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  • L'exposition Black Dolls montre pour la première fois hors des États-Unis la collection Deborah Neff, un ensemble exceptionnel de 150 poupées noires fabriquées en tissu, bois ou cuir par des Afro-américaines anonymes entre 1850 et 1940, pour leurs propres enfants ou les enfants qu'elles gardaient.
    Considérées jusque là comme des artefacts domestiques indignes de mémoire, ces poupées uniques, réalisées artisanalement et parfois transmises de génération en génération, commencent à peine à être objets de regard et de recherche.
    C'est pourtant une histoire culturelle, politique et intime inédite des Noirs Américains que cet ensemble reflète, celle de la maternité et de l'enfance, et plus particulière- ment ce moment très singulier et circonscrit dans l'his- toire où fabriquer des poupées noires fut un geste de résistance, formulé ou non, à l'encontre de l'esclavage puis de la ségrégation.
    Aux poupées s'ajoute un fonds de 80 photographies d'époque, essentiellement des portraits d'enfants noirs comme blancs dans des séquences de jeu, mais aussi de troublants portraits de poupées seules qui disent, en creux, l'effacement des Afro-américaines de l'histoire.
    Enfin, ces black dolls invitent aussi à refonder les frontières des arts et leurs hiérarchies. De par l'infinie variété des formes inventées, des techniques mises en oeuvre et des matériaux utilisés, elles appartiennent à l'histoire des arts aux côtés des portraits du Fayoum, des statues funéraires du Congo ou des marionnettes de Paul Klee...

    Événement :
    - Exposition Black Dolls. La collection Deborah Neff, La maison rouge, fondation Antoine de Galbert, Paris, du 23 février au 20 mai 2018

  • La maison rouge accueille la collection que rassemble Marin Karmitz depuis une trentaine d'années. Dernière réalisation et production d'un homme plus connu pour les films qu'il a aidés à mettre au monde et le réseau de salles de cinéma MK2, cette collection résolument person- nelle, engagée, exigeante et pas toujours aimable, compte près de 200 photographies, peintures, sculptures, dessins, vidéos et installations de grande ampleur (Messager, Bol- tanski, Kiarostami, Marker).
    L'écrivain Erri de Luca écrit dans le catalogue :
    « Marin Karmitz [...] est né dans le premier siècle des grandes hémorragies d'êtres humains d'une terre à l'autre.
    Il est arrivé en France par la mer avec sa famille, après la guerre. Débarqués à Marseille, les Karmitz sont devenus citoyens français. Aujourd'hui [...] il reste un étranger résident.
    Les arbres ont des racines, les hommes non. Ils les rem- placent avec ce qu'ils sèment et ce qu'ils récoltent. Sa maison contient sa récolte. Marin Karmitz n'est pas un collectionneur, il n'a pas l'obsession acharnée de la série à compléter, le trouble de l'accumulation. Il recueille en fait des rencontres avec des oeuvres d'artistes. C'est le musée d'un homme [...].
    Cette exposition est un autoportrait composé de frag- ments, mais ce ne sont pas les tesselles d'une mosaïque, qui seules toutes ensemble rendent l'image. Ce sont en fait des masques sur le visage d'un homme. On voit ici une superposition des multiples traits de son visage, un ensemble de rencontres avec lui-même. »

  • Hervé Di Rosa, né à Sète en 1959, acteur majeur de la Figuration libre dans les années 1980, a mené de front sa carrière d'artiste et la bataille pour la reconnaissance de ce qu'il a baptisé en 1988 l'art modeste, et qui, en 2000, a abouti à la création à Sète du MIAM, un musée qu'il préside depuis lors et qui rassemble des milliers d'objets hétéroclites, de gadgets et de trésors de la vie quotidienne.

