Sciences & Techniques

  • La médecine d'aujourd'hui se cherche, quelque part, entre art complexe et science humaine.
    Mais l'homme, lui, se heurte, depuis toujours, à l'impossibilité d'être ou d'avoir son être.
    L'humain vassal est condamné à en découdre avec le langage et ses équivoques. Si bien qu'aucun codage, aucun logiciel, aucune objectivation, n'aura raison de la dialectique fondamentale et intime qui lie l'être humain à sa corporéité via ses perceptions, ses discours, son image et ses idéaux.
    En ayant opté pour une maîtrise essentiellement comptable des dépenses de santé, les Pouvoirs Publics espèrent mettre un terme à la dérive budgétaire.
    C'est sans doute une erreur. Les faits le prouvent déjà. Les médecins ont donc un défi à relever : faire prévaloir leur éthique, absolument. Car seule l'éthique est apte à garantir la pertinence de l'acte médical, donc de son coût.
    Placé entre la liberté et la nécessité, le questionnement éthique est fondé sur une référence tierce. L'éthique est un souci dont le ressort est dialectique, la formulation interrogative, l'intention, une esthétique du rapport à l'être, et l'effet, un accomplissement résolutif.
    Dès lors, cette référence tierce, pourquoi ne pas lui offrir un visage ? Là est la clé de voûte de l'architecture que propose l'Association Nationale pour l'éthique de la médecine libérale.

  • Les essais rassemblés ici cherchent à esquisser ce que l'on aimerait appeler une critique de science. Non pas une critique de la science où elle serait d'emblée mise en accusation, mais plutôt un questionnement sur ses tenants et aboutissants, qui aide à en comprendre, sans les séparer, les contenus, la nature et les enjeux.

    Le titre de ce livre, s'il trouve son origine dans le paradoxe qui permet d'assigner à l'ombre une vitesse supérieure à celle de la lumière, renvoie surtout à la crise du projet des Lumières et à la sombre perspective d'une technoscience qui ne délivrerait plus que d'obscures clartés.

    La stratégie suivie dans ces études consiste, pour mieux comprendre l'activité scientifique, à en explorer les limites, à partir de questions singulières mais éclairantes: pourquoi les physiciens, depuis quatre siècles, s'intéressent-ils à l'Enfer? d'où vient le mythe des sept couleurs de l'arc-en-ciel? quelle est la portée des lettres de l'alphabet dans les formules (cabalistiques, effectivement) de la physique? que nous disent de la science les anecdotes qui courent sur les grands savants, et sur Einstein au premier chef? la science a-t-elle une universalité transculturelle? le partage du savoir ne demande-t-il pas aussi celui de l'ignorance? y a-t-il une Muse de la science?

  • Ce que la science sait est une chose, ce que la science est en est une autre.
    Un physicien, amateur d'histoire et de philosophie des sciences, répond aux questions perspicaces de sa petite-fille en s'attardant sur ce qu'elle est : Pourquoi y a-t-il plusieurs sciences différentes ? Que font vraiment les chercheurs dans leurs laboratoires ? La science pourra-t-elle tout expliquer ? À quoi sert la science ? Quel rapport a-t-elle avec la vie ?
    Car, les écoliers et les collégiens ne le savent pas assez, l'activité scientifique est reliée aux autres pratiques humaines ! L'auteur évoque donc ce que la science a de particulier, comment elle a évolué au cours des siècles, les échanges qu'elle entretient (ou pas) avec la culture littéraire et artistique, ses rapports avec la technique, la politique, voire le sport.
    Ce dialogue, vif et ouvert, à contre courant des idées reçues, nous fait partager les questionnements, les difficultés mais aussi les grands plaisirs que peuvent procurer les sciences.

  • Ce livre rhapsodique réunit des essais sur l'histoire, la culture, la philosophie, la littérature, la langue, des sciences modernes. Il s'agit, comme dans une éprouvette de chimiste, de provoquer des réactions entre ces diverses matières de pensée, dans l'espoir de voir se produire des combinaisons inédites et stimulantes.
    La science aujourd'hui est trop complexe quant à son travail propre, trop impliquée dans les rapports sociaux, trop liée aux formes idéologiques dominantes, pour n'être analysée qu'en termes épistémologiques, sociologiques ou historiques séparés. C'est de tous côtés à la fois qu'il s'agit de la comprendre - et, peut-être, de la transformer.
    De la confrontation entre une histoire de la science à venir, une analyse du réel selon la physique, une réflexion sur les rapports de Simone Weil ou de Bergson avec la science, une relecture moderne de Lucrèce, un apologue sur l'ignorance savante, une visite au chat de Schrödinger, une lettre à Marie Curie et une autre à Gustave Flaubert, un éloge des controverses, une lecture critique de la culture scientifique, un divertissement sur la chute des astronomes dans les puits, un scénario de science-friction, etc., on souhaite que se dégage une certaine effervesc(i)ence.

  • Pourquoi le ciel est-il bleu ? Qu'est-ce que le rayon vert ? Et quelle est la couleur du ciel sur Mars, Vénus ou Titan ? Y a-t-il des arcs-en-ciel de Lune ?
    Entre la physique et l'astronomie, le grand physicien épistémologue Jean-Marc Lévy-Leblond explique, avec le talent d'un conteur, les phénomènes célestes qui nous entourent et mettent de la couleur dans notre monde.
    Il évoque les phénomènes physiques et aussi les savants tels que Galilée qui pour lui a apporté d'essentiel : l'idée que le monde céleste et le monde terrestre ne font qu'un et que les lois physiques y sont les mêmes, à l'encontre de la tradition aristotélicienne qui séparait le monde terrestre, le nôtre, monde de l'imperfection et du changement, du monde céleste, monde de la perfection et de l'immuabilité.

    Un formidable texte sur les interrogations mais aussi des plaisirs que peuvent susciter les sciences.

  • Cet ouvrage reprend trois conférences, données au Collège de la Cité des sciences et de l'industrie, sur les conceptions que la science moderne se fait de la matière. Il traite plus particulièrement de l'impact sur ces conceptions des révolutions quantiques et relativistes qu'a connues la physique au 15
    début du XXe siècle. L'accent y est mis sur la nouveauté et l'originalité des idées plutôt que sur les détails de la connaissance des objets ou sur le travail expérimental qui a révélé ces objets et permis d'élaborer ces idées. La visée de l'ouvrage est donc à la fois culturelle évitant tout recours au formalisme et privilégiant les concepts, il s'adresse à un lectorat cultivé mais nullement
    spécialisé , et épistémologique il entend fournir à ce lectorat une vision originale des concepts de la physique moderne, plus claire que les présentations usuelles trop souvent prisonnières de contingences historiques dépassées. La première partie expose les bouleversements apportés par la théorie à notre représentation des objets physiques élémentaires, qui ne peuvent plus être considérés comme des « particules », ni d'ailleurs comme des ondes. La seconde partie traite de la façon dont la relativité einsteinienne, transformant radicalement nos idées sur l'espace et le temps, modifie aussi les notions dynamiques que nous attribuons aux objets physiques, notamment celles de masse et d'énergie. La troisième partie montre comment, dans un cadre quantique et relativiste, les interactions entre objets matériels acquièrent une complexité et une plasticité très supérieures à la description classique en termes de forces. On examine en conclusion les limitations imposées à la physique fondamentale contemporaine par son contexte social et économique.
    Le texte de ces conférences, quoique largement repris à partir de leur enregistrement, garde la trace de cette origine, de façon à conserver, on l'espère, quelque chose de la vivacité qui a animé la présentation orale.

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