Littérature générale

  • Cachée sous la Venise des cartes postales, il existe une Venise inconnue, celle des églises jamais ouvertes. Jean-Paul Kauffmann a déverrouillé ces portes solidement cadenassées, un monde impénétrable où dorment des chefs-d'oeuvre. Ce récit, conduit à la manière d'une enquête policière, raconte les embûches pour se faire ouvrir ces édifices. Enfant, l'auteur servait la messe dans une église d'Ille-et-Vilaine. Il s'y ennuyait souvent, mais c'est dans ce sanctuaire qu'est née la passion de dévoiler le secret de la chose défendue. Il poursuit cet exercice de déchiffrement à Venise, la ville de la mémoire heureuse, pourtant attaquée sans relâche par le tourisme mondialisé. Pendant des mois, il arpente une Venise hors champ, et y trouve aussi ce qu'il ne cherchait pas. Venise à double tour est un livre sur le bonheur de voir et la jubilation dispensée par la ville qui exalte les cinq sens. On y croise entre autres Jacques Lacan, Hugo Pratt, une belle restauratrice de tableaux, une guide touristique souveraine, un Cerf blanc, le propriétaire d'un vignoble vénitien et un Grand Vicaire, maître de l'esquive.

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  • Remonter la Marne,"un voyage de retour", comme disent les ethnologues qui après avoir ausculté d'autres sociétés reviennent au pays pour l'explorer. Cette rivière, longue de 520 km, l'auteur l'a remontée à pied, depuis sa confluence avec la Seine jusqu'à sa source sur le plateau de Langres. Mince cordon nerveux situé trop près de la tête, Paris. " C'est là qu'il faut attaquer la maison France avec une chance d'en enfoncer la porte", a écrit Fernand Braudel. Les catastrophes nationales surgissent toujours du côté de ce cours d'eau. C'est une France inconnue et inattendue que l'auteur a découverte. Au gré de ses rencontres, il a été envoûté par la France hors circuit, celle qui ne va jamais à Paris et s'en félicite, la France des "conjurateurs", toutes ces personnes qui, sans être marginales, sont sorties volontairement de la course. Ces personnages résistent, à leur façon, au pessimisme contemporain et conjurent les esprits maléfiques de l'époque : l'esprit de lassitude, la fascination pour la décadence, la tyrannie du consensus.Voyage fragmentaire plutôt qu'inventaire, sorte d'extrait, comme on le dit d'un passage d'un livre ou de morceaux choisis, mais aussi d'un parfum concentré. Livre d'odeurs, de paysages encore intacts, d'églises désertes et de villages "démeublés" mais nullement moribonds. Seule la marche permet un rapport au temps, au silence, et le marcheur reste ouvert à l'aventure d'une auberge improbable, d'un barbecue dominical sur les berges ou d'un héron tout droit sorti d'une fable de La Fontaine. Remonter la Marne, c'est retourner en arrière, un désir d'aller vers l'origine, comme on se remémore son passé.   

  • Outre-terre

    Jean-Paul Kauffmann

    Le 8 février 1807, Napoléon a failli tout perdre. À Eylau, en Prusse-Orientale, l'Empereur livre l'une des batailles les plus périlleuses de son règne. Une victoire à la Pyrrhus dont Napoléon n'aimait pas évoquer le souvenir quand il fut exilé à Sainte-Hélène. Le site se trouve aujourd'hui dans l'enclave russe de Kaliningrad, pays étrange annexé par Staline. Jean-Paul Kauffmann voyage sur les traces du colonel Chabert, le héros de Balzac, donné pour mort lors de la grande charge de Murat.

    Outre-Terre est un livre sur le désastre, les revenants et le bonheur d'être vivant.