    Plus qu'une rétrospective de l'artiste, l'exposition Plus jamais seul propose un parcours subjectif à travers ses oeuvres, qui cohabiteront avec les collections fabuleuses qu'il ne cesse d'enrichir depuis 1980, collections de jouets, de figurines, de personnages de BD, d'objets d'art brut, populaire et modeste en provenance des nombreuses régions du monde où il a séjourné et produit des oeuvres spécifiques en rapport avec la culture, les modes d'expression et les savoir-faire locaux (Mexique, Espagne, Floride, Cameroun, Vietnam, Portugal ... ).

    « Grande est la famille de l'art modeste, il est proche de l'art populaire, de l'art primitif, de l'art brut mais ne s'y réduit pas. Il est autant composé d'objets manufacturés que d'objets uniques, pour la plupart sans grande valeur marchande mais à forte plus-value émotionnelle. Les amateurs se retrouvent au-delà du regard critique, de la notion du bon ou du mauvais goût, de la rigueur esthétique, dans un sentiment de bonheur éphémère et spontané, aux parfums de souvenirs d'enfance, de plaisirs simples et non théorisés. » Hervé Di Rosa

  • Jean-Hubert Martin crée avec Théâtre du Monde un dialogue entre des oeuvres de cultures, d'époques et de provenances différentes. À travers ces oeuvres, il souhaite révéler des thématiques fortes comme la mort, la guerre, la violence, la passion, la peur, la beauté et le mystère de la vie, qui constituent des préoccupations universelles. L'exposition est pensée comme un voyage expérimental qui doit transporter le visiteur du viscéral au symbolique, du factuel au poétique.
    Théâtre du Monde ne répond à aucune méthodologie habituelle et associe dans la même salle des vases canopes égyptiens à une oeuvre du photographe contemporain Andres Serrano : cet accrochage anachronique d'objets hétéroclites est à l'image de la collection de David Walsh qui rassemble à la fois des pièces de monnaie grecques, des objets archéologiques, des oeuvres primitivistes et de l'art contemporain.
    Plus de 300 oeuvres seront exposées, couvrant 4000 ans de production humaine : oiseaux taxidermisés, squelettes d'animaux, céramique chinoise, aquarelles anglaises du XVIIIe siècle, pierres gravées et objets funéraires égyptiens, boucliers mélanésiens, masques océaniens, coquillages et coraux, spécimens géologiques, photographies et vidéos contemporaines, plus de 50 tapas (peintures sur écorce du Pacifique Sud), peintures et installations d'artistes des XXe et XXIe siècles, dont Francis Picabia, Alberto Giacometti, Max Ernst, Sydney Nolan, Jannis Kounellis, Sol Lewitt, Robert Gober, les Frères Chapman, Marina Abramovic, Claude Rutault, Berlinde de Bruyckere...

  • " Je n'ai pas le goût des objets ou de l'art, c'est-à-dire que je ne me considère pas comme un expert et encore moins comme un historien. [...] j'éprouve de la passion pour ce qui me dérange, m'intrigue, me gêne [...]. En portugais, nous avons le mot " esquisito " [le terme désigne ce qui est déroutant, singulier, excentrique] pour décrire à peu près ce que je ressens. Peut-être est-ce cela qui fait le lien entre tout ce que je collectionne ? Enfin, si on veut à tout prix faire un lien, trouver un fil conducteur... " Sylvio Perlstein. Au cours des quarante dernières années le collectionneur belgo-brésilien, Sylvio Perlstein, a réuni, en suivant son intuition et au gré des rencontres et des découvertes, un exceptionnel ensemble d'oeuvres comptant des pièces majeures des avant-gardes du XXe siècle : Dada, surréalisme, photographie des années 1920-1950, Nouveau Réalisme, art conceptuel, art minimal... L'exposition " Busy going crazy " à la Maison rouge, ce sont plus de 400 photographies, peintures, sculptures, installations de Arman, Becher, Bochner, Breton, Broodthaers, Buren, Ernst, Calzolari, Cartier-Bresson, Christo, Dali, Doisneau, Duchamp, Flavin, Joostens, Judd, Kawara, Klein, Kosuth, Kruger, LeWitt, Lichtenstein, Marden, Man Ray, Merz, Nauman, Ryman, Spoerri, Pistoletto, Tinguely, Weiner... pour ne citer que quelques noms, toutes tendances et époques confondues.

