• Au suivant

    Noyau

    Il faut le savoir: Noyau est un salaud. Ne l'invitez pas: une fois chez vous, il s'assiéra dans un coin, ne pipera pas un mot, mais observera vos moindres gestes d'un oeil aussi placide que perçant. Puis une fois rentré chez lui, il sortira ses plus belles gouaches, s'armera d'un pinceau bien trop usé, et fera de vous ou vos proches un portrait aussi beau (dans la forme) qu'acide (dans le fond). On vous prévient: Noyau est un sale type. On le voit bien dans ce livre, Au suivant, composé d'une suite de portraits qui se déploient systématiquement sur deux pages, comme celui de Melvin, qui décide de se passer de tout, mais pas de l'aide financière de ses parents; Nino, hipster barbu, qui prend tellement de soin à préparer son expresso que l'heure de l'apéro arrive avant le première tasse; ou Odile, qui ne partage pas ses théories complotistes avec son fils, car comment savoir si celui-ci n'est pas un extra-terrestre?... Méfiez-vous: Noyau est un triste sire. Pourtant, par le passé, certains éditeurs lui ont accordé leur confiance, à l'instar de Frédéric Pajak, qui, au sein des Cahiers Dessinés, a publié ses précédents livres, comme Dessins au doigt, L'Art de Vivre ou Les Doigts sales; ou encore Actes Sud, chez qui il a commis L'oeuf, en compagnie d'Anna Sommer. Des livres tous magnifiques, et c'est peut-être là que réside le mystère Noyau: comment un être aussi malfaisant et dangereux peut être également un dessinateur aussi génial? Bon, en tout cas on vous aura averti, Noyau est méchant, comme son livre. Méchant et même féroce envers ce triste monde et ceux qui le peuplent, on pourrait même dire carrément cinglant et politiquement peu correct, mais il faut bien l'admettre: à l'arrivée c'est bon, et ça fait du bien.

  • Le bon goût

    Noyau

    Une danseuse étoile accouche en pleine arabesque, un vendeur de kebab musulman découpe la viande sur sa broche en forme de femme nue, les Trois Mages assistent avec ferveur à une échographie moderne, Narcisse, quant à lui, se mire dans le noir de l'anus... Nous rions et nous tremblons en tournant ces pages : barbotant dans la gouache avec l'innocence et la jubilation d'un garnement dans son bac, Noyau ne recule devant aucun excès pour révéler dans sa vérité crue l'hallucination collective du temps présent. Et, toujours, une virtuosité époustouflante, un art particulier de la composition, des cadrages détonants.

  • Dessins au doigt

    Noyau

    Une quarantaine de dessins exécutés au doigt à la gouache noire sur des feuilles de 150 x 150 cm, de façon à la fois expressionniste et ultra réaliste dans le rendu des matières - bois, plastique, cuir -, des peaux, des plumes d'oiseau, une noix, une huître ouverte. Contrairement aux premiers dessins au doigt publiés dans Les Cahiers dessinés en 2002 (Les Doigts sales), cette série souligne le relief des objets ou des êtres représentés. Chaque sujet est traité comme l'agrandissement d'un détail, projeté sur un fond blanc comme s'il s'agissait du vide. C'est donc un curieux ensemble très graphique, très singulier, et qui rappelle étrangement nos rêves obsessionnels, avec cette particularité d'osciller toujours entre la virtuosité et le détachement (avec humour) .
    Le texte de présentation retrace la carrière non-conformiste de ce dessinateur, peintre et graphiste, qui a débuté à la fin des années 1980. Anecdotes, soubresauts, expériences, confidences.

  • Les doigts sales

    Noyau

    C'est au Japon que Noyau a dessiné ses premiers livres-objets.
    Dessiné ? Oui, mais avec les doigts trempés dans la gouache noire. Poses érotiques, explosions orales, anales ou génitales, il a fait danser ses personnages sur de grandes feuilles qu'il a assemblées en différents albums. Et chaque album, limité à un exemplaire unique, fut exposé dans une galerie, soigneusement refermé sur une table, pour surtout ne rien donner à voir. Car Noyau, pudique et secret comme tous les excessifs, s'ingénie à tout dissimuler ; mais ses livres s'ouvrent soudain et les voilà qui révèlent le fruit longtemps défendu d'un dessinateur virtuose.

