemporains se situant dans une généalogie historique du réemploi d'images au XXe siècle. L'ouvrage richement documenté et illustré comprend de nombreux textes et entretiens visant à éclairer les pratiques de ces artistes iconographes. Il s'accompagne d'un livret constitué d'extraits d'Album XIII de l'artiste Luis Jacob, s'inscrivant dans son projet de banque d'images issues des médias imprimés.

    Les artistes iconographes nourrissent leur démarche depuis plus d'un siècle de la diversité des images produites par d'autres et diffusées industriellement dans la société. Du collage au Post-Internet, de l'installation d'archives à la citation appropriationniste, en passant par la constellation d'images, ce livre remet en perspective ces pratiques en se focalisant sur les quarante dernières années marquées par l'invention et le développement d'un nouveau régime de diffusion : Internet. A travers textes théoriques, entretiens avec des artistes, et pratiques de l'exposition, il dresse une cartographie des relations que les artistes entretiennent avec les images et aborde la question de l'affect comme moteur de nos interactions avec elles.

  • Les numéros 27 à 30 de la revue critique consacrée au graphisme.
    N° 27 - Rhizomes de Londres. Archigram et images mentales de la ville.
    Auteure : Sonia de Puineuf.

    La revue Archigram (1961-1970) était déjà regardée et analysée de près par les architectes, historiens, théoriciens et critiques de l'architecture en tant que réservoir d'images et d'idées pour la pratique architecturale et urbanistique. La présente étude aborde Archigram sous un autre angle : elle essaye de l'interpréter comme un artefact réussi du design graphique en la confrontant aux réalisations de son époque et des époques inspiratrices qui relèvent du champ du graphisme, tant éditorial qu'environnemental. Elle tend à expliquer l'évolution graphique de la revue en prenant en compte les stimuli graphiques de Londres, la ville où le groupe d'architectes d'Archigram oeuvrait au quotidien. L'étude veut démontrer que cette publication de prime abord déroutante par son hétérogénéité s'apparente à une cartographie exhaustive des bruissements secrets et tendances évidentes de la métropole anglaise où l'utopie futuriste de la ville dynamique prit corps d'une manière particulière. Recensant le potentiel de Londres des mythiques Sixties, la revue Archigram se présente comme une image rhizomique, miroir vivant de l'organisme urbain.

    N° 28 - Un format : la conférence.
    Auteure : Manon Bruet avec Area of Work.

    Dans le champ du design graphique, les espaces de médiatisation du travail sont de plus en plus nombreux.
    La conférence, entre autres, permet d'expliciter les pratiques et les méthodologies des designers. Pour certains, elle est l'occasion de dresser l'état des lieux d'une démarche, un inventaire des formes produites. Pour d'autres, au contraire, elle constitue un prétexte à la production de nouvelles formes, parfois plus expérimentales.

    N° 29 - Girls : Esthétisation du politique et manipulation du divertissement.
    Auteure : Alexandra Midal.

    Inventée par John Tiller dans une filature de coton en 1880, l'origine britannique de la danse synchronisée est rapidement oubliée à Berlin où les revues s'imposent comme l'expression de la standardisation et du capitalisme américain. Les fameuses Tiller Girls incarnent la « New Woman » moderne et les spectacles rassemblent plus de 4 millions de spectateurs chaque année. Séduit, Hitler demande à disposer d'une troupe : les Hiller Girls. Face à face, les deux revues sont des répliques que formellement rien ne permet de distinguer, mais qui délivrent des messages opposés.
    La danse synchronisée dévoile les formes données au discours politique entre démocratie et fascisme de la République de Weimar à la prise de pouvoir par le NSDAP. Entre pouvoir des formes et formes du pouvoir, face aux destructions des villes, aux décrets bannissant l'usage du Fraktur et la destruction de l'art dégénéré, ces spectacles de danse, sans doute, parce qu'ils sont populaires, montrent que le national socialisme a utilisé des stratégies insidieuses et invisibles, vidant le contenu des formes pour n'en garder que l'apparence, et que cette pratique de l'ombre se révèle au final tout aussi barbare que la destruction et les autodafés.

    N° 30 - Donner corps : le specimen typographique chez Lineto.
    Auteur: Olivier Lebrun.

    Le Specimen chez Lineto joue des formes et des formats pour promouvoir les caractères typographiques de la fonderie : livres, posters, enveloppes, dépliants, caractères transfert, annonces presses, clips vidéos mais aussi structures gonflables et bootlegs de logotypes. Lorsque Reala publie la LL Biff en 2000, le specimen utilise la culture graffiti et ses modes de mise en circulation, proposant une double référence : « Medium is the message », « Style is the message ». La citation chez Lineto est une forme qui permet de diffuser le catalogue typographique en empruntant à divers champs culturels : « Ignorance of your own culture is not considered cool ! ».

