Lettres et langues

  • Publié pour la première fois en 1995, Les écrivains français racontés par les écrivains qui les ont connus est une passionnante anthologie réalisée et préfacée par Charles Dantzig. Elle rassemble, du XVIe siècle au XXe siècle, des témoignages de première main rarement sinon jamais reproduits jusque-là sur trente-sept des plus grands auteurs de notre littérature.
    Voici Claude Binet, ami de Ronsard, évoquant la séduction qu'exerçait l'auteur des Sonnets pour Hélène sur le roi Charles IX. Au XVIIe siècle, c'est Marie de Gournay, la « fille d'alliance » de Montaigne, qui est racontée par le mémorialiste le plus spirituel de son temps, Tallemant des Réaux, et Molière par La Grange, le secrétaire de sa troupe, tandis que Charles Perrault parle avec sagacité et affection de La Fontaine. Au XVIIIe siècle, Rousseau est évoqué de manière inattendue par Bernardin de Saint-Pierre, l'auteur de Paul et Virginie. Un siècle plus tard, Mérimée raconte son ami Stendhal avec sa vivacité habituelle ; Victor Hugo se remémore les derniers jours de Chateaubriand, à qui il avait tant voulu ressembler ; les Goncourt, pourtant si méchants, font de Flaubert un portrait à la fois attendri et admiratif. Au XIXe siècle, c'est au tour de Maurice Sachs de se remémorer Jean Cocteau, sa séduction et son talent. Quant à Serge Doubrovsky, il met en scène sa rencontre avec un Jean-Paul Sartre épuisé et malade, mais à l'intelligence aussi vive que toujours : « Je m'arrête, j'attends. [...] La tremblote a disparu par enchantement. L'oeil terne se rallume, lance des éclairs. » Qui connaît mieux les écrivains que les écrivains ?
    Dans une longue préface, Charles dantzig propose une réflexion sur ce qu'est ou peut être la biographie d'un écrivain. Le complément indispensable à son Dictionnaire égoïste de la littérature française.

  • Le gai savoir : rarement l'expression nietzschéenne se sera aussi bien appliquée qu'à ce livre... sur les livres ! du papyrus au fichier électronique, nous traversons deux mille ans d'histoire du livre à travers une discussion à la fois érudite et humoristique, savante et subjec-tive, dialectique et anecdotique, curieuse et goûteuse. on y parcourt les temps et les lieux, les personnes réelles s'y mêlent aux personnages de fiction, on y fait l'éloge de la bêtise, on y analyse la passion du collectionneur, les raisons pour lesquelles telle époque engendre des chefs-d'oeuvre, la manière dont fonctionnent la mémoire et le classement d'une bibliothèque. on y explique pourquoi « les poules ont mis un siècle pour apprendre à ne pas traverser la route » ou comment « notre connaissance du passé est due à des crétins, des imbéciles ou des adversaires ». bref, on s'y amuse de la « furia littéraire » de deux passionnés qui nous entraînent dans leur folle farandole dont chaque tour surprend, distrait, enseigne. en ces temps d'obscurantisme galopant, c'est peut-être le plus bel hommage qui se puisse imaginer à la cul-ture de l'esprit, et l'antidote le plus efficace au désenchantement.

  • Publié pour la première fois en 1931 aux éditions Fasquelle, Emile Zola raconté par sa fille révèle les débuts dans la vie d'Emile Zola : son enfance à Aix-en-Provence, où il rencontre celui qui deviendra son plus proche ami, Paul Cézanne, ses débuts à Paris, où il écrit ses premiers textes, notamment du théâtre, et hésite entre le journalisme et la littérature. Il pratiquera les deux, avec la gloire que l'on sait.
    Ce livre, c'est aussi un témoignage inestimable sur l'intimité d'Emile Zola, jusqu'à son intimité littéraire : sa façon de travailler, par exemple. Denise Le Blond-Zola raconte comment il procédait pour préparer ses célèbres enquêtes " de terrain " , entreprise indispensable à la rédaction de la plupart des romans des Rougon-Macquart. Ainsi découvre-t-on la rigueur et l'austérité auxquelles s'astreignait Zola, dans sa maison de Médan.
    Le labeur, mais aussi les joies, puisque sa fille revient sur les soirées passées avec des auteurs fameux, ses amis : Léon Daudet, Guy Maupassant, Yvan Tourgueniev, les frères Goncourt (ceux-ci jusqu'à un certain points, car ils étaient enragés de jalousie). Enfin, on constate de l'intérieur la violence à laquelle il a été confronté l'écrivain lors de l'Affaire Dreyfus. Denise Le Blond éclaire les coulisses de la publication de " J'accuse " , du procès de son père et de sa décision de partir, une fois condamné, pour Londres.
    Et, bien sûr, sa mort tragique, dont le retentissement fut international, et dont on se demande aujourd'hui si elle n'a pas été un assassinat. Avec admiration, tendresse et rigueur, Denise Le Blond Zola fait revivre pour elle, pour nous, pour la littérature, un père attentionné, un citoyen courageux, ce un romancier.

