Mon Petit Editeur

  • Fragments de vie

    Dominique Bal

    Merveilleuse et redoutable, sur laquelle rien ne prévaut, la Vie : « la belle funambule perchée sur l'horizon qui va sa route vertigineuse sur les fils de la vierge de l'espace et du temps » ; dans ses entrailles, quête universelle mais demeurant strictement personnelle, le bonheur parfois possible : « être l'hôte ébloui d'une constellation intérieure où gravite et prend chair l'étoile filante de nos désirs les plus secrets ». Par le sacre des mots, j'ai tenté d'apprivoiser cette force vitale et, en chemin, d'en faire une amie en lui donnant sens et valeurs. Roi sans sceptre, mage sans étoiles, paladin confortable du monde occidental en quête d'un graal auquel je ne crois guère, qu'il faut tailler dans le chaos du monde et l'absurde de l'humaine condition... mais que de tendresse silencieuse dans les yeux de mon chien !

  • « Quand je reviens à moi, le monde a changé. Je suis enfermé dans un effluve effroyable. Il fait noir. Je ne peux pas ouvrir mes ailes, à peine agiter mes pattes. Le monde bouge, se soulève et retombe en se balançant. Je suis plaqué contre quelque chose de chaud. La chaleur en est agréable mais c'est de là que provient la puanteur. C'est un corps, un corps d'humain. Je n'ai jamais senti cette odeur d'aussi près, aussi fort, elle imprègne jusqu'à mon plumage. Elle soulève mon coeur et je m'évanouis à nouveau. » Sofia vient de mourir, Louis se perd, Pierre a besoin d'une pause. Helen cherche le pardon, Mélanie son identité, Myriam le sens de sa vie. De la lâcheté anodine au meurtre, ces histoires explorent les concessions auxquelles chacun est poussé par l'aveuglement, l'ambition ou l'égoïsme quotidiens. Le plus souvent, cependant, ces compromissions invitent Alix, Victor et les autres à se relever, en quête d'une vie plus lumineuse.

  • Crime, suspense, amour, intrigue... Au fil de ces nouvelles, vous retrouverez le commissaire Blondeau et l'inspecteur Benoit On peut aussi y suivre la vie de ce dernier et l'enquête au cours de laquelle il tombe amoureux. Va-t-il se marier ? Va-t-il abandonner la police ? Que devient le commissaire Blondeau ? Nul doute que vous prendrez autant de plaisir à suivre les enquêtes du commissaire de M. Marcadé et de sa fine équipe que l'auteur a eu à les écrire.

  • Retrouvailles

    Martine Gasnier

    L'auteur nous offre dans ce recueil de vingt nouvelles, où le sentiment amoureux sert de fil conducteur, des portraits d'amants qui acquièrent une dimension de héros romantiques. Le style de l'écriture, qui s'inscrit dans la plus pure tradition classique et n'est pas sans rappeler quelques noms illustres, participe pour beaucoup au plaisir de la lecture. Décrits par touches quasi impressionnistes, les êtres qui peuplent ces pages nous invitent à les rejoindre dans leur intimité où l'amour devient ce rêve qui donne sens à la vie. « Il monte de la terre une odeur annonciatrice d'orage dont je me délecte. La lune est évidente comme un dessin d'enfant et sa clarté invite à la plus délicieuse des promenades nocturnes. Nous nous égarerons, si vous le voulez bien, dans le labyrinthe du jardin avant de rejoindre le chemin qui conduit à la mer. Je vous demande de rester près de moi le temps que durera ce voyage initiatique et de m'écouter. Après, et seulement après, vous déciderez entre vos chimères et ma gourmandise. »

  • J'ai pleuré en rentrant chez Ruth. Le décalage horaire, la fatigue, l'alcool, le trop-plein d'émotion, le nouveau changement, radical, les retrouvailles avec mon vieux copain, ma famille désormais loin de moi... Je me suis abandonné dans ses bras. J'ai versé quelques gouttes de désespoir sur son épaule, sangloté mon inquiétude, hoqueté quelques papillons noirs et inspiré à la fenêtre, pour me calmer, une longue bouffée du nouvel air qui allait désormais bercer mes jours.
    Brooklyn endormi et un peu plus loin, par-delà l'Hudson, Manhattan dans son agitation nocturne. Les fêtards affamés se pressent dans les dîners, le Village Vanguard se vide et ferme ses portes sur la 7e Avenue encore bercée de jazz. À Times Square, les touristes prennent leurs dernières photos, aveuglés pas les écrans géants publicitaires et dans une chambre de l'hôtel Pierre, des flashes crépitent sur un mannequin qui prend des poses lancinantes devant Central Park assoupi.

