Sciences humaines & sociales

  • En 1971, un plateau du sud de l'Aveyron inconnu de la majorité des Français, le Larzac, surgit dans l'actualité. Un projet d'extension du camp militaire est alors le théâtre d'une contestation menée par une centaine de paysans. Formidable laboratoire de nouveaux modes d'action, objet de convergence de luttes pendant une décennie - celles des agriculteurs, celles de la non-violence et de l'autogestion, celles également de l'Occitanie et de l'écologie - le Larzac devient un symbole de la résistance contre l'arbitraire politique.
    Ces événements ne constituent pour autant qu'une partie de l'histoire de ce lieu désertique. En proposant une approche de longue durée de ce plateau calcaire, qui s'ouvre par les traces des premiers peuplements, progresse de siècle en siècle, de l'occupation romaine à l'installation des Templiers, du développement de l'industrie du cuir à celle du fromage de Roquefort, du campement des soldats réservistes au camp d'internement des membres du FLN pendant la guerre d'Algérie, c'est un peuple du divers qui apparaît au fil des pages. Un peuple composé d'humains et de brebis, de sorcières et de potiers, de bergers et de paysans, d'ouvrières et de soldats, de prisonniers et de militants...
    La perspective d'histoire profonde adoptée ici montre que ce territoire-palimpseste fut tout au long de son histoire un lieu d'invention collective, une invention nécessaire pour habiter le monde et faire communauté, pour garder intacte la perspective d'une vie plus libre, solidaire et égalitaire.

  • Dans un petit texte, dense, manifeste, l'historien et écrivain met en scène ceux à qui il ne reste que l'écriture, dans un monde plein d'oubli et d'effroi où on vous arrête pour avoir griffonné quelques notes dans un carnet. Un monde sans histoires, parce que l'Histoire en a été effacée. Une sorte de traversée typographique de la ville où il s'attache à faire le relevé de toutes les formes d'écriture clandestine et leur rend hommage.

    Écrire pour agir sur le monde. Écrire pour exister ensemble. Ghostwriters est un appel à lutter contre le silence, arme majeure des dictateurs, une ode à celles et ceux qui écrivent.

    Ghostwriters est le quatrième titre de la collection « Diaporama », qui invite des écrivains à parler de leur travail en s'appuyant sur des images de leur choix. Dans la même collection : Boîte noire de Tanguy Viel, Chromes de Maylis de Kerangal, Sept et huit neuf de Thomas Clerc.

  • Le dossier sauvage

    Philippe Artières

    Sous ce titre énigmatique, Philippe Artières se met en scène dès les premières pages, recevant un dossier cartonné intitulé « Vies sauvages » qui semble avoir été constitué par Michel Foucault. Cette collection inédite contient des liasses de documents sur des individus s'étant retirés du monde au XIXe et au XXe siècle. On assiste au dépouillement progressif du dossier dont la plupart des pièces sont reproduites intégralement. Parmi ces photocopies et notes manuscrites du philosophe, trois sous-chemises recèlent une matière plus abondante : des articles de presse et un rapport de l'Académie royale de médecine de 1865 relatifs à Laurent, alias le « Sauvage du Var » qui fit alors l'objet d'un engouement médiatique et scientifique ;
    Les notes, manifestes et témoignages (partiellement traduits de l'anglais) à propos d'un mathématicien américain, alias TJK, parti se réfugier dans les forêts du Montana au début des années 1970 ; enfin, le portrait d'un ermite en soutane de la fin du XIXe siècle qui, isolé dans les monts du Forez, y fut assassiné par Ravachol.
    Que recherchait Foucault en rassemblant ces trois figures d'époques et de motivations si différentes ? Pour celui qui pratique depuis longtemps la fouille des sources foucaldiennes, ces cas d'étude sont à la fois familiers et surprenants. Ils vont faire ressurgir dans la mémoire de l'auteur un homme des bois ayant marqué sa jeunesse : Jean. Au cours de ses études universitaires, Philippe Artières a en effet consacré à ce marginal vosgien un récit fragmentaire qui, s'il ne fait pas partie du corpus d'origine, s'y intègre tout naturellement.
    A ce stade de la lecture, on commence à s'interroger sur le degré de réalité de ce dossier posthume. Michel Foucault en est-il le compilateur initial ou est-ce plutôt un « rêve d'histoire » qu'on doit à Artières ?
    Enquête documentaire, récit introspectif et jeu de pistes fictionnel, Le dossier sauvage se lit comme un roman d'aventures au pays des archives.

