Entreprise, économie & droit

  • « Je me suis longtemps refusée à imiter les confrères qui publient leurs Mémoires, persuadés que leur moi mérite exhibition et que les épisodes de leur vie personnelle et professionnelle suscite l'intérêt. Le journalisme est un métier comme un autre et la télévision n'est souvent qu'une usine à baudruches. A tous ceux qui m'interrogeaient à ce sujet, je n'ai cessé de déclarer qu'à ce petit jeu narcissique, on ne me prendrait pas. Publier cet ouvrage m'oblige à manger mon chapeau. Me voici à mon tour piégée dans ce paradoxe : écrire comme tout le monde, en espérant intéresser tout le monde à une vie qui ne serait pas celle de tout le monde. Il faut assumer ses contradictions et ne pas avoir peur de se désavouer. C'est dit...
    Les personnes que je croise me regardent comme une vieille connaissance à laquelle elles associent deux images contradictoires : la présentatrice d'une émission qui fut célèbre il y a plus de vingt ans et qui demeure dans la mémoire collective ; la femme qui fit, à son corps défendant, des milliers de « une » de journaux à l'occasion d'un scandale planétaire impliquant son mari. N'étant pas seulement l'une et ne me reconnaissant pas dans l'autre, je me demande ce qui, de tout cela, peut rester pertinent.
    Je vais tenter d'être juste. Pas exhaustive mais sincère. Je parlerai de mes parents, de cette enfance très protégée qui aurait pu mettre hors de ma portée les armes nécessaires pour lutter dans la vie ; je convoquerai certains personnages hauts en couleur que j'ai eu la chance de croiser et tenterai de brosser le portrait le plus fidèle possible du monde des médias tel que je l'ai connu ; j'évoquerai les grands bonheurs de la vie et les épreuves qui l'ont écorchée... ».
    A.S

  • Qui veut la mort des agences de notation ? Pourquoi les a-t-on désignées comme les principales responsables de la crise de la dette européennes ? Accusées de n'avoir pas vu venir l'explosion de la bulle immobilière américaine, on leur reproche aujourd'hui d'avoir aggravé la situation de la zone euro en affolant les marchés. Mais quel est leur rôle précisément ? Sont-elles les véritables coupables de ces crises successives ou les boucs émissaires que nos dirigeants accusent volontiers ? Le thermomètre est-il responsable de la fièvre ? Et si la crise de la zone euro durait dix ans ? Pour la première fois, Marc Ladreit de Lacharrière prend la parole.

  • « Ce livre est une plongée dans le coeur du réacteur des marchés, tels que j'ai pu les observer à un endroit et à un moment privilégiés : j'ai été analyste financier sur les groupes de médias européens de 1998 à 2004, pendant le gonflement puis le percement de la bulle dite « Internet », ou des « TMT » pour les valeurs « Technologies Médias Télécommunications ».
    J'ai été témoin mais aussi acteur de quelques-uns des excès et des dysfonctionnements des marchés ces dernières années. Le krach des valeurs Internet. La tyrannie de la « création de valeur ». Les conflits d'intérêts entre les banques d'affaires et les analystes. L'irresponsabilité de la masse anonyme et aveugle des intermédiaires de gestion, pompeusement appelés « investisseurs institutionnels ». Enfin, et surtout, le désarroi et l'incompréhension grandissante des épargnants, salariés et retraités, et des dirigeants d'entreprises face à un marché qui ne tourne plus vraiment rond.
    Ce livre n'est pas une thèse ambitieuse, naïve et vaine pour une refonte des marchés financiers dans le monde. Ce sont des carnets de voyage, dont chacun pourra tirer l'enseignement qu'il souhaite, là où il est : épargnant, salarié, dirigeant d'entreprise, journaliste, administrateur de sociétés, responsable politique. Ethnologue.
    On y découvrira que les gens de finance ne sont décidément pas raisonnables.
    Ces marchés financiers sont des endroits humains où l'erreur et le génie, la malhonnêteté et le courage, l'appât du gain et le désir de construire, le vice et la vertu se côtoient sans cesse, se croisent, s'entrelacent et parfois fusionnent.
    Ce lieu et ces gens sont finalement si humains qu'il faudrait être fou pour leur confier nos économies, nos entreprises, nos projets. Et totalement pervers pour penser que les marchés financiers ont une loi qui doit s'imposer à la communauté des hommes. » E.Tétreau

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