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de trois ou quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

  • Le martyre du Kosovo

    Nikola Mirkovic

    "1.) Le Kosovo, un problème qui persiste Depuis la guerre de l'Otan contre la Yougoslavie en 1999 et la de´claration unilate´rale d'inde´pendance d'Albanais du Kosovo en 2008 la situation n'a jamais e´te´ apaise´e. De nombreux grands pays (dont plusieurs membres de l'Union europe´enne) ne reconnaissent pas le Kosovo comme la Russie, la Chine, le Bre´sil, l'Alge´rie... ou le Vatican. L'ONU elle-me^me ne reconnai^t pas l'inde´pendance du Kosovo.
    2.) Une poudrie`re de violence en pleine Europe Cette situation confuse irrite Washington et Bruxelles qui ne pensaient pas que la situation s'enliserait. Elle montre les limites du nation building ame´ricain qui peine a` asseoir son mode`le homoge`ne a` travers l'Europe et le monde. L'intervention occidentale n'a pas du tout re´gle´ le proble`me du Kosovo qui demeure une zone noire en pleine Europe ou` prospe`rent les trafics ille´gaux en tout genre et l'islam radical. Par te^te d'habitant le Kosovo est la re´gion d'Europe qui a envoye´ le plus d'islamistes au Moyen-Orient. Plus de 800 mosque´es y ont e´te´ construites depuis l'arrivée de l'Otan pendant que 150 églises, que les Ottomans avaient épargnées, ont été détruites.
    3.) Le nation building occidental ne fonctionne plus La situation du Kosovo « inde´pendant » est catastrophique. La re´gion est une des plus pauvres d'Europe avec 30% de la population qui vit sous le seuil de pauvrete´ et 10% en extre^me pauvrete´. Le seul espoir pour de nombreux habitants du Kosovo est aujourd'hui l'exode malgre´ les 4,5 milliards d'euros verse´s par Bruxelles et Washington pour maintenir la re´gion en vie.

    AUTEUR Nikola Mirkovic réalise des missions humanitaires en Europe depuis plus de 16 ans dans des zones de guerre ou de tensions comme le Kosovo ou le Donbass. Il a animé de nombreuses conférences sur ses missions et les raisons historiques et politiques des tensions entre le nord et le sud ou l'est et l'ouest. Il intervient régulièrement dans les médias pour commenter l'actualité géopolitique. Il a sorti sa première BD « Bienvenue au Kosovo » (Rocher) en 2019 et sort la 3e édition du Martyre du Kosovo qui a été mis à jour et étoffé en janvier 2021."

  • Le récit inédit, reproduit en fac-similé, du voyage à Paris de Frédéric Bruly Bouabré (1923-2014), poète et artiste ivoirien, « prophète », créateur et inventeur de l'alphabet bété, qui rédige un « rapport » de sa rencontre avec le monde occidental à son retour de l'inauguration de l'exposition Magiciens de la Terre.
    En 1989 Frédéric Bruly Bouabré est projeté sur le devant de la scène artistique internationale lors de la mythique exposition Magiciens de la Terre (18 mai-14 août 1989, Centre Pompidou, Grande Halle de la Villette), où il est convié avec une centaine d'autres artistes venus du monde entier, et deviendra par la suite mondialement connu pour ses dessins sur carte rehaussés au crayon de couleur.
    Mais en mai 1989, c'est un tout autre rêve que caresse encore Frédéric Bruly Bouabré : celui de devenir un « écrivain ». Alors qu'il va s'envoler pour Paris afin d'inaugurer l'exposition Magiciens de la Terre, et par la même occasion quitter pour la première fois de sa vie le sol africain, le poète se voit commander par ses amis Odile et Georges Courrèges (alors directeur de l'Institut français d'Abidjan) le récit de son voyage. C'est ainsi que quelques semaines après son retour, Frédéric Bruly Bouabré remettra son « rapport » de 343 pages manuscrites, produit en « 33 jours », n'omettant aucune des anecdotes qu'avait occasionnées sa rencontre avec le monde occidental, dans l'espoir d'être un jour publié.
    Depuis lors, ce récit d'« un aveugle à Paris », comme son auteur s'apprêtait d'abord à l'intituler, chargé de cette écriture si particulière dans laquelle on peut supposer l'influence des « petites pierres » qui ont dicté son alphabet bété, était resté inédit.
    Initié par Odile et Georges Courrèges, qui ont fourni aux éditeurs une copie du manuscrit que leur avait confiée l'artiste, le projet de cette publication a été par ailleurs rendu possible par la mise à disposition du manuscrit original et l'aide précieuse d'André Magnin.

  • Saint Thomas, sa vie son oeuvre. Tout ce quon en sait.

  • Les numéros 10 à 12 de la revue de design graphique, autour de Robert Brownjohn, Klaus Scherübel, Julia Born, Simon Starling et Poster of Girl, Revue Emmanuelle.

