• Accueillie dans la collection Major, la série Le Chemin des philosophes présente la philosophie comme un chemin à parcourir. Comprendre une pensée, c'est suivre son mouvement : celui-ci est désormais jalonné par de très nombreux sous-titres et intertitres, qui mettent en valeur sa cohérence et sa progression. Ce volume étudie la genèse de la philosophie kantienne. Il explique comment elle s'est progressivement construite en se fondant seulement sur le sujet humain.
    Kant renonce à toute théorie de l'être - non pas pour contester l'entreprise de connaître comme le font les sophistes - mais au contraire pour en comprendre la possibilité. Sommaire : Introduction. Généalogie du système critique 1. Le premier projet synthétique entre rationalisme et antirationalisme 2. Logique et existence 3. La nouvelle théorie de l'espace 4. Mise en oeuvre de la critique 5. La déduction métaphysique des catégories 6.
    La déduction transcendantale des catégories de 1781 7. L'analytique des principes 8. La dialectique transcendantale 9. La métaphysique constitutive 10. L'achèvement du système critique

  • Définir l'art

    Alain Séguy-Duclot

    Qu'est-ce qui distingue l'art, le grand art et le non-art ?

    Comment évaluer objectivement les oeuvres (ce qui est nécessaire pour sélectionner les oeuvres dignes d'entrer dans un musée) alors que toute évaluation esthétique est subjective ? Et comment articuler la dimension technique de la création avec à la fois la liberté créatrice et l'irrationalité de l'inspiration ?

    La destruction des Bouddhas de Bâmiyân (Afghanistan) en 2001 ou, plus récemment, l'attaque en 2015 des collections du musée de Mossoul viennent nous rappeler la fragilité de l'art face à la violence du réel et la rareté des grandes oeuvres. Plus que jamais, il est crucial de penser la distinction entre l'art et le grand art, entre l'art et le non-art - en bref, de définir l'art.

    Alain Séguy-Duclot propose ici une nouvelle définition de l'art, en tenant compte du défi de Duchamp, et en élargit le concept : la haute couture, la composition des jardins, la création des parfums ou encore la cuisine sont pour lui des productions artistiques à part entière.

    Son analyse ne le conduit pas ainsi à revenir à une théorie traditionnelle de la beauté et de la création. Il y a une vérité du relativisme qui s'est déployée au cours du xxe siècle au sein même de la science, que ce soit en physique ou dans les mathématiques : la remise en cause relativiste est à la fois légitime et féconde. Mais, de même que le relativisme en science n'est pas le scepticisme, de même le relativisme en art n'est pas le nihilisme.

  • Descartes n'invente pas le primat du sujet humain - déjà affirmée dans «l'humain mesure de toutes choses» de Protagoras ; il n'est pas non plus le premier à mettre au premier rang la rationalité - l'ontologie mathématique de Pythagore le précède en cela. Son originalité est de les poser ensemble. L'objet de ce livre est de comprendre comment Descartes s'y est pris pour tenter d'accorder ces deux positions théoriques adverses, et pour quelles raisons. Nous ferons alors ce constat : Descartes est moins le fondateur du rationalisme que celui qui fait entrer le rationalisme dans une crise profonde, caractéristique de la pensée moderne.

  • Introduction poussée à l'Esthétique de Kant, développée dans sa troisième Critique.

  • Depuis toujours, la Parménide de Platon représente une énigme pour ses lecteurs.
    D'une virtuosité déroutante, ce dialogue procède à l'étude de tous les rapports possibles de l'un à l'être et au non-un, à travers une série d'hypothèses, qui s'ordonnent selon l'opposition du pair et de l'impair. Les hypothèses paires concluent sur la possibilité d'affirmer de l'un tout et son contraire, les hypothèses impaires, sur l'impossibilité d'affirmer quoi que ce soit de l'un. La fin du dialogue reprend les résultats de toutes les hypothèses sous la forme d'une immense contradiction, pour l'identifier au suprêmement vrai.
    Comment donner sens à ce jeu dialectique qui semble relever plus de la sophistique que de la philosophie ? En y découvrant, précisément, la plus formidable partie qui ait jamais été jouée entre le Philosophe et le Sophiste, au cours de laquelle est remise en cause jusqu'à leur opposition même, puisque chacun à son tour finit par prendre la place de son adversaire afin de mieux en triompher.
    Chercher à décoder le " jeu des hypothèses ", ce n'est pas seulement vouloir rendre clair un texte réputé incompréhensible : c'est aussi affronter en son coeur l'ambition théorique fondamentale du platonisme.

  • La philosophie part traditionnellement du sens, compris comme sens conceptuel, dans le cadre du langage humain. Mais partir du sens conceptuel conduit à un paradoxe : on ne peut définir ni la notion de concept, ni même celle de sens. L'ensemble du processus définitionnel, constitutif historiquement de la démarche philosophique, se trouve alors remis en cause. Pour échapper aux principales apories de la sémantique conceptuelle, l'ordre de l'analyse doit être inversé. Partir non du langage humain et du sens conceptuel, mais d'une théorie générale de la communication, qui travaille, comme dans la communication intercellulaire, sur les échanges de signaux dotés non de sens, mais d'information et d'efficace pragmatique. Puis considérer l'émergence du sens dans le cadre des langages animaux, en dehors de toute visée conceptuelle. Enfin, dans un troisième temps seulement, passer à l'étude du langage humain, compris comme le produit émergent le plus complexe de l'évolution communicationnelle et linguistique.

