Seuil

  • Philippe Artières découvre un jour dans le grenier d'une maison de vacances une liasse de documents relatant un drame familial survenu le 12 octobre 1925 à Rome : un de ses grands-oncles, jésuite, meurt assassiné en pleine rue par un soldat fou. Il se porte alors candidat à la Villa Médicis et le voilà in situ, prêt à partir sur les traces infimes qu'a laissées l'assassin, Bambino Marchi, dans une prison, un hôpital, des archives et des dossiers médicaux. Le narrateur invente des voix pour faire revivre cet hommes et d'autres anonymes, et va jusqu'à enfiler une soutane, entrant ainsi dans le personnage de son aïeul dans les rues de Rome, assistant à des messes, se plongeant dans les querelles jésuites de l'époque, et surtout se glissant dans la folie de l'assassin. Philippe Artières agence les fragments de cet épisode familial en reconstituant les instants de cet événement traumatique replacé dans son cadre historique (l'Italie fasciste des années 1920-1930). Il devient le biographe romancier de ces passants du passé car les archives ne sont pas toujours celles qu'on croit, ni forcément définitives.

  • Ce texte est composé de trois histoires contemporaines entremêlées et inscrites dans un même territoire : la Lorraine. La première histoire est naturelle, c'est celle de la forêt, celle qui couvre les contreforts du massif vosgien. Elle démarre à la Révolution française en traversant les trois guerres avec l'Allemagne voisine pour s'achever par la tempête de 1999. Ce récit se focalisera sur un massif particulier de Meurthe-et-Moselle.
    La deuxième histoire est sociale, c'est celle du bassin houiller lorrain lors d'un événement isolé : la longue grève que menèrent plusieurs milliers de mineurs du 1er mars au 4 avril 1963 et qui annonça le début de la fin de l'exploitation du charbon en Lorraine. Il s'agit d'une chronique minutieuse de ces 35 jours de lutte. La troisième histoire est intime : il s'agit de la biographie d'un enfant, Horace, né le 3 août 1962 et mort le 22 mars 1965.
    Elle se situe à quelques kilomètres de Forbach, à Valmont. Ce dernier récit est un journal construit comme un album photographique qui s'achève par la disparition tragique de l'enfant.

empty