• Oiseau-moi

    Edith Azam

    Une mélopée, douce et tendre à la fois. Une petite pluie fine à l'intérieur du corps le long de la colonne, ça ne rassure en rien non, mais cette voix à l'intérieur, nous réconforte un peu. Puisqu'au final c'est auprès d'elle, la voix des os, que l'on se berce.

  • On sait l'autre

    Edith Azam

    « On sait: l'autre. On sait qu'il va venir. Il arrive toujours, l'autre. Il nous tient par les yeux, nous oppresse. Il contamine notre espace, l'autre, va nous réduire à petit feu. Mais non, on ne le laissera pas faire, on ne veut pas finir si vite.Alors on se concentre, on se concentre puis on l'attend, l'autre, le pied ferme. On sait qu'il est en bas, là, derrière le mur, à faire du bruit.
    C'est à devenir dingue. C'est à devenir: on devient. Presque ... On ne veut pas céder à la panique. On court vers la salle de bains se rincer le visage, puis on relève la tête et soudain, le reflet dans la glace, nous dit droit dans les yeux: On: c'est l'autre ... » Cette quatrième, composée à partir de phrases prélevées dans le livre, en rend parfaitement compte. « On sait l'autre» est un livre panique ou la question de l'identité et de l'altérité se pose à chaque phrase dans une accélération des sens et de la pensée terriblement contagieuse. C'est secouant, dérangeant, continuellement sur le fil de la folie. Le talent de l'auteur à décrire ces états extrêmes où la raison vacille, où le corps se démembre, est très grand : la phrase, elle, jamais ne se défait, même si elle en prend tous les risques, avec ses syncopes, ses arrêts, ses rebonds périlleux .

  • Caméra

    Edith Azam

    C'est une fable, un roman, c'est un apologue. On y voit un curieux personnage, nommé Caméra, parcourir un monde où des murs s'érigent partout, où éclatent guerre et émeutes, un monde de massacre où elle s'assigne pour tâche, avec quelques étranges figures (Oiseau Silex, Chouette-à-lunes, Tortue-barbue, Shinx-zébré, Buffl e-trois-cornes, Âne-aux-pieds-plats) rien moins que sauver les mots, le langage. Elle-même, Caméra, n'est pas banale puisqu'elle est aussi une caméra, une vraie caméra, qui zoome, qui fait des plans fi xes, etc. et est soumise à la charge de ses batteries. Bref toute une population anthropomorphique qui se démène afi n de transmettre et qu'écrire reste possible.
    Cette histoire est écrite dans ce ton et avec cette écriture inimitables d'Edith Azam, faits d'une véhémence nerveuse, tremblée, emportée, lyrique et acérée et qui jouent des scansions, des rythmes tout autant que de leurs ruptures savamment ménagées.

  • Décembre m'a ciguë

    Edith Azam

    La narratrice attend. Elle attend, elle redoute une nouvelle qu'on doit lui annoncer au téléphone. Une mort. Celle d'une grand-mère bien aimée. Elle se souvient, elle évoque des souvenirs d'enfance bien sûr, mais pas seulement. Elle se rappelle les histoires que lui racontait cette grand-mère lorsqu'elle était enfant. Elle se rappelle des moments, des gestes, des paroles, des sentiments. Elle souffre, elle a peur, et puis finalement le téléphone sonne, comme il était prévu.

    Chaque phrase de ce texte atteint un degré inouï d'intensité et de douleur, de colère contre l'inéluctable. On se dit que non, cela ne peut durer ainsi, à ce niveau tout un livre. Et pourtant si, Édith Azam arrive à fouiller suffisamment profondément en elle pour y trouver un gisement de souffrance qui semble inépuisable ainsi que les mots, toujours nouveaux, pour le traduire.

  • Inventaire/Invention est heureux de publier ce livre qui ne paye pas de mine, heureux de présenter à ses lecteurs un auteur absolument hors norme. L'intérêt se situe moins dans la forme du livre - une succession de courts textes racontant la vie d'un phasme, insecte si proche de l'informe, si proche du rien - que dans ce qui émane de chacune des phrases de ce texte : une poésie de « l'idiotie », si bien analysée par le critique Jean-Yves Jouannais, un art naïf et brut jouant avec une liberté absolue de tout ce qui fait une phrase. Tiphasme est phasme est de ces oeuvres qui jalonnent l'histoire de l'art et de la littérature, tel le monologue de Benjy ou les oeuvres tardives de Walser, qui ouvrent une faille dans le champ de la représentation, où nous plongeons avec une émotion sans pareille.