    N° 10 : Une ligne?: Robert Brownjohn. Auteur?: Étienne Hervy, Natasha Leluc.
    La figure de Robert Brownjohn oscille entre New York et Londres, elle tangue entre les années 1950 et les années 1960, elle jongle encore, dans la profusion de sa production, entre les jeux typographiques et les essais photographiques, les identités sur entête de lettres et les installations publicitaires, le packaging en forme de projet refusé et le générique devenu archétype du film d'espionnage. Vascillant sans cesse entre la vie et les idées, la trajectoire de l'élève prodige de Moholy-Nagy devenu le designer prodigue du swinging London est une ligne qui n'en finit pas de finir. Qu'il ait trop brillé ou trop brûlé, ce génie ingérable effarouche les yeux de l'histoire qui préfère regarder ailleurs pour ne pas effaroucher les enfants sages. Alors qu'importe l'histoire pourvu qu'à la fin ce soit signé Love B.J.
    Ce 10e numéro de la Revue Faire contient contient des aquarelles originales des travaux de Robert Brownjohn par Natasha Leluc.

    N° 11 : Une exposition imprimée?: vol.19 de Klaus Scherübel et Title of the Show de Julia Born, THEREHERETHENTHERE de Simon Starling. Auteur?: Jérôme Dupeyrat.
    Il s'agira à travers ce texte d'observer et d'analyser comment la pratique de certains artistes et designers graphiques se construit dans une relation de réciprocité entre la pratique de l'édition et celle de l'exposition, spécifiquement selon deux modalités?:
    - L'exposition conçue comme un processus éditorial, selon un déplacement vers l'espace d'exposition de logiques d'écritures et de mise en forme ayant leur origine dans l'espace du livre.
    - Le catalogue d'exposition considéré comme espace et comme mode d'amplification du travail artistique et curatorial, au-delà des stricts enjeux documentaires et critiques habituellement dévolus à ce type de publications.
    Le texte se développera à partir de cas concrets, et portera plus particulièrement sur Julia Born en regardant Jérôme Saint-Loubert Bié, Klaus Scherübel, Yann Sérandour et Simon Starling, tout en inscrivant l'analyse de leur travail dans une histoire étendue, allant du phénomène du «livre galerie» au XVIIe siècle jusqu'à l'oeuvre de Marcel Broodthaers.

    N° 12 : Une revue?: Poster of Girl, Revue Emmanuelle. Auteure?: Catherine Guiral.
    Au premier mitan du XVIIe siècle, le médecin français Théophraste Renaudot lance un périodique, La Gazette. Y apparaissent les premières «?publicités?». Le sens initial donné à ce terme est celui de rendre public et Renaudot, personnage aux activités multiples, s'emploie alors à appliquer son adage: «?car tout ainsi que l'ignorance oste le désir, estant impossible de souhaitter ce qu'on ne cognoist pas, de mesme la cognoissance des choses nous en ameine l'envie.?» Ces relations syllogiques et paradoxales entre stimulation du désir, masque de l'ignorance et envie amèneront à explorer les tensions existant entre public, publicité et érotisme. En s'appuyant sur l'apparition des magazines dits «?porno?», en particulier le magazine Emmanuelle (lancé par les éditions Opta - Office de Publicité Technique et Artistique - en 1974), Poster of Girl déshabillera la «?masculinité héroïque?», pour employer l'expression de la philosophe Beatriz Preciado, tout en explorant ce que pouvait être un «?magazine de plaisir?» (sous-titre à Emmanuelle) à la lumière confrontante des techniques contemporaines de rhabillement.
    Déplier Emmanuelle c'est donc ouvrir des lignes de fuite qui d'une révolution de l'imprimé à une révolution culturelle, dévoilent les formes habiles, mercantiles ou critiques dont se drape eros.

  • Les numéros 16 à 18 (saison 2) de la revue critique consacrée au graphisme.
    N° 16 - Une reproduction : Ce que veut El Lissitzky. Auteur : James Langdon Je suis rarement satisfait quand je vois une production graphique imprimée à l'origine dans deux encres reproduite en quadrichromie. Avant l'avènement commercial de l'impression offset, les couleurs élémentaires d'impression - de Gutenberg à Tschichold - étaient le noir et le rouge. Au début du XXe siècle, les graphistes utilisaient le noir et le rouge non pas pour tenter de recréer le spectre de couleurs reconnu par l'oeil humain, mais bien pour donner un impact graphique singulier. Pour faire la distinction. Pour créer du dynamisme. Incarner une idéologie dans la page. En particulier, la combinaison de noir et de rouge sur du papier blanc est devenue synonyme du Suprématisme et du graphisme révolutionnaire russe.
    Les procédés de traitement d'image contemporains peuvent permettre des reproductions extraordinaires de cette esthétique historique. Une photo numérique haute résolution d'un livre original imprimé en noir et rouge des années 1920 peut être traitée à l'aide d'un profil de couleur afin de calibrer son apparence à chacune des étapes de travail : la correction des couleurs dans les logiciels, l'épreuvage et l'impression. Cette méthode de travail permet finalement d'obtenir une image belle et précise de cet artefact graphique tel qu'il se présente aujourd'hui, jusqu'aux détails les plus fins de sa patine, de sa décoloration due à l'exposition au soleil et aux nombreuses autres subtilités qui le définissent comme un objet d'archives.
    Mais une telle reproduction présente un étrange anachronisme technique. Qu'en est-il des contraintes qui ont à l'origine façonné la conception de ce livre - le lien implicite entre les deux couleurs de son graphisme et l'architecture de la presse à une ou deux couleurs sur laquelle il a été imprimé?? Ne sont-elles pas importantes?? Peuvent-elles être reproduites??
    Je compare ici les reproductions imprimées de l'iconique couverture noire et rouge du livre Die Kunstismen (1925), conçu par le russe El Lissitzky. Publiées entre 1967 et 2017, ces images traitent des caractéristiques matérielles de la couleur du livre original de différentes manières, faisant appel à des notions contradictoires de fidélité.