  • « Quand vous êtes entré dans ma vie, le printemps pluvieux de cette année-là avait capitulé devant l'ardeur d'un bel été. Je vous ai appelé l'Homme Soleil. Quelque chose en vous ressemblait aux jours interminables aveuglés de lumière qui font oublier l'idée de nuit. Était-ce l'éclat de vos yeux ou celui de votre sourire ? Lorsque j'y songe aujourd'hui il me semble que votre rayonnement avait plus à voir avec l'esprit. Vous avez grandi sur les bords de la Méditerranée, là où des voix s'élèvent encore pour raconter mille histoires éternelles ».
    Dans ce nouveau recueil de nouvelles que l'on pourrait qualifier de trilogie solaire, l'auteur nous offre un voyage initiatique au pays de la lumière, celle de la Méditerranée ou d'une île perdue quelque part, au milieu d'un océan de toutes les audaces. La prose s'y fait poésie et berce le lecteur d'une ensorcelante musicalité.

  • Plongez avec délice dans le monde imaginaire d'Anne, où les elfes aux cheveux bleus sont parfois très malheureux, où les petites cuillères se souviennent de leur vie passée, et où les chaussettes s'égarent, faisant perdre la tête à leur propriétaire... Au final chacun retrouve sa chacune et le monde continue de tourner, avec peut-être un peu plus de poésie et de bonheur...

  • Un journaliste débutant est parachuté en rase campagne pour rédiger un article sur un étrange délateur. La plus grande lectrice d'une bibliothèque perd progressivement la vue. Pour son anniversaire, un vieux garçon radin se voit offrir un téléphone portable. Un caissier de supermarché gothique est sélectionné juré d'assises...

  • Que faire, grands dieux, dans ce monde fou qui nous entoure ? Faut-il croiser les destins, boire à tire-larigot, piquer la kippa, pêcher le sanglier, se mettre aux légumes, bichonner le Q ? Toutes ces options et quelques autres encore plus extravagantes sont explorées par Daniel Valot avec le manque absolu de sérieux qui le caractérise.

  • Qu'est-ce qui articule nos vies ? Qu'est-ce qui en modifie le cours ? Stéphane Bret tente de répondre à ces questions en mettant en scène dans le premier recueil Triplicata trois versions de la vie d'un jeune homme, dans un style volontairement désuet, comme pour marquer l'aspect roman d'apprentissage de ces textes. La dénomination du personnage, S., est un clin d'oeil à Kafka, qui désigne K., le héros du Procès. Les personnages du second recueil Des vies en abyme sont en proie à des débats intérieurs, des interrogations qu'ils portent les uns sur les autres : René Lecerf s'interroge sur ce qu'est une bonne Justice, Farida sur ses origines, Céline Travis, sur sa vie sentimentale bancale et son homosexualité de moins en moins latente. Chacun reformule ou réécrit ses propres souvenirs, à son avantage, craignant d'être pris en défaut par la vie. Pourtant, cette tentative d'auto-dissimulation de leurs failles les plus intimes s'effacera au profit de leur quotidien : un repas amical juste avant les fêtes de Noël.

  • « La première chose à laquelle je pense, c'est un monolithe. Quelque chose de massif, un bloc épais d'égocentrisme et d'indifférence au monde réel : un monolithe extrêmement solide, inattaquable, vraiment coriace à l'extérieur, mais dont l'épicentre, le coeur, serait empli de sable, de craie tendre et friable. Ou bien une tortue. Une bestiole molle au fond d'une coquille incassable. Un cerveau reptilien captant du fond de sa cuirasse la nature des choses qui l'entourent, lui permettant ainsi d'assurer sa survie sans jamais l'atteindre - je veux dire : l'atteindre vraiment. Un concept vaguement humain suffisamment évolué pour appréhender, disséquer et restituer l'essence même de ce qui fait de nous des femmes et des hommes ; de l'étrange ballet résultant de l'incroyable palette de sentiments, d'émotions qui nous gouvernent et des événements qui les mettent en scène. Une vieille tortue de mer qui ne se laisserait pas prendre à toute cette bouillie socio-psycho-comportementale qui nous permet plus ou moins de figurer dans le monde. Ou alors un Martien. Pire : un écrivain. » Dans ces cinq nouvelles, l'auteur brosse le portrait de personnages complexes aux aspirations et aux faiblesses si fragilement humaines que chacune de ces histoires semble surgir de bien proches horizons...

