Tiresias

  • Le président de la République vient de reconnaître la responsabilité de la France et de ses forces armées dans l'arrestation, la torture et la disparition de Maurice Audin et d'Ali Boumendjel à Alger, en 1957. Ce livre révèle les lieux où se trouvent les corps des 3 024 Disparus en 1957, à Alger. Jean-Philippe Ould Aoudia, qui signe ce nouvel ouvrage, en a subi dans sa chair toutes les brûlures. Les deux bras armés de la réaction coloniale tardive, les services secrets et les terroristes de l'OAS, ont frappé de plein fouet sa famille. Et quand dans les années 1990-1991, il recherche les instigateurs et les exécutants du massacre commis par l'OAS le 15 mars 1962 à Alger, au cours duquel ont été assassinés son père et cinq autres dirigeants des Centres sociaux éducatifs, il prit la mesure de l'étroite collaboration de ces Européens, - appelés contre-terroristes, impliqués dans la torture, les exécutions sommaires et l'OAS -, avec la police locale et les services spéciaux. Ils ne s'en cachaient d'ailleurs pas. Voire même la revendiquaient.
    Par ses recherches l'auteur partage la douleur des milliers de familles dont un ou plusieurs de leurs parents sont toujours considérés comme ayant Disparu au cours de cette année 1957 à Alger, du fait des forces de l'ordre françaises. Participant à la recherche de l'emplacement des corps afin de pouvoir leur offrir une sépulture digne de leur sacrifice. Dans son ouvrage, Jean-Philippe Ould Aoudia emploie le terme de « contre-terroristes » pour désigner les Robert Martel, André Achiary et Cie. Mais ne furent-ils pas, plus terriblement, des terroristes ? Le mérite de ces pages c'est de rappeler les faits bruts, de synthétiser en quelques pages toute la violence paroxystique de cette année 1957. Les unités militaires ont obstinément refusé d'indiquer les lieux où sont enterrés les corps de tous ces Algériens Disparus, dont ceux de Maurice Audin et Larbi Ben M'hidi. Ces pages tentent de prouver qu'un crime de masse a été commis, ce qui explique l'omerta observée par tous les protagonistes depuis 64 ans. Dans ce travail unique, ce lanceur d'alertes qu'est l'auteur ouvre cette page d'une tragédie tue.

  • Évelyne Hugues nous raconte, aujourd'hui, ses histoires de «bêtes» et dénonce les maltraitances et injustices faites aux animaux. Ses colères, ses révoltes sont les nôtres et ce livre touchera au plus profond ceux qui les aiment et les défendent.
    Un cri pour plus d'humanité envers ceux que nous utilisons, maltraitons, torturons parfois et mangeons.
    Comme l'écrit Brigitte Bardot dans sa préface Depuis son enfance, Évelyne Hugues recueille, soigne, nourrit, protège des chats, mais aussi des chiens et d'autres petits malheureux, blessés, errants, apeurés, à la recherche d'une main secourable ou d'un foyer chaleureux. Elle nous raconte ses nombreux sauvetages d'animaux pour lesquels elle éprouve une véritable passion. Des histoires très personnelles et émouvantes, réunis dans un livre militant.

  • Aller-retour Nouv.

    Alfred Döblin (1878-1957), médecin allemand antinazi d'origine juive. Jorge Semprún (1923 2011), jeune résistant espagnol et communiste. Vercors (1902-1991), écrivain et éditeur résistant français. Trois existences bien différentes et dont les chemins ne se sont jamais croisés, mais qui ont en commun le fait d'avoir traversé la Seconde Guerre mondiale par l'exil, la clandestinité ou l'expérience concentrationnaire. Chacun a contribué à la lutte contre le nazisme mais en a également payé le prix. Ainsi, les évènements historiques nous donnent à lire ici un exilé, un déporté, et un résistant devenu par la force des choses porte-parole des revenants des camps. Ces récits ? dont certains sont étudiés et comparés pour la première fois ? montrent qu'ils ont beau être divers dans leur conception, leur scénario, leur narration et leur style, ils n'en demeurent pas moins marqués par un même traumatisme du déplacement, aussi bien dans leurs allers que dans leurs tentatives de retour.