  • Annoncer, militer, célébrer, revendiquer, dénoncer...

    La banderole s'infiltre partout. À la fois document et geste, on l'aperçoit dans les gradins des stades, agitée par les supporters, ou brandie par des fidèles dans des processions religieuses. Mais de Nancy à Santiago, de Londres à Gdansk, la banderole et sa puissance graphique sont surtout mises au service des villes en révolte.

    Quel pouvoir peut avoir une parole silencieuse ? Comment cet instrument politique est-il mis en scène ? Quel avenir peut-on imaginer pour la banderole à l'heure où les formes de l'écrit se renouvellent ?

    En explorant la plasticité incroyable des messages contestataires, Philippe Artières démontre qu'en filigrane de l'histoire de la banderole se dessine celle, captivante, des luttes sociales aux XXe et XXIe siècles.

  • A partir de 1967, Michel Foucault s'essaye à un répertoire d'actions plus classique sous la forme de signature de pétitions, appels et autres lettres ouvertes. Le présent volume en donne à lire les principaux, que Michel Foucault cosigna jusqu'à sa mort prématurée en 1984. Un portrait méconnu du philosophe apparaît à travers ces textes, le dessinant à la fois attentif à ce qui survient en France mais aussi aux quatre coins du monde.

  • « Ce que je me rappelle bien, c'est que le soir, au lit, avant de m'endormir, je me représentais en train de tuer ou de faire souffrir de jeunes garçons [...] alors ma «verge» grossissait [...] et il me semblait que je jouirais véritablement et que je serais soulagé dès que je pourrais réaliser ce que je me représentais?».

    Jean-Marie Bladier, 17 ans, a écrit ces lignes dérangeantes après avoir étranglé et décapité, le 1er?septembre 1905, dans la forêt de Raulhac (Cantal), l'un de ses jeunes camarades âgé de 13 ans, Jean Raulnay. L'assassin, encouragé par des médecins de l'époque, dont le célèbre professeur Lacassagne, a rédigé une «?sidérante?» autobiographie. Bladier y décrit avec une inédite minutie l'histoire de son état mental, au point que les experts, dans leur rapport sur ce cas de «?sadisme sanguinaire congénital?», n'hésitèrent pas à le citer, parfois longuement.
    Comment comprendre ce fait divers de la France des débuts du xxe?siècle, tiraillée entre archaïsme et modernité, catholicisme, traditions rurales et laïcisme républicain?? Comment lire en historien ce double acte de tuer et d'écrire?? Comment interpréter la puissance de cette écriture si incommodante??
    Exhumant de précieuses archives, Philippe Artières se confronte à la figure oubliée de cet élève du petit séminaire destiné à la prêtrise avant de commettre ce meurtre. Il propose une autre manière d'écrire l'histoire du crime et des sexualités, à la croisée de l'histoire et de l'anthropologie.

  • Philippe Artières, historien passionné d'art contemporain et de littérature fragmentaire, laisse dans cet ouvrage libre cours à ses désirs secrets de chercheur, dans une approche de l'Histoire joyeusement savante, personnelle et insolite. Réunissant de courts textes très divers, Rêves d'histoire propose une anthologie de rêveries ou, plus exactement, de " désirs d'histoire " encore non explorées. On y trouvera donc des idées brutes, des pistes incongrues, des domaines de recherche à arpenter, parfois nées à la lecture d'une source ou d'une archive qui révèle son imaginaire potentiel, ces îlots encore vierges qu'aucune carte n'avait encore répertorié.
    Mais l'historien n'est pas romancier à proprement parler, plutôt collecteur de détails, explorateur du plus simple ordinaire. Et s'il ne prétend pas plus emprunter la posture du demiurge que renoncer à l'honnêteté intellectuelle du chercheur, il se fait ici résolument homme de récits. Ou comment raconter l'histoire de la ceinture, des ordonnances médicales, de la tombe de Pétain (le " salaud de Yeu "), des routes, de la banderole, etc.
    Brièvement développées, agrémentées d'allusions autobiographiques et organisées en trois parties (Objets/Lieux/Traces), ces échappées ouvrent autant de champs de recherche dont on se plaît à imaginer la fécondité, parfois vertigineuse - mais souvent à l'état d'ébauche, elles sont inscrites dans la frustration de l'inachèvement. Un exemple parmi d'autres : autour d'une réflexion sur la cloison, procédant par digressions successives, l'auteur propose une histoire croisée du confessionnal, du parloir et de l'hygiaphone - de quoi faire apparaître toute une géographie de la parole dans nos sociétés, ce qui ne nous étonnera pas chez ce foucaldien de la deuxième génération.
    Au terme de ce recueil, Philippe Artières revient dans une postface-manifeste inédite sur toutes ses tentations d'écriture et interroge " cet hybride objet qu'est le récit historique ".

