P.i.e. Peter Lang

  • Cet ouvrage regroupe les textes présentés lors du colloque international « Grandes » et « petites » langues et didactique du plurilinguisme et du pluriculturalisme. Modèles et expériences qui s'est tenu à Paris, en juillet 2006 dans les locaux de la Sorbonne, à l'initiative de l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Il s'agissait de mobiliser internationalement les acteurs concernés par une réflexion sur une didactique du plurilinguisme et du pluriculturalisme en construction en Europe. En se donnant pour objet d'identifier les modèles didactiques et leur circulation d'une langue à l'autre, ces travaux interrogent, chacun selon l'angle spécifique de son terrain, de son contexte ou des pratiques analysées, ce que le sens commun désigne par « grandes » et « petites » langues. Celles-ci sont appréhendées ici en tant que représentations sociales et catégorisations qui fluctuent au gré des histoires nationales, des renversements géopolitiques et des visions du monde traversées par les profondes mutations résultant de la mondialisation.

  • Le premier semestre de l'année 1972 est marqué par des événements ou des gestes spectaculaires qui sont autant de tournants dans les relations internationales. Il s'agit de deux phénomènes transnationaux : l'environnement et le terrorisme, et de deux phénomènes dans le domaine des relations inter-étatiques. C'est en particulier le cas de la première Conférence mondiale sur l'environnement tenue à Stockholm en juin avec plus de mille participants représentant 132 États. Bien que chacun d'entre eux ait ses propres revendications, le vrai critère de division sépare les pays industrialisés des pays en voie de développement qui refusent d'entraver leur industrialisation sous couvert de défense de l'environnement. Dans l'article 21 de la déclaration adoptée à l'unanimité, il est fait implicitement référence aux dommages que pourraient causer les armes de destruction massive. Et c'est la France qui est visée parce qu'elle a repris ses expériences nucléaires dans l'atmosphère en Polynésie depuis 1966. L'opposition des États du Pacifique est virulente, les tentatives d'amadouer les Péruviens sont vaines et la campagne de l'ONG Greenpeace, qui envoie un bateau dans la zone d'expérimentation, embarrasse les autorités françaises. L'autre phénomène transnational est le terrorisme, qui sévit en Allemagne fédérale depuis 1968, à l'initiative de la Fraction Armée rouge connue aussi sous le nom de bande à Baader; mais surtout au Proche-Orient avec l'attentat spectaculaire à l'aéroport de Lod (30 mai 1972) à l'arrivée de l'avion d'Air France, occasion pour les Israéliens de mettre en cause les autorités françaises qui s'ajoute au catalogue de reproches faits par Tel Aviv à Paris, dressés avec doigté par l'ambassadeur F. Huré. Enfin, deux phénomènes importants sur le plan inter-étatique : la naissance d'un nouvel État qui n'est pas le fruit de la décolonisation. Cet événement inédit embarrasse la diplomatie française qui reconnait le Bangla-Desh, mais ne veut pas que ce geste soit interprété comme « un geste hostile » à l'égard d'Islamabad, tout en souhaitant maintenir de bonnes relations avec New Delhi. Et l'ambassadeur de France à Dacca plaide pour une aide économique rapide et intelligente pour sortir ce pays de la misère. L'autre événement stupéfiant, quand on sait l'animosité des relations entre Pékin et Washington depuis 1949, est la visite du président Nixon en Chine (21-28 février), malgré la guerre du Vietnam et le problème de Taïwan, au point que notre ambassadeur à Pékin dit éprouver « le malaise naturel d'une rencontre gênante ».

  • Pour la première fois, des textes pédologiques de Lev S. Vygotskij (1896-1934) sont traduits en français. Les chercheurs en sciences humaines ont ainsi la possibilité de connaître une partie largement ignorée de son oeuvre : celle consacrée à la pédologie, à la science du développement de l'enfant. Dans l'introduction, les éditeurs montrent l'importance de ces textes dans lesquels se manifeste de manière exemplaire la pensée profondément dialectique de Vygotskij analysant la continuelle transformation du système psychique humain. La partie Fondements de la pédologie comprend des cours dispensés en 1934 par Vygotskij à des enseignants de Leningrad pour leur faire comprendre sa vision du développement de l'enfant. Les textes sur La périodisation du développement de l'enfant montrent des résultats concrets de sa pédologie, où les notions de crise et de rupture sont nodales. Dans les articles consacrés à La pédologie et ses sciences voisines, Vygotskij détermine la spécificité de l'approche pédologique du développement de l'enfant, comparée notamment à la psychologie et la pédagogie. Un ouvrage indispensable pour toute personne qui aspire à connaître dans toute sa diversité l'oeuvre de ce grand scientifique.