  • Ce recueil peut être considéré comme une suite logique des Six promenades dans le bois du roman ou d'ailleurs ou de Lector in Fabula.
    Ces textes s'adressent à un vaste public averti : ils traitent de la fonction de la littérature, de l'influence dans l'histoire d'un écrit sur des évènements historiques, des problèmes spécifiques à la narration comme la représentation verbale de l'espace, l'ironie intertextuelle, la nature des mondes possibles de la fiction, et quelques concepts clés de l'écriture « créative », comme les symboles, le style, les « béquilles »...
    D'autres interventions portent sur les auteurs qu'Umberto Eco a beaucoup lu. Bien des pages sont d'une richesse, d'une force et d'une beauté exceptionnelle, celles où éclot le véritable amour d'Eco pour Manzoni, Borges, Joyce, Nerval... mais aussi aussi Dante et Aristote. La littérature française occupe une place de premier plan : Proust, Stendhal, Rabelais ainsi que les classiques italiens et anglo-saxons.
    Dans le dernier chapitre : « Comment j'écris », Umberto Eco évoque son activité d'écrivain. Il prend pour exemple sa propre expérience et nous éclaire sur son savoir-faire.
    Eco nous fait ainsi entrer dans son jardin. Bien sûr nous le connaissons. Nous savons quelles fleurs et quels fruits il y cultive. « Un jardin à l'anglaise » dit-il. Il faut être un esprit très libre et très riche pour donner ainsi tout de soi, un auteur qui ne craint pas qu'on « voit » ses trucs et ses manigances... Umberto Eco montre, démonte et démontre.

  • Chef-d'oeuvre. Quand ce très vieux mot du Moyen-Âge utilisé pour l'artisanat a-t-il commencé à être appliqué à la littérature ? Y a-t-il un critère du chef-d'ouvre littéraire ? Mieux, une recette ? Comment être sûr qu'un livre est un chef-d'ouvre ? Un chef-d'ouvre est-il éternel ? La postérité est-elle le bon juge ? Crée-t-on encore des chefs-d'ouvre aujourd'hui ? Comment définir le chef-d'ouvre ?C'est à toutes ces questions que tente de répondre ce livre.
    Parcourant les grands livres, de Homère à Heine et de Boccace à Beckett, il propose une analyse inattendue de l'ouvre de James JOyce aussi bien que des considérations sur ce que l'on peut penser des Aristochats de Walt Disney. Charles Dantzig montre encore une fois que l'on peut associer le brillant et la réflexion, la virtuosité et la profondeur, l'érudition et l'esprit.