  • Dans la mémoire collective, si Lyon est le symbole de la Résistance elle est aussi le siège de la Gestapo et de la Milice où Klaus Barbie et Paul Touvier se sont distingués par leur sauvagerie. Mais qui se souvient de Francis André, l'autre « boucher de Lyon » ? Évoquer les événements dramatiques qui ont meurtri la région dans les derniers mois de la guerre, c'est forcément croiser la sinistre route de Francis André. Charles-Francisque André ou Francis André est né le 25 février 1909 à Lyon, et sera fusillé le 9 mars 1946 au Fort de la Duchère en tant que collaborationniste, chef de la Gestapo française dans la XIVe Région, celle de Lyon. Son surnom, Gueule tordue - dû à une paralysie faciale, suite à un accident de voiture au moment de l'adolescence -, restera associé à un homme à l'engagement brutal. Membre du PPF, il adhère sans réserve à l'idéologie doriotiste qu'il concrétise sur le Front russe par son engagement dans la LVF. À son retour en 1943 à Lyon il devient chef du MNAT et de la Gestapo française. Agissant autant par conviction politique que par cupidité, il sous-traite les exactions nazies. Il utilise sans réserve les mêmes méthodes bestiales et les mêmes moyens policiers que Klaus Barbie à l'encontre des résistants, des communistes, des francs-maçons et des juifs. Chef d'orchestre de la répression et des persécutions, il dirigera entre 1943 et 1944 une équipe qui opère le plus souvent en toute autonomie. Fin août 1944, il suit dans leur fuite les Allemands jusqu'à son arrestation en Italie en 1945. Au jour le jour, les crimes, les trafics commis sous couvert de répression légale, sont décrits le plus fidèlement possible. Ce foisonnement de réalisme est permis grâce au travail méticuleux des auteurs dans de très nombreuses archives dont celles de la Collaboration, de la police et de l'épuration. Dans une perspective volontairement socioanalytique, cet ouvrage déplace le curseur de lecture du côté des bourreaux. Par ce prisme, il est possible de décrypter autrement et avec exactitude le vécu des Lyonnais pendant la guerre. Il permet de découvrir le caractère massif et rapide de la répression et des persécutions tout en montrant l'acharnement qui s'intensifie avec la défaite qui se profile. En évoquant l'itinéraire meurtrier et sanguinaire des bourreaux, on s'attache en réalité à parler des victimes. Les auteurs ont eu à renseigner les familles des victimes sur le devenir de leurs aïeux. Enfin, ce livre est un concentré de la violence libérée en France, exercée par des Français, en grande partie contre des Français, dans une ville si loin des lignes de front de l'Europe en guerre. Ainsi, cette étude à l'échelle locale analyse le dispositif sécuritaire mis en place dans l'Europe occupée.

  • À l'automne 43 plus de 350 Tsiganes, hommes, femmes, enfants, sont arrêtés dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Ils forment un unique convoi, appelé « Convoi Z » à destination d'Auschwitz. Après la déportation des Juifs, Himmler a décidé en mars 1943 leur transfert dans le camp des familles à Auschwitz- Birkenau. Voyage sans retour pour plus de 90% d'entre eux. Pour la première fois, l'histoire de ce cas spécifique de déportation fait l'objet d'une étude approfondie et globale. Cet ouvrage apporte des précisions rares et essentielles sur le sort des Tsiganes et leur histoire tragique. Ils se sont retrouvés pris au piège des politiques nationales et de l'idéologie nazie en Europe, car vivant sous un régime d'exception avant même que les nazis ne les déportent et ne les exterminent.
    Ce travail aux abondantes références bibliographiques est étayé par des sources nouvelles ou inexploitées, par des documents et pièces d'archives allemandes, belges et françaises. Il s'appuie sur nombre de témoins directs et, surtout sur deux survivants du camp d'extermination, récemment retrouvés et qui n'intéressaient absolument personne. Antoine et Joséphine Lagrené, adolescents en 1943, racontent leur vie dans l'univers concentrationnaire, lors de plusieurs entretiens, éminemment émouvants avec l'auteure. Leurs récits inédits apportent des éléments indispensables pour comprendre comment les Tsiganes furent stérilisés dans le Block 10 de Josef Mengele, exterminés à Auschwitz, assassinés à Buchenwald, Ravensbrück et leurs Kommandos.