    N° 17 - Un acronyme : ACAB. Auteurs : Ariane Bosshard, Jérôme Dupeyrat, Olivier Huz et Julie Martin L'acronyme ACAB, souvent vu dans l'espace urbain sous forme de graffitis ou de stickers, est apparu au Royaume-Uni dans les années 1970 en lien avec la culture punk, et y a été popularisé lors des mouvements sociaux des années 1980. Signifiant « All Cops Are Bastards », il s'est largement répandu dans l'espace public international ces vingt dernières années, dans le sillage de diverses mouvances politiques, de l'altermondialisme aux gilets jaunes en passant par le black bloc et les ZAD, et en faisant également l'objet de diverses variantes telles que « All Capitalists Are Bastards », « All Colors Are Beautiful » ou encore « All Cats Are Beautiful ».
    Observer les inscriptions ACAB (ou 1312, en version chiffrée) permet de traverser de multiples terrains politiques, mais aussi plusieurs cultures visuelles (anar, punk, hip-hop, LOL) parmi lesquelles migre cet acronyme. C'est au cours de cette circulation scripturale, graphique et visuelle qu'il devient à la fois un signe de reconnaissance et un énoncé polysémique.

    N° 18 - Une visite d'atelier : le studio d'Ines Cox. Auteures : Manon Bruet et Julia Andréone Trois femmes entrent dans un bar. La première vit dans un grand appartement à Anvers, en Belgique. La seconde est une graphiste indépendante qui a fondé son propre studio. La troisième est un avatar - vous la connaissez peut-être - qui a un intérêt certain pour les procédés créatifs, les interfaces et leurs vocabulaires. Ensemble, elles mangent des pistaches, commandent des vodkas et ne sont pas sûres de pouvoir se lever pour donner cours le lendemain à la Royal Academy of Fine Arts. Mais ensemble, elles forment surtout la troublante personnalité multiple d'Ines Cox, graphiste belge que Julia Andréone et Manon Bruet sont allées rencontrer dans son atelier en juin 2019. L'occasion de mener un récit à trois voix et de dessiner les contours d'un parcours, d'une pratique et d'un personnage.

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de trois ou quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

    « Les revues critiques dédiées à l'analyse du design graphique sont malheureusement trop peu nombreuses aujourd'hui, particulièrement en France mais aussi en Europe. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer souhaitent mener une revue imprimée sur ces pratiques, en agissant avec sept auteurs (Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral et Étienne Hervy). Ce choix restreint, lié à la volonté de proposer une expérience au sein d'un groupe ayant déjà mené des projets communs, permettra d'inclure des auteurs internationaux la deuxième année. »

  • Les numéros 5 à 8 de la revue de design graphique. Le recueil regroupe des études sur les sujets suivants : un post Instagram du studio Experimental Jetset pour le centre culturel amstellodamois Paradiso ; une suite de gestes, de Harun Farocki à L'Architecture Aujourd'hui ; l'ouvrage Parallel Encyclopedia de Batia Suter ; la résidence de Charles Mazé & Coline Sunier à la Villa Médicis.

    N° 05 : Un post Instagram?: P/Pa/Para/Paradiso par jetset_experimental (1 Juillet 2017). Auteure?: Manon Bruet.
    Le 1er juillet 2017, alors que je m'apprête à commencer des recherches sur l'usage des réseaux sociaux par les designers graphiques, le studio néerlandais Experimental Jetset poste sur Instagram un diaporama de 7 images. Titré « P/Pa/Para/Paradiso », celui-ci présente, dans son ensemble et en détails, l'affichage de leurs nouveaux posters pour le centre de musique et de culture amstellodamois Paradiso. Outre la filiation formelle évidente avec le poster Blow up qu'ils réalisent en 2007 pour le Design Museum de Londres, ce diaporama ne donne que peu de clés de lecture pour ce qui semble être une nouvelle facette de la communication de ce lieu, à laquelle Experimental Jetset travaille depuis 1996.
    Avec aujourd'hui plus de 1500 likes et des dizaines de commentaires, ce post constitue le point de départ de mon article. L'occasion d'enquêter donc, de revenir sur cette collaboration qui a pris durant plus de 20 ans diverses formes (flyers, programmes, posters), et ainsi sur la pratique singulière et radicale d'Experimental Jetset. Mais l'occasion aussi de porter un regard plus théorique sur la manière dont est montré et regardé le graphisme sur les différentes plateformes, qui font aujourd'hui partie intégrante de l'enseignement et de l'évolution de la discipline.