  • Coménius jette, en 1657, les fondements de la didactique. Ambitieux, il promet à ses lecteurs un « art universel de tout enseigner à tous ». Une foule bigarrée de successeurs, acquis à cette noble cause, apportent ensuite leur pierre à l'édifice, qu'il s'agisse de philosophes, de pédagogues ou, à partir du développement des sciences humaines, de chercheurs en éducation, en psychologie et en didactiques spécialisées. La moisson a été abondante ; elle peut donner le tournis à l'enseignant du XXIe siècle qui chercherait, en peu de temps, à en tirer les principales leçons. Cet ouvrage a l'objectif de l'y aider : il se propose de ramasser - dans un langage clair, direct et dénué de jargon inutile - l'essentiel de ce que la florissante littérature didactique peut apporter à l'enseignant d'aujourd'hui pour la conduite efficace de ses enseignements. Pour alléger le propos et s'assurer de leur réalisme, de nombreux exemples et illustrations jalonnent la réflexion, l'humour n'étant pas exclu à titre d'assouplissant didactique. L'ouvrage est articulé autour des principales composantes de l'Art d'enseigner : comment alimenter la soif d'apprendre des élèves ? Définir et annoncer des visées claires d'acquisition ? Bâtir les enseignements sur le déjà-là ? Apprêter les savoirs pour les rendre enseignables, sans les déformer ? Choisir la méthode adéquate ? S'assurer que la cible est atteinte et corriger le tir au besoin ? Gérer la discipline et installer son autorité de maître, au sens de celui qui a la responsabilité de faire apprendre ?

  • Décerner une décoration est l'une des dimensions les plus symboliques de l'exercice du pouvoir. Assurément sur cet aspect comme dans tant d'autres, Charles de Gaulle se faisait « une certaine idée de la France » et du monde. Libérateur du territoire, fondateur de la Ve République, le général de Gaulle a été décoré à la fois comme officier à titre militaire et comme chef de l'État. Réformateur infatigable, on lui doit la création de trois récompenses nationales (l'ordre de la Libération, la médaille de la Résistance française et l'ordre national du Mérite) ainsi que la refonte du code de la Légion d'honneur. Il fut aussi le tenant d'une ambitieuse politique étrangère visant à préserver l'indépendance de la France et à accroître son prestige. Les honneurs étrangers qui lui ont été conférés - ou non - en sont le reflet. Les ordres et décorations reçus par Charles de Gaulle, exposés au musée de l'Ordre de la Libération aux Invalides, font l'objet pour la première fois d'une étude scientifique basée sur le dépouillement des archives françaises et étrangères. Ils témoignent de la personnalité hors du commun du « plus illustre des Français » et reflètent l'histoire de son temps.

  • A l'image du mur de Trump ou du renforcement des frontières européennes, de plus en plus d'États militarisent leurs frontières au moyen de murs à l'efficacité discutable. Pour expliquer cette obsession globale, il est utile de revenir sur les controverses qui banalisent ces outils militaires à partir de deux matrices de la sécurité frontalière contemporaine, à savoir la « barrière de sécurité » israélienne en Cisjordanie et la « barrière frontalière » états-unienne à la frontière mexicaine. Les murs s'inscrivent dans un spectacle politique, destiné aux citoyens emmurés, et joué par des acteurs conservateurs, sécuritaires et xénophobes. Ces acteurs problématisent les mobilités, développent une expertise sécuritaire, et attaquent l'État pour mieux le forcer à agir. Fondé sur deux enquêtes en immersion auprès d'eux, ce livre entend dépasser la thèse des murs comme signe du déclin de la souveraineté étatique dans le monde globalisé pour mieux souligner comment la répétition de ces spectacles renforce le militarisme des sociétés au détriment d'autres approches humanitaires, juridiques ou économiques des mobilités.