  • Situés en milieu urbain et s'ouvrant sur une finale futuriste, les douze contes qui composent ce livre mettent en scène des individus aux prises avec les affres de la vie en société, qu'elles prennent la forme de la désillusion amoureuse ou professionnelle, de la névrose obsessionnelle ou de la tentation du crime. Dans un cas comme dans l'autre, un héros surgira là où on s'y attendait le moins. Écrits dans une prose affilée et dotés de dialogues percutants, les Contes héroïques nous font découvrir une voix originale dans la littérature.

  • Le mythographe Évhémère n'aura, certainement avec regret, point été contemporain du héros romain Horatius, seul contre une armée entière, ni du conquérant carthaginois, Hannibal, menaçant en son temps les fondations des démiurges Romulus et Rémus. Il aurait sans doute eu la curiosité de confronter ces êtres à leur sacralité, leurs exploits à la réalité. Sa théorie aurait-elle pu chanceler s'il avait été témoin du déferlement des Cimbres depuis les contreforts nordiques du monde ? À leur tête, la reine cimmérienne, les guidant, l'aurait-elle forcé à douter ? On l'ignore. Que s'y côtoyassent des dieux ou des tyrans, des esprits éclairés ou des âmes désespérées, une seule vérité commune liait toutefois chacun à cet âge déchiré, celle du fer ! « Il n'est point de possible avenir qui n'aura été engendré d'un passé. »

  • « 16 heures. Il est temps pour moi de repartir une dernière fois en voyage avant de rentrer. Je choisis une banquette proche de la porte 27. À cette heure c'est assez calme ; il n'y a que le vol en partance pour Delhi et cela me convient très bien. Je m'allonge, prête pour le plus paisible des envols. Embarquement immédiat pour un voyage hors du temps. Avant de m'endormir, je songe aux rencontres importantes de ma vie, à ces personnes avec lesquelles Eleonora a parcouru une partie du chemin. Je pense aussi aux relations éphémères, au bel inconnu de l'aéroport, à Markus, à mon ancienne vie, et bien sûr à lui. »

  • « À ceux qui se croisent sans jamais se rencontrer, et qui auraient pu, ou qui auraient voulu, engloutis dans l'inconscient, tendre la main à l'inconnu, dans un élan d'amour. Ou qui, faisant connaissance une génération plus tard, se souviennent s'être manqués. Même si les esprits se frôlent, on se manque toujours, sauf lors du dernier rendez-vous, le vrai, et l'un des deux saura le rappeler. Ainsi, la rencontre est une communion qui génère à deux une nouvelle vie, avant ce dernier rendez-vous d'amour qu'est la mort. » Moments de vie, rencontres amoureuses ou manquées. Des enfants se croisent, des femmes croisent des femmes, croisent des hommes, se manquent, se trouvent, se retrouvent... Les nouvelles de Jean-André Alaterne explorent les destins contrariés et leurs virages insoupçonnés au coeur d'un ballet d'âmes perdues aux pas incertains.

  • Je lance un défi aux faiseurs de romans, aux chirurgiens de la pellicule, aux bricolages de scénaristes et d'effets spéciaux. J'invite le lecteur à entrer dans les eaux glaireuses du réel. De cette réalité que nul n'a osé imaginer. "Les terrifiants pépins de la réalité", disait Jacques Prévert...

  • « Ce numéro qu'il tient dans la main, c'est celui d'une chambre dans ce grand hôtel de la rue des Pinsons. Quel charmant sourire avait cette belle inconnue qu'il a simplement croisée hier au café et qui lui a remis, en toute discrétion, ce petit mot : «Je serai à cette adresse demain à 15 heures, venez.» » Extrait de « Rendez-vous d'un jour ».

  • Yvonne, la vingtaine, rencontre Augustin, quatre fois plus âgé qu'elle. Leur rencontre improbable scelle leur destin, en la personne de Sonic, un punk. Dès lors la fuite en avant va les emmener de Paris au Havre, puis jusqu'à Bruxelles. Mais pour Sonic, Jean Valjean des temps modernes, le voyage n'est pas terminé...