    N° 06 : Une suite de gestes?: Invisible Touch. De Farocki à L'Architecture Aujourd'hui, quelques notes sur le manuel des choses. Auteure?: Catherine Guiral.

    N° 07 : Un livre?: Parallel Encyclopedia, Batia Suter. Auteur?: Jérôme Dupeyrat.
    Depuis la fin des années 1990, Batia Suter collectionne des livres - de seconde main pour la plupart - qu'elle acquière en raison de leur iconographie, de sorte à constituer une banque d'images qui est localisée dans les rayons de sa bibliothèque. L'ensemble est devenu le matériau de base d'une oeuvre qui consiste à présenter ces images selon une logique de montage visuel, en leur attribuant de nouvelles modalités d'apparition et donc de nouvelles possibilités d'interprétation.
    Parallel Encyclopedia est à ce jour le travail le plus conséquent de l'artiste. Mené depuis 2004, il a pris la forme de plusieurs installations et de deux ouvrages imposants édités par Roma publications en 2007 et en 2016. Chaque version du projet se caractérise par l'association de centaines d'images hétéroclites (historiques, artistiques, scientifiques, techniques) regroupées en fonction de liens typologiques et formels. D'un dispositif à l'autre, les modalités de présentation de ces images extraites de livres se renouvèlent?: séquençage et sérialité des pages reliées?; constellations ou, au contraire, séquences linéaires d'images reproduites et exposées aux cimaises?; constellations ou séquences linéaires de pages de livres ouverts et déposés sur des supports plans. Bien que les images exposées soient les mêmes, ces diverses possibilités d'exposition en déterminent des lectures différentielles.
    Au-delà de la fascination qu'un tel projet peut engendrer, ce texte tentera d'en saisir toute la complexité. Pour ce faire, le travail de Batia Suter sera resitué au sein d'une histoire des pratiques iconographiques qui traverse différents champs d'activités et de connaissance. On s'attachera par ailleurs à la trajectoire des images réunies dans Parallel Encyclopedia et aux effets des processus de remédiation auxquels elles sont livrées. Enfin, il s'agira de dessiner une figure de l'artiste en « éditrice » et d'étudier à la fois la fonction du design graphique dans son travail et la place que l'on peut attribuer à ce dernier dans le champ du design graphique, auquel Batia Suter n'appartient pas directement, mais qui traverse ses productions et auquel elle s'est confrontée concrètement dans le cadre de sa collaboration avec le graphiste Roger Willems pour la conception des deux volumes de l'encyclopédie qui, de fait, est aujourd'hui une référence tant pour de nombreux artistes que pour de tout aussi nombreux designers graphiques.

    N° 08 : Une résidence?: Charles Mazé & Coline Sunier à la Villa Médicis. Auteur?: Thierry Chancogne Relevés typo-topographiques.
    Alors qu'elle était encore étudiante à l'Ésad Valence, Coline Sunier avait, avec Grégory Ambos, frappé la première de couverture du livret associé au programme de Zak Kyes, « Forms of inquiry », d'une série de fleurons prélevés dans le patrimoine graphique plus ou moins héraldique des emblèmes très locaux.
    Lorsqu'elle fonde son studio avec Charles Mazé, le duo poursuit ce travail de collection qui est à la fois une des étymologies de la lecture et une des caractéristiques de l'esthétique conceptuelle de la liste des années 1970. D'abord dans la refonte de l'identité de l'ésad réalisée en 2012-2013.
    Ensuite, dans le travail de résidence à la Villa Médicis Come vanno le cose? consacré aux relevés, sur les murs de Rome de 1512 graffiti dessinant en creux le portrait d'un mystérieux survivant peut-être fantasmé des Brigades Rouges. Enfin dans le travail d'identité développé depuis peu pour le Centre d'art contemporain de Brétigny.
    La collection des signes de pouvoir et des traces de résistance profondément inscrits dans les matières toujours politiques des lieux s'accompagne souvent d'un effort de traduction typographique qui rappelle aussi le travail de typisation des écritures personnelles de Fernand Baudin réalisé pour le catalogue du prix éponyme 2012.

    #05: An Instagram post: P/Pa/Para/Paradiso by jetset_experimental (July 1 2017). Author: Manon Bruet.
    On July 1st, 2017, just as I was about to begin research into the use of social networks by Graphic Designers, the Dutch studio Experimental Jetset posted a slideshow showing their new productions for the Paradiso center for music and culture in Amsterdam on their Instagram account. Seeing the soberly captioned «P/Pa/Para/Paradiso», I was curious about this post, as it was quite different to the other posts that found their way into my news feed. Though it was very generous in terms of images, it provided very little information or keys to how to read what seemed to be a new aspect of the center's communications, a project on which Experimental Jetset had been collaborating with them since 1996.
    This post, that has since received over 1,500 likes and dozens of comments, is where my article begins.

