• Un ouvrage ambitieux à la focale mondiale qui retrace une histoire du capitalisme sur le temps long afin de trouver des solutions viables pour sortir d'un système devenu obsolète. Alessandro Stanziani tente de concilier croissance économique et démographique, justice sociale et protection de l'environnement, avec une attention particulière à la production agricole et à l'alimentation, pour que l'ensemble de l'humanité puisse enfin jouir de ce « capital Terre » qui est notre bien commun.

  • Ce livre ne raconte pas l'histoire de Joseph Conrad mais celles des travailleurs et des asservis qu'il a côtoyés tout au long de son singulier périple : les serfs de l'Empire russe, les salariés et les matelots des empires français et britanniques, enfin les marins, les esclaves et les immigrés d'un océan Indien battu par les moussons. Le voyage avec l'écrivain se termine au Congo où les violences extrêmes perpétrées à l'encontre des populations indigènes côtoient la peur, la solitude et la quête effrénée de profit des compagnies.
    Prenant appui sur ce périple, Alessandro Stanziani fait oeuvre d'historien, celle de la difficile conquête de la liberté en général, et de la liberté au travail en particulier.

  • Qu'on la nomme histoire globale, mondiale, connectée, histoire-monde ou world history, c'est elle qui aujourd'hui suscite l'intérêt des lecteurs, des médias, des universitaires, et tend à façonner notre représentation du passé. Mais qu'est-ce que l'histoire globale ? Que propose-t-elle ? La belle synthèse d'Alessandro Stanziani fournit toutes les clés pour comprendre l'essor et les ambitions de cette histoire plurielle. Filiations multiples, bifurcations inattendues, brassages et métissages : affranchie de l'européocentrisme, l'histoire globale élargit les horizons géographiques, déborde les cadres nationaux, pense le monde à partir des connexions et des relations au sein d'entités politiques ou économiques hétérogènes. Elle a pour objet les migrations d'hommes, de biens, d'idées, de savoirs, de symboles, mais aussi le changement climatique, les révolutions technologiques, l'évolution des mentalités...
    Saisies dans la longue durée, et à l'intersection de plusieurs mondes, Alessandro Stanziani explore à nouveaux frais les relations que l'histoire établit avec la philosophie, la sociologie, la philologie et l'économie : ces interactions délimitent la portée de l'histoire globale par rapport aux autres approches.
    Face aux progrès du nationalisme, cette façon de faire de l'histoire permet de revisiter le passé d'un certain nombre d'événements, de culture et/ou de régions. De l'Inde à la Russie, des décolonisations à l'islam, cet ouvrage montre que l'histoire globale invite à multiplier les angles de vue, mais aussi à dépasser la vision de l'histoire comme choc entre les civilisations.

  • La définition de la limite entre travail libre et travail forcé influence le débat sur les dédommagements que les pays esclavagistes sont appelés à payer aux pays ayant été victimes de la traite, mais aussi, les attitudes et politiques à adopter envers les pays accusés de pratiquer, encore de nos jours, de l'esclavage déguisé.
    Cet ouvrage montre que la limite entre travail libre et travail forcé est historiquement située : des chercheurs confirmés issus de nombreux pays d'Europe et d'Asie étudient les domestiques et les salariés en France et en Grande-Bretagne, au Japon et dans l'Océan indien ; les relations entre ces salariés et les asservis et esclaves dans les colonies, mais aussi, les formes d'asservissement en Chine, en Russie et en Europe orientale et, finalement les modalités de la mise en dépendance en terre d'Islam.
    Circulation des savoirs, normes juridiques et pratiques économiques interviennent dans une véritable dynamique historique globale du travail sur plusieurs siècles mais qui ne cesse d'influencer le monde d'aujourd'hui.