  • À la fin de l'Ancien Régime, les relations entre la France et la Turquie ottomane sont essentiellement fondées sur le commerce maritime. Les négociants marseillais en ont le monopole et leurs établissements au Levant prospèrent à la faveur des capitulations signées avec le sultan, et d'un réseau consulaire hiérarchisé que l'État monarchique a progressivement mis en place. Les consuls sont ainsi devenus avec les corps de négociants les instruments d'une politique économique ambitieuse. Mais celle-ci a ses limites imposées par les Turcs et par le roi lui-même puisque la résidence de ses sujets dans les Échelles n'est pas libre. La Révolution va-t-elle bouleverser cette organisation économique et sociale, ces microsociétés de Français implantés dans les ports de la Méditerranée orientale ? Que se passe-t-il entre l'arrivée de Choiseul-Gouffier, dernier ambassadeur du roi à Constantinople (1784), et l'expédition d'Égypte (1798) ? Les sources consulaires mettent en lumière ruptures et continuités, et cet équilibre si fragile, tributaire des communications maritimes que remet en cause, à partir de 1793, la guerre avec l'Angleterre. Victimes de l'arbitraire des potentats locaux, soumis à la concurrence des autres puissances et coupés de la métropole, les résidents français au Levant deviennent les « oubliés » de cette liberté naissante et certains d'entre eux vont pousser le Directoire à intervenir militairement pour sauver leurs intérêts sans bien percevoir les conséquences de cette politique aventureuse. Après Les Consuls de France au siècle des Lumières et Aux origines d'une alliance improbable, le ministère des Affaires étrangères poursuit avec Les oubliés de la liberté, l'étude de la présence consulaire française au XVIIIe siècle.

  • Albert Schweitzer fut un homme de premier plan dans bien des domaines. Comme théologien, philosophe, musicien et surtout comme médecin, il est universellement connu et entouré d'un véritable mythe. Contrairement à ce qui est communément admis, c'est à Schweitzer lui-même que la construction de ce mythe est pour la plus grande partie redevable. L'essentiel de ce que l'on sait sur la vie et la carrière de l'illustre médecin de la forêt équatoriale a comme source ses écrits autobiographiques. L'originalité de la présente étude est de confronter pour la première fois à la réalité historique les informations livrées par Schweitzer relativement à sa carrière, ses recherches et sa philosophie. De cette confrontation il ressort que, dans bien des cas, Schweitzer se dépeint sous un jour qui est peu conforme à la réalité.

  • La thématique générale de la Didactique du français langue étrangère et seconde dans une perspective plurilingue et pluriculturelle est apprendre, enseigner et travailler avec le français et en français dans un environnement plurilingue et pluriculturel. Cet ouvrage a pour objectif de définir et délimiter la place du français langue étrangère et des échanges francophones dans les sociétés plurilingues et pluriculturelles du XXIème siècle, dans le domaine académique et dans le domaine professionnel. Les différents articles proposent donc à la fois les fondamentaux de la didactique du FLE/FLS, une réflexion sur les contextes d'enseignement du FLE/FLS et sur les aspects socioculturels liés à l'enseignement/apprentissage du FLE/FLS. Il s'adresse aux enseignants de langue, formateurs en langues, formateurs de formateurs (HEP), conseillers pédagogiques, inspecteurs pour la langue ... et médiateurs linguistiques et culturels, dans des structures de formation nationales et internationales, du secteur public, privé et parapublic.

  • Instaurée par une conception homogène de la nation, l'école est trop souvent adepte de la langue unique et magistrale et le plurilinguisme y trouve rarement une place légitime. Dans de nombreux pays toutefois, plusieurs langues se côtoient et s'entrechoquent, jusque dans la salle de classe. Ces territoires qui, de fait, embrassent des normes plurielles, fondent alors des contextes éducatifs sensibles, car les élèves n'y comprennent pas toujours la langue du maître. Or le monde est en train de découvrir et de légitimer la multiplicité de ses langues. Poser que la diversité linguistique dans la salle de classe ne doit plus être un facteur d'échec est urgent. Enseigner en admettant la grammaire et les mots de l'autre est une nécessité. En février 2004, une vingtaine de chercheurs spécialistes des îles de l'Océan Indien, des Antilles et de la Guyane, mais aussi d'Europe et d'Amérique, se sont retrouvés à l'Université de La Réunion pour envisager comment gérer le plurilinguisme à l'école. La présente publication rend compte de l'originalité de leurs travaux sur les politiques linguistiques et les démarches éducatives que ces situations requièrent, dans l'attention la plus pointilleuse aux enjeux du présent.