    #06: A series of gestures: Invisible Touch, from Farocki to L'Architecture Aujourd'hui, some notes on the handling of things. Author: Catherine Guiral.

    #07: A book: Parallel Encyclopedia, Batia Suter. Author: Jérôme Dupeyrat.
    Since the end of the 1990s, Batia Suter has been collecting books-second hand for the most part-that she acquires for their iconography, in such a way as to build up an image database that sits on the shelves of her personal library. All of this has become the basic material for an artwork that consists of presenting the images according to a logic of visual editing, providing them with new modalities of appearance and thus new possibilities of interpretation.
    Parallel Encyclopedia is, at the time of writing, the artist's most significant work. Ongoing since 2004, it has taken the form of a number of installations and two imposing publications from Roma Publications published in 2007 and 2016. Each version of the project is characterized by the association of hundreds of heteroclite images (historical, artistic, scientific, and technical), grouped according to typological and formal links. From one system to another, the conditions of presentation of these images taken from books are renewed: the sequencing and seriality of bound pages; constellations or, on the contrary, linear sequences of images reproduced and exhibited on wall panels; constellations or linear sequences of book pages opened and placed on flat mounts. Though the exhibited images are the same, these various exhibition possibilities determine differential readings.
    Beyond the fascination that such a project can generate, this text will attempt to seize all of its complexity. To do this, Batia Suter's work will be re-situated within the context of a history of iconographic practices that run through different fields of activities and knowledge. We will also focus on the trajectory of the images gathered in Parallel Encyclopedia and the effects of the process of remediation to which they are subjected. Ultimately, it will be a question of drawing a figure of the artist as an «editor» and of studying both the function of Graphic Design in the artist's work and the place that we can attribute to the artist in the field of Graphic Design, a field to which Batia Suter doesn't directly belong, but one that runs through her productions, and to which she was confronted in a concrete fashion in the context of her collaboration with the Graphic Designer Roger Willems in the design of the two volumes of the encyclopedia that, in fact, is today a reference for many artists, as much as it is for a large number of Graphic Designers.

    #08: A residency: Charles Mazé & Coline Sunier at the Villa Médicis. Author: Thierry Chancogne.
    Typo-topographic records.
    While still a student in the Ésad Valence, Coline Sunier, along with Grégory Ambos, created a striking front cover for the booklet associated with the Zak Kyes programme, «Forms of Inquiry», using a series of jewels sampled from the more or less heraldic graphic patrimony of highly local emblems.
    When she founded her studio with Charles Mazé, the duo continued the work of collection, which is at the same time one of the etymologies of reading, and one of the characteristics of the conceptual aesthetic of the list that emerged in the 1970s-first, in the re-casting of the Ésad Valence's identity in 2012-2013; then in the work created during a residency at the Villa Médicis, Come vanno le cose?, dedicated to records of 1,512 graffiti found on the walls of Rome illustrating the portrait of a mysterious survivor, perhaps imagined, of the Red Brigades; and more recently in the identity developed for the Centre d'art contemporain in Brittany.
    The collection of signs of power and the traces of resistance profoundly inscribed in the always political matter of the spaces is often accompanied by an attempt at typographic translation bringing to mind the work of typification in the personal writings of Fernand Baudin, created for the catalogue of the eponymous prize in 2012.

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

    « Les revues critiques dédiées à l'analyse du design graphique sont malheureusement trop peu nombreuses aujourd'hui, particulièrement en France mais aussi en Europe. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer souhaitent mener une revue imprimée sur ces pratiques, en agissant avec sept auteurs (Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral et Étienne Hervy). Ce choix restreint, lié à la volonté de proposer une expérience au sein d'un groupe ayant déjà mené des projets communs, permettra d'inclure des auteurs internationaux la deuxième année. »

  • De Mme de Sévigné à Mme de Lafayette, de Mme de Staël à Mme Roland, et même à La Rochefoucauld..., Sainte-Beuve dresse des portraits en quelques dizaines de pages libérées de l'anecdote, et qui vont droit à l'essentiel.

  • Le catalogue de l'exposition au château d'Oiron présente plus de 170 oeuvres issues de la collection Antoine de Galbert installées pour dialoguer avec la collection permanente d'art contemporain Curios & Mirabilia, rassemblée en 1993 par Jean-Hubert Martin.
    Dans les galeries d'expositions, la collection d'Antoine de Galbert se déploie selon des thèmes qui lui sont propres avec une place importante laissée à l'oeil, au visage et ses expressions, aux blessures. La confrontation entre ces deux collections et le dialogue entre les deux hommes ouvrent à de nouveaux effets de surprises dans le catalogue à travers des collages aussi frontaux que joueurs. Le catalogue présente l'intégralité des oeuvres présentées dans l'espace dont From here to ear de Céleste Boursier-Mougenot, qui fait entendre sa musique entre les murs du XVIe siècle. Plusieurs artistes sont communs aux deux collections : Hubert Duprat, Markus Raetz, Wim Delvoye, Annette Messager, Christian Boltanski, Marina Abramovic, Bertrand Lavier, Nicolas Darrot... D'autres font leur entrée à Oiron : Théo Mercier, Gilles Barbier, Stéphane Thidet, Barthélémy Toguo, Jackie Kayser, Steven Cohen...
    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Château d'Oiron, centre des monuments nationaux, du 27 juin au 2 octobre 2021.