  • Janvier 1961: le référendum sur l'autodétermination en Algérie est approuvé à une large majorité. En février, l'Organisation Armée Secrète (OAS) voit le jour et se lance dans une campagne d'attentats en Algérie et en métropole. La guerre devient franco-française.
    Elle culmine avec les plasticages du 7 février 1962 et la répression de la manifestation au métro Charonne, le lendemain.
    Pourtant, un mois après, les accords d'Évian sont signés.
    J'ai alors quatre ans. Ma famille réside à Paris, dans le quartier Popincourt.
    Comment ces événements ont-ils été vécus par mes parents, nés en Algérie, et pourquoi m'ont-ils à ce point marquée ?
    À mi-chemin de la bande dessinée et du texte illustré, l'ouvrage entrecroise évocation des derniers mois de la guerre d'Algérie, témoignages de proches, enquête sur la mémoire des victimes et souvenirs d'enfance.

  • Il semble acquis que le cadre des persécutions juives en France soient largement connus. Mais leur déroulement mérite encore de faire l'objet de nouvelles investigations. Reconstituer l'ambiance, saisir les comportements, les motivations des Juifs qui vivent dans la zone sud permet de restituer l'univers décalé dans lequel ils ont été précipités. Nous racontons ici cette histoire, par le prisme de trajectoires individuelles à la diversité sociale, religieuse et familiale fortement marquée, qui permet d'approfondir un sujet où tout n'a pas encore été dit. Comment menacés, traqués, persécutés, les Juifs tentent de garder le contrôle de leur vie ? Les diversités des archives écrites, publiques et privées, iconographiques, et des récits oraux, permettent de retracer des destins individuels pris dans le collectif afin de montrer le sort des Juifs dans la Capitale de la Résistance a été proche de leurs coreligionnaires de la zone sud.

  • Apparue en France dans les années 1970, la question de la déportation d'homosexuels n'a trop longtemps été portée que par les militants eux-mêmes. Paradoxalement, sa reconnaissance officielle au début des années 2000 ne repose sur aucune étude sérieuse, si bien qu'elle continue souvent d'alimenter les polémiques. Depuis une dizaine d'années, le sujet s'est progressivement imposé comme un véritable objet scientifique. Les recherches dont les résultats sont exposés ici révèlent la grande variété des mesures répressives prises en France occupée, en Alsace Moselle, mais aussi sur le territoire du Reich à l'encontre de Français dont les pratiques sexuelles, réelles ou supposées, étaient considérées comme « contrenature », celles-ci ne conduisant pas forcément à une déportation à proprement parler.
    Pour bien comprendre la complexité du cas français, il est fondamental de retracer l'évolution du regard porté sur l'homosexualité et les homosexuels depuis la fin de l'Ancien Régime, tant en France que chez ses proches voisins, notamment l'Allemagne.
    Le contexte législatif, en particulier, est là d'autant plus important que les dispositions répressives ne cessent pas à Libération et influencent la construction d'une mémoire de la déportation homosexuelle. Dans le contexte de lutte pour les droits des personnes LGBT, les militants ont choisi d'inscrire cette mémoire dans une logique victimaire.
    Quelles furent les étapes qui ont marqué ce long processus mémoriel ? Quels en furent les personnages marquants ? Quelle place cette mémoire occupe-t-elle aujourd'hui chez les militants homosexuels ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage entend aussi apporter des réponses.


