• « Le vent porte le corbeau. Toi et moi, nous sommes le vent. » Grâce à une expérience hallucinogène, un libre-penseur mexicain parvient à entendre de nouveau la voix de sa fille, Melitza, assassinée pendant l'insurrection d'Oaxaca, deux ans auparavant. Elle lui relate ses derniers instants auprès d'Evo, un chaman huichol qui va lui offrir, à travers un étourdissant rituel d'oubli, la plus romantique des métamorphoses.
    Road movie au pays de Quetzalcóatl, le deuxième roman d'Hubert Antoine défonce les portes du deuil, supprime les frontières entre morts et vivants pour révéler un Mexique toujours aussi captivant dans les plus ardentes couleurs de l'intensité.

  • Danse de la vie brève raconte le destin d'une jeune mexicaine de 23 ans, Melitza Trujillo. Trois carnets écrits de sa main retracent la folle accélération de son existence durant l'année 2006.
    Le premier carnet débute le 10 janvier 2006 à Guadalajara. Le matin même, Evo, un homme énigmatique, a fait irruption au Molachos, le bar où Melitza est serveuse. Dès la soirée suivante, il invite Melitza et son père Miguel à déguster dans un parc de la ville une décoction de cactus aux propriétés hallucinogènes. Mais la douce et planante nuit qui s'annonce va bientôt virer au cauchemar éveillé, suite à l'arrivée d'une patrouille de police..
    Trois semaines plus tard, nous retrouvons le même trio - Melitza, son père et Evo -, réfugié au bord de l'océan Pacifique. Par flash-backs successifs, nous reconstituons les motifs de leur cavale : le soir du 11 janvier, leur arrestation par quatre flics sans scrupule a très mal tourné.
    Alors que le trio commence à s'ennuyer dans ce paradis de carte postale, il est rejoint par Adrian, dont l'amitié avec Miguel date de la répression sanglante des mouvements étudiants de 1968 à Mexico. Tous quatre décident de rejoindre Oaxaca, où un ami peintre pourra les loger.
    Leur arrivée le 21 juin 2006 coïncide avec le soulèvement populaire qui institue la Commune libre de Oaxaca. Le journal intime devient soudain celui d'une révolution à laquelle Melitza décide de participer à sa manière. Elle y consigne les faits marquants d'une utopie en marche.
    Pourtant, ce climat d'émancipation connaît bien vite ses premières bavures, et les mercenaires armés des autorités déchues reviennent semer la terreur dans les faubourgs.
    Sous les abords du journal intime, Danse de la vie brève est un portrait de femme qui magnifie l'intériorité en constante évolution d'une jeune Mexicaine d'aujourd'hui. C'est aussi un roman d'aventures qui épouse le destin contrasté d'une insoumise, meurtrie dans sa chair par la violence endémique qui accable son pays depuis un demi siècle. C'est encore l'histoire d'un « amour fou », celui entre la sensuelle Melitza et le « sauvage radioactif » Evo.

  • « Quelle est la vie d'un objet, d'un mot, d'un produit de l'imagination ? La naissance d'une chaise, par exemple, c'est évident. Quelques bouts de bois, deux trois clous, la voilà meuble, au mieux siège. Mais sa relation au monde, son opinion sur le climat, ce qu'elle mange, ses souffrances, sa philosophie, ses amis, qui les connaît ? Avec ma loupe et mon couteau, je suis allé rendre visite à ce vocabulaire que l'on a tort d'imaginer rangé dans le tiroir d'une fonction bornée. Un éventail de réalités, d'éléments ectoplasmiques m'ont ouvert leurs portes et permis de passer un moment avec eux. J'en rapporte ces textes, témoins d'un monde plus infini, dans lequel l'écriture porte le casque de l'explorateur et permet de rencontrer la vie au-delà de l'usage. » Les soixante textes courts d'Introduction à tout autre chose forment un nuancier de sensations et d'humeurs où « tout est possible à qui est écrit ». On y devine, en filigrane, l'autoportrait ironique d'un aventurier immobile, d'un rêveur chamanique, d'un monstre de solitude, d'un épicurien contrarié, bref, d'un évadé de la société.