  • Pourquoi enseigner la grammaire ? Quelle grammaire enseigner en classe de français ? Cet ouvrage analyse l'enseignement de la grammaire rénovée dans quatre classes de sixième primaire en Suisse. Le cadre théorique combine les principes d'une théorie de l'activité langagière avec des concepts didactiques comme ceux de temps didactique, concrétisé au travers des indicateurs d'avancement des activités scolaires, et de contrat didactique, conçu comme régulateur du partage des responsabilités, entre l'enseignant et les élèves. La théorie de la transposition didactique fournit les critères pour définir les objets enseignés en relation avec les objets inscrits dans les programmes. Les résultats montrent que les formes et le sens des objets enseignés sont en décalage par rapport à ce qui est préconisé par l'école. L'analyse critique permet une première interprétation de ce décalage. Le livre contribue ainsi à clarifier les relations entre les objets enseignés et appris et le contexte du travail en classe.

  • Comment enseigner de manière à soutenir la motivation et les apprentissages des étudiants? Cet ouvrage collectif répond à vingt questions que les enseignants du supérieur se posent à propos du développement de l'enseignement supérieur et de leurs pratiques pédagogiques. Les réponses apportées passent en revue les fondamentaux de la pédagogie de l'enseignement supérieur et les principes qui mettent l'enseignement au service des apprentissages des étudiants : clarifier les objectifs d'apprentissage visés par l'enseignement ; adopter des stratégies d'enseignement qui permettent aux étudiants d'atteindre les objectifs et d'exercer les compétences visées ; et, non des moindres, évaluer avec pertinence les apprentissages réalisés par les étudiants au terme de l'enseignement. Ecrit à l'intention des enseignants du supérieur et des conseillers pédagogiques, l'ouvrage propose des exercices pratiques qui permettent à chacun de se situer dans sa pratique professionnelle et de progresser dans son développement professionnel.

  • Au devant de la scène et à l'intersection de questions sociales multiples, le travail de rue, désigné en Suisse romande sous l'appellation « travail social hors murs » (TSHM), se caractérise essentiellement par l'action d'« aller vers » dans la rue et les milieux de vie des populations. Si le mandat est essentiellement de natures éducative et sanitaire, il naît bien souvent sur la base de problématiques d'insécurité. A quoi renvoient les termes de sécurité et d'insécurité ? Comment le travail social de rue est-il perçu ? Soumis à une même logique d'Etat, comment cohabite-t-il avec les professions dévolues au maintien de l'ordre et à l'action répressive ? Quel cadre éthique cela présuppose-t-il ? Avec des professionnels concernés, des représentants des forces de l'ordre et des publics en situation de rue, l'auteur contribue à y répondre. Une pierre à l'édifice pour la profession qui a le mérite de dévoiler une méthodologie d'actions, de souligner des limites partenariales, d'explorer des notions « tabous » sous l'angle de la philosophie, de faire émerger des questions d'éthique et d'ouvrir de nouveaux chantiers relatifs à la pratique, à la recherche et à la formation.

  • On sait bien ce qu'on appelle « norme », en linguistique : une pratique de prescription des comportements langagiers. Cette pratique, la linguistique s'est depuis longtemps habituée à la remiser dans un espace qui n'était pas le sien. Il a été une fois pour toutes entendu qu'il existait, aisément repérable, un certain usage normatif de la « grammaire », qu'on connaissait, et qu'il fallait bien distinguer de la linguistique. Ainsi, la possible normativité du discours linguistique a souvent fait l'objet d'une soigneuse dissimulation. Alors, la norme « tabou » de la linguistique moderne ? Quinze linguistes affrontent ici le problème, en partant de ses enjeux épistémologiques, historiques, sociolinguistiques, et, pour finir, grammaticaux. Cet ouvrage s'organise en deux parties. La première analyse cette présence paradoxale de la notion de norme dans le discours des linguistes. La seconde approfondit les résonances de la problématique dans le domaine qui s'y prête le plus, à savoir la syntaxe. Attachement, affect ; lois, règles ; double relation au langage : autant de paramètres desquels le linguiste ne peut pas se permettre de détourner son regard.

