• Monsieur Faustini part en voyage Nouv.

    Monsieur Faustini habite Hörbranz, une petite bourgade sur les hauteurs du lac de Constance. Célibataire retraité, il vit seul avec son chat. Il porte depuis des années le même veston avec lequel il a fini par « ne plus faire qu'un », et qui est devenu « sa demeure, son repaire, sa carapace, sa livrée de paon ». De temps en temps, Monsieur Faustini prend l'autobus et se rend à Bregenz, la grande ville toute proche, où il se promène au bord du lac...
    À cet antihéros esquissé avec une tendre ironie, l'auteur réserve des surprises propres à le déstabiliser de plus en plus, pour notre plus grand plaisir. Après l'avoir promené dans des décors autrichiens de carte postale et lui avoir fait endurer quelques péripéties de la vie de province, il va conduire Faustini très loin de son cher pays natal. Des émotions fortes le pousseront à abandonner son veston - autant dire, à perdre la tête. Le roman qui a commencé comme une satire de la banalité la plus absolue s'achève dans un étrange délire : Monsieur Faustini, qui se met à rêver d'Afrique, devient la proie de la fiction la plus débridée.
    Lointain frère en miniature de l'illustre Faust, le Faustini de Wolfgang Hermann a tellement séduit les lecteurs que l'auteur en a fait le héros de toute une série de romans pleins de malice et de finesse.
    Dans la littérature récente de langue allemande, peu de livres sont aussi divertissants que ce petit chef d'oeuvre d'humour et de fantaisie.

  • Adieu sans fin

    Wolfgang Hermann

    • Verdier
    • 2 Février 2017

    Entrer un matin dans la chambre de son fils, un adolescent de dix-sept ans apparemment en parfaite santé, et s'apercevoir qu'il est mort dans la nuit, c'est ce qui arrive au narrateur de ce livre. Comment survivre à cet événement qui équivaut à la mort, semble-t-il, du temps lui-même ?
    En vingt-cinq chapitres brefs, ce récit poignant d'inspiration ouvertement autobiographique, tenant soigneusement à distance tout pathos, raconte un itinéraire de survie. Les étapes du deuil se mêlent aux souvenirs récents de la vie commune du père et du fils. Après la séparation de ses parents, Fabius, adolescent réputé « difficile », a d'abord habité avec sa mère. Au moment de sa mort, il était revenu vivre chez son père depuis peu de temps.
    On ne résume pas un tel livre : dans ces pages, ce ne sont pas les faits racontés qui importent mais l'intensité humaine dont ils sont chargés.
    À travers quelques personnages qui entourent le narrateur, avec lesquels celui-ci noue ou renoue des liens (son ex-épouse, la petite amie de son fils, un ami...), Wolfgang Hermann parvient à rendre sensible au lecteur la fragilité de la vie, sans cesse comparée à une eau qui menace de se figer ou de se perdre - à moins qu'on ne trouve la force de la canaliser pour irriguer d'autres vies.

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