  • Exercices d'évasion

    Hubert Antoine

    • Cormier
    • 15 Février 2000

    Dans ces "Exercices d'évasion", Hubert Antoine use à la fois de la réflexion, à travers des phrases dépouillées qui disent sans détour, avec une netteté non dénuée d'un humour ravageur, les conditions et le sens de ses évasions ; et de la poésie, par la puissance d'évocation des mots qu'il sait si bien associer, confirmant ainsi tout le poids de la langue contre l'emprise unilatérale de la pensée. Une manière fulgurante d'insérer le poème dans la prose.

  • Le quatrième recueil d'Hubert Antoine publié au Cormier est une fête engageante du langage. On y retrouve la voix toujours surprenante du plus mexicain des poètes belges, qui se révèle de livre en livre à la fois semblable et différent à lui-même, chaque fois plus profond dans la légèreté. L'humour et le plaisir de la trouvaille, la liberté de ton et d'allure y font jeu égal avec une claire lucidité face au monde qui met "le feu à la petite propriété du miroir", une manière d'"armer les dents avec les mots".
    La plupart des poèmes de "Tohu-bohu et brouhaha" sont dédiés à des proches. Car dédier un poème, comme l'indique l'auteur à la dernière page, est une offrande qui enrichit le silence de l'amitié.

  • Pour une ecologie positive Nouv.

  • « Ce que j'ai vécu en Centrafrique ? J'en ai peu parlé avec ma famille, je n'ai pas eu envie de les tracasser avec ça.
    - Moi c'est l'inverse, j'ai tout dit. Je pense qu'il faut que les gens sachent ce qu'on fait. » Benoît, sergent ; Vianney, lieutenant. Depuis trente ans, des dizaines de milliers de Français se battent dans des guerres du bout du monde. Les paroles de soldats recueillies dans ce livre nous font entendre les voix d'hommes et de femmes, de grands chefs et de soldats, d'infirmière et de psychologue qui parlent de guerre urbaine, d'embuscades, d'attentats suicides. Des récits bouleversants qui nous plongent dans la brutalité des confl its et font vivre en direct l'adrénaline, le stress et l'angoisse de combats dont on ne sort jamais indemne.

  • Pavle et Jovan, l'un en Argentine, l'autre à Belgrade, renouent le contact par lettres après plusieurs années de silence. Leur correspondance les amène, peu à peu, à évoquer un passé douloureux. Les deux hommes ont été pris dans la tourmente de la guerre en ex-Yougoslavie au début des années quatre-vingt-dix. Et ce qui est arrivé là-bas a bouleversé leur vie.

  • Le catalogue de l'exposition au château d'Oiron présente plus de 170 oeuvres issues de la collection Antoine de Galbert installées pour dialoguer avec la collection permanente d'art contemporain Curios & Mirabilia, rassemblée en 1993 par Jean-Hubert Martin.
    Dans les galeries d'expositions, la collection d'Antoine de Galbert se déploie selon des thèmes qui lui sont propres avec une place importante laissée à l'oeil, au visage et ses expressions, aux blessures. La confrontation entre ces deux collections et le dialogue entre les deux hommes ouvrent à de nouveaux effets de surprises dans le catalogue à travers des collages aussi frontaux que joueurs. Le catalogue présente l'intégralité des oeuvres présentées dans l'espace dont From here to ear de Céleste Boursier-Mougenot, qui fait entendre sa musique entre les murs du XVIe siècle. Plusieurs artistes sont communs aux deux collections : Hubert Duprat, Markus Raetz, Wim Delvoye, Annette Messager, Christian Boltanski, Marina Abramovic, Bertrand Lavier, Nicolas Darrot... D'autres font leur entrée à Oiron : Théo Mercier, Gilles Barbier, Stéphane Thidet, Barthélémy Toguo, Jackie Kayser, Steven Cohen...
    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Château d'Oiron, centre des monuments nationaux, du 27 juin au 2 octobre 2021.

  • Ce manuel constitue une introduction de base à la géographie humaine. Pour initier les étudiants à la géographie classique et à la nouvelle géographie, il traite, en termes généraux, de l'histoire de la discipline, de ses idéologies, de ses problématiques et de ses démarches scientifiques. Par souci d'illustration, il applique concepts et théories aux sociétés rurales, industrielles, urbaines, et aux risques de nos sociétés.
    Témoignage de l'évolution d'une discipline en pleine mutation au sein des sciences économiques et sociales, cette nouvelle édition intègre les apports scientifiques des nouveaux courants de la géographie humaine.