  • découverte par julien blaine et antoine simon au festival de lodève, edith azam dit de sa poésie " qu'elle a quelque chose d'animal qui la dépasse.
    ce chant cellulaire, tension-couteau, est fait d'émotions, du doux jusqu'au carnage, où sons, vibrations et rythmes construisent un langage dans lequel elle cherche la possibilité d'un nouveau souffle qui l'avalerait, et la ferait disparaître. ".

  • Il est face à la barricade, aux manifestants. Elle est de l'autre côté. Dialogues intérieurs. Feuilles de platane et pigeons volètent, métaphore d'une foule qu'on ne voit pas. Puis un cri sur la page. Le livre est semé de dessins réalisés sur écran, avec des clins d'oeil d'humour.

  • 38 dessins (d'un "elastikanimal) pleine page au crayon gris accompagnent un texte mais cela fait deux histoires parallèles.

    Les protagonistes : une fille tout le temps fatiguée et qui s'endort, un garçon complètement collé à elle et qui ne cesse de l'embrasser et un deuxième garçon qui fait du vélo.Poissons et aspirateur jouent un grand rôle dans l'histoire comme dans son livre précédent AMOR BARRICADE AMOR où entre les deux héros se glissent des pigeons et des feuilles de platane à qui Edith Azam donne beaucoup d'importance, tournant en dérision l'objet de son livre même... Elle cherche à se débarrasser de tout ce petit monde mais s'aperçoit vite qu'elle n'est rien sans eux. Dans ce livre"double", humour et détresse sont les mamelles de l'inextricable condition humaine.

  • Le cordel dézingué de l'autruche déglinguée ; une histoire qui se lit à l'endroit comme à l'envers (munissez-vous d'un miroir !).

  • Un journal des jours où Edith Azam parle de notre société quand elle n'est pas facile à vivre. Ton humoristique et langue parlée.

  • Premier volume des aventures de PoOki, PoOki c'est PoOnk emmène le lecteur à la suite d'un petit personnage qui se pose des questions existentielles.

    PoOki sauvage, on dit PoOki,PoOki mord-il ?, PoOki s'endort, Cage à PoOki, PoOki copain ? L'oizo PoOki, PoOki PoOnki ou encore PoOki est nu, tels sont les titres des poèmes de ce recueil.

    Une langue inventive et jubilatoire et des illustrations pleines de tendresses et de cruauté.

  • Pour son 5ième livre, Claire Dumay présente 27 récits qui abordent les thèmes de l'enfantement, l'enfance, la vieillesse, la solitude, l'attachement au couple, la mort.

  • Attenant au port autonome de Marseille, entre d'un côté l'autoroute et de l'autre la mer, le silo à grains d'Arenc, imposante masse de béton armée, se dresse sur ses pilotis, surplombant ce noeudmigratoire sans cesse enmouvements et en bruits.
    C'est dans cet espace improbable construit fin des années 20 que Roland Carta a créé une salle de spectacles. Ainsi, aumilieu du concert incessant des sons industriels pourront s'entendre, ponctuellement, des créations musicales, comme en hommage fier à la remuante et bruyanteMarseille, ville de transit depuis toujours.
    Jolie métamorphose architecturale : lorsqu'on entre dans ce bâtiment, des « mamelles » de béton d'où coulait auparavant le grain, aujourd'hui jaillit, tel un chant, la lumière...
    Le béton, le grain, la lumière, la musique... requiem à la vie à la fois trivial et somptueux.
    À cet édifice, Édith Azam, confronte une poésie incarnée, à la fois en force et en équilibre fragile, interroge la notion de spectacle, sa capacité - ou non - à créer un lien entre ce qui se donne à entendre sur scène et ceux qui sont venus pour recevoir. À travers cette parole jetée, autant comme coup de gueule que chant d'amour, c'est la question du lien à l'autre qui est posée.

  • Discussion ping-pong entre l'artiste (photographe et peintre) Jacques Guyomar et la poétesse Édith Azam : tandis que Jacques Guyomar nous donne à voir des clichés de serres abandonnées (structures métalliques rouillées et tordues habillées de lambeaux de bâches plastiques translucides, de fragments de vitres brisées et fêlées et de branches, herbes et autres végétaux sauvages...), Édith Azam utilise le matériau de ces images pour construire et continuer une dérive poétique sur l'écriture même. Et ces textes, à leur tour, offrent au lecteur les matériaux sémantiques et métaphoriques pour pouvoir construire une parole pouvant « parler » de ces images. Ici, les installations épurées des serres se mêlent à l'architecture textuelle de cette prose poétique pour nous offrir cette magnifique rencontre où les deux artistes se lisent et se répondent.

empty