• Le tabac Tresniek

    Robert Seethaler

    «Alors comment se fait-il que tout le monde tombe amoureux partout, à tout bout de champ?
    - Jeune homme, dit Freud en marquant un temps d'arrêt, on n'a pas besoin de comprendre l'eau pour y plonger tête la première.» En 1937, Franz débarque à Vienne chez Otto Tresniek, un buraliste unijambiste. Au tabac Tresniek, où se mêlent classes populaires et bourgeoisie juive, il fera l'apprentissage de la vie. Conseillé par Otto et un vieux docteur malade, fidèle client du tabac du nom de Sigmund Freud, Franz tente de séduire Anezka, une artiste de cabaret dont il est tombé amoureux.
    L'humour viennois d'Otto Tresniek et de Freud est la politesse du désespoir dans une société déboussolée où ils ne trouvent plus leur place. Pas plus que leur protégé, qui tentera pourtant, fidèle à leur enseignement, de nager à contre-courant.

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  • Une vie entière

    Robert Seethaler

    Né à l'aube du XXe siècle, Andreas mène une vie humble au coeur des Alpes autrichiennes. Il prend part à l'aventure des téléphériques qui vont ouvrir sa vallée à la modernité, avant d'être envoyé sur le front de l'Est dans les montagnes du Caucase. À son retour, «à la place des croix gammées les géraniums ornent les fenêtres des maisons».

    Le saisissant portrait d'un homme ordinaire qui ne se donne jamais d'autre choix que d'avancer.

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  • Comment caractériser une vie entière ? Les voix qui s'élèvent ici sont celles des habitants du cimetière, qu'on nomme « le champ » dans la petite ville de Paulstadt. À la concision des épitaphes, l'écrivain substitue les mots des défunts. Par un souvenir, une sensation fugace, une anecdote poignante, chacun de ces narrateurs évoque ce que fut son existence.
    Au fil de la lecture émerge le portrait d'une bourgade comme tant d'autres, marquée par le retour de la prospérité au mitan du siècle dernier. La vie tourne autour des figures locales : le maire, la fleuriste, le facteur, le curé dévoré par les flammes dans l'incendie de l'église, le marchand de légumes...
    Les voix se font écho, s'entrelacent, se contredisent parfois, formant le tableau d'une communauté riche d'individus et de sensibilités différentes. Subtil interprète de l'âme humaine, Robert Seethaler se penche sur leur intimité : les amours naissantes, les amours heureuses, ou moins harmonieuses - quand les fantasmagories de la femme signent pour son époux échec, malheur et drame.
    Le plus saisissant dans ce texte est l'émotion qui sourd de chaque histoire : non celle de savoir le protagoniste disparu, mais l'empathie que parvient à susciter l'auteur pour ces êtres si vivants, leurs espoirs, leurs doutes, leurs ambitions, leur solitude.
    Le Champ est un livre sur la vie, que Seethaler réussit à dire avec autant de simplicité que de profondeur.

  • Als Andreas Egger in das Tal kommt, in dem er sein Leben verbringen wird, ist er vier Jahre alt, ungefähr - so genau weiß das keiner. Er wächst zu einem gestandenen Hilfsknecht heran und schließt sich als junger Mann einem Arbeitstrupp an, der eine der ersten Bergbahnen baut und mit der Elektrizität auch das Licht und den Lärm in das Tal bringt. Dann kommt der Tag, an dem Egger zum ersten Mal vor Marie steht, der Liebe seines Lebens, die er jedoch wieder verlieren wird. Erst viele Jahre später, als Egger seinen letzten Weg antritt, ist sie noch einmal bei ihm. Und er, über den die Zeit längst hinweggegangen ist, blickt mit Staunen auf die Jahre, die hinter ihm liegen.
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  • Le dernier mouvement Nouv.

    Sur le pont du paquebot qui le ramène en Europe après une ultime saison à New York, Gustav Mahler (1860-1911) laisse dériver ses pensées.
    À cinquante ans, il est l'un des compositeurs et chefs d'orchestre les plus réputés de son époque, mais son corps perclus de douleur lui rappelle que sa fin est proche. Emmitouflé dans une épaisse couverture, l'oeil rivé sur la mer grise, son esprit vagabonde et le ramène aux années écoulées. Comme dans un ample fondu enchaîné, les événements, les drames et les souvenirs se succèdent.
    Ces scènes de sa vie passée, surgies à la faveur d'une sensation fugace - le cri d'une mouette, l'ombre d'un nuage - constituent un portrait tout en intériorité d'un artiste dont le génie créateur ne s'est jamais tari.
    Robert Seethaler excelle à suggérer en quelques traits le simple bonheur des étés à la montagne, tout comme la décennie pendant laquelle Mahler a réformé et dirigé l'Opéra de Vienne. L'amour tourmenté du musicien pour sa femme Alma, son chagrin à la mort de sa fille aînée, et bien sûr la haute conception de son art traversent ce texte aussi bref que profond.
    Sans la moindre emphase, l'écrivain parvient à nous rendre palpable la légendaire exigence du maître, bourreau de travail malgré sa faiblesse physique constitutive, de même que sa quête permanente de la beauté.
    C'est sans doute de son apparente simplicité que cet intense roman tire sa force. Les rares mots échangés face à l'océan entre l'illustre passager et le jeune garçon chargé de veiller à son bien-être - et qui n'est pas sans rappeler le personnage principal du Tabac Tresniek - sont à cet égard exemplaires :
    « Monsieur le directeur, dit le garçon.
    - Oui, dit Mahler. Il avait les yeux mi-clos et écoutait le battement des moteurs.
    - C'est quel genre de musique, celle que vous faites ? Vous pourriez m'en parler ?
    - Non, on ne peut pas raconter la musique, il n'y a pas de mots pour ça. Dès qu'on peut décrire la musique, c'est qu'elle est mauvaise. » Avec son immense talent, Robert Seethaler évoque en peu de mots la puissance d'une pensée : la vision du corps souffrant est ici sans cesse transcendée par la vigueur de l'esprit qui l'habite, conférant à ce texte magnifique une ardente lumière.

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