  • Ce livre aborde l'histoire de Fribourg-en-Brisgau sous l'angle des festivités princières qui y furent célébrées de 1677 à 1814. Au cours de cette période, cette cité « frontalière » fut confrontée à de nombreux changements de bannière : elle vit alterner des périodes de domination française et autrichienne, puis devint provisoirement modénaise, avant d'être finalement rattachée au grand-duché de Bade. Les fêtes princières étudiées dans ce volume nous permettent ainsi d'observer, comme au travers d'un prisme, chacun de ces fréquents revirements politiques. Au fil des chapitres, l'ouvrage analyse l'iconographie et les discours festifs liés notamment aux entrées solennelles célébrées à Fribourg. À travers ces festivités, l'auteur s'attache à mettre en lumière les évolutions et les permanences du jeu festif : jeu de légitimation, de séduction, de résistance aussi, parfois, auquel se livrent le pouvoir princier et les différents pouvoirs locaux. L'étude de ces célébrations fait progressivement ressortir la fidélité d'une grande partie de la population fribourgeoise à la maison des Habsbourg, malgré les efforts de communication déployés par les dynasties princières concurrentes.

  • Cet ouvrage réunit une sélection d'articles issus du colloque international « Diachro 4 - Le français en diachronie », qui s'est tenu à l'Université Complutense de Madrid du 22 au 24 octobre 2008. Les contributions sont axées essentiellement autour de trois grands thèmes : le français préclassique et classique en diachronie ; l'énonciation et la linguistique textuelle en diachronie ; les structures interrogatives et les constructions clivées. Un thème transversal apparaît tout au long de cet ensemble : celui de la périodisation, du choix des critères permettant la reconnaissance d'étapes successives dans le changement linguistique. Les études proposées ici constituent un ensemble bien représentatif des diverses tendances, théoriques et méthodologiques, qui traversent actuellement le champ de la linguistique diachronique du français, en France comme à l'étranger.

  • En Suisse romande, l'institutionnalisation des formations à l'enseignement public au cours du 19e siècle s'accompagne de larges débats sur les modèles institutionnels et sur les savoirs nécessaires pour former les futurs enseignants. Pour faire face à l'incroyable expansion des systèmes scolaires durant le 20e siècle, les formations ne cessent de se développer pour répondre à la complexification de la profession enseignante. Si leur inscription au niveau tertiaire se généralise, elle ne fait pas l'unanimité et reste sujette à caution, même si elle permet un rapprochement avec l'Université, lieu de production des savoirs de référence pour l'éducation. Pour mieux comprendre les racines du processus de professionnalisation de l'enseignement, cet ouvrage retrace la mise en place des formations à l'enseignement primaire et secondaire dans les quatre cantons universitaires de Fribourg, Genève, Neuchâtel et Vaud. A travers une double approche monographique et comparative, il analyse les inscriptions institutionnelles ainsi que les savoirs disciplinaires et professionnels dispensés dans ces formations et pointe les tensions et enjeux qui jalonnent de manière récurrente leur évolution.

  • Comment les élèves et les étudiants peuvent-ils apprendre à interagir avec l'autre ? Comment peuvent-ils interagir avec l'autre pour apprendre ? Comment les enseignants organisent-ils les différentes formes d'interaction dans une dynamique discursive au sein de leurs classes ? Les différents regards de la psychologie sociale et culturelle sur l'école ont largement contribué à rendre plus solide une nouvelle image de l'apprentissage en classe. Mais, les interactions sociales en classe méritent d'être constamment réexaminées ou repensées. Dans ce but, les contributions des quinze auteurs de ce livre exploitent, innovent et étudient les multiples interactions en classe et les conditions favorables aux processus d'enseignement-apprentissage. Dans une relation entre psychologie, sciences de l'éducation et modèles d'apprentissage, ce livre contribue à l'étude des processus interconnectés de développement individuel et social dans le cadre de l'enseignement obligatoire ou de la formation supérieure.

