The Hoochie Coochie

  • Revanche

    Alex Baladi

    États-Unis d'Amérique, deuxième moitié du XIXe siècle : un pistolero reconnu pour son aptitude à manier le colt 45 est retrouvé seul mais désarmé, près du cadavre encore fumant d'un général. Notre protagoniste passe pour être un justicier. Les hommes de loi le jetteront pourtant en prison, sans sommation ni jugement, mais en ayant néanmoins pris le temps de le passer à tabac. L'exécution devra attendre : au même moment, une bande de barbus vient de dévaliser la banque. Qui sont-ils ?

    Dès les premières séquences de Revanche, on voit que quelque chose cloche dans ce far-west de légende qui ne fait plus rêver notre héros. Est-il seulement vraiment un héros ? Après Renégat, récit de piraterie et essai sur la liberté paru en 2012, le génial Baladi signe son grand retour au catalogue The Hoochie Coochie en s'appuyant de nouveau sur le récit de genre - ici, le western - et la thématique de l'enfermement. Le récit se fait buissonnant, les personnages multiples cultivent les faux-semblants et l'auteur lui-même, dans une déclaration d'amour totale à la bande dessinée, expérimente les potentiels de son médium et nous montre qu'en matière de fiction, si le conteur est bon, aucune piste ne saurait être fausse.

  • Jamestown

    Christopher Hittinger

    Christopher Hittinger nous conte, loin des versions romancées bien connues, l'aventure de John Smith et de ses camarades, de la traversée de l'océan aux rencontres avec la population indigène, en passant par la construction de la première ville anglaise du continent américain et les luttes de pouvoir entre colons. Il s'appuie sur un dessin minimal et allégorique qui lui permet d'emmener son récit vers une dimension quasi mythique, tout en restant profondément ancré dans la réalité.
    Une approche à la fois didactique et originale, qui font d'emblée de ce livre une référence. Publié initialement en 2007, Jamestown a défini tout autant l'écriture de son auteur que les fondations du catalogue The Hoochie Coochie : le graphisme est radical et novateur, l'utilisation des codes de la bande dessinée se refuse ici à tout académisme, le propos est essentiel tant il décortique le fait historique pour en interroger ses représentations.
    Après une longue indisponibilité, cette nouvelle édition appuyée d'un long entretien entre l'auteur et Frédéric Hojlo vient remettre en lumière le travail d'un des dessinateurs les plus troublants de ce premier quart de siècle.

  • Sur les toits Nouv.

    Sur les toits

    Mandy Ord

    Quel est le lien entre une séance de cinéma en plein air en Australie et la basilique du Sacré-Coeur de Bruxelles ? Quel cheminement relie Bill Murray, Le Fil du rasoir- roman de Somerset Maughan -, les pérégrinations mystiques de Georges Gurdjieff et une habitante de Melbourne en ce début de XXIesiècle ? La réponse est aussi simple que multiple, tant elle a trait à la Flânerie et ses états de conscience bousculés par la foule, la modernité et le fait d'être en un lieu physiquement quand l'esprit tisse un réseau aux capillarités étendues à une infinité de points de part le monde.
    Rare incursion dans le champ de l'autobiographie de notre catalogue, Sur Les Toits de Mandy Ord séduit par la façon dont l'ego n'est qu'un prétexte, certes essentiel, pour traiter de la modernité, de l'urbanisme poétique et de la rêverie cosmopolite.

  • Renegat

    Alex Baladi

    Les vagues naissent, enflent et s'abîment dans les tréfonds de la mémoire d'un pirate captif. Afin de laisser une trace, celui-ci a accepté de témoigner de sa vie passée auprès d'un gentilhomme écrivain. C'est sous cet angle que Baladi, pour son premier livre chez The Hoochie Coochie, choisit d'aborder la piraterie. Inspiré de l'Histoire générale des plus fameux pyrates de Daniel Defoe, Renégat ne se borne aucunement à l'épopée costumée, tant son auteur se joue allègrement des mythes en réalisant un vrai récit d'aventure qui est aussi un essai sur l'honnêteté et le témoignage. Il rétablit ici le pirate dans sa dignité historique : celle du marin prolétaire dressé contre les lois iniques de la marine marchande des XVIIe et XVIIIe siècles.

