• « Au fond, au fin fond de tout, le si justement célèbre IKB ( International Klein Blue) est une prise en compte directe de la vie, hors de toute béquille discursive, un désir de coïncider dans l'instant avec la pulpe du réel. De quoi est-il question, effectivement, en ces altitudes bleuissantes, sinon d'une vie véritable et vivante perçue comme un viatique ébloui - d'une fusion continue entre pensée et sensibilité ?
       Bleu des premières secondes de l'univers. Bleu pour rêver plus juste. Bleu pour enlacer la vie. Bleu pour n'en jamais revenir. »    Une immersion, en abécédaire, dans toutes les nuances sensibles du bleu.

  • Né à Paris le 28 juillet 1950, Zéno Bianu est poète, dramaturge, essayiste, traducteur et auteur d'anthologies. Revendiquant une oeuvre multiforme qui ne craint pas de tout interroger, il peut ainsi être lu tout au long de cette anthologie comme celui qui a créé une sorte de poème-randonnée, dont l'architecture d'ensemble, en modulations et variations constantes, invite à reconsidérer la poésie comme une forme ultime d'engagement existentiel.
    «De la Grammaire des étoiles au Prénom du visage, du Val des merveilles à l'Île du dedans, entre Invocation et Féerie, entre Virgules du vide et Méditations sur le blanc, avec Artaud, Coltrane et Pollock, avec Roger Gilbert-Lecomte, Brian Jones et Zoran Music, les poèmes recueillis dans Infiniment proche composent une sorte de mandala vivant. Lignes de vie, lignes de coeur, lignes de faille - ils transmettent un horizon. "Dans l'affection et le bruit neufs", définitivement.» écrivait Zéno Bianu dès la publication d'Infiniment proche.
    Dix ans plus tard, avec Le désespoir n'existe pas, toujours intensément en prise avec le balancier de la vie, il amplifie le pari farouche qui l'engage à transformer le pire en force d'ascension, à tenir parole sans cesser de reprendre souffle. Dans une époque vouée à la déréliction et à un renoncement hypnotique, la poésie de Zéno Bianu s'impose comme une ardente rupture, une submersion féérique.
    Il est le seul qui ose donner à entendre un Credo où se conjuguent le jazz, la beat generation, le Grand Jeu et l'Orient. Le seul à explorer un espace aimanté par-delà le chaos des temps, puisqu'il est, selon Charles Dobzynski : «le saxophoniste couleur blues d'une poésie toujours ouverte sur le large».

  • Krishnamurti (1895-1986), c'est avant tout la force d'une parole juste, vivante, splendidement insoumise. Parole de haute désobéissance, qui marque les limites du savoir et invite à un bouleversement total du mode d'être.

    Que serait une nouvelle présence au monde ? Une liberté parfaite ? Une sagesse de l'instant ? Un amour infini ? Et - risquons-le - une terre un peu plus fraternelle ? C'est pour creuser, hanter ces questions que ce livre a été écrit.

    Non une biographie mais un essai attentif à l'absolue singularité de son sujet. Attentif à restituer Krishnamurti dans sa lucidité fulgurante, hors normes. Attentif à ne jamais séparer la vie spirituelle de la vie quotidienne. Attentif à notre présent vivant - à notre émerveillante banalité.

  • Musicien culte, considéré comme le saxophoniste le plus révolutionnaire et le plus influent de l'histoire du jazz, John Coltrane n'a cessé de mener une quête fascinante. Du be-bop au free-jazz, transcendant toutes les étiquettes, annonçant toutes les avant-gardes, il a porté sa musique à un niveau d'expression jamais atteint. Comme disait Miles Davis : " John Coltrane s'est lui-même transformé en diamant. " Multipliant les aventures musicales les plus singulières, il a inventé une modernité radicale, creusant paradoxalement dans les traditions de l'Inde et de l'Afrique. Explorant des sentiers toujours plus vertigineux, jouant jusqu'aux confins du possible, ce " Prométhée sonore " meurt en 1967, foudroyé par un cancer du foie.
    Par un monologue poétique, Zéno Bianu s'attache à restituer le phrasé à la fois charnel et spirituel, dense et volubile, de John Coltrane. Fasciné par les grandes figures-limites de l'art, d'Antonin Artaud (Variations Artaud, Dumerchez) à Marina Tsvétaïéva (Le ciel brûle et Insomnie, Poésie/Gallimard), de Van Gogh (Le Battement du monde, Lettres Vives) à René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte (Les Poètes du Grand Jeu, Poésie/Gallimard), Zéno Bianu nous livre un long chorus, tendre, sauvage, foisonnant, qui tente de remonter à la source même du son coltranien. Un torrent de notes entrelacées au milieu des étoiles.