  • Cet ouvrage cherche à montrer comment l'écrit devient l'objet d'un nouveau regard policier au tournant des XIXe et XXe siècles. L'auteur s'intéresse à la manière dont les écrits, dotés tout à coup d'une puissance subversive, deviennent un objet d'attention privilégié pour les policiers dans l'espace urbain ; ceux-ci se mettent à lire les affiches, à noter et effacer les graffitis ou les billets illicites, à décrire avec moult détails les fragments d'écriture trouvés sur les murs ou dans les lieux publics...
    De cette véritable invention de l'écriture dangereuse, naît et se développe un savoir policier sur l'écriture absolument inédit, différent de celui, contemporain, des médecins et de leur clinique.

  • Au cours des décennies 1970 et 1980, Michel de Certeau a proposé d'introduire les théories psychanalytiques dans le travail de l'historien. De nombreux livres et articles ont salué l'originalité et la fécondité de son oeuvre. Ce volume tente de penser, après ce moment "Certeau", la présence, aujourd'hui, de la psychanalyse dans les études historiques. Partant du constat que la psychanalyse ne constitue plus aujourd'hui la discipline miroir avec laquelle les sciences sociales ont longtemps dialogué, il est apparu nécessaire d'interroger cette distance, et de demander à une génération de chercheurs comment ils envisagent aujourd'hui cette relation. Au moment où se constituent les archives de la psychanalyse, alors que la figure de l'historien à la première personne domine, et tandis que les travaux sur les archives ne cessent - l'air de rien - de s'approprier un vocabulaire très largement analytique, reposer la question de ce voisinage a semblé utile pour mieux comprendre comment s'écrit l'histoire aujourd'hui.

    Selon des modalités d'écriture très diverses, les neuf contributeurs de ce dossier ont ainsi accepté de se livrer à un exercice singulier. Archéologues, archivistes, historiens du contemporain ont repris au sérieux cette question de la psychanalyse en posant noir sur blanc la manière dont elle travaille leurs recherches : ainsi est-elle tantôt objet, tantôt outil, mais elle apparaît parfois aussi comme l'enjeu central de la quête historienne.

  • Prendre au sérieux l'idée de contemporanéité, faire se télescoper ce qui coexista et se risquer à produire un collage qui donnerait à voir, en un même livre, les écrits d'une carmélite et ceux de criminels, en un même chapitre les lettres de menaces envoyées par d'anonymes anarchistes et les lettres d'intercession écrites au front par les poilus, en une même page les commentaires des théologiens et ceux des graphologues de l'affaire Dreyfus. Produire par ce montage une biographie collective d'un moment de notre histoire sociale et politique. Laïciser Thérèse pour montrer qu'elle fut certes la fille de saint Jean de la Croix et Thérèse d'Avila, mais également, le fruit de la société française des lendemains de la Commune, le véritable monument de papier de la IIIe République. En suivant Thérèse au fil de ses petits papiers, c'est une vie de rien qui se dévoile, une existence comme en dehors de l'histoire et qui pourtant va s'y inscrire par l'écriture. Là est sans doute le plus remarquable à plus d'un siècle de distance : l'extraordinaire destin de la figure de Thérèse Martin ne tient pas dans son exceptionnalité mais dans son caractère profondément ordinaire ; elle apparaît comme une passionnante figure pour comprendre l'histoire de l'écriture depuis les années 1880 jusqu'à aujourd'hui. C'est une plongée au milieu des archives minuscules, dans les boucles de l'écriture de la jeune carmélite morte en 1897 que l'ouvrage nous propose, dressant un portrait polyphonique de la petite sainte.