  • Vinteuil est le musicien le plus célèbre de la littérature française. «  Le  » musicien d'A la recherche du temps perdu, l'auteur de la fameuse sonate, celui qui a une fille lesbienne et sacrilège... Il demeure pourtant un grand inconnu, puisque Marcel Proust ne donne que de très rares informations à son sujet. Son nom est plus célèbre sa vie. Sa vie, précisément. A partir du peu que raconte Proust, et, plus encore, de ce qu'il ne raconte pas, La vraie vie de Vinteuil imagine quel a été le parcours de ce mystérieux compositeur. Sa vraie vie. Celle que l'auteur de La Recherche n'a pas connue. A-t-il eu connaissance de tout ? Ce grand espion n'aurait-il pas manqué d'informations  ? A-t-il par exemple su que Vinteuil est le fils illégitime du curé de Combray  ? Et tant d'autres secrets  ?
    Se fondant sur l'histoire politique et musicale du XIXe siècle que Jérôme Bastianelli connaît particulièrement bien, lui qui a écrit les biographies de Berlioz et de Mendelssohn, son roman raconte dans quelles conditions Vinteuil a été amené à écrire sa si novatrice Sonate pour violon  ; comment sa fille a rencontré la sulfureuse amie avec qui elle a entretenu une liaison scandaleuse  ; comment le jeune Proust en est arrivé à s'intéresser à lui. Musique, littérature, révolution de 1848, guerre de 1870  : la vie artistique et politique de la France forment l'arrière-plan du portrait de cet artiste incompris à qui il est enfin rendu justice.
    Un premier roman brillant et surprenant, qui, si on n'a pas lu Proust, peut se lire comme la biographie imaginaire d'un grand musicien et qui, si on l'a lu, se révèle comme une délicieuse interprétation critique d'un des plus grands romans du XXe siècle, que n'aurait pas reniée Marcel Schwob, l'auteur des Vies imaginaires.

  • Publié pour la première fois chez Grasset en 1926, Autour du Chat noir est un témoignage plein d'humour et de tendresse sur un des plus fameux lieux de la vie artistique de Paris, ce célèbre cabaret, là haut, sur la colline de Montmartre. Donnay raconte les soirées mémorables où se retrouvaient, vers 1890, les clients du Chat noir : Debussy, Verlaine, Alphonse Allais... On buvait, on chantait, on jouait avec les mots.
    Ensuite, un recueil de poèmes, La danse du coeur, le plus souvent humoristiques, datant de l'époque héroï-comique. Phryné, scène grecques, réunit plusieurs scénettes jouées au Théâtre d'ombres du Chat noir en 1891. Enfin, une revue jouée la même année dont les tableaux, dédiés à Paul Verlaine révèlent l'inventivité et la légèreté d'un des plus importants acteurs littéraires de cette fin de siècle railleuse, charmeuse et joyeuse.
    Avec ce livre libre, Maurice Donnay revient rêver au creuset de fantaisie où "la jeunesse, fille d'une bourgeoisie qui eut l'esprit voltairien sans l'esprit de Voltaire, vivait dans une insouciance incroyable des contingences. "

  • {Six Promenades}...est le texte des {Norton Lectures} données à Harvard par Umberto Eco en 1994. Etudier les rapports entre lecteur et histoire, entre fiction et réalité, c'est apprendre à déjouer les pièges de leur interpénétration : quand cela mène à un pèlerinage à Baker Street sur les pas de Sherlock Holmes ou à Dublin sur les traces de Joyce, on en sourit. Quand cela conduit, via le {Protocole des Sages de Sion}, au génocide hitlérien, on en frémit. Eco démonte les mécanismes de lectures, illustre ses thèses avec une foison d'exemples hétéroclites - de Dumas à Poe, de Dante à Ian Fleming, du {Rocky Horror Picture Show} à {Guerre et Paix} et met à contribution le romancier Eco pour appuyer ses thèses. Le fil rouge de ces promenades, c'est {Sylvie}, dont Eco est épris depuis toujours. A travers une analyse brillante des effets de brume temporels dans lesquels Nerval a nimbé son récit, Eco tord le cou à l'idée préconçue qu'à trop vouloir décortiquer une oeuvre, on la tue. Au contraire. Plus on la soumet à la question, plus on en démonte les stratégies, plus la jouissance de lire est grande.

  • Les miens

    Jean Daniel

    « Le besoin d'évoquer certains des êtres qui ont illuminé mon existence me tenaille depuis que j'ai découvert qu'ils occupaient mes nuits. Une étrange grâce m'est ainsi donnée de revivre parmi tous ces disparus qui ont emporté une partie de moi-même et qui, de ce fait, me la restituent. Ils m'accompagnent. Je m'appuie volontiers sur eux pour conjurer la hantise devant le grand vide qui me rendra orphelin de toute protection. Le besoin de les faire revivre exprime alors à la fois un réconfort et une gratitude. On connaît le merveilleux mot de Picasso à Matisse : "le jour où l'un de nous disparaîtra, l'autre ne saura plus à qui parler de certaines choses. " " J'ai trouvé le moyen, en évoquant un certain nombre de ceux qui ont compté pour moi, de continuer à leur parler. Et c'est là que réside l'ambition de mon titre : qu'ils soient célèbres ou non, qu'ils soient des adversaires attentifs plutôt que des amis, ils ont tous contribué à faire de moi ce que je suis et je les ai tous adoptés comme miens. »