  • 1954-1962 : la guerre d'algérie blesse en profondeur deux populations, la française et l'algérienne.
    germaine tillion, ethnologue spécialiste de l'algérie mais aussi ancienne résistante, ne peut rester indifférente à tant de souffrances et à un tel gâchis. mais, à la différence de ce qui s'était produit en 1940, ses sympathies vont maintenant aux deux côtés, or elle ne veut renoncer ni à son amour de la patrie ni à son amour de la justice. ce ne sont pas le bien et le mal qui s'affrontent, mais deux ennemis complémentaires : le terrorisme des uns justifie la torture des autres, la torture et les exécutions capitales rendent licites les attentats.
    que faire ? tenter d'arrêter cet engrenage infernal en s'efforçant de comprendre l'origine du mal, en intervenant de toutes ses (faibles) forces pour sauver des vies humaines. publié pour la première fois en 1960, alors que la guerre n'est pas encore terminée, cet ouvrage est considérablement enrichi dans sa nouvelle édition : il a plus que doublé de volume. a la suite d'une histoire succincte de la guerre, oú se rejoignent l'enquête érudite et le témoignage personnel haletant, vient un ensemble bouleversant de documents de l'époque : récit des rencontres avec le responsable des attentats d'alger, dénonciations virulentes de la torture, plaidoyers contre la peine de mort, réponse cinglante à une attaque de simone de beauvoir, correspondance abondante avec le général de gaulle, interventions pour faire libérer de prison aussi bien les anciens " porteurs de valise " du fln que les anciens factieux de l'oas - car germaine tillion sait rester " impitoyable pour le crime, pitoyable pour le criminel ".
    un livre d'une actualité brûlante à notre époque oú d'autres terrorismes se trouvent engagés dans un mortel face à face.

  • C'est un récit poignant, « sur la captivité de mon père » écrit Joëlle Delpech-Boursier sur André Delpech, qu'elle nous livre à travers ces pages. Durant plusieurs années, elle écoute, recueille patiemment ses mots, sa blessure, son témoignage distillé par bribes, par ce jeune résistant, mais ô combien essentiel pour saisir et vivre notre aujourd'hui en liberté. André Delpech est quercinois, arrêté par la Gestapo à Cahors le 17 mai 1944, puis déporté au camp de la mort lente de Dachau, dans un des Kommando les plus durs de la vallée du Neckar en Allemagne, après avoir survécu au fameux train de la mort. Le récit évoque avec force détails l'enfer que ce jeune résistant a vécu dans sa déportation aux côtés de ses compagnons d'infortune dans ce camp de concentration, les Stücks qu'ils étaient devenus devant disparaître sans laisser aucune trace.
    Après la guerre, André Delpech fit une brillante carrière militaire avec le grade de général de corps d'armée. Son nom restera toujours attaché à Dachau dont il a présidé le Comité International pendant quatorze ans. La chancelière allemande Angela Merkel a accepté en 2013 de recevoir le prix de ce comité portant le nom du général André Delpech.
    Ce témoignage ainsi recueilli se veut avant tout un travail, un devoir de mémoire, oeuvre portée par une enfant d'un déporté résistant, elle qui n'a pas connu la guerre mais qui hérite d'une histoire et de certaines valeurs à transmettre pour aider à faire de nos enfants des citoyens. En particulier celles que son père a défendu toute sa vie, la liberté et le respect de la dignité humaine. « La liberté qui paraît évidente à ceux qui l'ont toujours connue, exige pour être conservée et vécue une vigilance constante des hommes et des femmes de tous les continents du globe » avait-il dit lors d'un discours prononcé sur la place d'appel de Dachau devant une assemblée internationale.