  • Art brut

    Barbara Safarova

    La Maison rouge a sélectionné environ 400 pièces parmi les milliers d'oeuvres présentes dans la collection d'art brut de B. Decharme. Réalisés par plus de 200 artistes entre le milieu du XIXe siècle et aujourd'hui, ces dessins, peintures, sculptures, photographies ou assemblages, sont classés par thèmes (talismans, messages divins, etc.).

  • Collection Artur Walther

    B Wallis

    Chaque année, au moment de la FIAC (Foire Internationale d'Art Contemporain), la maison rouge expose une grande collection privée internationale.
    En Octobre 2015, place à la collection de photographies d'Artur Walther dont une partie a déjà été dévoilée aux Rencontres d'Arles en juillet 2014. Cette exposition autour de la figure humaine nous plongera dans cette collection de plus de 2 500 pièces, axée sur la photographie allemande, américaine, africaine et asiatique.
    Artur Walther est né à Ulm en Allemagne. Il vit et travaille à New York. Ancien banquier d'affaires, il ouvre sa collection au public en juin 2010 avec l'inauguration d'un musée, constitué de quatre bâtiments situés dans un quartier résidentiel de sa ville natale, Neu-Ulm / Berlafingen, dans le sud de l'Allemagne.
    Il soutient depuis vingt ans des programmes et bourses photographiques et a débuté à la fin des années 1990, collectionnant tout d'abord des oeuvres de photographes allemands contemporains - notamment les Becher et August Sander - avant d'étendre sa collection de photographies et vidéos aux quatre coins de la planète.
    Celle-ci constitue désormais l'ensemble le plus important de photographie asiatique et africaine contemporaine au monde.

  • Memoires du futur

    Collectif

    Ce huitième volume de la collection Privées de La maison rouge est consacré à une collection allemande.
    Thomas Olbricht, collectionneur originaire de Essen, qui montre publiquement des ensembles de sa collection à Berlin depuis peu au Me Collectors Room, cultive cette particularité d'associer dans sa collection des objets de cabinet de curiosités de la Renaissance (Wunderkammer), des oeuvres anciennes (Albrecht Dürer, Jacques Callot, Martin Schongauer...) et des oeuvres contemporaines autour de thématiques universelles (la mort, la religion, le corps).
    A travers une sélection de plus de 240 oeuvres, constituée de peintures (Gerhard Richter, Sigmar Polke, Daniel Richter, Franz Gertsch, John Currin, Marlene Dumas...), d'installations et sculptures (Jake et Dinos Chapman, Giampaolo Bertozzi et Stefano Casoni, Marc Quinn...), de photographies historiques et contemporaines (Robert Capa, Cindy Sherman...) et d'objets d'art ancien (reliquaire de corail du XVIIIe siècle, pendule automate Renaissance, memento mori, objets précieux en ivoire des XVIIe et XVIIIe siècles...), l'exposition dresse le portrait d'un amateur original et exigeant, qui n'hésite pas à mêler artistes de notoriété internationale et jeunes inconnus.
    L'exposition, Mémoires du futur, qui tire son titre d'une oeuvre de l'artiste français Laurent Grasso présentée dans l'exposition, traverse les siècles en quête d'affinités qui, au-delà du temps, font dialoguer artistes, collectionneurs et regardeurs.