  • Ce volume reprend le magnifique discours de réception à l'Académie française de Dominique Fernandez, prononcé en décembre 2007, suivi de la réponse Pierre-Jean Rémy. Comme le veut la tradition, ces deux textes sont suivis des discours de remise de l'épée, prononcés par Dominique Fernandez et Frédéric Vitoux.

  • Ces vingt et un entretiens sont sans équivalent dans l'histoire littéraire. Leur auteur, Madeleine Chapsal, écrivain, critique littéraire à l'Express de 1953 à 1979, a été la seule à interviewer Bataille ou Tristan Tzara, la première à revoir Céline de retour d'exil, la dernière à entendre Malraux avant sa mort. Ces textes étaient devenus introuvables. En les regroupant, Madeleine Chapsal livre un témoignage essentiel sur ces "monstres sacrés", pour la plupart aujourd'hui disparus. Très proche de plusieurs d'entre eux, vivant au coeur du monde littéraire, elle trace d'eux vingt et un portraits intimistes et inédits qui sont une révélation.

  • Klaus mann est âgé de dix-huit ans lorsqu'il se rend pour la première fois à paris. c'est là que, grâce à une lettre de recommandation de son professeur ernst robert curtius, il va faire la connaissance d'andré gide. celui-ci vient de publier un de ses livres les plus scandaleux - corydon - et la critique parisienne se mobilise contre cet auteur qui diffuse des idées perverses.

    Cette rencontre fut déterminante pour klaus mann qui, près de vingt ans plus tard, publiera à new york la première biographie essentielle d'andré gide. qui était andré gide ? qui était celui qui se voulait "immoraliste" - pourtant sans cesse préoccupé de questions morales ? qui était cet homme qui aimait à passer de l'extase religieuse à la sensualité païenne, qui privilégiait l'amour domestique tout en proclamant son penchant pour les adolescents ?
    Klaus mann dresse ici le portrait du personnage paradoxal et fascinant que fut l'auteur de la porte étroite, des caves du vatican, des faux-monnayeurs et des nourritures terrestres. imprégné d'une profonde admiration pour ce très grand écrivain, klaus mann reconnaît aussi ses travers et ses contradictions. dans ce livre, il analyse avec son style éblouissant la pensée et l'oeuvre d'un homme épris de liberté.
    Klaus mann est né en 1906 à munich. fils aîné de thomas mann, il écrit très tôt des poèmes et des nouvelles avant de se lancer dans la critique théâtrale à berlin. il a publié de nombreux livres dont le volcan, méphisto, fuite au nord, le tournant ainsi qu'un journal.

  • Nouveaux Cahiers François Mauriac N° 24 (2016).
    LES CHEMINS DE LA CRÉATION « L'ART N'EST QUE L'OMBRE DES CHOSES À VENIR ».
    Avant-propos, par Caroline Casseville.
    Comment se débarrasser de Thérèse. Remarques sur la création romanesque chez François Mauriac, par Jacques Monférier.
    Le laboratoire d'écriture mauriacien dans le manuscrit de La Fin de la nuit, par Pier Luigi Pinelli.
    Des revues au recueil : Dramaturges de François Mauriac, par Élisabeth Le Corre . Mauriac pédagogue du droit dans Le Noeud de vipères, par Yann Delbrel.
    Le fils témoin de la création du père, Le Temps immobile de Claude Mauriac, par Caroline Casseville.
    Une école des Lettres dans les années 1930, Audiberti et ses mentors, par Jeanyves Guérin.
    Cocteau et la création, variations autour de « la poésie de théâtre », par Marie Cléren.
    Écrire signifie-t-il témoigner ou se faire comprendre ? Ferdinand Peroutka face à la postérité, par Marcela Pouová.
    Définir sa propre position au sein du champ littéraire : Marguerite Yourcenar et le roman historique, par Nicolas Di Méo.
    Modiano : itinéraire d'un héritier des « années sombres », par Jean Touzot L'écriture de la réconciliation dans l'oeuvre de Sylvie Germain, par Václava Bakešová.
    L'écriture et ses ruses. Lecture de Chevrotine, roman d'Éric Fottorino, par Claude Lesbats.
    La traduction comme découverte des chemins de la création, par Pavla Dolealová INÉDIT Lettre de François Mauriac à sa mère, Claire Mauriac, présentation par Caroline Casseville.
    VARIA Mauriac et Mitterrand, François de Guyenne et François de Saintonge, par Jean-Yves Perrot.
    Maurice Barrès et François Mauriac, lecteurs de Blaise Pascal, par Fenghua Jin Publications 2015.
    L'année Mauriac 2015.