  • Avec ce nouveau recueil, Zéno Bianu présente sans doute son livre le plus accompli, en ce sens qu'il orchestre avec une stupéfiante maîtrise et une véritable harmonie l'ensemble de toutes ses «voix». Rare prodige, en effet, que celui d'un poète qui, dans un même livre, convoque l'héritage du Grand Jeu, le jazz, le rock, l'Orient, voire les dernières découvertes de l'astrophysique! Car cet univers funambule, accueillant à la lumière, au vertige et à l'amour, explore un espace aimanté par-delà le chaos des temps. Il se veut le grand continuum des éclats d'éternité qui échappent aux tisseuses de néant. Il entend faire vibrer encore et toujours la haute note insubmersible de la vie.

  • Magicien (un) - soliloques

    Zéno Bianu

    Eloge fervent de la contradiction et du mystère, Un magicien peut aussi se lire comme une déclaration d'amour aux mots et à tous les jonglages verbaux.
    " Oukéti ? Oukéti ? Oukéti ? " interrogeait Michel Simon. " Même si c'est faux, c'est vrai ", constatait Henri Michaux. Maximes minimales, syllogismes inextricables, antiproverbes, apologues contrariés, équations magiques, citations déréglées, éruditions hybrides - voici l'espéranto du merveilleux contemporain. Un monologue en rupture de boussole, pour dérober la clé de sol, la clé des songes et la clé des champs.
    Un salut fraternel aux magiciens de tous les temps. Une voix qui s'attache à dire l'énigme du monde. Z. B.
    Ce texte en forme de soliloques est un hommage à la magie, à l'art de la dissimulation et du dévoilement. L'auteur nous livre ici le témoignage poétique d'un maître de magie, passionné de son art et conscient de ce qu'il doit à ses illustres prédécesseurs : les "magiciens" que furent les précurseurs du cinématographe.

  • Artaud.
    Antonin Artaud. Qu'il s'agisse de ma fascination pour les écritures de la parole, de l'éblouissement qu'a pu susciter en moi la découverte du théâtre balinais ou de la combustion déclenchée par les ciels tourbillonnants de Van Gogh, je retrouve encore et toujours la présence d'Artaud, son ombre incantatoire, au coeur de mon propre parcours. Nous avons tous été, à des degrés divers, sonnés par la lecture d'Artaud, comme si celui-ci ne cessait jamais de soulever le lecteur hors de son lieu, littéralement de le transfigurer.
    Il était temps pour moi de dire un peu de ma dette - une dette d'esprit. Voici donc ces Variations Artaud comme une déclaration de beauté violente, un récit-poème entêtant qui ferait feu de tout bois, revendiquant ellipses et courts-circuits. Pas sur Artaud, mais avec Artaud. Une fugue qu'on voudra bien lire comme un exercice d'exaltation sereine.

  • Rares sont les poètes qui offrent au jazz ou au rock un livre, ou même un poème. Zéno Bianu a déjà consacré trois recueils remarqués dédiés à Chet Baker, Jimi Hendrix et John Coltrane, publiés entre 2008 et 2012 au Castor Astral.
    Avec ce nouvel opus, Visions de Bob Dylan, il s'attache à dresser le « portrait poétique » d'un auteur-compositeur majeur du XXe siècle qui a toujours revendiqué la poésie comme la clé même de son oeuvre. Héritier direct de la Beat generation (et reconnu comme tel par Allen Ginsberg et Jack Kerouac), lecteur assidu de William Blake, de Walt Whitman et de Dylan Thomas, rimbaldien fervent, Dylan n'a cessé de considérer la poésie comme une pensée qui chante et de composer ses chansons, en Orphée moderne au phrasé inimitable, comme des «poèmes-musiques» inséparables.
    Les essais sur Dylan se comptent certes par dizaines (et non des moindres, de Greil Marcus à Sam Shepard), mais Zéno Bianu est le premier à tenter de faire « oeuvre originale de poésie » (pour reprendre Ungaretti) à partir de la trajectoire de Dylan, homme de parole s'il en est.
    Habité depuis maintenant un demi-siècle par une urgence créative sidérante, Dylan n'a cessé de se métamorphoser, de se réinventer au cours des albums et des décennies, percevant et vivant la poésie comme une forme ultime d'engagement existentiel, ouvrant, tel un disciple électrique de William Blake, un espace visionnaire où la vie et la langue ne cessent de résonner ensemble.

