• Loïc et Hélène ont deux enfants. Ils vivent dans une charmante maison à Libourne. Rien n'aurait dû troubler leur paisible existence, mais il a suffi qu'un ancien camarade de fac de Loïc, l'avocat mondain Richard, les convie à fêter ses quarante ans dans un appartement haussmannien du quartier de l'Opéra pour que tout bascule. Tandis que la soirée bat son plein, Hélène s'assoupit sur un divan à l'écart, sous l'emprise d'un rêve érotique inquiétant. Un inconnu, assis en face, la prend en photo avec son téléphone, juste avant qu'elle ne s'éveille en larmes et que Loïc ne l'oblige à rentrer précipitamment à l'hôtel. Sitôt son mari couché, elle s'éclipse et, telle une somnambule, revient à la fête où l'inconnu, toujours à la même place, saisit la main de sa « belle endormie ». Les voilà qui sortent aux premières lueurs de l'aube, sautent dans un train, puis louent une voiture pour un long périple qui va les conduire en Grèce, où ils trouveront refuge dans une chambre du centre de la capitale hellénique.

  • Soit un complexe hôtelier, récemment construit aux confins d'un archipel ensoleillé. Au jour J de l'inauguration, des autocars climatisés acheminent un premier groupe de vacanciers. Nous découvrons avec eux ce cadre idyllique, d'assez loin d'abord avant d'épier leurs réactions de plus près. Comme s'il s'agissait de cobayes d'une expérience grandeur nature sur le bonheur. Et comme si nous les observions par caméras de surveillance interposées. Et pour cause, aux commandes de la narration, deux personnages s'imposent : un responsable local qui rend compte à son supérieur demeuré en métropole des aléas de cette installation. Leur dialogue à distance plane au-dessus de la mêlée, cherchant à désamorcer le plus infime souci. Pour l'instant, rien à signaler : corps au repos, esprits vidés, état stationnaire. Sur cette presqu'île paradisiaque, tout a été conçu à la perfection. Enfin presque, ce calme apparent pourrait bien s'avérer précaire. Au moindre dysfonctionnement technique, changement de menu alimentaire, retour tardif des enfants, l'ambiance semble prête à virer de bord. Surtout que ce farniente absolu rend chacun sensible aux accrocs mineurs : les éclats de voix d'une querelle de couple, un orage de fin d'après-midi, et plus troublant encore, deux inconnus étendus sur la plage privée, toujours à la même place le lendemain, deux corps inertes ramenés par la marée, raides morts. Et le contexte extérieur n'arrange rien. Par bribes et rumeurs, on apprend que des émeutes ont eu lieu dans le Sud, que l'aéroport est fermé. Plus question pour ces estivants de repartir. Pire, ils vont bientôt devoir accueillir d'autres touristes évacués de leurs résidences gagnées par les combats. L'automne s'annonce, puis l'hiver, des pluies incessantes isolant un peu plus les infrastructures bondées de l'ancien havre de paix. La cohabitation devient difficile, éprouvante, impossible. Le début de quelque chose emprunte à l'imaginaire commun des vacances pour mieux en dérégler tous les sens. Au coeur de cette temporalité immobile, apaisante, protectrice, Hugues Jallon réussit à semer progressivement le doute, puis le trouble, avant que la terreur ne gagne la partie. Et, avec un sens de la dramatisation implacable, il transforme notre utopie la plus familière en un cauchemar éveillé.

  • C'est le milieu de l'après-guerre.
    C'est le temps des rêves, de la puissance des hommes et des machines, le temps des héros sans visage de l'aventure spatiale, celui des explorateurs fanatiques des profondeurs de l'esprit humain, le temps des ingénieurs et des prophètes, celui des théoriciens de la guerre psychologique, tous emportés dans une course glorieuse et sans issue pour la conquête de nos âmes.
    Ils s'appellent Neil, Ayn, Jim, Claude, Ted, Ron, Charles, Veronica. En brouillant les pistes de leurs destins singuliers, Hugues Jallon saisit les pulsions secrètes - mégalomanie, paranoïa, mélancolie - d'un monde qui s'enfuit.
    Mené à un rythme effréné, La conquête des coeurs et des esprits est l'épopée souterraine de ce qui est arrivé à nos rêves.

  • Ce n'est pas ma façon de penser qui a fait mon malheur, c'est celle des autres », disait Donatien-Alphonse-François de Sade. Pour autant qu'on ne réduise pas sa pensée à une pathologie, c'est bien l'exagération et l'outrance de son oeuvre qui a conduit le divin marquis à passer l'essentiel de sa vie en prison, et ses livres à demeures longtemps dans le silence des « enfers » de la Bibliothèque nationale. Cette entreprise philosophique a tour à tour été récupérée par ceux qui voulaient voir en Sade le prisonnier martyr de la monarchie, le chantre de la subversion, l'opposant à la peine de mort et au respect des lois, mais aussi, « l'apôtre des assassins », l'apologiste du crime, et même l'inspirateur de la barbarie nazie.
    Autant de méprises autour de sa pensée nécessitaient quelque éclaircissement. Hugues Jallon, en nous livrant ici une politique de l'oeuvre du marquis, nous invite à comprendre l'évolution de la réflexion philosophique de Sade en y intégrant l'angle fructueux de la relation au droit.
    En plaçant la question du corps, du désir, de la jouissance au centre du débat politique et juridique, Sade reconsidère les fondements du droit en maintenant un état d'insurrection permanent pour ne pas céder à la tentation du respect de la loi. Il passe de la transgression pure et simple au détournement de celle-ci au profit d'un ordre de luxure, organisé autour du crime et de l'arbitraire.

  • Mondialisation, multiculturalisme, justice sociale, biothique, crise du politique : ces termes et ces expressions occupent l'espace du dbat public sans qu'on sache souvent ce qu'ils recouvrent prcisment. Cet ouvrage tente de fournir un clairage aussi prcis et complet que possible sur ces grandes notions et sur les controverses qu'elles suscitent dans le monde politique et intellectuel.

  • Zone de combat

    Hugues Jallon

    Dans la zone de combat, nous enchaînons les méthodes thérapeutiques et les groupes de parole, les séances de coaching et les stages de remise en forme. Pour survivre, il faut se prendre en main. Se plier aux recommandations communes. Entre périls terroristes et accidents domestiques, nous vivons dans la crainte permanente de la désagrégation, physique et sociale. Dans la zone de combat, rien ne distingue plus les périls du monde des territoires intimes. Quelques groupes informes se préparent à l'inéluctable. Ensemble, tout est devenu possible. Un seul mot nous rassemble : la peur.

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