  • Depuis une quinzaine d'années maintenant, la domination porcine, l'Utopia Porcina, est globale, d'Hamgrad à New York. A Broadway, deux anthropiens, Lola et son pianiste Norbert, tentent de survivre en tant qu'artistes en suivant les directives de leur impresario, Salami Menschfresser, un porcin sans scrupule, qui n'hésite pas à vendre pour quelques dollars les charmes de la pauvre Lola.

  • Après Jamestown, Les Déserteurs et Géants, les éditions The Hoochie Coochie sont fières de continuer à éditer le remarquable travail de Christopher Hittinger. D'autant que les ambitions et le mûrissement de l'auteur s'avèrent tout particulièrement palpables avec ce nouveau projet : portrait du XIVe siècle en Europe occidentale, l'auteur nous présente en 100 saynètes fictives ou historiques mais toujours ancrées dans le réel (une par année, allant de la simple case unique à des bandes dessinées de une à quarante pages, en passant par de splendides illustrations commentées), le dernier siècle du Moyen-Âge (la Peste noire, la guerre de Cent Ans) qui est tout autant le dernier siècle avant la Renaissance (siècle de Giotto, du Devisement du monde de Marco Polo, du Décaméron de Boccace, etc.). C'est donc à un panorama de guerres, famines, escroqueries, événements littéraires et artistiques,que nous vous convions aujourd'hui. Christopher Hittinger y élargit notablement sa palette de registres d'écritures et s'affirme comme un pilier d'importance de notre jeune structure.

  • Dans une société totalitaire et ultra répressive, le président des États-Unis d'Amérique se prépare à un exercice de relations publiques en vue de sa prochaine réélection : la visite d'une prison flambant neuve et hautement technologique, dont il avait promis l'avènement lors de sa précédente campagne. Dans les toilettes, un inconnu l'anesthésie...

  • Dix ans après Jamestown, Christopher Hittinger s'attaque à un nouveau moment-clé parmi les plus marquants de l'histoire des États-Unis. Avec Truckee Lake, il nous relate le parcours de l'Expédition Donner, soit le périple d'un groupe de 81 pionniers partis pour la Californie pendant la fièvre de l'ouest des années 1840. Bloqués par la neige dans la Sierra Nevada au cours de l'hiver 1846-1847, 36 membres périssent de famine ou de maladie tandis que certains des survivants recourent au cannibalisme pour survivre.

  • Anders et le château Nouv.

  • Antoine a disparu. Sa mère fait appel à Henri pour tenter de le retrouver. Face à la collection de livres du jeune homme, Henri décide d'enquêter auprès d'un auteur-philosophe post-situ retranché dans le sud de la France. L'intrigue se tisse sur fond de recherches anarcho-spatiales.

  • C'est à nouveau les vacances pour Anders et ses amis. Mais cette fois-ci les parents ont décidé de quitter Chiffonville pour le village vacances du Mont Tremblant où les enfants vont faire de nouvelles rencontre, de formidables découvertes et vivre de trépidantes aventures.

  • Avec Anders & la comète, Gregory Mackay s'adresse pour la première fois à un public jeunesse pour lequel il a remarquablement su adapter les caractères rocambolesque et tendrement mélancolique de ses précédents essais à un grand récit d'aventures pour enfants.
    L'enfance y est vue comme la période la plus propice et la plus encourageante à la découverte de soi-même et à l'altérité, nos héros favorisant les activités pratiques et créatives ainsi que le développement de l'imagination (construction, jeux collectifs, lecture, etc.) plutôt que la contemplation abrutie (télévision et jeux vidéo disparaissent pratiquement de l'ensemble de l'univers décrit ici).

  • Francolin

    Adrien Houilliere

    Francolin, vétéran exsangue d'une guerre immémoriale, rentre chez lui perché à la façon d'un funambule sur la frontière communes des deux états belligérants. En chemin il croise Henry, une taupe affable et pragmatique qui, tel Jiminy Cricket, tentera de le ramener tant chez lui qu'à l'humanité.