  • Au retour de trois années de captivité au Liban, dans un état second, le narrateur découvre Les Tilleuls, une maison perdue au coeur de la forêt landaise. Il décide d'acheter cette propriété pour dissiper le souvenir de l'enfermement. Un étrange lien de dépendance va se créer avec cette demeure qui symbolise le retour dans le monde des vivants. Dans une fusion totale, presque païenne, avec la nature dont il a tant été privé, le narrateur campe au milieu des travaux. Il se délecte de cette atmosphère transitoire propre à la convalescence, cet entre-deux qui sépare confusément la fin de l'épreuve du retour chez les humains. Défile une série de personnages inégalement pittoresques : deux ouvriers taciturnes et énigmatiques, l'indéfinissable agent immobilier, un architecte toujours pressé... Cette maison sera-t-elle le lieu de la résurrection ? Vingt ans après, Jean-Paul Kauffmann évoque sa captivité. Allusivement. Avec élégance il a choisi de se garder le plus souvent de l'esprit de sérieux. Jamais complaisant ou victimaire, c'est au contraire un jubilant témoignage sur le bonheur d'être vivant, sur le refus de la fatalité qui résiste à toutes les épreuves.

  • Perdue au milieu de l'atlantique sud, sainte-hélène, l'île d'où on ne s'échappe jamais.
    Un rocher lugubre, battu par les flots et le vent. déporté par les anglais après waterloo, bonaparte s'efforcera, pendant cinq ans et demi, de rester napoléon en dépit des humiliations.
    Amoureux des îles, jean-paul kauffmann s'est embarqué un jour à bord du seul bateau qui dessert sainte-hélène. il découvre ses falaises noires, ses habitants reclus, son gouverneur britannique, son ex-consul de france érudit et misanthrope, ses prisonniers qui pêchent face à l'océan.
    Sainte-hélène : la vie quotidienne dans l'étrange maison de longwood au temps de napoléon, la promiscuité, l'ennui, l'humidité, les rats.
    Récit de voyage et enquête sur les derniers jours de l'empereur, ce livre décrit avec justesse la captivité et l'enfermement.
    La chambre noire de longwood est une méditation sur la mélancolie historique, un huis-clos policier qui atteste que napoléon a bel et bien été empoisonné. par la nostalgie de sa gloire et le regret de son passé.

  • « Aux Kerguelen, archipel français perdu des mers australes, il y a beaucoup de messages abandonnés dans des bouteilles mais nul ne les a retrouvés.
    Depuis quarante ans, je me prépare à ce voyage. J'irai à Port-Christmas pour découvrir l'arche des Kerguelen. Cette voûte de cent trois mètres de hauteur, qui stupéfia tant de navigateurs, évoque l'entrée d'une crypte. Le sens caché de cette France australe longtemps maudite s'y trouve peut-être dissimulé.
    Ces îles dites de la Désolation, où règne le vent, passent pour être le point le plus isolé du globe. La solitude y est extrême, rompue seulement par des troupeaux de moutons, des régiments de chats sauvages, des lapins cachés dans les prairies profondes. On retrouve des tombes partout. Ce que j'entreprends n'est pas un voyage initiatique. Il n'y a pas de Graal à découvrir dans ce district mystérieux que le chevalier de Kerguelen, emprisonné après avoir découvert ces îles en 1772, appelait le "troisième monde". »

  • La lutte avec l'ange

    Jean-Paul Kauffmann

    L'église Saint-Sulpice à Paris referme une peinture énigmatique, La Lutte avec l'Ange. Quel est le sens caché de cette oeuvre que Delacroix a peinte sur un mur à la fin de sa vie ? Intrigué, Jean-Paul Kauffmann a mené une véritable enquête sur l'artiste et cette étrange église où il a choisi de travailler. Méconnue voire méprisée, Saint-Sulpice est un théâtre que Kauffmann parcourt dans tous les sens en examinant surtout l'envers du décor.
    Nous le suivons aussi pas à pas dans un bar de Dieppe, un château du Quercy, un village de l'Argonne, un chêne de la forêt de Sénart, un terrain de golf du Loiret. Dans cette histoire vécue qui ressemble à un roman policier surgissent des personnages : un critique d'art, une conférencière du Louvre, un sacristain, sans parler d'une figure insaisissable, F.-J. Heim, peintre tombé dans l'oubli qui fut le voisin de Delacroix à Saint-Sulpice.