  • Lula, Arnaud Montebourg, Lionel Jospin, Marilena Chaui, Umberto Eco, Fernando Arrabal et beaucoup d'autres.

    Il y a ses rubriques habituelles et son lot traditionnel de chroniques, de textes littéraires et d'interventions ponctuelles. Par exemple un texte de Bernard-Henri Lévy - son Discours de réception du Prix Saint-Simon 2010 - intitulé « Qu'est-ce, à la fin, qu'une autobiographie ? » Ou des portraits inédits de James Joyce par la photographe Gisèle Freund.
    Ou encore un texte de Yann Moix.
    Mais ce numéro de La Règle du Jeu comporte, surtout, un dossier central dont le thème est: « Comment la gauche peut-elle gagner en 2012 ». La question n'est pas si elle « doit » gagner (évident, pour la Règle du Jeu!). Ni « si » elle gagnera (on n'en doute pas non plus!). Mais comment, en fonction de quelles stratégies et autour de quelles valeurs. Ce dossier est constitué d'une série de réponses à un questionnaire adressé à quelques uns des acteurs majeurs de la scène intellectuelle et politique française et internationale. Parmi les réponses, celles du président brésilien Lula, d'Arnaud Montebourg, Lionel Jospin, Marilena Chaui, Umberto Eco, Fernando Arrabal et beaucoup d'autres.

  • Il y a ses rubriques habituelles et son lot traditionnel de chroniques, de textes littéraires et d'interventions ponctuelles. Par exemple les textes de Bernard-Henri Levy et de Yann Moix.
    Nous prolongerons, également, notre collaboration avec l´IMEC pour offrir aux lecteurs un cahier composé de textes et de documents inédits de Frantz Fanon, introduit par Olivier Corpet.

    A quelques mois de la présidentielle, nous proposerons également un dossier « Les écrivains et la politique. » Si l´histoire du rapport des hommes de lettres aux hommes de pouvoir peut sans cesse se réécrire à l´aune de notre présent, interrogeons ce qui fait le lien encore aujourd´hui entre les mots et le pouvoir, entre la littérature et la politique. Trois axes seront privilégiés en compagnie des plus grandes signatures du monde littéraire et politique : la conversation, le portrait et l´engagement.

  • De l'Antiquité classique à nos jours, de multiples philosophies du signe et de l'interprétation se sont succédées, parfois alternatives, parfois complémentaires, sensibles en tout cas à des questions très différentes, et reflétant leur époque.
    L'auteur a écrit, au cours des dernières décennies, de nombreux essais sur le sujet et il en présente ici une sélection. Cela va d'une vaste recherche (qui s'ouvre avec Aristote et se clôt sur l'intelligence artificielle) sur deux représentations de notre connaissance, explicitées par les modèles de l'arbre et du labyrinthe, à deux études qui retracent l'histoire de la métaphore, d'Aristote à l'ère médiévale, en passant par un essai sur la façon dont, au Moyen-Age, on classait l'aboiement du chien et les autres cris animaux, mais aussi par la relecture du commentaire chaotique de l'Apocalypse qu'a livré Beatus de Liebana...
    On y découvre (ou redécouvre) également une étude sur les techniques médiévales de falsification ou encore une digression sur l'histoire de l'ars combinatoria de Lullo à Pic de la Mirandole, un texte sur la recherche séculaire d'une langue parfaite, un autre sur la sémiotique implicite des Fiancés. Pour en arriver à une série d'études sur Kant, Peirce, Croce, les théories sémantiques de Bréal et à une comparaison polémique avec la pensée « faible »...