  • La bataille d'Ulan Butong en 1690 oppose dix mille Zhungars (trente mille suivant d'autres sources) à deux armées Mandchous (soit cinq mille hommes) ; le siège de Gingee par les Moghols implique environ 40000 soldats, des dizaines de milliers de chevaux et de dromadaires et des centaines d'éléphants. Ces affrontements ont lieu à des centaines, parfois des milliers de kilomètres des villes et des pâturages.
    Dans les steppes d'Asie centrale autant qu'en Inde, l'alimentation des chevaux et des hommes est tout aussi importante que la qualité des sabres. D'où venaient donc les approvisionnements nécessaires? Les steppes ne sont-elles pas synonyme de territoire désertiques et de populations nomades ? Et l'Inde que nous décrivons toujours surpeuplée e sous-alimentée où trouvait-elle, en 1690, ces immenses ressources ? Le point de départ et le fil rouge de cet ouvrage est donc tout simple : l'approvisionnement des armées dans les steppes et lors des sièges dans des régions périphériques.
    De quelle manière les Russes, les Chinois et les Moghols ont, chacun à sa manière, réglé ce problème ? Dans l'édification des Empires eurasiatiques, la lutte pour les chevaux est impitoyable. Chinois, russes et Moghols vont s'affronter entre eux et avec les peuples des steppes, les éleveurs mongols. Qui parmi les Chinois, les Russes et les Moghols aura mieux réussi dans ces opérations et pour quelles raisons ? Au-delà, l'organisation militaire exige une discipline, une administration fiscale et un système de recrutement.
    Ce dernier peut avoir comme cible des mercenaires, des élites guerrières, des cavaliers nobles, des soldats paysans. En Inde des guerriers ascètes combattent à côté de paysans affamés et des cavaliers Rajputs ; dans les steppes d'Asie centrale, les cosaques déferlent à côté des Nogays, véritables nomades et de paysans russes cachés derrière les fortifications en bois ; en Chine enfin, ou plutôt dans sa partie nord-occidentale ; des paysans han, des criminels ordinaires et des guerriers mandchous organisés en bannières sont confrontés aux hordes Zunghars (mongoles oirats).
    Tous doivent être rémunérés alors même que leur emploi détourne des ressources monétaires, alimentaires et des bras d'autres occupations. Tout l'équilibre social est concerné. Les formes du recrutement et de la gestion des soldats, leurs équipements et approvisionnements s'ancrent dans le tissu social, dans les formes des institutions politiques et, bien entendu, dépendent de l'accès aux ressources disponibles.
    Les relations entre paysans, seigneurs, soldats et administration règlent cette architecture complexe. Et le sort de ces trois empires immenses, les systèmes socio-économiques sur lesquels ils reposent, ne sont pas anecdotiques ; ce sont eux qui dominent le monde à une époque où personne n'aurait misé sur la suprématie mondiale de l'Europe. Jusqu'en 1789, quand l'Angleterre vient juste d'occuper le Bengale, l'Asie a encore de l'avance.
    Pourtant, un siècle plus tard, cette hiérarchie aura été complètement bouleversée ; l'Occident domine la planète. Alessandro Stanziani, auteur majeur du changement de perspective propre à l'histoire globale, explique dans ce livre ce prodigieux retournement, qu'a oublié l'histoire racontée par ceux qui connaissent la suite de l'histoire. Cette hiérarchie a été bouleversée, mais pour combien de temps ?

  • Plus que jamais les questions de sécurité alimentaire sont au coeur de l'actualité. Et s'il fallait pour y répondre faire un détour par leur histoire et mieux comprendre comment tout ce qui a trait à la qualité de l'alimentation, à la qualité sanitaire au premier chef, s'enracine dans une histoire juridique et économique longue qui concerne aussi bien la France que l'Europe tout entière ? La crise sanitaire, l'épizootie de grande ampleur et les embargos qu'elles provoquent, la menace d'un empoisonnement alimentaire à grande échelle ne sont pas des phénomènes nouveaux. Ce livre se propose de tracer les conditions historiques d'émergence de la qualité des aliments au cours des XIXe et XXe siècles. Autour de quatre productions le vin, la viande, le beurre et le lait qui sont exemplaires du « bon » produit de l'agriculture française, l'auteur nous entraîne dans une plongée dans les archives à la fois technique et concrète , pittoresque et effrayante, qui donne à voir les conditions historiques réelles de la fabrication de la qualité alimentaire.

  • " Vache folle ", sang contaminé, produits transgéniques : ces affaires ont récemment mobilisé l'opinion et soulignent l'importance des problèmes de qualité face aux logiques commerciales et aux dérives du marché.
    Comment concilier liberté d'initiative et de concurrence, d'une part, sécurité et santé publiques, d'autre part ? Qui peut fixer les normes légitimes de qualité des produits ? Depuis longtemps producteurs, marchands, consommateurs, experts et juristes s'affrontent sur ce terrain. Quel est le rôle de l'Etat, le poids des lobbies économiques, la place de l'expertise et l'action du droit ? Ce livre analyse les enjeux actuels en matière de sécurité et de qualité des produits dans une perspective historique.
    La première partie, consacrée au XVIIIe siècle, retrace la construction de la notion de qualité sous l'Ancien Régime : efforts d'identification et de classement des produits, volonté réglementaire de Colbert et ses limites, rôle des corporations. La seconde partie étudie la mise en place des normes de contrôle au sein de l'économie libérale du XIXe et du début du XXe siècles, à travers les exemples du savon de Marseille, du vin et des conserves.
    Elle renverse les thèses traditionnelles opposant un Ancien Régime " dirigiste " et un XIXe siècle libéral : le fonctionnement de l'économie libérale aurait été impossible sans les règles de droit disciplinant les marchés. La dernière partie analyse les problèmes contemporains de qualification des produits, notamment à la lumière de la crise de la vache folle et dans la législation européenne. Ce livre est issu du séminaire " Normes et produits " de l'IDHE (Institutions et dynamiques historiques de l'économie, CNRS), d'une part, et, d'autre part, d'un groupe de travail consacré aux classifications et aux certifications des produits, soutenu par le ministère de la Recherche.

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