    Alain Séguy-Duclot est maître de conférences à l'université François Rabelais de Tours.

  • Faire comprendre la genèse et la construction de la pensée de Platon, et la méthode inédite qu'il met au point pour penser, tel est l'objet de ce livre. Riche de ses débats avec de grands penseurs de l'Antiquité : Pythagore, Héraclite, Parménide, Gorgias. la dialectique platonicienne, alliant exigence de vérité et recherche d'efficacité, invente ainsi la philosophie. Découvrir la force et les enjeux de cette invention permet d'explorer, aussi, le sens qu'une histoire de la philosophie peut avoir aujourd'hui, et les défis qu'elle porte en elle.

  • Après l'unification politique de l'Europe et la fin de la guerre froide, les guerres du début du XXIe siècle semblent trouver leur principale origine dans des conflits d'ordre culturel.
    Il n'est pas étonnant, dès lors, que le débat autour des notions de culture et de civilisation soit caractérisé par une violence qui n'a d'égale que sa confusion. Apporter de la clarté à ce débat, définir les concepts en jeu et, en premier lieu, celui de culture, tel est l'objet de ce livre. En dépit de la multiplicité des formes de culture, une détermination semble commune à toutes : leur lien à l'humain.
    Comment définir l'humain ? La distinction de l'animal et de l'humain coïncide-t-elle avec celle entre la nature et la culture ? Faut-il rejeter l'idée d'une culture animale ? Répondre à ces questions nous conduit à critiquer les définitions classiques de l'humain : l'humain comme animal raisonnable et l'humain comme animal doté de langage ; à remettre en cause l'articulation traditionnelle de l'humain au logos, que ce terme soit compris, au sens restreint, comme langage rationnel ou, au sens large, comme langage.
    La possibilité de construire une théorie de la culture est à ce prix.

  • Leibniz comprenait la question «pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?» sur un mode ontologique; il l'interprétait dans le cadre d'une physique continue, linéaire et nécessaire; et il y répondait en invoquant le principe de raison suffisante. Nous comprenons désormais cette question sur un mode non ontologique, en substituant une notion relativiste et pragmatiste de réalité à la notion absolue d'être; nous l'interprétons dans le cadre d'une physique discontinue, non linéaire et probabiliste; et nous y répondons en dénonçant, sur un mode non sceptique, le principe de raison suffisante. Opérer un tel renversement de l'analyse leibnizienne ne suffit toutefois pas. Car nous restons dans le cadre de la logique binaire adoptée par Leibniz, à savoir l'opposition entre le quelque chose (1) et le rien (0)...

  • Ce livre étudie l'occurrence ou non d'un diallèle dans l'entreprise kantienne de fondation de la connaissance. La réponse à cette question engage un commentaire de la déduction transcendantale des catégories, au coeur de la Critique de la raison pure, dans son écriture de 1781 puis de 1787.

  • Le livre est consacré à l'un des grands dialogues de la maturité de platon, qui la définition de la science.
    Séguy-duclot s'y sépare des trois grandes traditions interprétatives du théétète (néo-kantisme, phénoménologie et philosophie analytique) et prolonge les intuitions développées dans son étude du parménide de platon (belin 1998). il montre dans le théétète, le débat de socrate avec la pensée du sophiste protagoras, ment négligé par les commentateurs, est en fait central: dans sa critique :ale de la métaphysique, la pensée de protagoras, telle qu'elle est reconstituée par platon, présente une parenté frappante avec la théorie de nietzsche, ou celle de deleuze, plus de 2000 ans plus tard.
    Cet ouvrage consacré à un dialogue philosophique prend lui-même la forme d'un dialogue, une forme qui permet à l'auteur de confronter constamment ses choix d'interprétation aux possibilités autres ou même contraires

  • Dans un dialogue entre le chevalier Dupin, personnage de fiction, et son contradicteur, ce livre s'efforce de tirer les conséquences philosophiques de la révolution théorique qu'a connue la biologie au XXe siècle.
    Il entreprend à nouveaux frais une définition de ses concepts fondamentaux, et notamment du concept de vie. Se gardant de tout anthropocentrisme, l'enquête philosophique part de la question de l'appartenance ou non des virus au vivant pour interroger deux des préjugés toujours actuels de la théorie de la vie. Tout d'abord l'identification du vivant à l'organique. Puis le primat, communément admis depuis Aristote, de la survie sur la reproduction, laquelle n'offrirait à l'individu qu'une survie seconde au niveau de l'espèce.
    Par-delà cette critique, l'étude de l'individualité biologique reprend la question, centrale de la philosophie " qu'est-ce que l'humain ? ".

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