  • Le livre est une non-fiction dont le personnage principal traverse, en acteur souvent majeur, les grands événements de la première moitié du XXe et va de France en Espagne, en passant par la Macédoine, la Turquie, le Maroc, l'Algérie, l'Abyssinie. L'histoire d'un homme, de sa naissance en milieu ouvrier dans le Nord à son exécution par les Nazis. Le livre montre en Jules un homme fait d'espoirs, d'engagements, de brisures, un poète aussi, amoureux de l'écrit. Époux trahi dans son amour par un « accident » resté énigmatique, chrétien écoeuré par l'avilissement de la religion catholique, colon expulsé du Maroc par les autorités françaises, militant forcené contre les fascismes, responsable communiste, Jules eut une destinée singulière. Passionné de paix et d'humanité, il combattit pourtant toute sa vie : pacification du Maroc, guerre de 14-18, aux côtés du Négus en Abyssinie et des Républicains en Espagne, où il commande la XIVe Brigade internationale, résistant FTP. Toujours en quête d'absolu, sans parler jamais à ses proches de ce qui lui gonflait le coeur, il écrivait juste avant de mourir : je suis tellement sûr qu'on ne me connaissait pas !
    Tout cela est raconté à travers le regard attentif de sa petite-fille. La narratrice n'a pas connu le père de son père, fusillé au Mont-Valérien en 1943. De sa vie elle ne savait que très peu de chose. Il s'appelait Jules, il fut un acteur important de la guerre d'Espagne et un des chefs de la résistance communiste en France. Sa famille n'en parlait jamais. Afin de remonter le cours de la vie de cet homme dont elle sentait l'injustice de l'oubli, Françoise Demougin-Dumont a traqué les souvenirs familiaux, les écrits de Jules lui-même, les analyses des historiens, les témoignages, les traces administratives, les PV des interrogatoires policiers.

  • René Pellet a dirigé le réseau de renseignement Marco-Polo né à Lyon et qui s'est développé dans toute la zone sud avec des relais en zone nord. Pour son engagement, il a été exécuté le 23/08/44. Son épouse, Marguerite, arrêtée en novembre 1943 a été déportée dans le plus grand secret selon le décret Nacht und Nebel. Elle est tombée sous un bombardement américain en Autriche, à Amstetten, le 20/03/45. Ce livre retrace leur histoire.
    René Pellet réussit l'examen d'entrée à l'École normale. Il se spécialise dans l'enseignement adapté aux Sourds, Muets et aveugles. Il rencontre Marguerite Baud, institutrice spécialisée. Ils travaillent tous deux à l'institut municipal des Sourds-muets aveugles et arriérées de la ville de Lyon. Sa thèse a pour sujet « Des premières perceptions du concret à la conception de l'abstrait chez l'enfant. Essai de l'analyse de la pensée et de son expression chez l'enfant sourd-muet ». Il rentre dans le réseau Marco-Polo par l'intermédiaire des Éclaireurs de France. À l'arrestation du chef du réseau - Paul Guivante -, il en prend la tête. L'efficacité du réseau fait que Londres décide d'avoir un contact direct avec lui. Le 6/11/43, René Pellet est donc envoyé à Londres. Le 24/11/43, l'ensemble de l'institut est cerné et tout le personnel, ainsi que des élèves, arrêtés. Le réseau est sérieusement compromis. Malgré les risques René Pellet revient à Lyon le 15/12/43 et reprend la tête du réseau. Il déplace la centrale du réseau à Saint-Genis-Laval puis à Chaponost (Rhône).
    Sur dénonciation d'un membre du réseau, il est arrêté à Chaponost le 30/07/44. Son corps sera retrouvé sans vie le 25 août 1944 à Saint-Pierre-du-Boeuf.

  • Ce témoignage est le récit l'évasion de quatre opposants à la dictature chilienne dans une prison de très haute sécurité, de Santiago du Chili. Dans ces pages se déroule l'action de la préparation de cette évasion et nous faisons la connaissance des protagonistes, dans leur vie quotidienne, tous séparés de leurs familles, de leurs amours, de leurs enfants et cela donne vite une dimension romanesque à ce récit. Leur vie à la fois hasardeuse et très organisée, la recherche méthodique des moyens de réaliser cette évasion, de choisir les conditions, de choisir l'hélicoptère, de trouver le pilote, tous ces préparatifs constituent l'armature du récit. Cette histoire nous tient en haleine.