  • « Ce que j'ai vécu en Centrafrique ? J'en ai peu parlé avec ma famille, je n'ai pas eu envie de les tracasser avec ça. - Moi c'est l'inverse, j'ai tout dit. Je pense qu'il faut que les gens sachent ce qu'on fait. Autrement, ils vivent un peu dans les nuages. » Benoît, sergent ; Vianney, lieutenant. Depuis trente ans, des dizaines de milliers de Français se battent dans des guerres du bout du monde. Les paroles de soldats recueillies dans ce livre nous font entendre les voix d'hommes et de femmes, de grands chefs et de soldats qui parlent de guerre urbaine, d'embuscades, d'attentats suicides. Des récits bouleversants qui plongent dans la brutalité des conflits et font vivre en direct l'adrénaline, le stress et l'angoisse de combats dont on ne sort jamais indemne.

  • Cet ouvrage rassemble des contributions d'auteurs différents ayant en commun leurs réalisations dans le domaine de l'innovation de service (lancement d'une nouvelle offre.) et/ou du renforcement de la culture de service (déploiement d'un dispositif innovant de formation.) au sein de l'entreprise SNCF et de ses filiales (Eurostar.) A vocation pluridisciplinaire (approches stratégiques, marketing, RH, sociologiques.), cet ouvrage rassemblera aussi des contributions de nature universitaire issues de différents champs, afin de croiser ces analyses avec les contributions des praticiens issus de l'entreprise.
    L'innovation de service est en effet souvent considérée, dans la littérature académique, comme l'un des leviers fondamentaux de la conduite du changement dans les organisations publiques et parapubliques. L'objet du présent ouvrage est d'en fournir des éléments probants, sous la forme de retours d'expérience et d'études de cas principalement.

  • Comment la recherche agronomique peut-elle aider à formuler des problèmes de décision ? Comment concevoir des modèles qui intègrent une représentation du processus de décision, développer des outils en anticipant leurs usages et les changements qu'ils induiront ? Comment articuler une démarche d'intervention avec la production de connaissances scientifiques ? Comment analyser et rendre compte des apprentissages dans des situations d'action collective ? Cet ouvrage illustre à quel point tout processus de décision relève d'une activité de conception. Des études de cas liées aux pratiques agricoles et à la gestion de ressources illustrent le propos. Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui souhaitent approfondir leur réflexion sur les démarches de conception, enrichir leurs méthodes pour construire des outils utilisables et éclairer leurs modes d'implication dans l'action collective.

  • Réflexions et questions sur l'espace architectural et urbain Nouv.

    Ce texte a un demi-siècle. Je l'avais oublié !
    Cinquante ans plus tard il révélait notre aujourd'hui.
    Je ne regarde plus le monde du haut de vingt-quatre ans, mais de soixante-quinze, et si le monde n'est plus celui de soixante-six, soixante-sept, cet antérieur moment parle de ce que nous vivons aujourd'hui : aucunes solutions n'ont été apportées.
    Il m'a semblé que « redonner » le texte tel qu'il fut était nécessaire pour voir ce qu'il en sera pour notre avenir urbain, car il devrait susciter des réactions suffisamment vives pour être utile à cet avenir vers lequel, qu'on le veuille ou pas, qu'on le pense ou pas, on va et qui sera si nous ne l'infléchissons pas.
    Dans les eaux pré-éruptives (sans le savoir nous préparions ce que l'on nomma les événements éruptifs et utopiques) la condensation était acide et tranchait les silences complices des installés - ce qui n'est plus le cas. Le moment était venu de ne plus obéir au modernisme qui avait fait florès et rendu sa violence : les blousons noirs urbains laissaient place aux hordes des banlieues, Watt brûlait, les villes croulaient sous l'insalubrité et rejetait par l'opulence ses populations à l'extérieur, devenus métèques les travailleurs étaient écrasés modifiés en contrôleur de l'exploitation des autres encore pauvres. La pertinence collective permettait de voir loin. Nous ignorions la puissance des cécités et des conséquences que nous vivons salement aujourd'hui.

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