  • Pour comprendre ce qu'est une vocation monastique aujourd'hui.

  • Réédition fac-similé, accompagnée de sa traduction française, des manuels de charte graphique conçus par Paul Rand pour la redéfinition de l'identité visuelle de la société multinationale de matériel informatique IBM, recherche iconique menée par le graphiste américain entre 1962 et 1987 sous forme d'un classeur à feuillets volants. Leur assemblage permet la mise en perspective des pratiques et usages graphiques à travers leur évolution au fil du temps, et de rentrer au coeur de l'un des plus importants projets de design global du XXe siècle.

    En 1956, le designer Eliot Noyes est engagé par le directeur d'IBM à repenser le design de l'entreprise dans son intégralité, des produits à la communication en passant par l'architecture des bâtiments. Le graphiste Paul Rand est invité à définir l'ensemble des documents graphiques de l'entreprise. Commence alors l'un des projets de design graphique les plus mémorables du XXe siècle au sein de l'« IBM Graphic Design Program ».
    La série de logotypes IBM créée par Paul Rand a culminé avec une version dessinée en 1972 formée de bandes superposées, qui a rendu les initiales de la compagnie instantanément reconnaissables dans le monde entier. Ce logo à 8 barres est toujours utilisé aujourd'hui.
    Entre les années 60 et les années 80 un ensemble conséquent de règles et usages graphiques a été répertorié et régulièrement mis à jour dans un classeur organisé par sections. On y retrouve les instructions de reproduction du logotype, les règles graphiques et typographiques, les dessins de documents internes et externes, les usages signalétiques, les utilisations architecturales. Ce document permet une manipulation des signes graphiques de l'entreprise en cohérence et en discussion efficace avec les autres corps de métier.
    Ce classeur est aujourd'hui un objet iconique, rare et peu documenté, il nous parait nécessaire de le rendre accessible et diffusable, aux graphistes, étudiants et intéressés par cette aventure d'entreprise emblématique. Compte tenu des nombreuses mises à jour des normes graphiques, les différents classeurs de norme IBM que nous avons consultés sont souvent différents dans leurs contenus. Ce sont les documents successifs de ce classeur et leurs évolutions qui sont édités et reproduits afin d'offrir la vue la plus large sur le travail accompli pendant plus de 20 ans. Cette entreprise a été réalisée de concert avec les archivistes d'IBM, New-York et la Bibliothèque Kandinsky du Centre Georges Pompidou, Paris.
    Le projet s'est fait en accord avec les ayants droit de Paul Rand et l'entreprise IBM.

  • Le recueil des quatre premiers numéros de la revue critique consacrée au design graphique, publiée par les éditions Empire (studio Syndicat). Chaque parution s'intéresse à un objet spécifique, traité par un auteur reconnu : la collection Rouge-gorge aux éditions Cent pages par SpMillot ; la base de données colorlibrary.ch du studio Maximage ; la monographie Recollected Work par Mevis & Van Deursen et les cartons d'invitation de l'artiste Stanley Brouwn.

    N° 01 : Une collection - Rouge-gorge aux éditions Cent pages par SpMillot. Auteur : Thierry Chancogne.
    « SpMillot, couple à la vie comme au travail, se sont rencontrés dans les années 1980 à l'École des Arts Décoratifs de Paris [...]. SpMillot dessine des posters, des sites internet, des brochures, des logotypes. Mais le couple semble avoir un penchant pour la typographie. Une typographie qui ne doit pas être seulement comprise dans son approche «microscopique», à l'échelle de la lettre. SpMillot ne dessine pas tant les caractères qu'il les adapte systématiquement en changeant ici un glyphe, là une hauteur d'x, qu'il acclimate à un projet précis, à sa propre grammaire. [...] Pour aborder le travail de SpMillot, nous nous intéresserons à ce qui est sans doute un de leurs travaux les plus connus et peut-être les plus représentatifs : la collection Rouge-gorge des éditions Cent pages. » Thierry Chancogne N° 02 : Une plateforme technique - Colorlibrary.ch par Maximage. Auteure : Manon Bruet.
    Le projet de recherches Workflow, mené à l'ECAL par Tatiana Rhis, Guy Meldem, et Julien Tavelli et David Keshavjee (Maximage), s'intéresse aux nouvelles technologies de l'objet imprimé. Il consiste en une série d'expériences qui tentent de déjouer les technologies de production aujourd'hui à disposition, provoquer le hasard et les accidents afin d'obtenir des résultats inédits. Un des premiers résultats du programme Workflow est la création d'une série de profils colorimétriques permettant de convertir des images numériques pour l'impression avec une, deux, trois, quatre ou cinq couleurs d'accompagnement, qu'elles soient basiques, pastels, fluos ou métallisées. Revendiquant une solution « novatrice » et « professionnelle » pour le traitement de la couleur, l'ECAL et le programme Workflow lancent en 2016 le site www.colorlibrary.ch, qui propose ces profils à la vente. La plateforme apparaît comme une bibliothèque en ligne présentant une grande variété de profils aux différentes combinaisons colorées.