  • En 1989, Jean-Paul Kauffmann fait un voyage singulier dans le Bordelais. Libéré depuis un an des geôles libanaises, il redécouvre le goût et le parfum du vin. Il est alors le rédacteur en chef de L'Amateur de Bordeaux. Au fil des différents terroirs et appellations (Côtes de Bourg, Côtes de Blaye, Pomerol, Graves, Sauternes) il nous livre une philosophie du vin, des odeurs, du goût. Ce texte est aussi un témoignage sur un monde bordelais qui à la fin des années 80 se trouve à un tournant, tiraillé entre l'ordre ancien et la révolution technologique. À travers des portraits de propriétaires qui composent une longue galerie balzacienne, Jean-Paul Kauffmann nous parle d'un monde aujourd'hui révolu. Voyage à Bordeaux est paru hors commerce. Pour la première fois, il est maintenant disponible en librairie dans une édition revue et augmentée complétée par d'autres textes parus dans Le Magazine littéraire ou L'Amateur de Bordeaux.
    Jean-Paul Kauffmann est l'un des écrivains français qui parlent le mieux du vin. Ce récit est un voyage initiatique pour celui qui voudrait découvrir les subtilités du vin de Bordeaux.
    En 1990, Jean-Paul Kauffmann effectue un périple en Champagne. « Le champagne, écrit-il, est plus que d'autres vins le fruit d'un miracle. Sans les caves d'Épernay et de Reims, sans la craie, il n'y avait pas de champagne. C'est un vin qui relève du prodige puisqu'il a relevé magistralement les difficultés pour les transformer en avantages [.] Le miracle du vin de champagne repose sur une adéquation constante au travail de la nature. » À travers ses grandes maisons, au gré du vignoble, Jean-Paul Kauffmann nous révèle les secrets de l'assemblage du champagne, « ce fils de l'air » : « cette impulsion vers le haut que souligne la bulle lie le champagne à l'image du froid, des hauteurs, de la pureté. »

  • A la manière des récits picaresques, l'auteur livre ses pérégrinations dans une province de Lettonie, coincée entre la mer Baltique et le golfe de Riga, jadis duché vassal de Pologne, puis annexée par la Russie, occupée ensuite par les nazis avant d'être conquise par l'Armée rouge. Aujourd'hui, «elle n'a plus d'existence propre». C'est un pays de nulle part, peuplé de carcasses rouillées, de ruines et de plages désertes . Ce road movie baltique au volant d'une Skoda rouge permet de croiser des personnages atypiques mais aussi d'évoquer l'ombre de Mara, que l'auteur a aimée il y a trente ans... Un beau livre mélancolique sur la dérive des sentiments et la traversée des apparences.

  • ecrivain inclassable, victime d'une des plus grandes erreurs littéraires de l'après-guerre, raymond guérin est mort à cinquante ans.
    romancier scandaleux, il reste incompris par son obsession de tout dire et de par une écriture insaisissable qui le portait à changer délibérément de manière à chacun de ses livres. agent général d'assurances à bordeaux, il avait commencé comme garçon d'étage au crillon, à paris. prisonnier en allemagne, sous-officier réfractaire, il rata le goncourt en 1941. de cette captivité qui le brisa, il revint avec un livre d'une noirceur irrémédiable, les poulpes, chef-d'oeuvre de dérision écrit dans une langue dont on n'a pas encore mesuré la profonde originalité.
    découvert par jean grenier, admiré par paulhan, arland et gide, ami de henri calet, henry miller, cartier-bresson et malaparte, l'auteur de l'apprenti a fait exploser les genres littéraires en forgeant une " mythologie de la réalité ". polémiste féroce à la parisienne, il n'acceptait pas le monde dans lequel il vivait mais surtout ne s'acceptait pas lui-même. cet ouvrage n'est pas une biographie littéraire au sens traditionnel.
    après le succès de la lutte avec l'ange, jean-paul kauffmann pousse la porte du 31, allées damour, s'installe derrière le bureau de guérin, s'imprègne de son univers et retrace le parcours d'un homme tendre et cassant, qui a voulu incarner de manière pathétique la figure de l'écrivain absolu.

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    Ces îles dites de la Désolation, où règne le vent, passent pour être le point le plus isolé du globe. La solitude y est extrême, rompue seulement par des troupeaux de mouflons, des régiments de chats sauvages, des lapins cachés dans les prairies profondes. On retrouve des tombes partout. Ce que j'entreprends n'est pas un voyage initiatique. Il n'y a pas de Graal à découvrir dans ce district mystérieux que le chevalier de Kerguelen, emprisonné après avoir découvert ces îles en 1772, appelait le "troisième monde".>>
    J.-P. K.

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