  • De l'écharpe des suffragettes aux poitrines nues des Femen, des slogans étudiants de Mai 68 écrits en lettres rouges au drapeau de Solidarnosc, du portrait de l'homme tombé « pour la cause du peuple » aux slogans d'Act Up projetés sur les murs de la ville, la banderole peut prendre mille et une formes. Instrument politique s'adressant au pouvoir pour revendiquer ou dénoncer, appelant au ralliement à une cause ou simplement informatif, cet objet à la plasticité incroyable est de tous les soulèvements populaires du XXe et du XXIe siècle. Une histoire matérielle et incarnée des luttes contemporaines.

  • Le 12 octobre 1925, le Père Gény est assassiné dans une rue de Rome.
    Accompagné de deux photographes, Noëlle Pujol et Andreas Bohlm, Philippe Artières a reconstitué la dernière journée de ce philosophe jésuite, qui avait ses entrées au Vatican et qui est mort dans un banal fait divers.
    Le résultat est, après Le Dossier Bertrand, un nouveau « Jeu d'histoire », qui se compose en quatre parties :
    - le récit de l'événement ;
    - une biographie illustrée de documents d'archives ;
    - un roman photos ou plutôt une mise en scène photographique où l'auteur tient le rôle du Père Gény ;
    - une synthèse qui propose une analyse de la démarche et de la méthodologie et un questionnement sur ses enjeux historiques et esthétiques.
    Des jeux d'enfants au cinéma, des jeux de rôle grandeur nature aux arts plastiques, et, bien sûr, de la police criminelle à l'archéologie, Philippe Artières interroge la pratique de la reconstitution, entre réalité et fiction, entre jeu théâtral et expérimentation.
    C'est la façon dont l'histoire s'écrit, se compose et se recompose qui est ici décryptée.
    La figure de l'historien est au centre de cette reconstitution.
    Et, avec l'impertinente pertinence qui le caractérise, P. Artières interroge les motivations des historiens : « Qu'êtes-vous en train de chercher sur vous-même en travaillant sur les hommes et les femmes du passé ? Quelle est cette part d'ombre que vous traquez dans les liasses, les livres et autres imprimés ? »

  • Eminent professeur de médecine légale à Lyon, Alexandre Lacassagne s'est donné pour visée, à la fin du siècle, d'étudier le phénomène criminel sous ses différents aspects : en comprendre l'histoire, la fréquence, mais aussi identifier ses auteurs, saisir leurs personnalités et leurs meurs.
    Il a ainsi constitué une formidable collection de documents et d'objets divers glanés dans les prisons (carnets de tatouages, dessins sur papier à cigarette, poèmes, lettres, chansons, dictionnaire d'argot...) et encouragé les détenus à la rédaction de cahiers et de récits autobiographiques. Ces traces exceptionnelles en disent long sur le quotidien de la détention et sur l'expérience de l'exclusion sociale.
    Mais elles disent aussi la démarche singulière d'un homme qui, en maître d'écriture, a permis à ces prisonniers d'exprimer une multitude d'émotions: un rêve, une crainte, une peur. Ainsi invitait-il ceux qui étaient l'objet de tant d'écrits - des juges et des avocats, des experts, des journalistes, de l'administration pénitentiaire - à être pour la première fois sujets d'écriture et scripteurs de leur propre histoire.

  • Émile Nouguier, jeune « Apache » de la Belle Époque, souteneur, chef d'une bande de voleurs, attiré par les thèses anarchistes, est incarcéré pour meurtre à la prison Saint-Paul de Lyon et condamné à mort. En 1899, il rencontre le professeur Alexandre Lacassagne, fondateur de la criminologie française qui, accompagné de ses étudiants, rend souvent visite aux détenus. À la demande du professeur, qui remarque son goût pour l'écriture et souhaite comprendre les motivations profondes des délinquants, Émile Nouguier entreprend de rédiger son autobiographie et couvre alors à l'encre noire plusieurs cahiers d'écolier. Philippe Artières nous fait découvrir cette oeuvre surprenante et, dans un commentaire éclairant, met en relief l'intérêt de ce texte majeur pour l'histoire de la déviance sociale.
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  • Une décennie durant, entre 1966 et 1976, la société française est secouée par un mouvement inédit. Des milliers d'hommes et de femmes contestent l'ordre établi. La société en modifiant durablement son imaginaire, le politique devient l'affaire de tous... Et l'histoire de 68 court toujours...