  • Au coeur du débat intellectuel et de la création littéraire, la revue continue à publier les textes de ses grandes signatures, parmi lesquelles Bernard-Henri Lévy et Yann Moix. Elle prolongera aussi sa collaboration avec l´IMEC, sans oublier la place qu´elle fait également aux interventions ponctuelles et inédites dont celle, entre autres, de Malek Chebel.

    Nous proposerons dans ce numéro le second volet de notre dossier « Comment écrivez-vous ? » : des portraits réalisés par Yann Revol accompagneront les textes de la plume de grands auteurs d´aujourd´hui, parmi lesquels : Philippe Sollers, Claude Lanzmann, Marc Lambron, Eliette Abécassis, Patrick Rambaud et Eric Fottorino.


    Particulièrement riche et dense, ce numéro comportera également un dossier sur l´engagement. A la question « S´engager : pourquoi cette démarche revient à la mode ? », nous donnerons à lire les réponses de Jean-François Kahn, Edwy Plenel, Daniel Lindenberg, Sylvianne Agacinski et Bernard-Henri Lévy.

  • Dix

    Collectif

    Marie Darrieussecq, Marie Ndiaye, Eric Faye, Mehdi Belhaj Kacem, Virginie Despentes... Y aurait-il une nouvelle littérature française ? Les {Inrockuptibles} répondent par l'affirmative et dressent ici le panorama forcément subjectif de cette "jeune" littérature. Non par la théorie ou le commentaire, mais en laissant écrire les uns et les autres. Souvenez-vous du succès de {Truismes}, de la prose déjantée et violente de Virginie Despentes, du mystère d'un Eric Faye, du spleen banlieusard de Michel Houellebecq. Ce sont eux que vous lirez ici. Une école ? non. Une sensibilité ? Peut-être.

  • Messages

    Ramon Fernandez

    Publié en 1926, par un jeune essayiste que proust avait présenté à jacques rivière et qui devint bientôt un des piliers de la {nouvelle revue française, messages} lança un nom : ramon fernandez, et une nouvelle méthode critique, fondée sur l'analyse philosophique des oeuvres littéraires et sur une conception dynamique de la personnalité. cette notion de "message" s'imposa dans l'entre-deux-guerres, et elle servira encore de référence à sartre dans {qu'est-ce que la littérature?} il était nécessaire de republier ce livre, considéré comme un classique de la critique littéraire, et qui a ouvert la voie à la "nouvelle critique". balzac, stendhal, proust (dont il fut le premier à proclamer le génie mais aussi à indiquer les limites), conrad, meredith, servaient de principaux exemples à ramon fernandez et recevaient de ses analyses un éclairage neuf et illuminant. la présente réédition, préfacée par jérôme garcin qui explique pourquoi aux yeux d'un jeune critique d'aujourd'hui cette pensée reste si moderne et si séduisante, est augmentée de la plupart des grandes chroniques parues dans la {n.r.f.} après 1926 et jamais jusqu'ici recueillies en volume.

  • Onze

    Collectif

    Ni une école ni un dogme : onze écrivains, certains connus, d'autres moins, certains qui furent dans la liste des best-sellers, d'autres encore confidentiels, mais onze qui sont un choix subjectif - onze qui sont du côté du renouveau littéraire. Onze qui sont baroquess, classiques, exaltés, minimaux, exotiques, intimes, qui voyagent au Soudan ou en France. Ils dessinent la géographie mouvante de la jeune littérature.

    Avec des textes de Frédéric-Yves Jeannet, Dominique Sigaud, Eric Laurent, Patrick Bouvet, Yves Pagès, Olivier Saison, Patrick Cahuzac, Tanguy Viel, Eric Reinhardt, Antoine Bello, Martin Winckler.

  • Discours de réception de jean-marie rouart à l'académie française.

  • Contributions : Jean-Claude Milner, Bernard-Henri Lévy, Gilles Hanus, Laurent Dispot, Jacques Henric, Pascal Kané, Abdelwahab Meddeb, Patrick Mimouni, György Konrad...

  • Nouveaux Cahiers Francois Mauriac nº11

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