  • «La poésie n´aurait-elle plus rien à nous dire?
    Ne serait-elle plus le lieu privilégié des interrogations humaines?
    D´Infiniment proche au Désespoir n´existe pas, dix ans ont passé.

    Dix ans en prise avec le balancier de la vie.
    Dix ans d´écriture.

    Des poèmes de bord, comme autant de témoignages d´amitié, d´amour, d´admiration, de deuil.
    Des poèmes animés par un pari farouche : transformer le pire en force d´ascension.

    Des poèmes pour reprendre souffle et tenir parole.

    Des poèmes pour ouvrir un espace aimanté, irriguer le réel dans une époque vouée à l´hypnose.

    Transmettre quelque chose d´irremplaçable : une présence ardente au monde, une subversion féerique.

    /> La poésie - ou la riposte de l´émerveillement.
    » Zéno Bianu.

  • Après quatre recueils dédiés à Chet Baker, Jimi Hendrix, John Coltrane et Bob Dylan (Le Castor Astral, 2008 à 2014), où il tentait de restituer la note bleue de ces icones porteuses d'énergie, Zéno Bianu s'attache ici à poursuivre son « autoportrait poétique » commencé avec Infiniment Proche et Le désespoir n'existe pas (Gallimard, 2000 et 2010).

    À la fois célébration, méditation et variation, Satori Express revisite une certaine tradition de l'éloge (Antonin Artaud, Roger Gilbert-Lecomte, Jack Kerouac, Joë Bousquet, Jean-Pierre Duprey, Hermann Melville), et de l'hommage aux lieux « électifs » (Venise, New York, Bénarès, etc).

    Zéno Bianu consacre également un chapitre aux grandes figures jazzistiques qui l'ont inspiré, notamment Thelonious Monk et John Coltrane.

    Il s'agit ici, encore et toujours, de transmettre quelque chose d'irremplaçable : une présence ardente au monde, une subversion féerique, un retour de présence.

  • Bleu fauve

    Zéno Bianu

    Bleu fauve continue le travail poétique initié avec Satori Express (Le Castor Astral, prix Robert Ganzo 2017).

    Avec ce nouvel opus, Zéno Bianu propose un éloge ardent du bleu en poésie. Le recueil débute par un portrait d'Elvin Jones, où jazz et poésie résonnent comme deux corps célestes amoureux, avant de culminer dans un monologue magnétique consacré à Yves Klein.
    Zéno Bianu explore le bleu fauve comme la toile de fond même du monde, capable de révéler le plus extrême de l'art et le plus vif de la vie.

    Les illustrations inédites qui composent notre cahier-photos s'inscrivent dans la célèbre série Panthéo Vortex de Richard Texier. L'artiste procède à un croisement des techniques : photographie, peinture, art numérique.
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  • Il n'y a pas de crainte Dans l'ébloui Au plus près du jamais atteint Il n'y a pas de crainte Quand le bleu N'est plus captif du sablier Zéno Bianu.

  • De la Grammaire des étoiles au Prénom du visage, du Val des merveilles à l'Ile du dedans entre Invocation et Féerie, entre Virgules du vide et Méditations sur le blanc, avec Artaud, Coltrane et Pollock, avec Roger Gilbert-Lecomte, Brian Jones et Zoran Music, les poèmes recueillis dans Infiniment proche coin posent une sorte de mandala vivant.
    Lignes de vie, lignes de coeur, lignes de faille - ils transmettent un horizon. " Dans l'affection et le bruit neufs ", définitivement.