  • Cet ouvrage rassemble 14 articles consacrés à la linguistique diachronique du français. Ils portent plus spécifiquement sur trois thèmes majeurs des recherches actuelles sur l'évolution du français. Le premier thème est celui de l'évolution des relations de dépendance, qui ont connu des changements importants dans l'histoire du français, qu'il s'agisse de mouvements vers une plus grande dépendance, ou au contraire vers une plus grande autonomie, et ce à différents niveaux du système linguistique. La vitalité des travaux en morpho-syntaxe verbale est incontestable, et fournit la matière du second thème. Enfin, le processus de grammaticalisation et les changements afférents constituent le troisième thème. La vitalité de la recherche en diachronie du français est illustrée par l'origine des auteurs, qui appartiennent à la communauté académique internationale (France, Suisse, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, République Tchèque).

  • Cet ouvrage montre que le métier de directeur d'établissement scolaire ou socio-sanitaire, souvent présenté comme une fonction, est aussi un travail, susceptible d'une observation et d'une mesure. Il se compose d'une « foule de petites choses à faire » presque invisibles et d'un organigramme complexe de dossiers ouverts, d'actions à mener et à justifier. Le métier consiste aussi à accepter des décalages entre ce travail réel, souvent prosaïque, et l'imaginaire du rôle. Enfin, il implique des expériences professionnelles marquées par des épreuves subjectivement et objectivement vécues, reliées aux évolutions politiques et économiques autant qu'aux difficultés à répondre aux besoins et aux ambivalences des interlocuteurs : collaborateurs, usagers, familles, supérieurs hiérarchiques. Fondé sur une importante enquête menée en Suisse Romande, ce portrait collectif des directeurs au travail interpellera l'ensemble des acteurs du domaine étudié. Bien au-delà, il offre matière à réfléchir à tout professionnel occupant une fonction de direction, de formation et de prise décision.

  • Devenir directeur, c'est apprendre à exercer une fonction hiérarchique à laquelle, en tant qu'enseignant, on n'est pas initialement préparé, en assumant une autorité que l'on est désormais censé incarner. Afin d'analyser cette phase particulière durant laquelle les directeurs apprennent à se positionner et à exercer du leadership, l'auteure identifie les contradictions et les tiraillements auxquels les cadres scolaires sont soumis, et qui génèrent des épreuves spécifiques à ce métier et à ses débuts. Cet ouvrage offre des pistes quant aux ressources mobilisées par les cadres scolaires afin de surmonter les épreuves qu'ils rencontrent. Il interpelle également l'ensemble des acteurs du monde de l'éducation et de la formation en proposant, pour la première fois en Suisse romande, des données probantes sur les spécificités de l'entrée dans le métier de cadre scolaire. Enfin, il questionne les dispositifs actuels de formation des cadres scolaires en proposant des perspectives pour penser une formation adaptée aux besoins des formés.

  • Quelle fut la perception et l'interprétation du national-socialisme comme idéologie et comme pratique du pouvoir dans l'Europe francophone et germanophone entre le début des années 1920 et la fin des années 1940? Telle est la question au centre de la série de six volumes inaugurée ici et qui proposera une typologie des regards et des savoirs relatifs au national-socialisme et des interprétations suscitées par celui-ci à travers l'analyse systématique de monographies de journaux et de revues représentatifs de l'opinion et des milieux intellectuels des pays intéressés. Le présent volume introductif fixe le cadre méthodologique de la série. Il propose successivement une revue de l'historiographie universitaire dédiée au national-socialisme, des études de cas relatives à la vision du nazisme dans la presse et trois comptes rendus bibliographiques qui attestent la diversité des interprétations suscitées par le mouvement hitlérien. Wie werden Ideologie, Etablierung und Herrschaft des Nationalsozialismus in den deutsch- und französischsprachigen Räumen Europas vom Beginn der 1920er bis zum Ende der 1940er Jahre wahrgenommen, bewertet und erklärt? In sechs systematisch angelegten Bänden werden diese Fragen anhand einer exemplarischen Auswahl von Büchern, Zeitungen und Zeitschriften ebenso untersucht wie die unterschiedlichen Deutungen des Nationalsozialismus in seiner Epoche und den unmittelbaren Jahren nach seinem Ende. Dieser erste Band behandelt neben methodischen Aspekten die nationalen Geschichtsschreibungen nach 1945. Mehrere Fallstudien zu Zeitungen, Zeitschriften, Reiseberichten und Reportagen analysieren Auseinandersetzung und Bewertung des Nationalsozialismus zwischen 1919 und 1949. Drei Auswahlbibliographien dokumentieren die Vielzahl und Vielfalt der zeitgenössischen Perzeptionen und Interpretationen.

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