  • Réalisé avant les trois livres publiés par Atrabile (Priape, Divine Colonie, Fabrica), ce Fils de l'ours père est autant une oeuvre puissante en tant que telle, que le premier jalon d'une écriture devenue caractéristique de son auteur. En effet, Nicolas Presl y affirme déjà sa préférence pour un récit muet qui cherche ses solutions signifiantes des côtés de la figuration et de la mise-en-scène plutôt que de ceux des dialogues et des récitatifs. On pourrait croire de prime abord à une démarche plus picturale que littéraire. Il n'en est pas moins que les partis pris narratifs sont directement inscrits dans le prolongement de la tragédie antique, socle offrant toujours des ouvertures à des questionnements aussi contemporains que la transmission filiale, l'éducation ou la sexualité, ici ancrées dans un parcours édifiant. Et déjà cet univers graphique tordu, dont on savait la proximité de l'expressionnisme de Grosz ou du Picasso de Guernica, mais dont Le Fils de l'ours père soulève une parenté picturale plus abstraite et plus sombre encore.

  • Armand

    Gautier Ducatez

    Sous un air de polar situé en 2004, hommage à la culture de la rue habituellement peu représentée en bd - ou sans souci de réalisme - Armand dresse le portrait d'un jeune homme socialement condamné. C'est un récit d'apprentissage : il n'est pas déterminé à rester jeune, la banlieue n'est pas son unique horizon. C'est un livre sur la filiation : orphelin, Armand est tiraillé entre Levend le mafieux et Piczulski l'artiste raté, chacun s'arrogant une forme d'autorité paternelle...

  • Le nombre pi a disparu et Détective Rollmops s'élance à sa recherche dans la pyramide du pharaon Phophilaplon. Une possibilité d'histoires multiples à créer grâce à des pièces triangulaires à agencer selon des flèches de couleurs.

  • Sombréador, prends garde ! Henri de Bon Coeur, banal infirmier à domicile qui aura tôt fait de se transformer en véritable Corto Maltese du pauvre, débarque sur tes terres et seul son désir de femmes saura le détourner de sa quête initiatique, aider les rebelles à libérer le pays du joug du tyran ! Car au fin fond de la jungle, la révolte gronde... Dès ses premières contributions à Turkey Comix, DMPP, Georges, Social Traître et Dérive urbaine, le petit monde du fanzinat est resté bouche bée devant les facilités scénaristique de Boris Hurtel, tandis que son trait si singulier - une mosaïque expressionniste de tâches n'étant pas sans rappeler Frans Masereel - achevait de nous esbaudir. Avec Prisonnier des Amazones, Boris part à la conquête d'une contrée d'Amérique du Sud pas si fantasmée et redonne à la bande dessinée de gare une dimension picaresque drolatique qu'on lui croyait perdue.

  • Qu'on les voit comme des frères ou des amoureux, un père et son fils, un caporal et un commandant, ou encore un duo de clochards célestes, les deux héros désormais sans nom des frères Leglatin ne tournent finalement qu'autour d'un seul pot : la mise en scène du couple, ses contingences émotionnelles, son rapport à ce qui l'environne. Le langage y est particulier, revêtant une fonction magique, initiatique voire mystique proche du Théâtre de la cruauté d'Antonin Artaud. De même, la scène est autant autour du lecteur que de nos deux protagonistes. Dès lors, normal que dans ce cadre de théâtre métaphysique, l'on vive et meure pour renaître et mourir à nouveau.

  • De par sa virtuosité graphique et l'intelligence de ses systèmes narratifs, Détective Rollmops transcende les genres et les catégories : entre livre-jeu et livre d'art, livre interactif et livre d'enquêtes, en passant par l'exploration OuBaPienne.