  • Les grands semeurs s'ouvrent toujours à la blessure. Par le fil d'Ariane de la blessure. Les voilà, les grands étourdissants, les parfaits déboussoleurs. Ils pensent à partir du vide, ils enjambent les garde-fous, ils rejoignent l'esprit d'aurore. Dans un besoin inextinguible de justesse. Ils épuisent leur folie, ils la fatiguent à l'infini, ils portent chaque seconde à son terme. Voilà. L'éveil, c'est toujours sortir d'un rêve. Z. B.

  • du début des années 1950 (en prince de la trompette cool aux côtés de charlie parker puis de gerry mulligan) jusqu'à sa défenestration en 1988 à amsterdam, chet baker est devenu un mythe américain et a été surnommé le "james dean du jazz ".
    par un monologue poétique, zéno bianu s'attache à restituer la note bleue d'une aventure qui n'a cessé de tutoyer les extrêmes. il livre un texte-confidence à la fois tendu et mélancolique, médiumnique et chaviré, qui tente de faire écho au phrasé unique de chet baker.

  • Musicien hors normes, porté par un rêve « plus grand que la vie », Jimi Hendrix est devenu l'une des icônes majeures du XXe siècle avant de connaître une mort tragique à l'âge de 27 ans. Aujourd'hui, le nom même de Hendrix évoque un artiste qui met le feu à sa guitare, au sens propre comme au figuré - un artiste qui met le feu à sa vie. Défricheur de sons, de mots et de perceptions, il a ouvert un nouvel espace de liberté et d'inventivité, transcendant les frontières entre rock et musique contemporaine, entre communauté noire et société blanche, engagement politique et quête spirituelle. Composant ainsi une oeuvre complexe et lumineuse, dont l'influence novatrice continue de rayonner. 18 septembre 1970. Hendrix meurt d'une overdose de somnifères au Samarkand Hotel de Londres. Il laisse un dernier poème qui commence par ces mots : « The story of life is quicker than the wink of an eye » (« L'histoire de la vie est plus rapide qu'un clin d'oeil »). Par un monologue poétique, Zéno Bianu s'attache à restituer le dernier rêve de cette aventure fulgurante. Fasciné par les grandes figures-limites de l'art, d'Antonin Artaud (Variations Artaud, Dumerchez) à Marina Tsvetaïeva (Le Ciel brûle, Poésie / Gallimard), de Van Gogh (Le Battement du monde, Lettres Vives) à René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte (Les Poètes du Grand Jeu, Poésie / Gallimard), en passant par Chet Baker (Chet Baker (Déploration), Le Castor Astral), Zéno Bianu livre ici un texte à la fois tendu et exubérant, un « tombeau » qui tente de faire écho au jeu unique, « bleu fauve », de Jimi Hendrix.

  • Le christianisme est entré dans une crise profonde au moins dans les pays développés : crise de la croyance, de la pratique, de la « vie chrétienne ». Le résultat en est une désaffection globale alors qu'il existe dans le même temps une réelle quête de sens dans le public et que le christianisme, après tout, reste le fondement de notre culture.
    À partir de sa double position de prêtre catholique et de psychanalyste jungien, John P. Dourley cherche à comprendre comment le message chrétien a cessé d'être vivant dans notre psyché collective comme dans chacune de nos âmes singulières.
    Tentant de savoir comment ce message pourrait être revivifié et, au vrai sens du terme, réactualisé, il propose de reprendre en compte les nécessités les plus secrètes de l'inconscient, de faire venir à la conscience et d'assumer en toute lucidité ce qu'on appelle à bon droit la « fonction religieuse », bref de redécouvrir que c'est la figure de l'autre qui nous fonde. Nous n'accédons à notre plénitude, explique-t-il, que dans une expérience intérieure de dialogue divin.

  • Banalisé par les médias, le spectacle de la mort d'autrui s'est installé insensiblement dans notre quotidien, sans pourtant nous dire quoi que ce soit sur notre propre mort. Quand vient notre tour ou celui de nos proches, ne restons-nous pas seuls face à l'impensable ? En Orient comme en Occident, les grandes traditions religieuses nous rappellent précisément que la mort, dans son mystère même, a une vie. Qu'elle est seuil, passage, transmutation. Zéno Bianu nous invite avec cet essai-méditation à retrouver le sens originel de la spiritualité : une pratique de fraternité avec la mort. Dans une langue superbe, il analyse les rituels et la métaphysique des trois monothéismes, ainsi que de l'hindouisme et du bouddhisme.

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