  • Les peuples, comme les individus, ont besoin de mémoire pour bien se connaître.
    Une identité régionale forte ne va pas sans une fidélité résolue à l'histoire. Les objectifs de la Résistance en Corse sont, à bien des égards, les mêmes que dans la France entière. Mais, sans la reconnaissance d'un contexte économique, social et politique dont on ne peut nier les spécificités, il serait difficile de rendre compte des comportements purement régionaux. Encore cela est-il insuffisant : la Résistance des Corses tient largement aux pressions exercées par l'Italie fasciste.
    Aussi, le temps de référence de ce livre est-il la période 1938-1945. Les Corses, engagés volontairement ou mobilisés depuis novembre 1943, ont participé aux campagnes en Italie, en France et en Allemagne jusqu'à la fin du conflit. De toutes les régions françaises, c'est la Corse qui a connu la plus étroite proximité avec le danger fasciste : perçu et combattu dès la fin des années 1930, il a été avivé par la lourde occupation italienne.
    Sans doute les visées de la politique extérieure italienne étaient-elles tenues secrètes dans leurs modalités d'application, mais les appréhensions de l'opinion publique corse étaient fondées, comme le prouve l'analyse des scénarios d'annexion préparés dès 1941 par les services italiens. Cet ouvrage, qui vient en complément du cédérom réalisé en 2003 à l'initiative de l'AERI, apporte au lecteur une analyse précise des faits et événements qui se sont déroulés en Corse et nous permet de combler les oublis de notre histoire contemporaine.

  • Cet ouvrage est le recueil de la mémoire de protagonistes anonymes de la guerre civile espagnole. Nous voyageons au travers les souvenirs de trois femmes et de six hommes : témoignages de l'espoir porté par ces gens simples et leur aspiration à la liberté au sein d'un pays féodal et autoritaire, l'Espagne du début du vingtième siècle jusqu'à la mort de la dictature de Franco. Ces souvenirs nous permettent de mesurer l'ampleur du mouvement libérateur auquel adhéra avec sincérité spontanément et humanité, tout un peuple miséreux mais aussi des intellectuels de renom. Chacun ou chacune a vécu la même période historique des années 1930 à nos jours et pourtant chacune ou chacun raconte une histoire qui lui est propre et unique.

  • Un livre-temoignage constitué de 73 portraits de femmes de 31 pays d'Afrique.
    Certaines sont des inconnues travaillant dans l'ombre, d'autres dans la lumière des médias. Chacune a confié ce que fut son éducation, la prise de conscience de son engagement, mais aussi les obstacles qu'elle a dû surmonter. Elles ont aussi parlé de leurs désirs profonds de femmes. Elles arpentent des chantiers aussi divers. que la lutte contre les discriminations, l'éducation, la santé pour tous. Elles s'impliquent dans le mouvement social, posent des actes de résistance, bousculent les préjugés, font des choix courageux qui engagent parfois leur vie.
    Créatrices, elles utilisent l'image, l'écriture, le pinceau ou les paroles de chansons pour éveiller les consciences, dénoncer les dérives ou faire tomber les tabous. Elles ont un dénominateur commun : le refus de la résignation. Elles symbolisent ces millions d'Africaines, actrices du quotidien et bâtisseuse de l'avenir de leur communauté, de leur Pays et du continent tout entier. C'est à elles que ce livre est dédié.

  • Découvrez Complicités avec Jean Vilar, Antoine Vitez, le livre de Jack Ralite

  • Dans ces pages un appelé parle et témoigne sur la torture en Algérie de juin 1961 à mars 1962, ces atrocités se déroulaient à la Villa Sésini communément nommée Villa Susini.
    Après de nombreuses hésitations et des questionnements, je porte ce témoignage à la connaissance de tous. Que le lecteur ouvre les pages de ce dossier douloureux et tragique, et que tout homme libre et citoyen apporte au-delà de son interrogation sa part de vérité. J'ai simplement voulu ouvrir le chemin de la parole à cet appelé déchiré par l'horreur qui, sous ses yeux, se déroula et sur sa propre participation.
    Mais je laisse au préfacier le soin et la réalité par cet extrait de le présenter : " La dénonciation de la torture en Algérie coloniale prit une ampleur nouvelle le vingt-sept janvier 2001. Le général de Bollardière et la torture, film de André Gazut, était enfin projeté dans une grande salle... L'Arlequin était comble, et du public jaillirent de nouveaux témoignages... Le tout dans l'apparente indifférence des pouvoirs publics.
    Cela fut dit, avec l'exigence que l'État se mobilise pour soulager de leurs troubles les victimes survivantes, les témoins passifs - " appelés " en majorité - mais aussi les exécutants non moins tourmentés. Un homme se leva, au fond de la salle, et dit alors : "Je fus de ceux-là, des tortionnaires, et c'est vrai." "