  • Ce volume collectif, produit d'une décade de Cerisy sur Michel Foucault entremêle deux fils tissés lors de ces rencontres organisées par le centre Michel Foucault en juin 2001.
    Le premier est l'importance de la littérature dans l'oeuvre du philosophe ainsi que l'originalité et la fécondité de son regard sur le corpus littéraire. Le second fil de cette esthétique foucauldienne est son extraordinaire capacité à tisser dans chacun des arts de nouvelles toiles : la peinture, le cinéma, l'architecture et la danse.

  • Une plongée dans l'esprit des Français de 1971.

  • Alors que la reconstitution est, pour les préhistoriens, les antiquisants et certains médiévistes, admise comme un outil de recherche, les historiens des périodes plus contemporaines s en saisissent moins, arguant que les pratiques de reconstitution sont I apanage des amateurs, avec en fer de lance le mouvement de la Living History. Le travail de ces derniers relèverait ainsi plus de l'art et de la création que de la recherche scientifique. Ce dossier a pour objectif la levée d'un certain nombre de malentendus. A partir d'études de cas (celles d'une fête rituel, de l'histoire d'un musée ou encore des performances d'un artiste contemporain), les contributeurs montrent non seulement la valeur heuristique de ces pratiques, mais aussi la nécessité de les étudier comme objet d'histoire.

    Chacun interroge la manière dont des pratiques savantes, et populaires, de "ré-activation" à la fois d'événements particuliers (révolution, catastrophe) et d'instants ordinaires, participent de notre regard sur le passé. En somme, interroger la reconstitution, c'est poursuivre d'une autre manière l'immense chantier d'une histoire des représentations dont l'historien ne serait plus absent.

  • C'est avec La Volonté de savoir que Michel Foucault entame son projet d'écrire une histoire de la sexualité. Ce premier volume, court, incisif, programmatique traite d'un sujet hautement polémique dans la société française de l'après-1968 où l'émancipation sexuelle apparaît comme l'ultime et décisif combat. La réception de l'ouvrage porte la trace de cette actualité : sexe et politique, identité sexuelle, plaisir et désir, construction du genre... sont quelques-uns des grands thèmes mis en avant dans les nombreuses lectures, de théoriciens mais aussi de militants, qui ont suivi la publication de l'ouvrage en 1976.

  • D'abord commande éditoriale, puis projet de doctorat suédois, enfin thèse en français soutenue en mai 1961, Folie et Déraison.
    Histoire de la folie à l'âge classique de Michel Foucault est devenue un classique des sciences sociales françaises. Publié successivement, et dans différents formats, aux éditions Pion, puis chez 10/18, enfin dans plusieurs collections de Gallimard, l'ouvrage de Foucault a une histoire que nous avons voulu écrire à l'aide de documents d'archives inédits. Nous présentons ici les pièces d'une enquête matérielle sur un succès éditorial sans précédent, avec leurs silences, leurs limites et parfois leurs incongruités.
    Histoire fragile d'un livre à partir des centaines de traces qu'il a laissées dans l'archive d'une époque.

  • Le dossier que nous publions ici n'avait pas vocation à l'être ; il constitue la documentation grise qu'une institution conserve par devers elle ; une archive vive au sens strict ; la constitution d'une mémoire de la vie de l'institution au cas où celle-ci soit prise à partie, accusée, menacée ; au cas où elle ait à rendre des comptes. Ici, il s'est passé cela, là ceci, ailleurs encore autre chose. Nous le savons ; nous l'avions signalé tel jour telle année. Notations parfois brèves, sans mention du nom des protagonistes ni même de celui des scripteurs. Brèves de la vie d'un lycée, d'un collège, d'une école. Main-courante de l'Education nationale semblable à celle d'un commissariat de police d'arrondissement, de celle d'un gardien de HLM ou d'une maison d'arrêt . Ce sont des signalements

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