  • « Délire et confusion » : Une famille vient s'installer dans un petit village. La mine patibulaire du chef de famille ne dit rien de bon à ces villageois taiseux et superstitieux. Ici, on n'aime pas trop la nouveauté. Quelques mois après leur installation, des phénomènes étranges se produisent. Les animaux prennent la parole et parodient de façon satirique des traits de caractère humains. Tout est illusion et déguisement. « La tortionnaire andalouse ou huis clos porte-ouverte » : Viviane, jeune trentenaire à qui la vie sourit, va connaître une épreuve qui va l'emmener au bord de la folie. Pourtant, le week-end s'annonçait agréable dans ce chalet au bord de la rivière. Jusqu'à l'arrivée inopinée de deux hommes mal intentionnés. Les évènements vont prendre une tournure inquiétante et Viviane ne s'en sortira pas indemne. Elle va sombrer doucement dans une démence schizophrénique... « La tricoteuse » : Marie-Josèphe, 72 ans, a perdu goût à la vie. Son neveu va la faire sortir de sa léthargie en lui lançant un défi énorme, qu'elle relèvera avec succès. Les rêves ne dorment jamais, ils ne font que somnoler ! Trois nouvelles, trois grands thèmes : les apparences, le pardon, la compassion... Avec ce nouveau livre, Félicia, toujours aussi inspirée, arrive encore à nous surprendre. Elle nous entraîne une fois de plus dans son univers bien particulier. Encore une fois, elle se distingue par l'originalité de ses récits, où le suspens côtoie allègrement l'humour, ce qui fait sa marque de fabrique. Avec son style particulier, créateur et excentrique, elle se différencie de la littérature classique, pour la plus grande joie des lecteurs.

  • « Je vois bien, je ne suis pas totalement idiot, que le temps passe, que tout se délie, tout se dénoue, tout se délite et se dilue. Que, hormis les pierres et ce qui est écrit dessus, il ne reste rien. Éternelles sont les pierres. Dans dix ans, dans vingt ans, dans cent ans, mille ans, il ne restera rien de nos minuscules vies. Les photos argentiques illisibles, négatifs détruits, les photos numériques effacées, évanouies, les manuscrits des romans écrits au coeur de la nuit : rien, il ne restera rien. Mais les pierres des temples, dans mille ans elles seront là. Elles ont tenu plus de mille ans déjà. Elles tiendront. » Avec Nulle part où je vive ou meure et ses vingt-trois courtes nouvelles qui sont autant de petits tableaux, comme des éclats de peinture arrachés à l'enduit écaillé du mur du temps, Christian Billon nous emmène sur les chemins de sa mémoire. Écorces fendues du tronc de l'arbre de la vie et qui laissent voir le bois nu de la vérité de l'auteur. Éclats, écailles, écorces mais aussi épines, étreintes, caresses. La vie, quoi. Tout ce qui forme l'écume des années. Et de ce palimpseste surprenant surgissent sous la plume de l'auteur ses évocations obsessionnelles du Cambodge, comme un leitmotiv qui revient dans tous ses livres.

  • Voici vingt et un petits textes : ils nous parlent avec légèreté et poésie d'un père et de son fils, de leur séjour sur une île enchantée, d'un type qui s'appelait Martin, d'un petit chiot sur une étrange planète ; ils nous disent un amour improbable surgi au coin de la rue, la vie, la mort, l'histoire d'un homme appuyé contre le mur de sa maison, de Dieu aussi passant un jour à Bilbao... Il se dégage de ces textes doux et sensibles une petite musique qui, à n'en pas douter, vous accompagnera longtemps encore après avoir refermé ce petit recueil.

  • « Mais aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres, Mina a d'autres préoccupations d'une autre importance que le salut rendu à un petit vendeur d'amandes grillées. Dieu seul occupe son esprit, Dieu qui peut compter sur elle et qu'elle ne décevra pas, pas plus que son oncle Abou Assim qui parle si bien et dont le regard trouble, fiévreux lui fait parfois un peu peur. Ce Dieu à la grandeur incommensurable, Mina s'en est fait une idée bien à elle. Pour un peu elle prétendrait le connaître, l'avoir déjà rencontré. L'immense respect des siens pour cet être invisible l'en a empêchée mais elle, petite souris à peine arrivée sur terre, a de lui une image bien construite, belle, rassurante. » J'aime, confie l'auteur, les mots et les histoires surtout celles qui éclairent l'homme de l'intérieur et mettent à nu ce qui palpite en lui de fort et de fragile, d'obscur et de lumineux.. J'aime à approcher, autant qu'il est possible, de cette part mystérieuse et secrète qui guide chacun de nous et le plus souvent à notre insu. Le temps qui passe et nous échappe, le grand tourbillon de la vie qui nous emporte, la singulière absence du présent... autant de sujets qui m'interpellent et m'assurent d'inépuisables sujets d'écriture.

  • Les mots sont la plus inépuisable fontaine de magie. Ils peuvent à eux seuls transformer ce qui est prétendu réalité, adoucir des blessures, voire les transformer

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