  • Alain Ruscio est né en 1947.
    Historien, Docteur ès Lettres, il était jusqu'ici surtout connu pour ses travaux portant sur l'histoire coloniale française. Parmi ses derniers ouvrages, Que la France était belle au temps des colonies (Maisonneuve et Larose), Le Credo de l'Homme blanc (Complexe) et La Guerre française d Indochine. Les source., de la connaissance (Les Indes Savantes).


  • trente et un portraits de femmes et d'hommes déportés par les nazis.
    déportés des conséquences de leur choix : ne pas se soumettre, ou par leur engagement : résistants, politiques, ou encore parce que juif. mais aussi enfant né à ravensbrück par la volonté farouche et maternelle de femmes solidaires, compagnes de misère qui voulurent que la vie soit et se perpétue. elles et eux se sont trouvés en prison, dans les camps d'internement, dans les camps de concentration ou d'extermination, et ils essayent d'expliquer tant bien que mal l'avant, le pendant, le retour, mais l'après surtout et leur implication citoyenne, caritative, politique.
    dans la société, ou encore leur fuite, leur errance à la recherche d'un monde perdu. nombre ne se reconnaissent plus dans leur cher pays et s'efforcent de rester muets pour ne pas déranger, pour ne pas paraître raconter l'impensable, mais tous essaient dans leur nouvelle vie une réinsertion honorable. nulle expérience n'est identique, mais la même obsédante question pour eux tous persistera : suis-je revenu(e) des camps de la mort ? il faut les écouter, les lire sans crainte ni pitié et partager.
    leur histoire, leur expérience, leur espoir nous sont précieux. elles ou ils ont gardé un idéal : vivre et espérer encore en l'homme. qu'ils ou elles soient devenus ministre, ambassadeur, docteur, fonctionnaire, enseignant, ouvrier, commerçant, ils se sont engagés dans des combats d'humanité, de mémoire et d'espoir et scrutent scrupuleusement les possibles relents de la bête immonde. elles et eux doivent prendre place parmi nous avant leur définitif départ, c'est le pari que se sont donné les auteurs, afin qu'ils laissent plus qu'une empreinte, une mémoire dans notre monde tragique.



  • fatima basnaci-lancou, avec pudeur et tendresse, tire la photographie de treize vies blessées de harkis.
    ces chibanis, " vieux " sages, nous laissent un page d'une histoire commune oú souvent la douloureuse constatation de l'abandon nous renvoie à la responsabilité de nos gouvernants mais aussi à notre responsabilité individuelle. ils furent reçus avec leurs familles par la france avec un mépris et une indifférence qui blessent encore la mémoire de tout homme juste. l'auteur explique : " en arrivant en france, la majorité de ces rescapés et leurs familles séjournèrent dans le camp militaire de rivesaltes dans les pyrénées-orientales.
    ce camp de " mépris " ressemblait tellement à une prison qu'il allait cristalliser un immense sentiment d'abandon. " nous avons maintenant, grâce à ce livre, une mémoire oú treize hommes nous narrent leur destin déchiré de " harki ", entre honneur et mépris. nul individu ne peut être sûr de son rôle et de sa place dans la société, à plus forte raison si son avenir n'a pas des racines de vérité sur son passé.
    le devenir de ces hommes et de ces femmes rejetés trop souvent par ignorance est une imposture à notre vision de notre république. ce livre est une libération de la parole trop longtemps brimée ou tue, une empreinte dans les pages de l'histoire de france. ces chibanis pourront dorénavant se construire dans une réalité d'hommes libres et fiers. ces pages sont leur identité, l'expression de leur vécu, la patrie de leur mémoire, une terre de vérité oú leurs enfants pourront grandir et s'épanouir.
    il appartient à notre patrimoine. merci à l'auteur de nous démuseler ces treize vies et libérer cette histoire pour notre patrie.

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