  • Ours flegmatique et loser magnifique, l'ami Francis vivrait le quotidien du chômeur australien lambda dans son imagination débridée qui l'emmène d'inventions folles en initiatives aberrantes. Le sel de ces péripéties tient autant des enfantillages que de la roublardise pocharde des personnages, et lorsque Francis est à court d'idiotie, son comparse Doug, un chien pas plus récupérable, sait toujours comment l'aiguillonner. Si les lecteurs réguliers de Turkey Comix connaissent déjà bien l'univers de Gregory MacKay, auteur australien découvert en 2005 au hasard d'un bac à fanzines amstellodamois et immédiatement intégré au collectif, ils sont évidemment comblés à l'idée d'en profiter dans un recueil augmenté de nombreux inédits. Au fil de quatre histoires longues entrecoupées de quelques saynètes, The Hoochie Coochie rend aujourd'hui accessible au plus grand nombre les divagations rocambolesques, absurdes ou poétiques de Francis Bear, petit ours australien qui prend place aux côtés des Krazy Kat, Sock Monkey, Lapinot, et autres Fuzzy le lapin, dans la grande famille de la bande dessinée animalière.

  • La punaise

    Maiakovski V V.

    La Punaise est l'adaptation illustrée en gravures de la pièce de théâtre éponyme de Vladimir Maïakovski. Dans cette pièce satirique, qui est aussi une allégorie politique empruntant les formes du conte, Maïakovski prend un malin plaisir à se moquer des «NEPMAN», les petit-bourgeois qui se sont enrichis dans les années 1920 grâce à la NEP (Nouvelle Politique économique, soit la réintroduction partielle du capitalisme en URSS). La Punaise est l'adaptation illustrée en gravures de la pièce de théâtre éponyme de Vladimir Maïakovski.

  • Ce livre est la tribune des laissés pour compte du pouvoir poutinien et le ma mainmise sur le pays du parti présidentiel. Au travers de l'écriture subtile et dévastatrice de Victoria Lomasko, magnifiée par son dessin aussi direct qu'empathique, on s'aperçoit de la multitude invisible des citoyens russes déterminée à reconquérir ses droits malgré les verrous posés par un pouvoir oppresseur.

  • Entièrement réalisé en papier découpé, Incidents est l'achèvement de cinq années de coups de cutter acharnés. Et dans ce jeux de formes et de couleurs brutes accumulées par Gérald Auclin, la poésie de Harms est à son aise. Pantomine Dada ? Pantins suprématistes ? Toute correspondance avec les avant-gardes picturales du début du XXe siècle ne saurait être fortuite. Mais qu'on ne se méprenne pas : ces Incidents ne relèvent aucunement de l'abstraction, tant les mots du poète réprouvé, avec leur fausse légèreté absurde et fulgurante, témoignent en réalité de la violence du quotidien russe des années 1920-1930.

  • Découvertes à l'occasion de la publication du premier fanzine de leur trilogie (Rockworld - Noizeworld - Boilworld) les histoires de Mosdal et Ørsted ont immédiatement été relayées dans les quatre derniers numéros de Turkey Comix et n'ont pas manqué de marquer les esprits rigolards par leur débauche de potacherie, de mauvais goût bien senti et de clins d'oeils affirmés à divers pans de la sous-culture musicale. Le contraire eut été étonnant, tant l'association des deux auteurs fait mouche, Mosdal s'étant ici dégagé de l'influence de Muñoz pour libérer un trait vif aussi déréglé que précis, Ørsted composant quant à lui ses scénarios et dialogues au scalpel avec une verve et une efficacité relevant du prodige. C'est bien simple, on a le sentiment d'avoir rarement autant ri à la lecture d'une bande dessinée, tant les « aventures » de Charley et Mickey associent à merveille les humours irrésistibles de ses deux auteurs. Lorgnant autant du côté du buddy movie (et surpassant d'ailleurs largement les films de la bande Apatow & Cie) que de l'étude de moeurs (les quarantenaires adolescents, l'univers des concerts underground), Rockworld se pose définitivement comme un livre hilarant, rocambolesque et populaire (dans le meilleur sens du terme), dont les lourdeurs graveleuses dissimulent mal les finesses sociologiques.

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