    N° 03 : Une monographie - Recollected Work par Mevis & Van Deursen. Auteur : Étienne Hervy.
    En 2006, l'éditeur Artimo confie à Linda van Deursen et Armand Mevis la direction éditoriale et la conception graphique de leur propre monographie : Recollected Works. Associés à Paul Elliman pour les textes, les deux graphistes répondent par une démarche similaire à celle qui est la leur lorsqu'ils accompagnent d'autres artistes ou photographes à travers des livres dont la pertinence a largement contribué à la réputation du studio. Mevis & van Deursen proposent au lecteur de faire l'expérience de leur travail à l'oeuvre plutôt que de le contenter par une restitution de travaux présentés comme oeuvres en soi. Plutôt que la nostalgie d'une organisation plus ou moins formalisée de leurs projets précédents, les deux graphistes regardent leur production passée comme le matériau d'un projet autonome que sera ce livre.

    N° 04 : Une communication - Cartons d'invitation de l'artiste Stanley Brouwn. Auteure : Céline Chazalviel.
    Derrière les normes mises en place pour la communication relative à ses expositions, l'usage exclusif de minuscules et de l'helvetica, le refus de reproduire des images de son travail, de produire (ou de laisser produire) un commentaire écrit au sujet de ce même travail, d'apparaître dans un contexte de vernissage ou encore de répondre à une interview, l'artiste Stanley Brouwn construit son identité par ellipses. Depuis sa première participation à la Dokumenta 5 (1972), les récits liés à cette attitude tracent les contours d'une posture artistique qui dépasse le cas particulier. L'exemple des cartons d'invitation de ses expositions personnelles en est symptomatique : composés quasiment exclusivement en helvetica, en l'absence de majuscules et, cela, faisant fi de l'identité graphique de la galerie ou de l'institution invitante, ils semblent impossibles à dater, à vingt ans près. Cette maitrise révèle que les choix graphique et typographique représentent un des espaces de la neutralité construite par Brouwn à l'instar d'autres artistes et théoricien(ne)s de sa génération, et celles à suivre.

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

    « Les revues critiques dédiées à l'analyse du design graphique sont malheureusement trop peu nombreuses aujourd'hui, particulièrement en France mais aussi en Europe. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer souhaitent mener une revue imprimée sur ces pratiques, en agissant avec sept auteurs (Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral et Étienne Hervy). Ce choix restreint, lié à la volonté de proposer une expérience au sein d'un groupe ayant déjà mené des projets communs, permettra d'inclure des auteurs internationaux la deuxième année. »

  • Est-il un destin plus extraordinaire que celui de Guillaume le Conquérant ? Bâtard de naissance, il devient le duc de Normandie à huit ans et roi d'Angleterre à trente-neuf ! Né à Falaise en 1027, descendant des redoutables Vikings, il reçoit la couronne ducale de Normandie en 1035, après la mort en Terre Sainte de son père, Robert le Magnifique.
    Mais les barons se rebellent contre leur jeune duc qui parvient à leur échapper après une chevauchée fantastique, avant de les écraser à la bataille de Val-ès-Dunes en 1047. Quatre ans plus tard, Guillaume de Normandie épouse Mathilde de Flandre : ensemble, ils décident la construction de l'Abbaye-aux-Hommes et de l'Abbaye-aux-Dames de Caen, ville où est installé le nouveau pouvoir. Tout en édifiant un état féodal fort en Normandie, Guillaume revendique le trône d'Angleterre.
    La fantastique expédition navale qui se termine par la victoire d'Hastings, en octobre 1066, n'est à ses yeux qu'une légitime régularisation. Elle fait d'un bâtard un roi d'Angleterre couronné à Londres. Appliquant de rigoureux principes d'administration, Guillaume impose la hiérarchisation normande en Angleterre, réalise un inventaire révolutionnaire des domaines fonciers - le Domesday Book -, et normalise ses relations avec le Saint-Siège : la monarchie anglo-normande est alors l'Etat le mieux organisé de l'Europe de l'Ouest.
    Mais pendant que ses fils réclament l'accès au pouvoir, Guillaume répond aux attaques du roi de France et dévaste le Véxin : il est mortellement blessé lors du sac de Mantes et meurt à Rouen, avant d'être inhumé en l'Abbaye-aux-Hommes de Caen, en 1087. Guillaume fut un homme dur, voire brutal - mais il a beaucoup souffert du surnom de Bâtard -, également réfléchi, obstiné, capable d'une solide affection envers ses rares amis et envers son épouse : au total, un homme d'exception, justifiant pleinement son nom - créé assez tard - de Guillaume le Conquérant.

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