• - Plus de vingt ans ont passé depuis la première publication de ce livre qui racontait la vie des techniciens et des riverains de la plus grande usine au monde de retraitement des déchets nucléaires, édifiée à la Hague.
    - Pourquoi y revenir, aujourd'hui ? En raison de la catastrophe de Fukushima dont les causes restent, volontairement, peu élucidées et dont la tragédie n'en finit pas de se poursuivre, il est apparu important de rééditer ce texte introuvable qui déjà, à l'époque, révélait les façons de dire et de faire face au risque : l'ignorer, le nier ou le manipuler symboliquement pour mieux le maîtriser et l'oublier !
    - Or, un tel déni du risque explique, pour partie, l'accident de la centrale de Fukushima et est au coeur même de la possibilité qu'à la Hague ou ailleurs, d'autres incidents majeurs ou mineurs puissent advenir.
    - Il s'agit aussi d'insister sur le fait que d'autres savoirs que ceux qui sont issus du cercle restreint des experts officiellement mandatés, sont légitimes pour analyser et porter la critique sur ces objets de haute technicité. Les sciences humaines et sociales ont la capacité à discuter et à analyser les faits les plus complexes de notre modernité, pour esquisser de nouvelles réflexions.

  • Pur la première fois des chercheurs et des praticiens sont réunis pour réfléchir à plusieurs voix à l'évolution des conduites de deuil lors de la disparition prématurée de foetus ou de nourrissons.
    S'attachant à comprendre l'effacement des rituels ou leur transformation dans nos propres sociétés, leurs considérations ont porté tout à la fois sur les traitements pratiques et symboliques appliqués jadis et ailleurs, et sur l'émergence de cette mortalité comme catégorie spécifique en démographie et en droit. Ces morts, qui peuvent survenir pendant la gestation ou juste après la naissance, tendent-elles aujourd'hui à se rejoindre dans l'inacceptable et l'indicible alors qu'un ensemble de paroles, de gestes et d'actes permettrait de rendre pensable et visible ce malheur ? Les regards nuancés des ethnologues, des historiens, des juristes, des psychanalystes, des médecins viennent éclairer et enrichir l'analyse des problématiques propres à chaque discipline.
    Une telle lecture plurielle, argumentée et inédite par son ouverture, a permis que se fassent jour les difficultés grandissantes rencontrées par ceux qui soignent et la grande souffrance des familles qui demandent une reconnaissance symbolique de leur statut de parents d'enfants décédés. Dans nos sociétés occidentales contemporaines, la mort du foetus ou du nourrisson quittera-t-elle alors le domaine de l'innommable pour donner à penser, à dire, à partager ?

  • S'il n'est pas d'humanité sans langage, il n'existe pas non plus d'homme « hors parenté ». Celle-ci, de fait, est inscrite au coeur de toutes les sociétés : aucune n'a jusqu'à présent réussi à s'en dispenser, même si, d'un groupe social à l'autre, d'une époque à l'autre, les anthropologues observent d'importantes variations.
    Or, dans les sociétés occidentales, la parenté a subi, ces dernières décennies, d'intenses changements sous l'effet des avancées des sciences médicales et biologiques ou des bouleversements intervenus dans les moeurs familiales et sociales, les mouvements d'acceptation étant aussi forts que les mouvements de rejet.
    Prenant appui sur ce qu'apporte l'anthropologie dans ce champ d'étude, cet ouvrage entend mettre en perspective, afin de mieux les déchi ffrer, les problèmes ouverts par ces nouvelles façons de se procurer « une » parenté.

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