  • L'art de vivre

    Noyau

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Noyau pourrait très bien nous dessiner telle ou telle situation d'un trait noir, direct, sans chichis. Mais voilà, il ne se contente pas des codes éprouvés du dessin d'humour, il va chercher la composition la plus savante, le cadrage inhabituel, la plongée ou la contreplongée malaisée, sans parler du jeu subtil des surfaces et des matières. Et c'est précisément parce qu'il en appelle à cette extrême difficulté que s'offre à lui une autre vision des choses. La réalité prend des airs inédits : les voitures roulent sans roues, les portes s'ouvrent sur des murs, le chasseur ne chasse qu'avec ses gardes du corps, toute une ville brûle dans l'âtre de la cheminée, et les objets les plus variés se transforment en pain, croissant, biscuit. Pour bien nous faire sentir sa réalité à lui, il évoque quelques souvenirs d'enfance, en noir et gris, comme sur des photos d'autrefois. Il nous rappelle ainsi que son regard sur le monde ne date pas d'hier. C'est une longue histoire. Il fallait une virtuosité époustouflante pour que nous l'admettions.Un monde à l'envers plus riche de détails et de nuances que le vrai.

  • Bonnes vacances salbette !

    Noyau

    Salbette, le petit putois, doit se rendre à l'autre bout de la ville chez son père, un homme d'affaires divorcé trop occupé, pour partir en vacances. Le trajet en bus qu'il entreprend seul, s'avère plus compliqué que prévu. Arrivera-t-il à temps pour s'envoler vers les mers du sudoe Les rencontres survenues sur cette courte distance ne sont-elles pas aussi exaltantes qu'un lointain voyage?

  • L'oeuf

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    Anna Sommer et Noyau ont écrit et dessiné cette histoire à quatre mains, l'une par un délicat collage, l'autre par le biais des petits tableaux cachés dans l'image. Au premier plan, l'histoire d'un couple oiseaux qui n'arrivera pas à sauver l'oeuf brisé par la fatalité. En arrière plan, une humanité écorchée en équilibre sur une arbre qui va devoir réapprendre à voler.

  • Mix & Remix, Noyau et Pajak se rencontrent à la fin des années 1980 et, depuis, travaillent et créent régulièrement ensemble, en Suisse et en France. Afin de pouvoir publier librement leurs premiers dessins, Pajak devient l'éditeur de plusieurs journaux et magazines, où les trois artistes auront l'opportunité de forger leur style.
    La Nuit, « hebdomadaire satirique », est publié en 1986. Il est suivi de Good Boy, un guide culturel de concerts et de chroniques musicales, distribué gratuitement à plus de 100 000 exemplaires de 1989 à 1994.
    La musique est l'une de leurs principales influences. Ils invitent alors de nombreux dessinateurs à participer à leur aventure éditoriale :
    Martial Leiter, Poussin, Anna Sommer, H.-R. Giger, Pier Geering, Gébé, Lulu Larsen, Pascal. Suivront la revue Culte (1992), L'Éternité Hebdomadaire (1994), puis, en France, L'Imbécile de Paris (1991-2006) et enfin 9 Semaines avant l'élection, hebdomadaire éphémère (2012).
    Mix & Remix, Noyau et Pajak ne pratiquent pas seulement le dessin de presse, mais ils réalisent également des peintures, des affiches, des tracts. Les Étoiles souterraines reproduit une large sélection d'oeuvres graphiques : peintures, dessins, caricatures, illustrations, bandes dessinées, photos ; des documents d'époque et des textes d'Antoine Duplan, Alain Croubalian, Silvain Gire, Pierre-Jean Crittin et Philippe Garnier, ainsi qu'un entretien à trois voix et un nouveau tour de piste, en textes et en dessins.

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