  • Soulèvements

    Jean-Jacques Lebel

    Cette publication, qui tient du manifeste et du laboratoire imagé plutôt que du banal " catalogue ", comprend un entretien entre Jean-Jacques Lebel, artiste, et Jean de Loisy, commissaire, ainsi que des interventions d'Anne Tronche, Harald Falckenberg, Alain Fleischer, Félix Guattari, Bernard Heidsieck, Olivier Kaeppelin, Arnaud Labelle-Rojoux, Dominique Païni, Guy Scarpetta et Jean Louis Schefer.
    Elle ne rend pas compte d'un accrochage conventionnel, mais d'un montrage, terme deleuzien qui indique une co-opération ouverte, dé-hiérarchisée, libre de tout Ordre Moral ou préjugé esthétique, entre artistes et regardeurs. Son titre - soulèvements - qui va à contre-courant des rhapsodies consensuelles, invite déjà à ne plus " mettre ses yeux dans sa poche" et à ne plus s'agenouiller devant les icônes dominantes.
    Ce montrage résulte du dialogue au long cours entre Jean-Jacques Lebel et Jean de Loisy. Il a été conçu autour de sept installations de l'artiste - certaines inédites - rassemblées pour la première fois, combinées avec des oeuvres amies, à la fois contradictoires et complémentaires, qui constituent l'univers quotidien de Lebel, son contexte affectif et culturel, sa vision du monde. " Regardeurs, regardeuses, encore un effort pour être nomades! " J.-J.L.

  • Mexico expected unexpected

    Monica Amor

    Ce sixième volume de la collection Privées est consacré pour la première fois à une collection en provenance du continent nord-américain, et plus particulièrement du Mexique. La collection Isabel et Agustin Coppel reflète une image mouvante et multiple de l'art mexicain contemporain, en écho à une évolution perceptible dans d'autres domaines de la culture mexicaine comme le cinéma ou la littérature. Cependant, nullement cantonnée à la " mexicanité ", elle s'est ouverte à l'art international, et l'exposition Mexico : Expected / Unexpected s'attache précisément à faire ressortir les articulations de ses dimensions nationale et internationale, ainsi que les ponts transgénérationnels et les passages de frontières, qu'elles soient culturelles ou stylistiques, qui s'y jouent à l'heure du marché global. Quelques artistes : Doug Aitken, Francis Alÿs, Manuel Alvarez Bravo, Carlos Amorales, John Baldessari, Lothar Baumgarten, Miguel Calderòn, Abraham Cruzvillegas, William Eggleston, Dan Graham, Helen Levitt, Gordon Matta-Clark, Hélio Oiticica, Gabriel Orozco, Damiàn Ortega, Thomas Struth, Tatiana Trouvé...

  • À l'occasion de son dixième anniversaire, La maison rouge dévoile, pour la première fois, toutes les oeuvres de la collection d'Antoine de Galbert pouvant s'accrochant au mur. Présentées de manière aléatoire (en suivant un algorithme mathématique dit « méthode Monte-Carlo» qui calcule une répartition optimale), les 1 200 oeuvres couvrent l'ensemble des murs disponibles de la fondation, soit 200 mètres linéaires de cimaises.
    Peintures, photographies, oeuvres sur papier, néons, pièces en volume destinées à une présentation murale, se mélangent dans un flux continu. Dans cette présentation originale, la chronologie, la valeur, la notoriété ne sont plus des critères signifiants. Toutes les oeuvres se retrouvent au même niveau, dans un accrochage qui court-circuite les classifications de l'histoire de l'art comme celles du marché.
    Le « mur» entier est reconstitué sur un très long dépliant glissé dans l'ouvrage, où est reproduite une sélection de 150 oeuvres qu'accompagneront un texte très personnel d'Antoine de Galbert sur sa passion et une étude de Sophie Delpeux consacrée aux accrochages expérimentaux et autres dispositifs atypiques de présentation à travers l'histoire.

    Événementiel Publié à l'occasion de l'exposition La « Méthode MonteÛlrio » qui se tiendra à La maison rouge, Paris, du 14 juin au 21 septembre 2014 .

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